Le droit à l'avortement, un droit fondamental pour l'autonomie des femmes, reste un sujet de débat passionné à travers le monde. Bien qu'il ait été légalisé en France il y a plusieurs décennies, il est constamment remis en question et menacé, comme en témoignent les restrictions récentes dans certains États américains. En cette Journée internationale du droit à l'avortement, il est crucial de se souvenir de l'importance de ce droit et de se battre pour sa préservation. Afin de souligner l'importance du droit à l'avortement, plusieurs artistes ont évoqué leur propre expérience de l'IVG auprès du magazine Causette.
Un Droit Fragile et Menacé
Ce dimanche 28 septembre était la Journée internationale du droit à l’avortement. Un droit menacé dans différentes régions du monde et pour lequel il faut continuer à se battre. Cinquante ans après sa dépénalisation en France, on pourrait penser que le droit à l’avortement est immuable, que ce qui est acquis ne peut pas être repris. Il n’a au contraire, jamais été autant en danger. A l’international, bien des exemples nous prouvent qu’un droit qui a été accordé peut être enlevé. Pourtant, les interdictions ou restrictions à l’accès à l’IVG n’ont jamais diminué le nombre d’avortements. En revanche, elles augmentent considérablement le taux de mortalité des femmes qui avortent. Selon l’OMS, les avortements non sécurisés sont la troisième cause de mortalité maternelle à travers le monde, et chaque année, 7 millions de femmes sont hospitalisées suite à un avortement non sécurisé.
L'IVG Avant la Loi Veil : Clandestinité et Traumatisme
Ce n’est qu’en 1975 que la loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dite « Loi Veil » (du nom de la ministre de la Santé du gouvernement de Jacques Chirac, Simone Veil) était promulguée. Avant cette date, les avortements existaient déjà, mais se faisaient de manière clandestine, ou à l’étranger pour celles qui pouvaient se le payer. Aussi, de nombreuses stars ont été traumatisées par leur avortement à l’époque. D’autres ont failli y perdre la vie, comme Line Renaud, ou Brigitte Bardot.
Line Renaud a raconté lors d'un entretien au Monde qu'elle avait subi un avortement clandestin extrêmement traumatisant à une époque où l'IVG n'était pas autorisée en France. “Un avortement dont je garde un souvenir effroyable. Une adresse glauque, un appartement sombre, une tricoteuse…”, raconte Line Renaud qui n’avait que 17 ans à l’époque.
Brigitte Bardot aussi avait 17 ans à l’époque. À seulement 17 ans, l'actrice tombe enceinte. Les avortement étant alors punis par la loi en France et c'est à Megève, en Suisse, qu'elle décide d'interrompre sa grossesse dans des conditions "déplorables". "Les douleurs qu'elle a ressenties furent atroces.
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Des Témoignages de Célébrités Brisent le Silence
Pour souligner l'importance du droit à l'avortement, plusieurs artistes ont évoqué leur propre expérience de l'IVG auprès du magazine Causette. Ces célébrités ont accepté de se confier sur l'IVG qu'elles ont vécu. Les profils, et âges, de ces célébrités sont très variés, à l'image de toutes les femmes qui avortent dans le monde : la chanteuse Madonna, l'actrice Jemima Kirke, la comédienne Nathalie Baye…
Des raisons personnelles et des choix assumés
Pour certaines, avoir recours à l’avortement était une nécessité. Trop jeunes, pas prêtes, elles ont choisi d’avorter et ne l’ont jamais regretté. “J’ai avorté quand j’étais jeune, et c’est la meilleure décision que j’aie jamais prise. Tant pour moi que pour le bébé dont je ne voulais pas et pour lequel je n’étais pas prête, sur le plan émotionnel, psychologique et financier”, a témoigné l’actrice Jameela Jamil qui milite pour ce droit. A chaque fois, la décision n’a pas été simple à prendre.
L'actrice de The Good Place prend régulièrement position pour les droits des femmes. Ce fut la meilleure décision de toute ma vie. Pour moi et pour le bébé que je ne voulais pas et pour lequel je n'étais pas prête, tant d'un point de vue psychologique, émotionnel et financier. Trop d'enfants se retrouvent dans des familles d'accueil parce que des parents ne peuvent pas s'en occuper. Ce sont des vies ruinées.
L'actrice révélée par la série Girls était âgée de 22 ans lorsqu'elle est tombée enceinte de son compagnon. "Je n’étais pas sûre de vouloir être liée à lui pour le restant de mes jours. Ma vie ne me permettait pas d'élever un enfant heureux et en bonne santé. Je ne trouvais pas ça juste", a-t-elle expliqué dans une vidéo postée sur Youtube en 2015. Elle se débrouille alors pour se faire avorter.
Dans une interview accordée au Times Magazine en 1996 Madonna confiait "Je pense que tu dois être préparée psychologiquement [à avoir un enfant ndlr]. La chanteuse a raconté avoir eu recours à l'avortement au tout début de sa carrière. “Je pense que tu dois être préparée psychologiquement (à avoir un enfant, ndlr).
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L'actrice a évoqué à plusieurs reprises les deux avortements qu'elle a subi au début de sa carrière. Un choix qu'elle assume à 100 % : "Je savais que je n'étais pas équipée pour être mère à l'époque. Donc j'ai choisi d'avoir recours à un avortement. J'ai choisi, c'était mon choix et c'était absolument le bon choix pour moi. (…) Je n'aurais jamais eu mes enfants, mes magnifiques, parfaits, aimants, gentils et curieux enfants qui ont une mère qui était vraiment prête pour eux. (…) J’ai réalisé que je ne pouvais pas donner la vie tout en changeant le monde. Je ne regrette pas ma décision et je ne l’ai pas prise à la légère.
Alyssa Milano n'a jamais regretté ces deux avortements : "Je n'aurais jamais eu mes enfants, mes magnifiques , parfaits, aimants, gentils et curieux enfants qui ont une mère qui était vraiment prête pour eux. Je n'aurais pas ma carrière, ni cette plateforme pour me battre contre l'oppression (…), ni mon mari David Bugliari. Je n'aurais jamais été libre d'être moi-même. Et c'est le coeur même de cette bataille : la liberté".
La rappeuse Nicki Minaj a accordé une interview au magazine Rolling Stone dans laquelle elle est revenue sur son avortement il y a plusieurs années : "J'étais une adolescente. Ça a été la chose la plus difficile à traverser." Alors en couple pour la première fois avec un garçon plus âgé, elle choisit d'avoir recourt à une IVG "Je n'étais pas prête.
L'avortement comme conséquence de situations traumatiques
La chanteuse new yorkaise a confié, dans la série documentaire « The Me You Don’t See », avoir été violée et séquestrée pendant des mois par un professionnel de la musique lorsqu’elle avait 19 ans, avant d'être abandonnée au bord de la route, enceinte.
L'expérience difficile de l'avortement clandestin
Dans son livre confession sorti en 2012, « You have no idea » (« Vous n'avez pas idée »), l'actrice a fait part de son expérience alors qu'elle était adolescente : "Être enceinte est la chose la plus terrifiante qui arrive dans une vie.
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La comédienne Whoopi Goldberg a confié dans l'essai "The Choices We Made" qu'elle est tombée enceinte à l'âge de 14 ans. Paniquée à l'idée de l'avouer à ses parents ou de faire confiance à un adulte, elle a avorté toute seule, à l'aide d'un cintre dans les toilettes publiques d'un parc. "J’ai découvert que j’étais enceinte à l’âge de 14 ans. J’ai paniqué. À ce moment, j’avais plus peur de devoir m’expliquer que d’aller dans les toilettes d’un parc avec avec un cintre… Ce que j’ai fait. Cela semblait très simple à l’époque : tu fais juste ça, et "ça" s’en va.
L'IVG : Un choix éclairé et sans regret
L'actrice Keke Palmer est une militante pro-IVG qui rappelle qu'un avortement n'a pas à affecter des croyances religieuses. Faire des choix individuels n'est pas une trahison envers votre foi. Surtout parce que Dieu connaît votre cœur et votre destinée.
L'actrice de 45 ans a commenté : "J'ai eu un avortement et je soutiens ce message. Je n'ai pas honte, et vous ne devriez pas non plus. Que 60% de celles qui choisissent d'avorter soient déjà des mères en dit long - elles comprennent plus que quiconque. J'étais sous pilule et ça n'a pas fonctionné. J'ai réalisé que je ne pouvais pas amener un enfant dans mon monde et changer simultanément le monde. Je ne regrette pas ma décision et cela n'a pas été fait à la légère. Si vous ne voulez pas d'avortement, n'avortez pas.
Corinne Masiero, qui n'a jamais caché son engagement, a notamment révélé qu'elle avait subi trois avortements. Le premier quand elle avait quinze ans seulement. Elle est tombée enceinte alors qu'elle prenait la pilule contraceptive. "Ça a toujours été le flip de ma vie", a-t-elle expliqué, avant de confier la réaction de de celui qui l'avait "encloquée" : "Il m'a dit : ”Fais comme tu veux.” Ça m'a coupé le souffle. Corinne Masiero évoque son "soulagement" après son premier avortementSi elle n'a pas pu compter sur le soutien de son partenaire, Corinne Masiero a eu la chance d'être accompagnée par une infirmière qui n'a pas lâché sa main pendant toute l'opération (ce qui n'a pas complètement calmé son "angoisse au bloc"). "Après l'intervention, j'ai éclaté en sanglots. Je n'ai pas compris pourquoi, car c'était un soulagement", a-t-elle confié, avant de raconter que son deuxième avortement, quand elle avait une vingtaine d'année et qu'elle n'était "ni physiquement, ni mentalement en état d'éduquer quelqu'un", ne s'était pas aussi bien passé : "Le personnel médical n'était pas du tout compatissant. C'était à la chaîne", a confié l'interprète de Capitaine Marleau. Elle s'est souvenue "des regards, de la peur et du mal-être." Corinne Masiero est tombée enceinte une troisième fois alors qu'elle était encore sous pilule. Et son médecin l'a aidée à arrêter de "culpabiliser" et son partenaire l'a soutenue : "C'était un plan cul plus jeune, qui était un peu amoureux. "À aucun moment je n'ai regretté", a conclu Corinne Masiero, regrettant cependant : "À chaque fois, c'est moi qui gérais le bazar. J'avais de la compassion venant de mes potesses, dont certaines étaient déjà passées à la casserole.
Les Menaces Actuelles sur le Droit à l'Avortement
En 2023, le droit à l’avortement est encore un sujet controversé. Aux États-Unis, alors qu’il semblait acquis, ce droit a, en effet, été retiré aux femmes dans plusieurs états du pays. La situation des femmes s'aggrave aux Etats-Unis. Ce mardi 14 mai, les élus de l'Alabama ont adopté à 25 voix contre 6 un texte qui interdit aux médecins de pratiquer des avortements sous peine de prison et ce, peu importe le stade de la grossesse. La semaine dernière, l'État de Géorgie a voté une loi particulièrement restrictive sur la question de l'avortement. Dès janvier 2020, les femmes ne pourront plus avorter si un rythme cardiaque est détecté chez l'embryon.
L'actrice de Dawson raconte : "J'ai eu un avortement quand j'avais 15 ans et je vous le dis parce que je suis vraiment effrayée pour les femmes et filles à travers tout le pays. Peut-être que vous êtes assis en train de penser "Je ne connais aucune femme qui voudrait avoir un avortement.
busy tonighL'actrice de 39 ans s'est confiée dans son talk show busy tonight après avoir appris l'annonce de la loi en Géorgie.
Sur Instagram elle a confié : "J’étais enceinte de quatre mois et demi. […] On m’a fait accoucher en me disant qu’il fallait que je sois consciente durant toute la procédure. C’était l’une des expériences les plus horribles de ma vie. J’en fais encore des cauchemars. J’étais seule et désarmée. Alors quand je pense que des femmes vont devoir avorter dans des conditions encore pires que celles que j’ai connues, à cause des nouvelles lois, ça me retourne l’estomac. L'actrice conclut : "L’avortement est le cauchemar à son paroxysme. Aucune femme ne souhaite vivre ça. […] Je n’ai jamais voulu parler de cette expérience. L'actrice de The Good Place prend régulièrement position pour les droits des femmes. Ce fut la meilleure décision de toute ma vie. Pour moi et pour le bébé que je ne voulais pas et pour lequel je n'étais pas prête, tant d'un point de vue psychologique, émotionnel et financier. Trop d'enfants se retrouvent dans des familles d'accueil parce que des parents ne peuvent pas s'en occuper. Ce sont des vies ruinées. Elle a ajouté : "Je me fiche de ce que l'on peut penser de ma décision. Mon corps et mes choix m'appartiennent. Cette nouvelle loi est vraiment décevante, inhumaine et témoigne de la haine qui existe envers les femmes, du mépris qui subsiste envers nos corps, nos droits et notre santé mentale. C'est une punition pour les victimes de viols, qui sont forcées de porter le bébé de leur violeur. […] Ça me blesse de tellement de façons, et en particulier en tant que victime de viol. Je n'imagine par être tombée enceinte et être forcée par la loi de porter son enfant à terme, et voir quelqu'un qui lui ressemble tous les jours, à moins de risquer la peine de mort ?!
Deux mois plus tôt, Rose McGowan avait retweeté le message : "1 femme sur 4 a un avortement à l'âge de 45 ans. 60% sont déjà mères. L'avortement est commun, normal et sûr, mais les politiciens anti-choix veulent que vous croyiez le contraire dans l'espoir de mettre fin à l'accès à l'avortement sans risque et légal.
Réhabiliter la mémoire des femmes condamnées
Cinquante ans après la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG), un collectif de personnalités politiques, artistiques et féministes appelle, dans une tribune publiée jeudi 16 janvier dans Libération, à la réhabilitation des femmes "injustement condamnées" pour avoir avorté avant la loi Veil, promulguée le 17 janvier 1975. Les signataires suggèrent de mettre en place "une commission indépendante" qui "pourrait être chargée de la reconnaissance et de la réparation, matérielle ou symbolique, des femmes injustement condamnées pour avortement".
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