L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une décision personnelle et complexe qui peut susciter de nombreuses questions et émotions. Si des idées reçues persistent quant à ses conséquences psychologiques, il est essentiel de s'informer de manière précise et de connaître les ressources disponibles pour un accompagnement adapté.

Examens Médicaux Post-IVG : Un Suivi Nécessaire

Après une IVG, des examens médicaux sont réalisés pour s'assurer que la grossesse est bien interrompue. Ces examens peuvent inclure un examen clinique, une prise de sang pour doser les β-hCG, ou une échographie. Ces consultations et examens sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie, sans avance de frais, que vous soyez majeure ou mineure.

Conséquences Psychologiques de l'IVG : Mythes et Réalités

Contrairement à certaines idées reçues, les études scientifiques ont montré que l'IVG n'est pas à l'origine de troubles psychologiques spécifiques. L'expérience d'une IVG est personnelle et varie d'une femme à l'autre. C'est souvent le contexte de sa réalisation et l'accompagnement reçu qui peuvent avoir un impact psychologique. Les discours moralisateurs ou culpabilisants peuvent également contribuer à un vécu difficile.

Il est important de noter que certaines femmes peuvent ressentir des émotions telles que la tristesse, la culpabilité, ou le deuil après une IVG. Ces émotions sont normales et peuvent être liées à la perte d'une grossesse désirée ou aux circonstances difficiles entourant la décision d'avorter. Dans ces cas, un accompagnement psychologique peut être bénéfique pour aider la femme à surmonter ces émotions et à retrouver un équilibre émotionnel.

Le Syndrome Post-Avortement : Une Notion Controversee

L'existence d'un syndrome post-avortement est une notion controversée. Si certaines femmes peuvent éprouver des difficultés psychologiques après une IVG, il n'existe pas de syndrome spécifique avec des symptômes clairement définis. Les difficultés rencontrées sont souvent liées à des facteurs individuels, sociaux, et émotionnels, plutôt qu'à l'IVG elle-même.

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Fertilité Après une IVG : Démêler le Vrai du Faux

Le risque d'infertilité est souvent évoqué comme une complication à long terme de l'IVG. En réalité, ce risque n'est pas lié à la réalisation de l'IVG en elle-même, mais plutôt aux éventuelles complications qui peuvent y être associées, telles qu'une infection ou des lésions à l'utérus lors de l'aspiration. Toutefois, ces complications sont rares lorsque l'IVG est réalisée dans des conditions sécurisées, avec du personnel formé, du matériel stérile, et dans un établissement équipé, comme c'est le cas en France.

Le risque de complications lors d'une IVG n'est pas supérieur à celui d'un avortement spontané ou d'une grossesse menée à terme. D'après les études, il n'y a pas d'augmentation du risque d'infertilité après une IVG dans les pays où la pratique est légale. Ce risque n'est pas plus important chez les patientes ayant eu plusieurs IVG.

Saignements et Symptômes de Grossesse Après une IVG

Après une IVG, il est normal d'avoir des saignements, qui peuvent être un peu plus abondants que les règles habituelles dans les premiers jours. Ils durent généralement de quelques jours à trois semaines. Les symptômes de grossesse, tels que les nausées ou la sensibilité des seins, disparaissent généralement quelques jours après l'IVG médicamenteuse ou instrumentale.

Il est important de savoir qu'un test de grossesse peut rester positif jusqu'à trois semaines après une IVG. C'est la visite de contrôle qui permettra de confirmer que l'IVG a fonctionné.

Retour des Règles et Reprise des Rapports Sexuels Après une IVG

Après une IVG, les règles reviennent généralement dans les 4 à 6 semaines. Cela peut varier en fonction du type de contraception choisi et du moment où elle a été débutée. Avec une pilule œstro-progestative, les règles surviendront à la fin de la première plaquette. Avec un DIU hormonal, les règles peuvent être irrégulières ou absentes.

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Il est conseillé d'attendre une dizaine de jours avant la reprise des rapports sexuels avec pénétration après une IVG. En effet, si le col de l'utérus n'est pas refermé, il existe un risque que des germes puissent remonter du vagin vers l'utérus et provoquer une infection. Il est également recommandé de ne pas utiliser de tampons durant cette période. Si vous ne souhaitez pas de grossesse, il est nécessaire d'utiliser une contraception dès la reprise des rapports sexuels après une IVG, car une grossesse est possible même avant le retour des règles.

Contraception Après une IVG : Faire le Bon Choix

Lors des consultations pour l'IVG, vous recevez des informations détaillées sur les méthodes contraceptives disponibles et pouvez échanger avec le médecin ou la sage-femme pour choisir celle qui vous convient le mieux. Aucune méthode n'est contre-indiquée après une IVG, sauf cas particulier. Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l'intervention, pendant le premier cycle suivant l'IVG.

La contraception choisie peut être mise en place dès la réalisation de l'IVG. Un dispositif intra-utérin (au cuivre ou à la progestérone) peut être posé immédiatement après l'IVG instrumentale (sauf en cas d'épisode infectieux) ou lors de la visite de suivi pour une IVG médicamenteuse. Une contraception hormonale, œstroprogestative (pilule, patch transdermique) ou progestative (pilule, implant, injection intra musculaire) peut être débutée le jour même ou le lendemain d'une IVG instrumentale, ou le jour de la prise de misoprostol pour une IVG médicamenteuse. Les préservatifs externes (masculins) ou internes (féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida.

Remboursement de la Contraception

Certaines pilules contraceptives, les implants contraceptifs hormonaux, les progestatifs injectables, les dispositifs intra-utérins (DIU) ou stérilets, les diaphragmes et certaines marques de préservatifs externes (masculins) sont remboursables par l'Assurance maladie. Pour les femmes de moins de 26 ans avec une couverture sociale, ces contraceptifs sont délivrés en pharmacie sur prescription médicale avec une prise en charge à 100% et sans avance de frais. Concernant les préservatifs externes, ils sont pris en charge à 100% pour tous et toutes jusqu'à 26 ans, sans ordonnance. Le parcours de contraception pour toutes les personnes mineures est protégé par le secret. Pour les femmes de plus de 26 ans, ces contraceptifs sont remboursés à 65 % par l'Assurance maladie dans les conditions habituelles. Les centres de santé sexuelle (anciens centres de planification et d’éducation familiale) délivrent à titre gratuit des médicaments ou dispositifs contraceptifs aux mineures désirant garder le secret et aux personnes ne bénéficiant pas d’une couverture sociale.

Pourquoi un Accompagnement Psychologique Après une IVG ?

Depuis 2022, une étude qualitative auprès des femmes ayant vécu une IVG révèle que le conseil n°1 qu’elles donnent aux autres femmes est de se faire accompagner par un professionnel. Surtout celles qui ne l’ont pas fait et qui retrouvent des émotions non digérées des années après leur avortement.

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Raisons de Se Faire Accompagner

  • Des symptômes diffus de mal-être: Un sentiment de poids sur les épaules et dans le cœur, des émotions liées à l'IVG qui remontent dans certaines situations, des sensations corporelles rappelant les douleurs de l'IVG.
  • La date anniversaire de l’IVG: Cette date peut réactiver la charge émotionnelle et être "bousculante" chaque année.
  • La répétition des IVG: La répétition peut agir comme déclencheur pour se faire accompagner en profondeur et comprendre les mécanismes de cet événement répétitif.
  • Une envie de comprendre: Comprendre le sens de cet événement dans sa vie, pourquoi cela est arrivé, et si c'est juste un problème d'échec de contraception ou quelque chose de plus existentiel.

Obstacles à l'Accompagnement

  • Ne pas oser demander de l’aide: Un conditionnement inconscient qui empêche de se faire aider, une image de femme qui s'en sort toujours.
  • La peur du jugement: L'IVG étant un sujet intime et tabou, s'imaginer parler de cette expérience est difficile, même avec un professionnel.

Bienfaits de l'Accompagnement

  • L’allègement et la libération: Se confier sur son IVG peut apporter un grand soulagement et permettre de ne plus se sentir seule avec son histoire.
  • L’acceptation: Accepter tout ce qu'il s'est passé au moment de l'IVG, libération de la culpabilité, identification de ce que cet événement est venu apprendre.
  • Retrouver l’estime de soi: Travailler sur cette part de soi va mettre de la lumière sur les peurs et permettre de transformer la vulnérabilité en force.
  • Métamorphoser son avortement en une ressource lumineuse: Prendre conscience que l'IVG met en lumière des éléments clés de son existence et augmenter son niveau de conscience.

Ressources et Soutien Psychologique Disponibles

Il existe de nombreuses ressources pour les femmes qui souhaitent un soutien psychologique après une IVG. Vous pouvez vous tourner vers un psychologue, un thérapeute, ou des associations comme le Planning familial. Ces professionnels peuvent vous offrir un espace d'écoute et de soutien, vous aider à surmonter les émotions difficiles, et vous accompagner dans votre processus de deuil.

Lignes d'Écoute et Dispositifs Nationaux

De nombreux dispositifs nationaux proposent du soutien psychologique par téléphone, tchat, ou internet. Ces lignes d'écoute peuvent être appelées en cas d'angoisse, de besoin de parler, ou de recherche d'aide. Certaines lignes sont spécifiques à certaines populations, comme les adolescents, les jeunes adultes, les personnes endeuillées, ou les victimes de violences.

  • Allo Ecoute Ado (Pep 43): Écoute pour les adolescents et jeunes adultes de 10 à 25 ans, par des psychologues, service confidentiel et gratuit.
  • Brind’Ecoute (association La Pause brindille): Écoute pour les jeunes aidants de 13 à 25 ans.
  • Capu (Communauté Associative Pour les jeunes neuro-Uniques, association): Écoute pour les jeunes de 14 à 30 ans avec un trouble du neurodéveloppement ou un trouble psychique, par des jeunes bénévoles formés.
  • Suicide Espoir (Centre hospitalier Le Vinatier): Réponse par courriel aux questions des personnes endeuillées en raison du suicide d’un proche, par une équipe composée d’un psychiatre et de psychologues.
  • Naître et vivre (association): Soutien et information pour les parents ayant perdu un enfant (pendant la grossesse et jusqu’à l’âge de 3 ans) et les proches, par des écoutantes bénévoles formées.
  • Contact (union d’associations): Écoute pour les personnes qui s’interrogent sur leur orientation sexuelle ou leur identité de genre ainsi que leurs proches, par des bénévoles formés.
  • Ecoute contre l’homophobie (SIS association, pour le ministère de l’Education nationale et de la jeunesse): Écoute des victimes et témoins de violences homophobes ou transphobes au collège ou au lycée, pour les élèves, leurs proches et le personnel des établissements scolaires.
  • SOS joueurs (association): Écoute, soutien et conseil pour les joueurs en état de dépendance au jeu d’argent, au jeu en ligne et au jeu vidéo, ainsi que leurs proches, par des psychologues spécialisés dans l’addiction aux jeux.
  • Oui ! (association): Écoute pour les personnes concernées par des troubles schizophréniques ou leurs proches, par une psychologue et des bénévoles avec une formation en psychologie.
  • Anti-discriminations (Défenseur des droits): Écoute et accompagnement par des juristes pour toute personne victime ou témoin de discriminations.
  • Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra, association): Information juridique et accompagnement des victimes d’un fait de racisme ou d’antisémitisme.
  • Ligue des droits de l’homme (association): Information juridique sur les droits dans les cas individuels et collectifs où les libertés publiques sont en cause.
  • Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP, association): Information juridique et accompagnement dans leurs démarches des victimes ou témoins d’insultes, de comportements racistes ou discriminatoires.
  • SOS racisme (association): Information juridique et accompagnement dans leurs démarches des victimes d’actes de racisme.
  • Alerte excision (association Excision parlons-en, avec l’association En avant toute(s)): Discussion et soutien pour les adolescentes ou les jeunes femmes qui s’inquiètent d’un risque d’excision.
  • Allô Enfance en danger (Groupement d’intérêt public): Écoute et assistance pour les enfants ou adolescents confrontés à une situation de danger, ainsi que les adultes concernés.
  • Colosse aux pieds d’argile (association): Entretien téléphonique ou en visio sur rendez-vous avec une psychologue ou une juriste en cas de violences sexuelles ou bizutage dans des activités sportives.
  • Aide aux victimes (fédération d’associations France victimes): Écoute et conseil pour les victimes d’infractions ainsi que leurs proches.
  • Le 3977 (Fédération 3977, associations): Écoute et conseil si on est une personne âgée ou en situation de handicap victime de maltraitance ou témoin d’une telle situation.

Accompagnement en Couple

L’IVG est une décision qui concerne souvent le couple. Il est important que les deux partenaires puissent exprimer leurs émotions et leurs besoins. Un accompagnement psychologique peut aider le couple à traverser cette épreuve et à maintenir une communication saine.

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