L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit fondamental pour toutes les femmes en France, qu'elles soient mineures ou majeures. Depuis sa légalisation, l'IVG a connu des améliorations constantes pour garantir un accès sûr et encadré. Cet article explore en détail l'IVG médicamenteuse, une méthode couramment utilisée pour interrompre une grossesse, en abordant son déroulement, les délais légaux, les aspects médicaux, et le soutien disponible pour les femmes concernées.

Qu'est-ce que l'IVG ?

Une interruption volontaire de grossesse (IVG) est un acte médical qui désigne l'arrêt d'une grossesse. Il existe deux méthodes principales d'IVG : médicamenteuse et chirurgicale. Le choix de la méthode dépend de plusieurs facteurs, notamment le terme de la grossesse et les éventuels problèmes médicaux de la patiente.

Délais Légaux pour l'IVG en France

Toutes les femmes françaises, qu'elles soient majeures ou mineures, peuvent accéder à une interruption volontaire de grossesse (IVG), à condition de respecter le délai légal. Depuis la loi du 2 mars 2022, le délai légal d'accès à l'avortement a été allongé à quatorze semaines de grossesse, soit seize semaines d’aménorrhée (après le début des dernières règles). En 2001, le délai légal était passé de 10 à 12 semaines de grossesse (soit de 12 à 14 semaines d'aménorrhée).

L'IVG Médicamenteuse : Une Méthode Douce et Accessible

L’IVG médicamenteuse est une méthode d’avortement qui peut se pratiquer jusqu’à la fin de la 7ème semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles (9 semaines d'aménorrhée). Elle peut être réalisée en médecine de ville ou à l'hôpital.

Où se déroule l'IVG médicamenteuse ?

L’IVG médicamenteuse est pratiquée par un ou une médecin ou sage-femme d’un cabinet de ville, d’un centre de santé, ou d’un centre de planification ayant signé une convention avec un établissement de santé. L'IVG médicamenteuse peut-être réalisée via une téléconsultation.

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Comment fonctionne l'IVG médicamenteuse ?

La méthode de l’IVG médicamenteuse consiste à provoquer une fausse couche en prenant 2 médicaments différents :

  1. La mifépristone (MYFEGINE) : Ce médicament interrompt le développement de la grossesse. Il bloque l’action de l’hormone nécessaire au maintien de la grossesse (la progestérone), favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin.
  2. Le misoprostol (GYMISO) : Ce médicament provoque l’expulsion de la grossesse. Il augmente les contractions et provoque l’IVG. La prise de misoprostol est déconseillée par voie vaginale par les laboratoires (risque de douleurs abdomino pelviennes plus fréquentes).

Les étapes de l'IVG médicamenteuse

  1. La prise du premier médicament : la mifépristone

    Ce médicament débute l’interruption de la grossesse. Il est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation. Dès cette première étape, vous pouvez avoir des saignements et des douleurs plus ou moins importants, mais la plupart du temps les commencent après la prise du 2e médicament. Bon à savoir : Les saignements ne sont pas le signe que la grossesse est arrêtée. Il est donc indispensable de prendre le 2e médicament. Le premier comprimé bloque l’action de l’hormone (la progestérone) et arrête la grossesse, favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin et provoque des saignements plus ou moins importants.

  2. La prise du second médicament : le misoprostol

    Elle a lieu dans un délai de 24 à 48 heures après la prise du premier médicament. Ce médicament est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation, soit au cours d’une courte hospitalisation. Les contractions utérines provoquent des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes (douleurs pelviennes), mais qui peuvent être réduites grâce à la prescription d’anti-douleurs. Les saignements souvent assez abondants qui accompagnent l’interruption de la grossesse arrivent parfois très vite après la prise du misoprostol, parfois plus tard. Bon à savoir : Si votre groupe sanguin est rhésus négatif, vous recevrez une injection de gamma-globulines anti-D au plus tard dans les 72 h suivant le début du saignement pour éviter toute lors d’une prochaine grossesse. Le second comprimé augmente les contractions, déclenche l’expulsion de l’œuf et provoque des contractions utérines plus ou moins douloureuses qui ressemblent à celles des règles ou plus intenses. Ces douleurs sont atténuées par un antalgique et peut occasionner certains effets secondaires : nausées, vomissements, diarrhées. Il entraîne des saignements, quelques heures après ou plus tardivement. Ces saignements durent généralement une dizaine de jours, ils s’arrêtent d’eux-mêmes. Ils sont très importants le jour de la prise du comprimé mais diminuent ensuite. Bon à savoir: l’expulsion de l’œuf se fait dans les 4 heures suivant la prise du deuxième comprimé dans 60 % des cas. Dans 40 % des cas, l'expulsion a lieu dans les 24 à 72 heures.

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Saignements et douleurs après la prise de médicaments

Les saignements de la patiente lors d’une interruption de grossesse médicamenteuse peuvent survenir entre 30mn et 3 jours après la prise de médicament. Dans la grande majorité des cas, ils surviennent dans les 2 à 4 heures après la prise du 2ème médicament, le misoprostol. Dans 5% des cas, ces saignements surviennent dès la prise de la mifépristone (prévoir des protections menstruelles dès ce moment). La prise de misoprostol est toujours nécessaire car il peut rester des résidus de grossesse qu’il est important d’évacuer.

Les saignements qui s’ensuivent, plus ou moins importants peuvent durer de 10 à 20 jours. Ils sont comparables ou plus abondants que les règles, plus épais avec des caillots (qui proviennent de la muqueuse utérine). Leur abondance dépend du stade de la grossesse et sont souvent plus abondants après 7 SA (semaines d’aménorrhées) c’est-à-dire 5 semaines de grossesse. On peut parfois voir une boule blanche gélatineuse qui correspond à l’œuf appelé aussi le sac ovulaire dans les saignements.

Pratiquer une IVG par médicaments peut entraîner des douleurs plus ou moins fortes et qui sont très variables selon les femmes. Ces douleurs sont liées aux contractions que fait l’utérus pour expulser l’œuf. Le rapport à la douleur est variable selon les femmes et pour une même femme selon les situations. Des anti-douleurs (antalgiques de la famille des anti inflammatoires non stéroïdiens couplet avec des anti-douleurs de niveau 2 disponible eux sur ordonnance) sont prescrits systématiquement par le ou la médecin ou sage-femme qui suit l’IVG et la prise de ces cachets est recommandée en prévention de la douleur 30 mn avant la prise de misoprostol.

Que faire en cas d'absence de saignement ?

S’il n’y a pas de saignement à 24h, il faut contacter le ou la médecin ou sage-femme pour avoir une appréciation de la situation. Si aucun saignement ne se déclenche après 24h, il faut reconsulter sans attendre.

La visite de contrôle

14 à 21 jours après la première prise de médicament, vous devez réaliser une visite de contrôle afin de s’assurer que la grossesse est bien interrompue et qu’il n’y a pas de complications. Lors de cette visite, votre médecin ou sage-femme confirme que la grossesse est bien interrompue grâce à un examen médical et/ou une échographie ou un examen sanguin, vérifie l’absence de complications liées à l’IVG médicamenteuse et évoque si nécessaire les moyens contraceptifs les plus adaptés à votre situation.

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Le contrôle de l’efficacité de l’IVG médicamenteuse

Le contrôle de l’efficacité de l’IVG médicamenteuse est indispensable car il existe entre 1 à 5% d’échec et ou de complications. Ce contrôle peut se faire par une échographie de contrôle ou par une prise de sang de dosage d’hormones de grossesse (Bêta HCG). Le résultat de cette prise de sang sera encore positif même si l’IVG a fonctionné. La vérification du fonctionnement de l’IVG médicamenteuse peut se faire par comparaison des dosages BHCG pré et post IVG. Lorsque le taux de Bêta HCG (dosage d’hormones de grossesse dans le sang), est inférieur à 2000 mUI/ml 2 semaines après l’IVG cela veut dire que l’avortement à fonctionné. Si le taux de Bêta HCG est supérieur au taux initial : la grossesse est évolutive et l’ivg par médicament n’a pas fonctionné. Et en cas d’échec de l’IVG médicamenteuse, le médecin, ou la sage-femme, vous oriente vers l’IVG instrumentale.

Complications possibles

Il peut arriver dans certains cas, que des complications surviennent parfois jusqu’à 1 mois après l’IVG. Ces complications peuvent se présenter sous formes de symptômes d’infection (fièvre à 38°qui dure plus de 24h après la prise de misoprostol), des douleurs différentes de celles des règles, des pertes inhabituelles en couleur et odeur. Il peut survenir également des effets indésirables (douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur) insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h. Dans ce cas, la femme doit se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG que la personne professionnelle de santé lui a donné.

Le risque principal d’une IVG médicamenteuse est le risque d’hémorragie. La Grossesse Extra Utérine (GEU) est une contre-indication à l’IVG médicamenteuse. Elle peut être repérée aux signes cliniques ainsi qu’avec la surveillance du dosage des BHCG. Cependant, en l’absence de facteurs de risque et de symptômes, une grossesse de localisation indéterminée ne contre-indique pas la prise des médicaments pour l’IVG. A contrario, les symptômes possibles d’une grossesse intra utérine peuvent être des seins tendus, des douleurs qui ressemblent aux douleurs de règles ou aux syndromes pré-menstruels, des nausées. Enfin, il existe d’autres contre-indications à pratiquer une IVG médicamenteuse comme les corticothérapies à long terme, porphyrie, troubles de la coagulation, insuffisance surrénale.

Les deux temps préalables à l'IVG

  1. Le temps d'information

    Le premier temps préalable à la réalisation de l'IVG a lieu avec votre médecin ou dans un cabinet de ville, en centre de santé, en établissement de santé, dans un (ancien centre de planification et d'éducation familial) et peut être réalisé à distance (téléconsultation). Au cours de ce premier temps, votre médecin ou sage-femme vous informe sur les deux méthodes d’IVG (médicamenteuse ou instrumentale) et vous remet un dossier-guide, vous propose de réaliser un entretien psychosocial (uniquement obligatoire pour les mineures) et doit vous orienter vers un autre professionnel de santé s’il ne pratique pas lui-même l’IVG. Dans ce cas, il vous remet une attestation prouvant que vous vous êtes conformée aux étapes préalables à une IVG.

  2. Le recueil du consentement

    Lors de ce second temps, vous choisissez la méthode d’IVG qui convient le mieux à votre situation personnelle et confirmez votre choix par un écrit. Il s’agit également d’un moment privilégié avec votre médecin ou sage-femme pour décider de la méthode contraceptive à mettre en place après l’IVG si nécessaire et pour vous faire prescrire, si tel est votre choix, un des infections sexuellement transmissibles, dont l’ par le VIH, ainsi qu’un dépistage du cancer du col de l’ (à partir de 25 ans). Si vous avez choisi la méthode médicamenteuse, vous pouvez choisir de prendre les médicaments en présence du professionnel de santé ou à domicile. Si vous souhaitez réaliser l’IVG à domicile, le professionnel de santé vous remet les médicaments ainsi qu’un mémo pratique dans lequel vous retrouverez toutes les informations utiles concernant la procédure. Si vous avez fait le choix de la téléconsultation, vous devrez récupérer les médicaments en pharmacie. La prescription sera transmise par le médecin ou la sage-femme à la pharmacie de votre choix après vérification de la disponibilité des médicaments.

IVG et Confidentialité pour les Mineures

Si vous êtes mineure, une autorisation parentale n’est pas obligatoire pour une IVG. Vous devez être accompagnée par un adulte de votre choix et vous devez assister à une consultation psychosociale pour procéder à l’IVG. Bon à savoir : Si le médecin ou la sage-femme, qui vous reçoit refuse de procéder à la consultation IVG, il a le devoir de vous donner les noms de professionnels de santé susceptibles de réaliser une IVG. Il n’existe pas de délai légal entre les deux temps préalables à l'IVG. Si vous le souhaitez, il est possible de réaliser ces deux temps au cours d’une seule et même consultation.

Remboursement de l'IVG médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour toutes les personnes assurées sociales, ayant-droits ou bénéficiaires de l'Aide Médicale d'Etat (AME). En 2016, un arrêté rend effectif à partir du 1er avril le remboursement à 100 % de tous les actes médicaux liés à une IVG (consultations médicales, échographies, analyses, etc…).

IVG Chirurgicale (Instrumentale)

L'interruption volontaire de grossesse chirurgicale a nécessairement lieu dans un établissement de santé (hôpital ou clinique autorisée à pratiquer l'avortement). "Sous certaines conditions (IVG pratiquée uniquement sous anesthésie locale, locaux adaptés, disponibilité d'un anesthésiste…), elle peut avoir lieu dans un centre de santé de santé autorisé ayant établi une convention de coopération avec un centre hospitalier de proximité", précise l'Assurance maladie.

La préparation médicamenteuse permettant de faciliter la dilatation du col de l'utérus repose sur la prise de mifépristone (à prendre par la bouche 36 à 48 heures avant l’aspiration) ou de misoprostol (à prendre par la bouche 3 à 4 heures avant l’aspiration).

L’intervention dure une dizaine de minutes. Elle peut se dérouler sous anesthésie locale ou générale. Elle est obligatoire après la neuvième semaine d'aménorrhée, mais elle peut être choisie par la femme avant ce délai : "Certaines patientes ne veulent pas de l’IVG médicamenteuse car elles ont peur de la vue du sang, explique la Dre Gaudry. Le risque zéro n’existe pas. Sous anesthésie générale, la douleur est quasiment nulle.

Une visite de contrôle est indispensable dans les 14 à 21 jours après l’intervention (IVG médicamenteuse ou chirurgicale) pour s’assurer de l’interruption effective de grossesse : l’IVG médicamenteuse échoue dans 5 % des cas, et cela arrive parfois après une IVG chirurgicale, même si cela est rarissime (moins de 1 %) et vérifier que la patiente ne souffre d’aucune complication post-IVG chirurgicale.

Préparation à l'IVG (Chirurgicale ou Médicamenteuse)

Avant l'intervention

Chez vous, si vous venez pour une IVG chirurgicale par aspiration ou pour un avortement instrumental, assurez-vous d'être à jeun. Assurez-vous d’avoir une bonne hygiène corporelle. Prenez une douche avant de vous rendre à la clinique. Si vous venez pour une IVG chirurgicale ou pour un avortement instrumental, et si vous des piercings sur la langue ou sur les parties génitales, retirez-les chez vous rendre. Si vous avez de faux ongles, enlevez-en au moins un. Vous ne devez pas consommer de drogues durant les 24 heures qui précèdent l’avortement. Assurez-vous d’avoir sur vous tout ce dont vous aurez besoin pour l’intervention. Quelle que soit la méthode d’IVG, nous vous demanderons dans tous les cas une pièce d’identité, une carte ou un contrat d’assurance, ainsi que la lettre de liaison (si vous en avez une). Si vous venez pour une IVG chirurgicale par aspiration ou pour un avortement instrumental, vous aurez aussi besoin de quelques vêtements de rechange. Faites en sorte d’arriver à l’heure ! Si vous avez du retard, veuillez immédiatement en informer la clinique. En fonction de la raison de votre retard et du type de rendez-vous, nous déciderons de maintenir ce dernier ou de convenir d’une nouvelle date.

À l'accueil

Présentez-vous à l’accueil dès votre arrivée à la clinique. Vous donnerez à l’hôtesse votre pièce d’identité et les documents demandés. Elle vous remettra un questionnaire (médical) auquel vous répondrez en salle d’attente. Une fois terminé, vous retournerez à l’accueil pour l’y déposer. À cette occasion, vous pourrez récupérer votre pièce d’identité et vos éventuels autres documents personnels.

L’entretien avec le médecin

Le médecin demandera d'abord à vous parler en privé. Il veut ainsi s'assurer que c’est bien vous qui avez pris la décision d’avorter. Si vous le souhaitez, la personne qui vous accompagne pourra ensuite assister à l'examen préalable et à l'échographie. Si vous ne vous exprimez pas bien (ou pas du tout) en néerlandais, en anglais, en français ou en allemand, le médecin utilisera un service téléphonique pour traduire la conversation dans votre propre langue. Le médecin procédera à un examen préalable et déterminera exactement, au moyen d’une échographie, depuis combien de temps vous êtes enceinte. Selon le stade de la grossesse, l’échographie sera réalisée soit par le déplacement d’une sonde sur votre ventre, soit par voie vaginale. Si vous souhaitez voir l’échographie ou en garder une copie, c’est tout à fait possible. Il suffit de le demander au médecin. Si l’échographie ne laisse pas encore apparaître (clairement) que vous êtes enceinte, nous vous donnons, en général, un nouveau rendez-vous.

L’entretien avec l’infirmière

Après vous être entretenu avec le médecin, vous retournerez en salle d’attente. Si vous devez régler vous-même votre IVG ou si vous voulez vous faire poser un contraceptif à la suite de l’intervention, veuillez en informer l'accueil. Une hôtesse vous expliquera comment procéder. Une infirmière viendra vous chercher pour un deuxième entretien et pour vous préparer à l’intervention. Vous pourrez lui demander des explications supplémentaires. Vous pourrez également vous entretenir avec elle de votre choix en matière de contraception. Si vous n’êtes toujours pas sûre de votre décision, n’hésitez pas à lui en parler. Si vous avez besoin de plus de temps pour vous décider ou si vous avez trop de doutes, ce n’est pas gênant. Vous pouvez tout à fait prendre un nouveau rendez-vous ou annuler définitivement l’avortement.

Le prélèvement sanguin

Si vous êtes enceinte de plus de sept semaines, nous aurons besoin de connaître votre groupe sanguin et votre facteur rhésus. C'est la raison pour laquelle L'infirmière procédera à un prélèvement sanguin. Il est important de connaître le facteur rhésus avant de pratiquer une IVG. Nous devons savoir s’il est positif ou négatif. En cas de rhésus négatif, et selon le stade de la grossesse, nous vous injecterons des anticorps immédiatement après l’intervention. Si vous êtes enceinte de plus de 18 semaines, l’infirmière déterminera également votre taux de fer dans le sang (Hb). S’il est trop faible (cela n’arrive que dans de rares cas), le médecin décidera de reporter l’intervention à une date ultérieure.

L’avortement

Quand votre tour sera arrivé, vous irez en salle d’intervention. Vous vous installerez dans un fauteuil gynécologique. L’intervention sera réalisée par un médecin orthogéniste (spécialiste en IVG). Il est assisté d’au moins un membre infirmier. Si vous avez opté pour une sédation (profonde), un somnifère à courte durée d’action vous sera administré par une perfusion posée sur votre bras. Vous vous endormirez en l’espace de 30 secondes. Vous dormirez tout le temps de l’intervention. La sédation profonde n’est donc pas une anesthésie générale. Si vous avez opté pour une anesthésie locale, le médecin procèdera par de petites injections dans le col de l’utérus. Vous ne sentirez quasiment rien. Les IVG sur les patientes enceintes de plus de 13 semaines sont généralement réalisées sous sédation profonde. La durée de l’intervention est de 5 à 25 minutes ; elle varie en fonction du stade de la grossesse. Vous vous réveillerez presque immédiatement après l’intervention. L’infirmière vous reconduira en salle de repos.

Après l’intervention

Vous resterez en salle de repos pendant encore une heure au moins. Pendant ce temps, nous vous donnerons des antibiotiques pour prévenir les infections. La durée de votre hospitalisation dépend du stade de votre grossesse, de votre état de santé et de votre réaction aux médicaments. Vous ne pourrez sortir qu’après avoir été revue par le médecin ou un membre infirmier. Si vous avez été mise sous sédation (profonde), vous n’êtes pas autorisée à prendre la route durant les 24 heures qui suivent votre sortie (vous ne devez pas faire de vélo, ni conduire une voiture, un scooter ou un deux-roues motorisé). Les effets du somnifère perdurent en effet pendant 24 heures, ce qui vous rend moins vigilant.

Fertilité et Retour des Règles Après une IVG

Les règles reviennent généralement 4 à 6 semaines après l’IVG, selon la méthode contraceptive mise en place. La reprise de la fertilité après une IVG est immédiate. Il est donc recommandé si nécessaire d'utiliser une contraception. Vous pouvez en discuter au cours de la procédure avec votre médecin ou sage-femme pour choisir celle qui vous conviendra le mieux. Avoir recours à un ou plusieurs avortements médicamenteux dans sa vie n’entraine pas de risque d’infertilité, n’a aucune conséquence sur la fertilité et ne diminue pas la fécondité, contrairement à certaines idées reçues.

Soutien Psychologique Post-IVG

Les femmes qui pratiquent une IVG médicamenteuse ne développent pas non plus de troubles psychologiques systématiques post-IVG comme une dépression ou un comportement suicidaire si elles n’en avaient pas avant et elles ne seront pas forcément traumatisées. Chaque femme va vivre l’IVG de manière singulière et si elle ressent le besoin de partager ses sentiments et d’en parler, elle pourra demander à être reçue en entretien individuel.

La cicatrisation émotionnelle est propre à chacune. Association d’accompagnement : Agapa propose des entretiens individuels ou des cafés-rencontres entre femmes ayant vécu une IVG. Il arrive de se sentir isolée lorsqu’on traverse un questionnement autour de l’IVG, ou de rencontrer des difficultés à en parler avec son conjoint, avec la peur de ne pas être comprise, d’être jugée ou de raviver des tensions. Dans ces situations, vous pouvez trouver du soutien en échangeant avec une personne extérieure, dans un cadre confidentiel et bienveillant. Le service d’écoute SOS Bébé offre cet espace pour exprimer questions, doutes et émotions, à votre rythme et sans pression.

Sur le plan émotionnel, chaque femme avance à son rythme : certaines se sentent rapidement soulagées, d’autres ont besoin de plus de temps pour écouter et accueillir leurs émotions. Les sensations varient selon la méthode et la sensibilité de chacune. Certaines femmes parlent d’un sentiment de vide ou de tristesse, d’autres ressentent plutôt du soulagement.

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