La fécondation in vitro (FIV) et l'ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïdes) sont des techniques d'assistance médicale à la procréation (AMP) qui ont permis à des millions de couples de réaliser leur rêve de parentalité. Cependant, comme toute intervention médicale, la FIV comporte des risques potentiels, tant pour la femme que pour l'enfant à naître. Cet article vise à informer de manière exhaustive sur les effets secondaires à long terme de la FIV, en s'appuyant sur les données disponibles et les études scientifiques.

Risques pour la Femme Subissant une FIV

Risques Généraux Associés à la FIV

Comme toute procédure médicale à visée diagnostique ou thérapeutique, une tentative de FIV/ICSI comporte certains risques. Le rôle des professionnels de santé est d’informer les patientes et de contrôler ces risques.

Le Risque d’Échec de Grossesse

L'échec de la grossesse est une possibilité, mais son analyse peut aider à mieux préparer la tentative suivante et à progresser dans le diagnostic et les causes précises de l'infertilité du couple. En moyenne, plus de 70 % des femmes obtiennent une grossesse évolutive en moins de 4 tentatives.

Facteurs de Risque Connus

L'âge, le tabac et l'excès pondéral sont reconnus comme étant des facteurs défavorables. Ils gênent avant tout la stimulation ovarienne et l'anesthésie. Ces facteurs augmentent aussi les risques pour une grossesse évolutive. Le surpoids rend la ponction folliculaire plus délicate à pratiquer et augmente le risque de fausses couches. Certaines situations nécessitent une consultation avec un endocrinologue ou une consultation en diététique en vue d'un amaigrissement préalable.

Risques Liés aux Traitements Hormonaux

Les traitements hormonaux utilisés lors de la FIV peuvent entraîner divers effets secondaires, allant de troubles mineurs à des complications plus graves.

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Syndrome d’Hyperstimulation Ovarienne (SHO)

Le syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) léger à moyen est la complication la plus fréquemment rencontrée en FIV. Le SHO correspond à une réponse ovarienne importante à la stimulation, dont l'ampleur est parfois imprévisible. Les manifestations sont :

  • Pesanteur abdominale ;
  • Douleurs ovariennes et/ou gastriques ;
  • Augmentation du volume de l'abdomen.

Dans les formes plus sévères, on peut voir des difficultés à uriner ou à respirer. Ce diagnostic peut inciter à interrompre la stimulation avant ou après la ponction : dans ce dernier cas, les embryons, s'il y en a, sont congelés et le transfert aura lieu au cours d'un cycle ultérieur. Outre le risque de frustration, le syndrome d'hyperstimulation ovarienne peut s'accompagner d'un risque vital lié aux désordres métaboliques ou de thromboses (caillots) veineuses ou artérielles. Dans de rares cas (< 1 %), une hospitalisation peut être rendue obligatoire pour surveillance et traitement par perfusion. Les cas d'hospitalisation en service de réanimation et le décès sont tout à fait exceptionnels, mais ce risque est à connaître. Le médecin qui vous suit connaît bien cette pathologie. Il saura la diagnostiquer et prendre les mesures nécessaires. Il vous appartient de le tenir informé des symptômes anormaux qui peuvent survenir au cours du traitement, après la ponction ou le transfert d'embryons.

Les alternatives en FIV pour éviter ce risque sont :

  • La maturation in vitro ;
  • La FIV en cycle spontané.

Les résultats en termes de taux de grossesse de ces deux techniques sont très inférieurs aux techniques de FIV classique et d'ICSI.

Risque de Fausse Couche

Le risque de fausse couche est légèrement augmenté en raison de l'âge biologique plus élevé des femmes en AMP (par rapport à la population générale des femmes enceintes). Il l'est également du fait des diagnostics de grossesse très précoces. Il est estimé à 15 % des grossesses.

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Risque de Grossesse Extra-Utérine (GEU)

La GEU se produit lorsque la grossesse s'implante en dehors de l'utérus. Ce type de grossesse est une des plus compliquées et concerne 1 à 5 % des grossesses obtenues après FIV. Bien que les embryons soient replacés à l'intérieur de la cavité utérine, ils peuvent migrer dans la trompe utérine. Le diagnostic de la GEU est généralement fait par l'échographie réalisée 4 à 6 semaines après le transfert, mais des douleurs abdominales anormales ou des saignements survenant avant cette date doivent vous pousser à consulter en urgence. Le traitement est habituellement chirurgical (cœlioscopie), mais le traitement médical est possible dans certains cas.

Risques de Grossesse Multiple

Les grossesses multiples sont des grossesses plus « à risque ». Elles peuvent être responsables de complications hypertensives, de prématurité (naissance avant 8 mois dans 50 % des cas) et de faible poids à la naissance (souvent moins de 2500 g). C'est pourquoi, dans la grande majorité de cas, l'équipe médicale conseille le transfert de 1 ou 2 embryons, ce qui permet de limiter fortement le risque de grossesse multiple (20 % de grossesses gémellaires et moins de 1 % de grossesses triples).

Autres Effets Secondaires Possibles

Les hormones prescrites lors d’une tentative de FIV ne sont pas dépourvues d’inconvénients. Des effets secondaires incontestables peuvent inclure :

  • Sueurs nocturnes et tremblements ;
  • Irritabilité ;
  • Apparition de petites veines sur les jambes ;
  • Cellulite ;
  • Chute de cheveux ;
  • Insuffisance veineuse.

Risques Liés à la Ponction Ovarienne

La ponction des ovaires consiste à introduire une aiguille dans un organe très vascularisé. Ceci entraîne toujours une petite hémorragie dans l'abdomen. Si elle est un peu importante, elle peut occasionner des douleurs persistantes durant quelques jours. Il s'agit souvent d'un ballonnement abdominal avec constipation et de douleurs dans les épaules.

Infection

Il peut s'agir d'une infection de l'utérus (endométrite), des trompes (salpingite), plus rarement de pelvipéritonite ou d'abcès de l'ovaire qui nécessite un traitement antibiotique et souvent une cœlioscopie.

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Risque Thromboembolique

Le traitement de stimulation ovarienne, en faisant augmenter de façon majeure le taux d'œstrogènes, accroît le risque thromboembolique. Le plus souvent il s'agit d'une phlébite, soit des membres inférieurs soit des membres supérieurs. Le membre devient douloureux, augmente de volume. Il est souvent rouge et chaud.

Allergies

Les produits qui donnent le plus d'allergie sont les antagonistes (Cetrotide® et Orgalutran®). Il s'agit d'allergie locale avec une réaction cutanée. Les allergies graves sont rares et pour la plupart imprévisibles.

Torsion d'Ovaire

Lors de la stimulation et après, l'ovaire augmente de volume et peut se tordre autour de son pédicule. La torsion d'ovaire survient surtout après la ponction et particulièrement en cas de grossesse débutante. Elle se traduit par une douleur très brutale et très intense (comme un coup de couteau). La douleur est unilatérale et irradie souvent vers le rein et vers l'aine. Fréquemment, l'ovaire se détord tout seul.

Risques Anesthésiques

Si la ponction est réalisée sous anesthésie générale, le risque anesthésique existe, mais est extrêmement faible. Si la ponction est réalisée sous anesthésie locale, il existe une possibilité de réaction allergique à l'injection de Xylocaïne, et il faut signaler toute réaction anormale que vous auriez pu avoir avec des anesthésies locales (lors des soins dentaires par exemple).

Risque de Cancer

Beaucoup de patientes craignent que les hormones utilisées pour la stimulation ne leur occasionnent un cancer à long terme.

Cancer de l’Ovaire

Les traitements utilisés en FIV n'augmentent pas le risque. Il faut remarquer que les femmes stériles ont un risque naturel plus élevé de cancer de l'endomètre et de l'ovaire.

Cancer du Sein

Des chercheurs de l’Institut du cancer des Pays-Bas ont comparé l’incidence des cancers du sein chez des patientes de la cohorte OMEGA et la population néerlandaise. Alexandra van den Belt-Dusebout et ses collègues ont dénombré 839 cas de cancers du sein invasifs et 109 cas de cancers du sein in situ. Le risque de cancer du sein diminuait lorsque le nombre de cycle de traitement pour la FIV augmentait, notent les chercheurs. Pour sept cycles de stimulation ovarienne, le risque de cancer du sein était de 45% inférieur au risque des femmes n’ayant suivi qu’un ou deux cycles de traitement.

Impact Psychologique

Le parcours de la FIV peut être éprouvant sur le plan émotionnel. Les échecs répétés, les effets secondaires des traitements hormonaux et l'incertitude quant à l'issue de la procédure peuvent entraîner stress, anxiété et dépression. Il est essentiel de bénéficier d'un soutien psychologique adéquat tout au long de ce processus.

Risques pour l'Enfant Conçu par FIV

Risque de Prématurité

Il est statistiquement plus élevé chez les femmes présentant des facteurs de risques personnels :

  • Fumeuses ;
  • Âgées de plus de 38 ans ;
  • Présentant une grossesse à risque (grossesse gémellaire, hypertension, prééclampsie).

Sur certaines études, il apparaît que l'infertilité féminine (et dans une moindre mesure l'infertilité masculine) pourrait être des facteurs de risque indépendants de prématurité.

Risques d’Anomalies Génétiques

Anomalies Chromosomiques

Elles peuvent être liées à la technique, mais aussi, et surtout aux anomalies génétiques portées par les gamètes, ovocytes et spermatozoïdes. Les spermatozoïdes peuvent révéler une anomalie parentale préexistante dans 1,4 % des cas. Certaines anomalies apparaissent au moment de la fécondation elle-même (1,6 % des cas). Ceci est surtout à craindre en cas de micro-injection (ICSI), et ce d'autant plus souvent que le sperme est anormal (6 % des hommes ont des anomalies chromosomiques au niveau de leurs spermatozoïdes). Certaines anomalies graves sont une cause d'échec d'implantation des embryons ou de fausses couches.

Le dépistage des anomalies chromosomiques telles que la trisomie 21 est proposé à toutes les femmes en début de grossesse, que la grossesse ait été obtenue naturellement ou par PMA, et, quel que soit l'âge de la femme. Le dépistage échographique est également systématique. Si une anomalie était détectée, une prise en charge en service de diagnostic anténatal serait proposée, comme pour les grossesses survenues sans PMA.

Anomalies Génétiques

Certaines anomalies des gènes portées par les parents risquent d'être transmises à l'enfant (comme la mucoviscidose ou certaines stérilités d'origine génétique). Ce risque d'anomalies justifie des investigations avec éventuellement caryotypes parentaux ou dépistage d'anomalie génétique lorsqu'il est techniquement possible. Dans certains cas, un diagnostic par amniocentèse peut s'avérer nécessaire. Pour aborder ces situations particulières, un conseil génétique est recommandé.

La transmission génétique d'une infertilité paternelle existe, surtout lorsque le déficit spermatique est sévère et lié à une mutation du chromosome Y. Ce risque de transmission peut être évalué au cours d'une consultation de génétique.

Risques de Malformations

Le fait de manipuler les gamètes et les embryons in vitro entraîne un stress cellulaire et des modifications épigénétiques sur l'ADN. À ce jour, ce phénomène n'a été corrélé à aucun sur-risque.

Plusieurs études sur le risque de cancer chez les enfants conçus avec AMP affichent des résultats plutôt rassurants. Les experts étudient néanmoins de près l'incidence des maladies épigénétiques chez les enfants issus d'AMP, comme le syndrome de Beckwith-Wiedemann ou celui d'Angelman qui se manifeste entre autres par un déficit mental.

Plus de cinq millions d'enfants ont vu le jour grâce à une FIV ou une ICSI. Les données épidémiologiques sur la santé et le développement de ces enfants sont toutes rassurantes. Jusqu'à ce jour, le nombre de malformations congénitales observées chez les enfants issus d'une FIV ou d'une ICSI est légèrement supérieur (5,3 %) à celui observé dans la population générale (4%).

Les malformations congénitales ne semblent pas directement imputables à la technique de PMA (FIV ou ICSI). L'origine des malformations est la plupart du temps imputable à des facteurs génétiques héréditaires ou maternels.

Études sur les Effets à Long Terme

Depuis la première naissance d’un enfant obtenu par FIV (1978, Louise BROWN, RU), de nombreux enfants ont vu le jour grâce aux techniques d’AMP (plus de 25 000 bébés par an en France, soit 3,1 % des naissances).

Une étude menée au Danemark a constaté que les femmes ayant eu un premier cycle de fécondation in vitro et qui ont mal répondu au traitement sont davantage à risque de souffrir de problèmes de santé sur le long terme. Cette recherche a été menée auprès de 20 000 femmes ayant réalisé une FIV entre 1995 et 2014 au Danemark.

Les chercheurs ont identifié un lien entre l'échec de la FIV et un processus de vieillissement accéléré en général. Précisément, les femmes avec moins d'ovules collectés pendant la FIV avaient un risque 26% plus élevé de maladies toutes causes confondues par rapport à celles avec une réponse ovarienne normale. Ce risque était significativement plus élevé pour les maladies cardiovasculaires et l’ostéoporose. En revanche, il ne l’était pas pour les cancers.

Que Faire en Cas de Problème ?

Vous aurez peut-être à faire face à des difficultés inattendues ou à des symptômes qui vous paraissent anormaux. La gestion des déclarations par l'Agence de la biomédecine est notamment basée sur le niveau de gravité des effets indésirables rapportés.

Si vous êtes dans un cadre tel que celui-là, n’hésitez pas à retourner voir votre gynécologue ou votre centre en urgence. Un bilan sanguin et une échographie s’imposent rapidement.

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