L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un sujet complexe et souvent entouré de tabous. Si la loi Veil a permis de légaliser et de sécuriser l'avortement en France, les femmes qui y ont recours sont encore trop souvent stigmatisées et culpabilisées. Cet article se propose de donner la parole à celles qui ont avorté et qui vont bien, merci, afin de déconstruire les idées reçues et de réaffirmer l'IVG comme un droit et un choix.

L'IVG : un droit, un choix, pas un traumatisme obligatoire

De nombreuses femmes témoignent de leur expérience positive de l'IVG. Pour elles, l'avortement a été une solution à un problème, un soulagement, une décision mûrement réfléchie. Elles refusent de se laisser culpabiliser par les discours ambiants qui présentent l'IVG comme un drame ou un traumatisme inévitable.

"J'ai avorté le mois dernier, et j'en ai marre de devoir me justifier et répéter sans arrêt que oui, ça va bien, merci," explique une femme. "Je ne veux pas d'enfant pour le moment, mon copain non plus, je suis sous pilule mais j'ai dû merder dans mes prises à un moment, point barre. Une IVG ce n'est pas réservé aux filles débiles, un accident de contraception ça peut arriver à tout le monde. Une IVG ce n'est pas la mort d'un enfant, c'est empêcher justement qu'un petit amas de cellule ne devienne un enfant."

Ces femmes revendiquent le droit d'avorter la tête haute, sans avoir à se sentir coupables, honteuses ou malheureuses. Elles rappellent que l'IVG est un droit fondamental, un choix qui doit être respecté.

"J'ai avorté et je vais bien, merci" : un livre et un blog pour déstigmatiser l'IVG

Face à la stigmatisation persistante de l'IVG, des initiatives ont vu le jour pour donner la parole aux femmes et déconstruire les idées reçues. Parmi elles, le livre "J'ai avorté et je vais bien, merci" et le blog du même nom.

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Le livre, publié par le collectif féministe les Filles des 343, rassemble une centaine de témoignages de femmes ayant avorté d'avant les années 1970 à nos jours. Il met en avant la diversité des vécus et des expériences, et rappelle que l'IVG n'est ni un drame, ni un traumatisme obligatoire.

Le blog, lancé en 2011, permet aux femmes de témoigner de leur expérience de l'IVG et d'exprimer leur point de vue sur les débats qui entourent cette question. Il offre un espace de parole libre et décomplexé, où les femmes peuvent se soutenir et se sentir moins seules.

"Ce partage d'expérience vise aussi à remettre quelques pendules à l'heure, et à le faire sur un ton différent de celui habituellement employé," explique le collectif les Filles des 343. "Pas de petits bruits étouffés, de chuchotements et de mines déconfites. Plus de 200000 femmes avortent chaque année en France, et une femme sur deux aura recours à l’IVG au moins une fois dans sa vie. Cet acte, pratiqué sous contrôle médical, est des plus simples. Pourtant, le parcours des femmes qui avortent l’est de moins en moins. Ces discours culpabilisateurs sont autant de discours anti-IVG qui avancent masqués."

Les difficultés d'accès à l'IVG et la maltraitance médicale

Malgré la loi Veil, l'accès à l'IVG reste difficile pour de nombreuses femmes. Des témoignages dénoncent la maltraitance médicale, les jugements moraux et les obstacles administratifs qui entravent le parcours des femmes souhaitant avorter.

"Le problème, c'est plutôt l'attitude de certains membres du corps médical," témoigne Pauline Brunner. "Lors d'un IVG tout va à la fois très vite et trop lentement. D'abord, il faut attendre dans la même salle que les femmes enceintes. Puis subir une "leçon de morale" lors de l'entretien obligatoire avec la psychologue. Elle m'a demandé comment il était encore possible d'oublier la pilule. C'est vrai, ça m'est arrivé, c'est fréquent, non ?"

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Ces témoignages mettent en lumière la nécessité d'améliorer l'accès à l'IVG et de lutter contre les discriminations et les préjugés dont sont victimes les femmes qui y ont recours.

La contraception : un enjeu majeur pour éviter les grossesses non désirées

Si l'IVG est un droit, il est essentiel de rappeler que la contraception est le premier moyen d'éviter les grossesses non désirées. Il est donc indispensable de garantir l'accès à une contraception efficace et adaptée à chaque femme.

"La contraception n'est pas un moyen d'éviter des avortements, mais un moyen d'éviter des grossesses non désirées," rappelle un interlocuteur.

Il est également important de lutter contre la désinformation et les idées reçues sur la contraception, afin de permettre aux femmes de faire des choix éclairés et de maîtriser leur fertilité.

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