La fécondation in vitro (FIV) est une technique de procréation médicalement assistée (PMA) qui offre un espoir à de nombreuses personnes et couples confrontés à l'infertilité. Cependant, l'accès à la FIV et les lois qui la régissent varient considérablement d'un pays européen à l'autre. Un aspect particulièrement important est la limite d'âge pour les femmes souhaitant bénéficier de ce traitement. Cet article examine les différentes législations européennes en matière de FIV, en mettant l'accent sur les limites d'âge et les conditions d'accès, afin de fournir une vue d'ensemble claire et détaillée de la situation actuelle.
Limites d'âge pour la FIV : Une question complexe
La FIV est possible à des âges avancés, mais la limite supérieure varie en fonction du pays, de la clinique et de la méthode de traitement. La plupart des restrictions d'âge concernent les femmes, car la qualité des ovocytes diminue fortement après la trentaine. On parle d'« âge reproductif avancé » pour les femmes à partir de 37 ans, et pour les hommes à partir de 40 ans.
Nombreux sont ceux qui affirment qu'on ne devrait pas imposer aux patientes de limite d'âge pour la FIV, arguant que la santé de l'utérus et des ovaires diffère d'une femme à l'autre. La limite d'âge pour une FIV devrait donc être une question entre le professionnel et la patiente.
En général, la majorité des cliniques de FIV proposent des traitements aux femmes jusqu'à l'âge de 50 ans, certains pays étant un peu plus flexibles et proposant des traitements aux femmes après 50 ans. Les traitements pour les femmes âgées sont souvent associés à un don d'ovocytes ou à un don de sperme. La santé de la patiente est toujours prioritaire et les cliniques de fertilité présenteront les taux de réussite ainsi que les risques éventuels pour votre santé.
Limites d'âge spécifiques par pays
Nous examinerons les règles relatives à la limite d'âge pour la FIV, telles qu'elles sont appliquées par un certain nombre de pays en Europe:
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- Royaume-Uni: Les traitements de fertilité du NHS au Royaume-Uni ont été façonnés par les directives de l’Institut national pour l’excellence clinique (National Institute for Clinical Excellence ou NICE). Selon les recommandations les plus récentes du NICE concernant la limite d’âge pour la FIV, le traitement financé devrait être proposé aux femmes jusqu’à l’âge de 42 ans (à condition que certains critères sont remplis). Dans le secteur privé britannique, il n’y a pas de limite d’âge fixée par la loi. Les cliniques peuvent faire preuve de discernement en tenant compte de l’organisme de réglementation, la Human Fertilisation and Embryology Authority (HFEA).
- Chypre: Il n’existe pas de législation spécifique à Chypre concernant la procréation médicalement assistée - des lignes directrices et des réglementations assez souples sont contenues dans les lois générales sur la santé. Pour pouvoir bénéficier d’un traitement après 50 ans, le ministère de la santé de l’île indique que les femmes doivent prouver qu’elles sont « médicalement aptes » et qu’elles peuvent être traitées de trois manières. Tout d’abord, après consultation, si elle est en bonne santé et dispose d’une réserve ovarienne suffisante, une femme peut être candidate à une FIV conventionnelle avec ses propres ovocytes. L’âge maximum des femmes pouvant recevoir un don d’ovocytes est fixé à 58 ans, bien qu’une approbation et des évaluations supplémentaires par le ministère de la santé soient requises pour les femmes de plus de 45 ans.
- Espagne: En Espagne, il y a une loi spécifique sur la procréation assistée mais elle n’impose aucune condition spécifique concernant un âge limite. La plupart des grandes cliniques espagnoles disposent de leur propre comité d’éthique chargé de faciliter les politiques et les meilleures pratiques. Ces comités recommandent généralement de limiter l’âge des patientes à 50 ans - certaines cliniques pouvant accepter des patientes jusqu’à 52 ans. Pour les femmes recevant un don d’ovocytes, l’âge maximum est généralement de 50 ans, mais certaines cliniques peuvent accepter des patientes jusqu’à 52 ans en fonction de leurs circonstances individuelles et de leur situation médicale.
- Ukraine: La législation ukrainienne sur la procréation médicalement assistée est très large en ce qui concerne les traitements que les cliniques peuvent proposer et les patients qui peuvent y avoir accès. Elle n’impose toutefois aucune limite d’âge pour la FIV. Elle tente toutefois d’être libérale en ce qui concerne la limite d’âge pour la FIV appliquée par les cliniques.
- Grèce: La limite légale pour les femmes qui ont accès à un traitement de fertilité est de 49 ans. Le ministère grec de la Santé régit les cliniques de fertilité dans ce pays et a mis en place des procédures lui permettant d’inspecter les installations si nécessaire. Il n’y a pas de limite d’âge légale pour la FIV, mais comme le pays n’autorise pas les traitements par don d’ovocytes, il y a de fait une limite d’âge, qui dépend entièrement de la capacité de la patiente à produire des ovocytes viables susceptibles d’être fécondés par un traitement de FIV conventionnel. Cette capacité est évaluée par un processus de dépistage au début du processus de traitement.
- Estonie: La loi sur l’insémination artificielle et la protection de l’embryon (1997) régit la PMA en Estonie. Le secteur est très bien réglementé, les cliniques faisant l’objet de visites régulières pour garantir la sécurité et les normes de qualité.
- Russie: Il n’y a pas de limite d’âge pour la FIV en Russie. La FIV est régie par la loi sur la santé sexuelle et reproductive et les traitements partiellement financés sont accessibles aux femmes jusqu’à l’âge de 37 ans.
- Slovaquie: Le ministère de la santé régit les prestations de FIV en Slovaquie et les patientes slovaques âgées de 39 ans maximum peuvent bénéficier de traitements financés et couverts par l’assurance maladie. Il n’existe pas de législation spécifique régissant la limite d’âge dans le secteur privé.
- Pologne: Il n’y a pas de limite d’âge pour la FIV en Pologne. Une législation souple permet aux différents prestataires de traitement de fixer des limites en fonction des patientes.
- Lettonie: Il n’y a pas de limite légale d’âge, ni pour les femmes ni pour les hommes ayant recours à un don d’ovocytes.
Aspects financiers et remboursement des traitements de FIV
En France, conformément au décret 2005/386 du 19 avril 2005, les traitements de procréation médicale assistée peuvent être pris en charge partiellement par l'assurance maladie, s'ils sont réalisés dans un autre état de l'Union Européenne sous certaines conditions. La principale étant selon la loi" si un traitement identique ou présentant le même degré d'efficacité ne peut être obtenu en temps opportun en France. " C'est souvent le cas en matière de don d'ovocytes ou l'attente atteint facilement plusieurs années car la France manque cruellement de donneuses d'ovules malgré les campagnes de recrutement de l'Agende de Biomédecine. Le traitement doit avoir lieu dans un établissement de l'Union Européenne ou un pays de l'Espace Economique Européen. Une réponse du directeur de la santé en 2013 précise qu’il n’est donc "pas interdit d’adresser en dehors du territoire national ces patientes et cette pratique ne peut faire l’objet de poursuites dès lors que le cadre en vigueur en France est respecté (prise en charge d’un couple formé d’un homme et d’une femme, vivants, en âge de procréer, donnant son consentement à l’AMP, respect des principes d’anonymat et de gratuité du don de gamètes et sélection des donneurs au regard de critères de sécurité sanitaire". La demande de prise en charge doit être préalable.
Il est important de noter que les devis peuvent varier énormément d’un pays à l’autre, et selon le type de programme choisi - certains programmes incluent l’utilisation d’ovocytes frais ou congelés, un nombre garanti d’ovocytes « attribués » à la receveuse pour la fécondation, un nombre garanti d’embryons au jour 3 ou au jour 5, et l’inclusion de certaines procédures ou techniques supplémentaires.
Don d'ovocytes : Cadre juridique et spécificités
Le traitement de FIV avec don d’ovocytes est l’une des principales composantes des techniques de procréation assistée et représente un moyen de redonner espoir à de nombreuses personnes et couples confrontés à l’infertilité. Si vous envisagez de recourir au don d’ovocytes, vous devez donc connaitre les différents cadres juridiques en vigueur dans les pays où ce protocole est le plus répandu.
Un autre point important porte sur les informations concernant la donneuse d’ovocytes pouvant être révélées à la receveuse, et le moment où ces informations peuvent être partagées. L’appartenance ethnique est un autre aspect influant sur la disponibilité des donneuses d’ovocytes. La difficulté à obtenir des donneuses de certaines origines ethniques varie d’un pays à l’autre.
Destinations populaires pour le don d'ovocytes
- Espagne: L’Espagne est l’une des destinations les plus populaires pour le traitement par don d’ovocytes, en raison de son avancée médicale, de l’expertise et de l’expérience de ses professionnels, ainsi que d’une réglementation très favorable aux patients. L’Espagne s’enorgueillit d’avoir une grande variété de donneuses, d’origines caucasienne, latine, africaine, arabe et indienne, avec bien sûr quelques spécificités régionales. La méthode de réception d’ovocytes de la partenaire (ROPA), adaptée aux couples lesbiens, est légalement autorisée en Espagne.
- République tchèque: La République tchèque est également une destination très prisée pour le don d’ovocytes en raison de ses installations modernes, de l’expertise de ses professionnels médicaux et des coûts raisonnables qui y sont pratiqués. Les cliniques peuvent, à leur discrétion, communiquer aux receveuses des caractéristiques basiques non identifiantes concernant la donneuse (par exemple, ses traits physiques). La République tchèque propose principalement des donneuses de type caucasien. Toutefois, certaines cliniques peuvent avoir accès à des donneuses d’origines ethniques différentes. Les traitements de FIV avec don d’ovocytes en République tchèque coûtent généralement entre 4 300 et 5 500 euros.
- Grèce: La Grèce est une autre destination bien établie pour le don d’ovocytes, connue pour sa législation favorable et ses installations médicales de pointe. À la suite d’une modification de la loi en 2024, il est désormais possible de faire appel à des donneuses non anonymes, mais leur disponibilité est limitée. Le nombre maximum d’enfants pouvant naître d’une même donneuse est limité à 12, ce qui offre des garanties supplémentaires en évitant qu’il n’y ait trop de profils génétiques similaires au sein d’une même population. Certaines caractéristiques non identifiantes de la donneuse peuvent être communiquées aux receveuses (par exemple, ses traits physiques), à la discrétion de la clinique. En Grèce, les donneuses sont principalement d’origine caucasienne, mais d’autres ethnies (Latino-Américaine, Indienne et Arabe) peuvent être disponibles. Toutefois, le traitement par FIV pour un couple lesbien est possible en Grèce sous certaines conditions. Le coût moyen d’un don d’ovocytes en Grèce se situe entre 4 200 et 6 000 euros.
- Chypre du Nord: Chypre du Nord est un choix populaire pour les traitements de fertilité, y compris le don d’ovocytes, en raison de ses lois libérales et de ses coûts attrayants. Le don d’ovocytes à Chypre du Nord est effectué dans un strict anonymat. Chypre du Nord offre une gamme variée de donneuses d’origine caucasienne, africaine/noire, asiatique et arabe. Les traitements de FIV avec don d’ovocytes à Chypre du Nord coûtent généralement entre 4 500 et 5 000 euros.
- Portugal: Le Portugal est une destination de plus en plus attrayante pour le don d’ovocytes en raison de sa loi progressiste en matière de procréation et de ses services médicaux de haute qualité. Le don d’ovocytes au Portugal fonctionne dans des conditions de non-anonymat. Aucune information permettant d’identifier la donneuse d’ovocytes n’est communiquée à la receveuse. Le Portugal offre une grande disponibilité de donneuses d’ovocytes d’origines ethniques diverses, notamment hispaniques, africaines/noires et arabes. Le coût moyen d’un traitement de don d’ovocytes au Portugal oscille entre 6 300 et 7 300 euros.
- Lettonie: La Lettonie est un très bon choix pour le don d’ovocytes en raison de sa réglementation claire, de ses normes médicales exigeantes et de ses protocoles orientés vers le bien-être des patients. En Lettonie, le don d’ovocytes est soumis à un strict anonymat. Certaines caractéristiques basiques non identifiantes (niveau d’éducation et certaines compétences) peuvent être communiquées aux receveuses, à la discrétion de la clinique. En Lettonie, les donneuses sont principalement d’origine caucasienne et scandinave. Le coût d’un traitement de don d’ovocytes en Lettonie se situe généralement entre 6 000 et 7 200 euros.
- Danemark: Le Danemark est réputé pour son approche libérale des traitements de reproduction assistée et offre un environnement transparent et favorable au don d’ovocytes. Les femmes ou couples « receveurs » n’ont généralement pas accès aux informations personnelles détaillées de la donneuse. Le Danemark dispose d’un grand nombre de donneuses d’ovocytes scandinaves et caucasiennes.
PMA pour toutes les femmes : Évolution des législations
En Europe, il existe des divergences entre les pays en matière de règlementation sur la PMA. En effet, ni l’Europe ni l’Union Européenne ne disposent de cadre commun sur la PMA. On observe ainsi plusieurs catégories de pays qui autorisent la PMA pour les femmes seules, les couples hétérosexuels et les couples de femmes : il s’agit plus particulièrement de la France, le Portugal, l’Espagne, l’Irlande, le Royaume-Uni, l’Islande, la Belgique, le Luxembourg et les Pays Bas, le Danemark, la Norvège, la Suède, la Finlande. On note les pays qui l’autorisent pour les couples hétérosexuels et les femmes seules. Dans ce groupe, nous avons la Grèce, la Bulgarie, la Croatie, la Hongrie, l’Ukraine, la Lettonie et l’Estonie. Certains pays, comme la Suisse et l’Autriche, autorisent la PMA uniquement pour les couples hétérosexuels et les couples de femmes. En Europe, l’Italie, l’Allemagne, la République Tchèque, la Slovaquie, la Pologne, Lituanie et la Roumanie constituent les pays qui pratiquent la PMA uniquement pour les couples hétérosexuels.
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En France, la procréation médicalement assistée, ou PMA, pour toutes les femmes est désormais autorisée. Le décret a été publié au Journal officiel le mercredi 29 septembre et un arrêté suivra très prochainement. Les leviers suivants sont mis en place : la garantie d’un soutien financier immédiat aux centres d’assistance médicale à la procréation, avec l’octroi de 7 millions d’euros supplémentaires dès 2021, permettant de faciliter le traitement des demandes ; une campagne sans précédent de promotion du don de gamètes a été menée par l’Agence de la biomédecine. Le décret d'application sur la PMA précise par ailleurs que « le prélèvement d'ovocytes peut être réalisé chez la femme jusqu'à son 43e anniversaire ». Les hommes, quant à eux, peuvent donner leur sperme jusqu'à 60 ans. Cependant, dans le cadre d'une « autoconservation de ses gamètes en vue de la réalisation ultérieure d'une assistance médicale à la procréation », le prélèvement d'ovocytes chez les femmes se fera entre 29 et 37 ans maximum et le prélèvement de sperme, pour les hommes, sera possible entre 29 et 45 ans.
Évolution des législations en Europe
La loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe modifie les termes du débat autour de la PMA. La loi ouvre l’adoption aux couples homosexuels et reconnaît ainsi qu’un enfant peut avoir deux parents du même sexe. En revanche, le recours à la PMA reste impossible pour ces couples.
Par deux avis de 2014, la Cour de cassation juge que le recours à l’assistance médicale à la procréation, sous la forme d’une insémination artificielle avec donneur anonyme à l’étranger, ne fait pas obstacle au prononcé de l’adoption, par l’épouse de la mère, de l’enfant né de cette procréation, dès lors que les conditions légales de l’adoption sont réunies et qu’elle est conforme à l’intérêt de l’enfant. Pour la Cour, le fait que des femmes y aient eu recours à l’étranger ne heurte aucun principe essentiel du droit français.
En 2015, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) publie un avis recommandant au gouvernement et au Parlement d’étendre l’accès à la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires, au nom de l’égalité des droits entre tous et toutes. Les stratégies de contournement actuellement mises en place par les femmes qui ne peuvent avoir recours à une PMA en France les exposent à des risques sanitaires (moindre suivi gynécologique, infections sexuellement transmissibles, etc.) et à des fortes inégalités sociales, eu égard au coût d’une PMA à l’étranger.
Lors des états généraux de la bioéthique, organisés de janvier à mai 2018, dans le cadre de la nouvelle révision de la loi de bioéthique, les personnes favorables à l’ouverture de la PMA font valoir une demande d’égalité. À l’opposé, les personnes qui y sont défavorables mettent en avant "la notion de nature" et les droits des enfants ainsi que leur crainte qu’une évolution législative sur la PMA n’ouvre la voie à la gestation pour autrui (GPA) pour les couples d’hommes.
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Gestation Pour Autrui (GPA)
Concernant la GPA, elle n’est pas autorisée dans la plupart des pays européens sauf pour le Royaume-Uni et la Grèce qui tolèrent une intervention altruiste.
Importance de s'informer
En raison de toutes ces spécificités, nous vous conseillons de bien vous informer sur les lois et les réglementations propres à votre pays avant d’entamer un processus de FIV. Cela vous protégera d’éventuelles déceptions, et vous aidera à établir des limites claires quant au temps et aux ressources mobilisées.
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