L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit fondamental pour toutes les femmes en France, qu'elles soient mineures ou majeures. Depuis sa légalisation en 1980, l'IVG a connu des améliorations constantes pour garantir un accès sûr et encadré. Cet article vise à fournir une information complète et détaillée sur les différentes méthodes d'IVG, les délais légaux, les démarches à suivre, et les aspects importants à considérer lors de ce parcours.
Qu'est-ce que l'IVG ?
Une Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) est un acte médical qui désigne le fait d’interrompre une grossesse. En France, l'avortement est actuellement autorisé jusqu'à quatorze semaines de grossesse, soit seize semaines d’aménorrhée (après le début des dernières règles).
Les Deux Méthodes d'IVG
Il existe deux principales méthodes d'IVG : médicamenteuse et chirurgicale (ou instrumentale). Le choix de la méthode revient à la patiente, en concertation avec le professionnel de santé, en fonction de ses préférences, de ses éventuels problèmes médicaux et du terme de sa grossesse.
IVG Médicamenteuse
L'IVG médicamenteuse consiste à prendre deux médicaments différents pour interrompre la grossesse. Elle peut être réalisée jusqu'à 7 semaines de grossesse (9 semaines d'aménorrhée). 76 % des IVG réalisées sont des IVG médicamenteuses.
Étapes de l'IVG médicamenteuse :
La prise du premier médicament : la mifépristone
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- Ce médicament, pris par voie orale, bloque l’action de l’hormone nécessaire au maintien de la grossesse (la progestérone), favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. Il est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation.
- Dès cette première étape, vous pouvez avoir des saignements et des douleurs plus ou moins importants, mais la plupart du temps les saignements commencent après la prise du 2e médicament.
- Les saignements ne sont pas le signe que la grossesse est arrêtée. Il est donc indispensable de prendre le 2e médicament.
- La prise du premier comprimé bloque l’action de l’hormone (la progestérone) et arrête la grossesse ; favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin ; provoque des saignements plus ou moins importants.
La prise du second médicament : le misoprostol
- Elle a lieu dans un délai de 24 à 48 heures après la prise du premier médicament. Ce médicament est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation, soit au cours d’une courte hospitalisation. Il augmente les contractions et provoque l’IVG.
- Les contractions utérines provoquent des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes (douleurs pelviennes), mais qui peuvent être réduites grâce à la prescription d’anti-douleurs.
- Les saignements souvent assez abondants qui accompagnent l’interruption de la grossesse arrivent parfois très vite après la prise du misoprostol, parfois plus tard.
- La prise du second comprimé augmente les contractions ; déclenche l’expulsion de l’œuf ; provoque des contractions utérines plus ou moins douloureuses qui ressemblent à celles des règles ou plus intenses. Ces douleurs sont atténuées par un antalgique ; peut occasionner certains effets secondaires : nausées, vomissements, diarrhées ; entraîne des saignements, quelques heures après ou plus tardivement. Ces saignements durent généralement une dizaine de jours, ils s’arrêtent d’eux-mêmes. Ils sont très importants le jour de la prise du comprimé mais diminuent ensuite.
- L’expulsion de l’œuf se fait dans les 4 heures suivant la prise du deuxième comprimé dans 60 % des cas. Dans 40 % des cas, l'expulsion a lieu dans les 24 à 72 heures.
Visite de contrôle
- 14 à 21 jours après la première prise de médicament, vous devez réaliser une visite de contrôle afin de s’assurer que la grossesse est bien interrompue et qu’il n’y a pas de complications.
- Lors de cette visite, votre médecin ou sage-femme confirme que la grossesse est bien interrompue grâce à un examen médical et/ou une échographie ou un examen sanguin ; vérifie l’absence de complications liées à l’IVG médicamenteuse ; évoque si nécessaire les moyens contraceptifs les plus adaptés à votre situation.
L'IVG médicamenteuse peut être réalisée :
- Par votre médecin ou sage-femme.
- Via une téléconsultation.
- À domicile ou en établissement de santé.
Prise en charge : L'IVG médicamenteuse est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour toutes les personnes assurées sociales, ayant-droits ou bénéficiaires de l'Aide Médicale d'Etat (AME).
Contre-indications : L'IVG médicamenteuse est contre-indiquée en cas d'allergie ou d'hypersensibilité à l'un des composants/excipients de la mifépristone ou du misoprostol.
IVG Chirurgicale (Instrumentale)
L’IVG chirurgicale, aussi appelée IVG instrumentale, consiste à dilater le col de l’utérus afin d’évacuer le contenu utérin par aspiration. Elle est obligatoire après la neuvième semaine d'aménorrhée, mais elle peut être choisie par la femme avant ce délai.
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Déroulement de l'IVG chirurgicale :
Préparation
- La préparation médicamenteuse permettant de faciliter la dilatation du col de l'utérus repose sur la prise de mifépristone (à prendre par la bouche 36 à 48 heures avant l’aspiration) ou de misoprostol (à prendre par la bouche 3 à 4 heures avant l’aspiration).
Intervention
- L’intervention dure une dizaine de minutes et se déroule dans un bloc opératoire sous anesthésie locale (seul le col est endormi) ou générale.
Visite de contrôle
- Une visite de contrôle est indispensable dans les 14 à 21 jours après l’intervention pour s’assurer de l’interruption effective de grossesse et vérifier que la patiente ne souffre d’aucune complication post-IVG chirurgicale.
Lieu de réalisation : L'interruption volontaire de grossesse chirurgicale a nécessairement lieu dans un établissement de santé (hôpital ou clinique autorisée à pratiquer l'avortement). "Sous certaines conditions (IVG pratiquée uniquement sous anesthésie locale, locaux adaptés, disponibilité d'un anesthésiste…), elle peut avoir lieu dans un centre de santé de santé autorisé ayant établi une convention de coopération avec un centre hospitalier de proximité".
Les Démarches Préalables à l'IVG
Une fois votre décision prise de ne pas poursuivre votre grossesse, il est important d’engager très rapidement les démarches. La demande d’IVG se fait en deux temps :
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Le temps d'information
- Ce premier temps préalable à la réalisation de l'IVG a lieu avec votre médecin ou dans un cabinet de ville, en centre de santé, en établissement de santé, dans un (ancien centre de planification et d'éducation familial) et peut être réalisé à distance (téléconsultation).
- Au cours de ce premier temps, votre médecin ou sage-femme : vous informe sur les deux méthodes d’IVG (médicamenteuse ou instrumentale) et vous remet un dossier-guide ; vous propose de réaliser un entretien psychosocial (uniquement obligatoire pour les mineures) ; doit vous orienter vers un autre professionnel de santé s’il ne pratique pas lui-même l’IVG. Dans ce cas, il vous remet une attestation prouvant que vous vous êtes conformée aux étapes préalables à une IVG.
Le recueil du consentement
- Lors de ce second temps, vous choisissez la méthode d’IVG qui convient le mieux à votre situation personnelle et confirmez votre choix par un écrit.
- Il s’agit également d’un moment privilégié avec votre médecin ou sage-femme : pour décider de la méthode contraceptive à mettre en place après l’IVG si nécessaire ; pour vous faire prescrire, si tel est votre choix, un dépistage des infections sexuellement transmissibles, dont l’infection par le VIH, ainsi qu’un dépistage du cancer du col de l’utérus (à partir de 25 ans).
- Si vous avez choisi la méthode médicamenteuse, vous pouvez choisir de prendre les médicaments en présence du professionnel de santé ou à domicile. Si vous souhaitez réaliser l’IVG à domicile, le professionnel de santé vous remet les médicaments ainsi qu’un mémo pratique dans lequel vous retrouverez toutes les informations utiles concernant la procédure. Si vous avez fait le choix de la téléconsultation, vous devrez récupérer les médicaments en pharmacie. La prescription sera transmise par le médecin ou la sage-femme à la pharmacie de votre choix après vérification de la disponibilité des médicaments.
Mineures :
- Une autorisation parentale n’est pas obligatoire pour une IVG.
- Vous devez être accompagnée par un adulte de votre choix.
- Vous devez assister à une consultation psychosociale pour procéder à l’IVG.
Important : Il n’existe pas de délai légal entre les deux temps préalables à l'IVG. Si vous le souhaitez, il est possible de réaliser ces deux temps au cours d’une seule et même consultation.
Aspects Importants à Considérer
- Délai légal : L'avortement est actuellement autorisé en France jusqu'à quatorze semaines de grossesse.
- Confidentialité : Les professionnels de santé qui prennent en charge l'IVG ont besoin de connaître votre nom, mais sont ensuite tenus au secret médical.
- Accompagnement : N’hésitez pas à vous faire accompagner dans vos démarches par une personne de confiance.
- Contraception : La reprise de la fertilité après une IVG est immédiate. Il est donc recommandé si nécessaire d'utiliser une contraception. Vous pouvez en discuter au cours de la procédure avec votre médecin ou sage-femme pour choisir celle qui vous conviendra le mieux.
Complications Possibles
Bien que l'IVG soit une intervention sûre lorsqu'elle est pratiquée dans des conditions sécurisées, il existe des risques de complications.
Complications de l'IVG médicamenteuse :
- Les événements indésirables immédiats les plus fréquents et non inquiétants sont des douleurs pelviennes, des saignements et parfois des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée).
- Les complications sont très rares. Il peut s’agir d’une infection ou d’une hémorragie, pour lesquelles le/la professionnelle de santé vous aura expliqué les signes devant vous faire consulter en urgence : fièvre (température supérieure à 38°C), importantes pertes de sang, fortes douleurs abdominales, malaise.
Complications de l'IVG instrumentale (ou chirurgicale) :
- Les complications immédiates sont rares. Dans de rares cas, la survenue d’une hémorragie est possible. La perforation de l’utérus lors d’une aspiration instrumentale est quant à elle un événement exceptionnel.
- Les complications à distance d’une IVG sont rares. Cependant, dans les jours suivant l’intervention, si vous présentez de la fièvre (température supérieure à 38 °C), d’importantes pertes de sang, de fortes douleurs abdominales et/ou un malaise, vous devez rapidement contacter l’établissement où a eu lieu votre IVG ou à défaut le service d’urgences gynécologiques le plus proche de chez vous, car cela peut être un signe de complication.
Important : En cas de doute ou d'inquiétude, il est essentiel de consulter rapidement un professionnel de santé.
Remboursement
En 2016, un arrêté rend effectif à partir du 1er avril le remboursement à 100 % de tous les actes médicaux liés à une IVG (consultations médicales, échographies, analyses, etc…). Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie sans aucune avance de frais, que vous soyez majeure ou mineure. L'IVG ne peut être prise en charge que si vous bénéficiez d’une couverture maladie (Régime général, CMU-C, AME, Protection maladie universelle).
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