Introduction
La préférence pour les garçons, profondément enracinée dans les traditions culturelles de certains pays, a conduit à un déséquilibre démographique préoccupant, notamment en Chine et en Inde. Cette préférence, exacerbée par des politiques démographiques restrictives et l'accès aux technologies de sélection du sexe, a engendré un déficit de femmes aux conséquences sociales et économiques considérables. Cet article explore les raisons de ce choix du sexe en Chine, ses implications et les efforts déployés pour atténuer ce déséquilibre.
La préférence pour les garçons : Tradition et nécessité
Traditionnellement, en Chine et en Inde, la naissance d'un garçon est perçue comme une bénédiction, tandis que celle d'une fille est parfois considérée comme un fardeau. Cette préférence s'explique par plusieurs facteurs :
- La transmission du nom et du patrimoine familial : Les garçons sont chargés de perpétuer le nom de famille et d'hériter des biens familiaux.
- Le soutien financier aux parents âgés : Les fils sont traditionnellement responsables de prendre soin de leurs parents vieillissants, tandis que les filles sont censées rejoindre la famille de leur mari.
- Les rituels funéraires et le culte des ancêtres : Les garçons sont souvent les seuls autorisés à accomplir certains rituels importants liés aux funérailles et au culte des ancêtres.
- La dot : Dans de nombreuses cultures orientales, la famille de la mariée doit verser une dot à la famille du marié, ce qui peut être perçu comme une charge financière importante.
La politique de l'enfant unique et l'avortement sélectif
Afin de freiner une croissance démographique très soutenue, la Chine a mis en place la politique dite de l'enfant unique à partir de 1979. Cette politique, bien qu'ayant contribué à la baisse de la fécondité, a eu des conséquences néfastes, notamment l'augmentation des avortements sélectifs en fonction du sexe.
La politique de l'enfant unique, en vigueur entre 1979 et 2015, a poussé de nombreux parents à désirer que cet enfant unique soit un garçon. L'accès aux technologies de diagnostic prénatal, telles que l'échographie, a permis aux parents de connaître le sexe de leur enfant à naître et d'avorter sélectivement les fœtus de sexe féminin.
L’infanticide des filles était pratiqué en Chine dans le passé, mais il est peu fréquent aujourd’hui. Ce n’est pas à lui que l’on doit l’évolution actuelle mais au recours massif à l’avortement sélectif.
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Le déséquilibre démographique : Un déficit de femmes
Le recours massif à l'avortement sélectif a entraîné un déséquilibre démographique alarmant en Chine. Selon une étude démographique, il manque 23,1 millions de femmes dans le monde, dont 11,9 millions en Chine et 10,6 millions en Inde.
En Chine, pays qui concentre 51 % des filles manquantes, le sex-ratio est monté, en 2005, jusqu’à 118 naissances masculines pour 100 naissances féminines. Un chiffre bien supérieur au ratio naturel de 105 pour 100 qui se retrouve invariablement dans les autres pays du monde. Les pays d’Asie marquent une forte préférence pour les garçons. S’affranchissant du hasard en pratiquant l’avortement sélectif, ils voient naître aujourd’hui un excédent de garçons qui atteint de l’ordre de 20 % en Chine.
Ce déséquilibre a des conséquences importantes sur la société chinoise, notamment :
- La difficulté pour les hommes de trouver une épouse : Le manque de femmes en âge de se marier crée une forte concurrence et pousse certains hommes à se tourner vers des femmes étrangères.
- L'augmentation de la criminalité et de la violence : Certains experts estiment que le déséquilibre démographique peut contribuer à l'augmentation de la criminalité et de la violence, en particulier dans les régions où le nombre d'hommes est disproportionnellement élevé.
- La traite des femmes et la vente d'épouses : La pénurie de femmes a des conséquences dramatiques dans les pays frontaliers de la Chine, notamment au Myanmar, au Vietnam et au Cambodge, où des femmes sont achetées, puis « généralement enfermées dans une pièce et violées de manière répétée, afin de les mettre enceintes rapidement pour qu’elles puissent donner un bébé à la famille.
Les efforts pour atténuer le déséquilibre
Conscientes des problèmes engendrés par le déséquilibre démographique, les autorités chinoises ont pris des mesures pour tenter d'atténuer ce phénomène :
- L'abolition de la politique de l'enfant unique : En 2015, la Chine a mis fin à la politique de l'enfant unique et a autorisé les couples à avoir deux enfants. Cette mesure vise à encourager les familles à avoir plus d'enfants, notamment des filles.
- L'interdiction de l'avortement sélectif : La Chine interdit l'avortement sélectif en fonction du sexe et punit les médecins qui pratiquent ces interventions.
- La promotion de l'égalité des sexes : Les autorités chinoises ont lancé des campagnes de sensibilisation pour promouvoir l'égalité des sexes et lutter contre les stéréotypes sexistes.
- Des incitations financières pour les familles ayant des filles : Pour limiter la dérive liée à la préférence pour les garçons, l’État indien d’Andhra Pradesh offre une prime aux parents n’ayant qu’une fille.
Revirement complet en limitant le recours à l'avortement
Après la fin de la politique de l'enfant unique, le régime communiste effectue un revirement complet en limitant le recours à l'avortement. Officiellement, cette mesure vise à "l'amélioration de la santé reproductive des femmes". Mais beaucoup y voient une façon radicale de remédier à une chute de la natalité qui inquiète les autorités.
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