L'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) est un droit fondamental et constitutionnel en France. Le Planning familial du Bas-Rhin, acteur majeur de la santé sexuelle et reproductive, œuvre pour garantir l'accès à ce droit et aux services de santé associés. Cependant, l'association est régulièrement la cible d'attaques et d'entraves, remettant en question l'accès à l'IVG et la sécurité des équipes. Cet article vise à informer sur l'IVG dans le Bas-Rhin, les modalités d'accès, les différentes méthodes et les structures de prise en charge, tout en soulignant les défis rencontrés par les acteurs de la santé reproductive.
Attaques contre le Planning familial du Bas-Rhin
Le Planning familial de Strasbourg a été la cible d'une série d'attaques anti-avortement depuis plusieurs années. En janvier, les équipes de l'association ont découvert la porte de leur local recouverte de messages qui "contenaient de fausses informations sur l'avortement et attaquaient les médecins de l'association". Ces attaques, qui incluent des inscriptions anti-avortement taguées sur les locaux strasbourgeois, visent à menacer les équipes bénévoles et salariées, à désinformer et à intimider les publics, et à entraver leur accès aux droits et aux services de santé sexuelle et reproductive offerts par l'association.
Ces actes sont inacceptables et remettent en question le droit à l'avortement, un droit constitutionnel. Le Planning familial du Bas-Rhin dénonce ces attaques et réaffirme son engagement à défendre l'accès à l'IVG pour toutes les femmes.
Cadre légal et accès à l'IVG
Toute patiente dont la grossesse est de moins de 14 semaines peut faire la demande d’une IVG auprès des services d’orthogénie. L’IVG est désormais accessible jusqu’à la fin de la 14e semaine de grossesse, et est remboursée par la Sécurité sociale. Les patientes ont plusieurs options : se rendre dans un cabinet de médecine générale ou gynécologique, auprès d’une sage-femme, dans un centre de santé ou à l’hôpital. En 2024, 40 % des avortements étaient pratiqués en cabinet libéral.
Structures de prise en charge dans le Bas-Rhin
Les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS) sont un établissement public ayant pour mission de fournir à tous des soins de qualité, sans distinction d’origine ou de religion. La prise en charge est proposée, avec ou sans rendez-vous, sur deux sites :
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- Site de Hautepierre : Avenue Molière, 67200 Strasbourg. Accueil du lundi au vendredi de 9h à 16h30 (sauf le jeudi de 9h à 12h et de 14h à 16h30) aux consultations externes, niveau 2 à droite de l’accueil principal. Secrétariat : 03 88 12 74 92.
- Site du CMCO de Schiltigheim : 19 rue Louis Pasteur, 67300 Schiltigheim. Accueil du lundi au vendredi de 9h à 17h (sauf le jeudi de 9h à 12h et de 14h à 17h) aux consultations externes. Se présenter 30 minutes avant la fin des consultations. Secrétariat : 03 69 55 34 08.
Il est important de noter que le personnel des HUS est mixte (hommes et femmes) et qu'il n'est pas possible de garantir une prise en charge uniquement par des consultantes femmes.
Les étapes de la prise en charge d'une IVG
La prise en charge d’une IVG comprend plusieurs étapes :
- Première consultation : Elle permet de dater la grossesse et de donner toutes les explications nécessaires quant à la procédure : les différentes méthodes d’IVG, le temps de réflexion, les avantages et risques de chaque méthode, la contraception.
- Temps de réflexion : La patiente ou le couple a accès à un accompagnement personnalisé (psychologue, assistante sociale). La patiente choisit la méthode d’IVG, sauf en cas de contre-indication.
- Deuxième consultation : Elle permet de refaire le point et de confirmer la demande d’IVG et le choix de la méthode. Un rendez-vous en hospitalisation de jour est alors fixé.
- Consultation de contrôle : Il est indispensable de faire un contrôle 15 jours plus tard, afin de vérifier la vacuité de l’utérus et rediscuter de la contraception.
Méthodes d'IVG
Il existe deux méthodes d’IVG :
- La méthode chirurgicale : Elle se déroule en salle d’opération et consiste en une dilatation du col de l’utérus et en une aspiration du contenu utérin. La dilatation du col est facilitée par la prise d’un comprimé de Mifépristone (RU 486), 48 heures avant l’IVG. La patiente a le choix entre une anesthésie générale et une anesthésie locale. L'hospitalisation pour une IVG chirurgicale dure une journée en moyenne.
- La méthode médicale : Elle consiste en une prise orale de mifépristone (RU 486) lors de la deuxième consultation, suivie 48 heures après d’une hospitalisation de jour pour l’administration orale ou vaginale de comprimés de prostaglandines, et pour surveillance médicale. La vacuité utérine est obtenue en quelques heures, grâce à la prise de prostaglandines. Un traitement contre la douleur y est toujours associé. Les saignements vont durer en général une semaine. Dans moins d’un cas sur dix, une aspiration peut être nécessaire si l’expulsion est incomplète ou les saignements trop importants. Pour des grossesses jeunes (inférieures à 7 semaines de grossesse) et sous certaines conditions précises, la méthode médicamenteuse pourra être réalisée en ambulatoire.
Judith Hottois est l’une des rares médecins en Alsace à avoir mentionné sur sa fiche Doctolib qu’elle pratique des IVG médicamenteuses. Elle prescrit les comprimés nécessaires à une IVG médicamenteuse « une dizaine de fois par an ». Elle délivre elle-même les boites pour éviter à la patiente de devoir aller à la pharmacie.
Spécificités pour les mineures
Quelle que soit la technique choisie, la patiente mineure passe obligatoirement par le centre de santé sexuelle de l’hôpital pour un entretien psychosocial. Le centre de santé sexuelle de l’hôpital de Haguenau oriente les femmes, les conseille, et s’occupe des entretiens psychosociaux qui sont obligatoires quand une mineure souhaite avorter. À l'hôpital de Haguenau, 4 % des avortements concernent des mineures.
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Complications et suivi
Une IVG incomplète peut exposer à des infections ou des saignements prolongés. Dans tous les cas, la patiente doit consulter plus tôt en cas de fortes douleurs abdominales, de fièvre supérieure à 38°, de pertes de sang importantes ou de malaise ou si elle n’a eu aucun saignement après une IVG à domicile.
Conclusion
L'IVG est un droit fondamental pour les femmes, et son accès doit être garanti. Le Planning familial du Bas-Rhin joue un rôle essentiel dans l'information, l'accompagnement et la défense de ce droit. Malgré les attaques et les entraves, les professionnels de santé restent engagés à offrir des soins de qualité et à accompagner les femmes dans leur choix. Il est crucial de soutenir les structures de prise en charge et de lutter contre la désinformation pour garantir l'accès à l'IVG dans le Bas-Rhin et partout en France.
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