La question de l'innocuité de l'imagerie par résonance magnétique (IRM) pendant la grossesse suscite des interrogations légitimes. Si vous êtes enceinte ou si vous suspectez une grossesse, il est essentiel de comprendre les risques potentiels et de prendre les mesures nécessaires. Cet article vise à démystifier la relation entre l'IRM et la fausse couche, en s'appuyant sur les connaissances actuelles et les recommandations médicales.

IRM et Grossesse : Les Inquiétudes

Bien que les effets de l'IRM sur le fœtus restent sujets à étude, surtout au cours du premier trimestre, il est important de considérer les facteurs suivants :

  • Effet chauffant : Les ondes radiofréquences utilisées lors de l'IRM pourraient potentiellement provoquer un léger échauffement des tissus internes, y compris le liquide amniotique qui entoure le fœtus.
  • Bruit : Les appareils d'IRM émettent des bruits intenses et répétés, ce qui peut générer du stress chez la mère et potentiellement chez le fœtus. Cependant, aucune étude n'a jusqu'à présent démontré d'effets négatifs sur le développement fœtal dus au bruit de l'IRM.

Il est crucial de bien peser le pour et le contre si vous êtes enceinte et qu'une IRM est envisagée. En cas de suspicion de grossesse, il est impératif d'en informer votre médecin traitant avant de subir cet examen. Si l'IRM s'avère inévitable, prenez le temps d'en discuter avec le radiologue en plus de votre médecin traitant. Il est important de noter qu'aucune étude n'indique que passer une IRM pendant la grossesse est dangereux, même pendant le premier trimestre.

Le Gadolinium : Un Produit de Contraste à Éviter

Certaines IRM nécessitent l'injection d'un produit de contraste à base de Gadolinium. Cette pratique est à éviter chez les femmes enceintes en raison des risques potentiels pour le fœtus.

Alternatives à l'IRM pendant la Grossesse

En cas de nécessité absolue d'un examen d'imagerie pendant la grossesse, il est parfois possible d'envisager des alternatives :

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  • Échographie : L'échographie utilise des ondes sonores pour créer des images du fœtus, sans recourir à des rayonnements ionisants ni à des champs magnétiques.
  • Radiographie : Bien que la radiographie implique une exposition aux rayonnements ionisants, les doses utilisées sont généralement faibles, en particulier lorsqu'il s'agit d'examens localisés.

Découverte d'une Grossesse Après une IRM

Si vous découvrez que vous êtes enceinte après avoir passé une IRM, la première chose à faire est d'informer votre médecin traitant et/ou votre gynécologue obstétricien. Il est important de se rappeler que les risques liés à l'IRM en début de grossesse ne sont pas bien connus, mais qu'aucune preuve scientifique n'a jusqu'à présent montré d'effets néfastes significatifs sur le fœtus.

IRM Fœtale : Un Examen Spécifique

Depuis près de 10 ans, des IRM fœtales sont pratiquées. Avant le deuxième trimestre de grossesse, aucune IRM n'est réalisée, car l'embryon est dans une phase importante de développement. À partir du deuxième trimestre, la décision de réaliser une IRM est prise par le médecin, qui évalue les risques et les bénéfices potentiels. Au troisième trimestre, des IRM peuvent être réalisées pour la mère et pour le fœtus.

L'IRM fœtale se déroule de la même manière qu'une IRM classique. Cependant, la mère doit prendre, une heure avant l'examen, un médicament qui permettra au fœtus et à la mère de se décontracter ou de dormir. Cela permet au fœtus d'être calme et d'obtenir des images précises et interprétables. Il est essentiel que la mère ne bouge pas pour avoir des images nettes. Une hospitalisation n'est pas nécessaire avant ni après l'examen. L'IRM peut être prescrite à un fœtus afin de compléter ou de confirmer le diagnostic d'une échographie, suite à la découverte d'une anomalie (problème du cerveau, ou image inexpliquée…), à une infection, ou encore à des antécédents familiaux ou de fœtopathies, etc.

Fausse Couche Tardive : Définition et Causes

Bien moins fréquente que la fausse couche précoce, la fausse couche tardive résulte de causes différentes de celles des interruptions de grossesse du premier trimestre. La fausse couche tardive désigne l'interruption involontaire d'une grossesse survenant entre 14-15 semaines d'aménorrhée (SA) et 22-24 SA, selon les termes de viabilité du fœtus que l'on prend en compte. Contrairement à la fausse couche précoce, qui concerne une grossesse sur 4 en moyenne, la fausse couche tardive reste un phénomène rare et extrêmement minoritaire. Pour convertir sa date de grossesse (SG) en semaines d'aménorrhée (SA), il suffit d'ajouter deux semaines. On estime qu'une grossesse compte 41 semaines d'aménorrhée (SA), soit 39 semaines de grossesse (SG). Ainsi, la fausse couche tardive intervient entre 16-17 SG et 24-26 SG.

La fausse couche tardive se manifeste par des saignements vaginaux abondants et/ou des contractions utérines douloureuses. S'il y a rarement de signes avant-coureurs, une consultation en urgence est nécessaire dès la moindre alerte.

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Parmi les causes de fausse couche tardive, les plus fréquentes sont le fait d'avoir un col de l'utérus ouvert ou raccourci, car non fonctionnel (on parle parfois d'incompétence cervicale ou de béance du col). Cela peut être dû à une malformation utérine congénitale (utérus à fond arqué, utérus cloisonné ou utérus bicorne, par exemple) ou un traumatisme du col, mais ce peut aussi découler d'une infection ou d'une inflammation. Une grippe s'accompagnant d'une forte fièvre non prise en charge peut ainsi conduire à l'ouverture du col et in fine à une fausse couche tardive. Des infections vaginales à répétition (vaginose bactérienne, mycose, etc.) peuvent aussi aboutir à l'ouverture du col et à une fausse couche.

Prise en Charge et Suivi Après une Fausse Couche Tardive

La fausse couche peut se présenter de deux façons. Dans un premier cas, la fausse couche a déjà eu lieu. On parle d'expulsion spontanée. Une échographie viendra alors confirmer que la cavité utérine est vide, que le fœtus a été expulsé. Dans le second cas de figure, la fausse couche tardive est en cours. À l'échographie, le fœtus n'a plus d'activité cardiaque, la grossesse est arrêtée.

Si la patiente peut choisir d'attendre quelques jours que la fausse couche se déroule naturellement et spontanément, il est désormais recommandé de recourir à un traitement médicamenteux pour aider le corps à expulser l'embryon ou le fœtus, voire à un curetage par aspiration, sous anesthésie générale.

Lorsque l'accouchement a lieu avant 22 semaines d'aménorrhée, le congé maternité n'est pas possible. En revanche, le médecin peut établir un arrêt de travail, lequel ouvre droit à une indemnisation par l'Assurance Maladie. Le père peut, quant à lui, bénéficier d'une autorisation exceptionnelle d'absence pour événement familial. Si l'accouchement intervient après 22 semaines d'aménorrhée, le congé maternité est accordé dans sa totalité, et selon les termes habituels (rang de l'enfant dans la fratrie). Quant à la reconnaissance de l'enfant sans vie et à son inscription dans le livret de famille, elle est possible à condition qu'un certificat d'accouchement ait été délivré. Lorsque l'accouchement a eu lieu avant 22 SA, la famille peut en faire la demande à l'équipe médicale, tandis qu'il est systématiquement délivré après le terme de 22 SA.

Facteurs de Risque de Fausse Couche Tardive

Il existe plusieurs facteurs de risque de fausse couche tardive, mais il n'est pas toujours possible de les éviter :

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  • Infection vaginale ou infections vaginales à répétition
  • Tabac
  • Béance cervicale (lorsque le col n'est pas tout à fait fonctionnel)
  • Âge maternel avancé ou « extrême » (moins de 16 ans ou plus de 35 ans)
  • Privation de sommeil
  • Antécédent de fausse couche tardive ou d'accouchement prématuré
  • Malformation utérine
  • Antécédent de trachélectomie (ablation chirurgicale du col de l'utérus)
  • Col court ou encore un col ouvert (avec ou sans la poche des eaux dans le vagin).

L'interrogatoire du médecin sera alors important pour choisir la meilleure prise en charge à adopter. Il s'agira de rechercher un antécédent de fausse couche tardive ou d'accouchement prématuré, et de procéder à un bilan sanguin à la recherche d'une éventuelle infection. Le corps médical part généralement du principe qu'une patiente ayant déjà fait une fausse couche tardive est à risque d'en faire une autre. D'où la nécessité d'une prise en charge adaptée et d'un bilan, de préférence avant une nouvelle grossesse. On tentera de déterminer la ou les cause(s) de cette fausse couche tardive. Une échographie ou une IRM pelvienne pourra ainsi être prescrite avant une nouvelle grossesse, en vue d'éliminer la présence d'une éventuelle malformation utérine. Si une nouvelle grossesse survient après une fausse couche tardive, le cerclage n'est pas systématique, et plutôt réservé aux femmes ayant plusieurs antécédents de fausses couches.

Fausse Couche Précoce : Généralités

Les fausses couches concernent en moyenne une grossesse sur cinq. Une femme enceinte peut subir un arrêt naturel de grossesse, qu'on appelle aussi fausse couche, le plus souvent avant ses 3 mois de grossesse. Ce phénomène, qui est malheureusement très courant, peut survenir aussi tardivement, au cours du deuxième trimestre de grossesse. Les causes de la fausse couche sont multiples. Une fausse couche est une grossesse qui s'arrête spontanément. On distingue d'une part les fausses couches du premier trimestre de la grossesse, dites précoces (avant 3 mois), et d'autre part les fausses couches du deuxième trimestre (avant 5 mois) appelées fausses couches tardives. Généralement, une fausse couche "a lieu le plus souvent entre la 8e et la 9e semaine d'aménorrhée", détaille le Dr Harvey, soit entre 6ème et la 7ème semaine de grossesse.

► Les fausses couches du premier trimestre sont fréquentes, notamment lors de la première grossesse, mais sans gravité pour la femme. ► Les fausses couches du second trimestre sont elles plus rares. "Dans ce cas, des examens peuvent avoir lieu pour chercher une cause, mais après une seule fausse couche ce n'est pas systématique, ajoute le gynécologue. Entre l'arrêt du développement de l'embryon et son élimination, il peut se passer plusieurs jours avant son expulsion volontaire. L'âge de la mère est généralement la cause des fausses couches entraînées par des anomalies génétiques de l'embryon, nous explique la Docteure Adélie Michau, gynécologue et spécialiste des grossesses à risques. Si les femmes très jeunes, c'est à dire de moins de 30 ans, ont un faible risque de fausse couche, entre 10 et 15%, ce dernier passe à 30% à 39 ans et atteint même 75% pour les femmes âgées de 42 ans. Pourquoi ? Car les ovocytes se sont de plus en plus détériorées au fur et à mesure des années. Sur la durée, "la structure qui organise le matériel génétique des ovocytes restantes se dégrade". "Pour diminuer le risque de fausses couches il faut que les femmes sachent que la meilleure période pour avoir un enfant est entre 25 et 35 ans, et qu'après 40 ans c'est plus difficile. Malheureusement, avoir vécu une fausse couche dans le passé peut présager d'un risque accru d'en avoir d'autres. Consommer du tabac ou de l'alcool durant la grossesse multiplie les risques de fausse couche. D'autres facteurs environnementaux impactent également. Les maladies auto-immunes par exemple, mais aussi un diabète ou une maladie de la thyroïde, mal contrôlés peuvent être des facteurs de risques. Il existe aussi des facteurs exogènes, favorisant les fausses couches. Ainsi, une l'hygiène de vie et l'alimentation sont à surveiller de près, en optant au plus tôt pour des repas sains et équilibrés, tout comme des en terme d'hygiène de vie sont à adopter dès l'annonce de la grossesse. La surconsommation quotidienne de café est à revoir, surtout si elle est couplée à la prise d'aspartame, et évidemment, pas de fromage au lait cru non pasteurisé. Et encore plus que de raison, le tabagisme, l' alcool, ou la prise de drogue sont à bannir totalement. En cas d'addiction, ne pas hésiter à en parler à son gynécologue, pour un suivi et un accompagnement sur mesure, propice au bon déroulement de la grossesse. En plus de l'âge et de l'hygiène de vie qui sont des facteurs importants, la prise en charge des infections bactériennes peut aussi aider : "Le dépistage est important. En traitant la vaginose par exemple, on peut éviter qu'elle n'induise plus tard une fausse couche", explique le Dr Harvey. D'autres infections, comme la toxoplasmose - que l'on contrôle chaque mois de grossesse en cas de non immunité - ou la listériose, peuvent être à l'origine d'une fausse couche. Par ailleurs, il n'existe aucun traitement médical à l'efficacité prouvée pour diminuer le risque de fausse couche spontanée.

Signes et Symptômes d'une Fausse Couche

Les douleurs liées à la fausse couche sont multiples. En général, elles se manifestent par des saignements, des douleurs utérines comme des contractions, des lombalgies ou des crampes dans le bas-ventre. Si les douleurs sont intenses, il est recommandé de se rendre directement aux urgences le plus proche, où l'équipe médicale prendra en charge le reste du processus. Autrement, et pour beaucoup de fausses couche précoces, celles-ci sont asymptomatiques, ou dites silencieuses.

Suivi Psychologique Après une Fausse Couche

En vivant une fausse couche, le "après" peut être difficile pour certaines femmes. En général, c'est une autre douloureuse étape à vivre. Le gouvernement a annoncé la mise en place d'un congé maladie sans délai de carence en cas de fausse couche.

Examens Radiologiques et Grossesse : Précautions Générales

Un examen radiologique chez une patiente enceinte peut susciter des inquiétudes. La "règle des 10 jours" a été introduite par la CIPR pour les femmes en âge de procréer. Elle stipule que "autant que possible, les examens radiologiques devraient être réalisés dans les 10 premiers jours du cycle". Initialement cette règle était fixée à 14 jours, mais elle a été réduite à 10 afin de tenir compte de la variabilité de la durée du cycle chez la femme. Lorsque le nombre de cellules de l'embryon est faible et qu'il n'y a pas encore de différenciation, l'effet sur ces cellules va se traduire par une interruption spontanée de l'évolution ou par une mort non-détectable de l'embryon ; la survenue de malformation est improbable ou extrêmement rare. La phase d'organogénèse débutant entre la 3ème et la 5ème semaine de grossesse, il est improbable qu'une exposition précoce aux rayonnements ionisants induise des malformations. C'est sur ces bases qu'il a été suggéré d'abandonner la "règle des 10 jours" au profit d'une "règle des 28 jours". Cela signifie qu'un examen radiologique, dès lors qu'il est justifié, peut être réalisé à n'importe quel moment du cycle en l'absence de retard menstruel. L'attention est alors reportée sur ce retard et l'éventualité d'une grossesse, la femme étant considérée comme enceinte en l'absence de preuve du contraire.

Selon la CIPR 84, le risque induit par une dose fœtale inférieure à 100 mGy ne justifie pas une interruption de grossesse. La question de l'interruption de grossesse est indubitablement traitée différemment selon le pays concerné. L'éthique personnelle, la morale et les croyances religieuses, voire la soumission à des lois ou des règles au niveau local ou national, compliquent d'autant la prise de décision.

Exposition aux Rayonnements Ionisants et Travail des Femmes Enceintes

Le travail des femmes enceintes soumises à des travaux exposant à des rayonnements ionisants relève de certaines dispositions du code du travail art. D.4152-4 à D.4152-6). De plus, l’exposition au fœtus entre la déclaration de grossesse et l’accouchement doit être inférieure à 1 mGy. Cette valeur correspond à la limite annuelle pour le public auquel le fœtus est assimilé. L'interprétation de cette recommandation ne doit pas donner lieu à une discrimination inutile pour la femme enceinte, les responsabilités étant partagées entre l'employeur et la travailleuse. Les recommandations suivantes sont issues de la CIPR 84. Les contraintes sur la dose au fœtus ne signifient pas que la travailleuse enceinte ne doit plus du tout travailler avec des appareils émetteurs de rayonnements ionisants, ou encore qu'elle ne doit plus entrer ou travailler dans des zones réglementées. Quand la grossesse d'une travailleuse est connue, 3 options sont communément appliquées en milieu médical : 1) pas de modifications des attributions ; 2) modification du poste vers un lieu où le niveau d'exposition est plus faible ; 3) affectation à un emploi où le risque d'exposition est nul. L'affectation à un poste non exposé est parfois une demande de la travailleuse qui n'accepte pas le surcroit de risque, si minime soit-il. L'employeur a intérêt à accéder à cette demande, afin de prévenir les difficultés rencontrées dans le cas de la survenue de malformations congénitales spontanées (3% des naissances). Modifier l'affectation vers un poste où le niveau d'exposition est plus faible est aussi une possibilité. En radiodiagnostic, il s'agira d'affecter la manipulatrice de radiologie interventionnelle vers le scanner ou toute autre activité où le personnel est moins soumis au rayonnement diffusé. En médecine nucléaire, le temps de présence dans la radiopharmacie ou la manipulation d'iodures seront restreints. Fréquemment, la travailleuse enceinte souhaite continuer son activité normalement, car l'activité du service et la qualité de la prise en charge du patient dépendent de cette personne. Du point de vue de la radioprotection ceci est acceptable dès lors que la dose au fœtus a été raisonnablement et précisément estimée, et qu'elle reste inférieure à 1 mSv entre la date de déclaration de la grossesse et la naissance. La limite de dose au fœtus recommandée n'est pas directement comparable à la dose mesurée par le dosimètre personnel. En radiologie, celui-ci surestime la dose fœtale d'un facteur 10 ou plus.

Précautions en Médecine Nucléaire pendant la Grossesse

Pour les femmes en âge de procréer, l'éventualité d'une grossesse et la justification de l'examen doivent être considérés. Un interrogatoire de la patiente permet d'estimer la probabilité d'une grossesse. La plus grande discrétion doit être observée pour établir la possibilité d'une grossesse chez une adolescente. De nombreuses patientes pensent que l'irradiation en médecine nucléaire est liée à l'imagerie sous la gamma-caméra, elles ne signalent donc pas une grossesse éventuelle avant l'administration du médicament radiopharmaceutique. C'est pourquoi avant toute administration de médicament radiopharmaceutique, toute femme en âge de procréer présentant un arrêt ou un retard des règles doit être considérée comme enceinte, sauf élément excluant totalement la possibilité de grossesse (hystérectomie ou ligature des trompes par exemple). Il est fréquemment demandé aux femmes d'indiquer si elles sont en cours d'allaitement, puisque certains médicaments radiopharmaceutiques peuvent être transférés à l'enfant via le lait maternel. L'interruption de l'allaitement pendant une période à définir en fonction du médicament radiopharmaceutique est recommandée pour certains examens de médecine nucléaire.

Des interrogations sur l'opportunité d'être enceinte après un examen ou un traitement de médecine nucléaire peuvent survenir. La CIPR recommande de reporter le début de grossesse éventuel jusqu'à ce que la dose résiduelle au fœtus apportée par le médicament radiopharmaceutique soit inférieure à 1 mGy. Comme pour les examens de radiologie, la femme enceinte peut être angoissée après la réalisation d'un examen de médecine nucléaire. Dans ce cas, l'appréhension peut être d'autant plus grande que la patiente réalise qu'une substance radioactive lui a été administrée, qu'elle va rester dans son corps un certain temps et qu'elle peut potentiellement traverser le placenta vers le fœtus. C'est pourquoi, l'information à la patiente, son conjoint ou toute personne concernée est essentielle et doit poser clairement les risques potentiels.

Les examens de médecine nucléaire sont-ils autorisés durant la grossesse ? Oui. La présence de radionucléides dans le corps de la mère participe à l'exposition du fœtus. L'irradiation du fœtus provient de l'irradiation externe du fait de la présence de radioactivité dans les tissus et organes de la mère ainsi que, parfois, du passage du médicament radiopharmaceutique à travers la barrière placentaire et de sa distribution dans le corps du fœtus. Les propriétés physiques, chimiques et biologiques du médicament radiopharmaceutique sont des paramètres essentiels de l'éventuel passage placentaire. L'utilisation d'activités administrées plus faibles et de temps d'acquisition plus longs permet de réduire la dose au fœtus. Ceci est possible si la patiente n'est pas trop nauséeuse et peut rester immobile. Dans le cas des médicaments radiopharmaceutiques rapidement éliminés par les reins de la mère, la vessie représente un réservoir qui va être la principale source d'irradiation externe du fœtus. Après administration de ce type de produits, une hydratation importante et des mictions fréquentes de la mère doivent être recommandées. Pour exclure une embolie pulmonaire chez la femme enceinte, une scintigraphie pulmonaire de perfusion et ventilation est assez fréquemment réalisée. En routine, de nombreux services réalisent la ventilation en premier lieu, puis la perfusion, ce qui représente un avantage dans certaines situations. Dans le cas particulier de suspicion d'embolie pulmonaire, la perfusion est à réaliser en premier. Le choix du médicament radiopharmaceutique pour la ventilation a aussi une incidence sur la dose au fœtus. L'utilisation de 133Xe ou 81mKr gazeux induit une dose extrêmement faible au fœtus.

Thérapie à l'Iode Radioactif et Grossesse

Par principe, une femme enceinte ne doit pas être traitée avec des produits radioactifs sauf si cette thérapie peut lui sauver la vie : dans des cas extrêmement rares, la dose et le risque potentiels au fœtus doivent être évalués et communiqués à la patiente et à son médecin référent. La thérapie à l'iode est hautement contre-indiquée chez la patiente enceinte. L'iode traverse aisément la barrière placentaire et la thyroïde du fœtus devient fonctionnelle et capte l'iode à partir de 10 semaines de grossesse. Si un traitement de cancer thyroïdien doit être réalisé, il doit être reporté après la naissance. Chez la femme, le cancer de la thyroïde représente plus de 80% des cancers de la tête et du cou diagnostiqués entre 15 et 45 ans. Ils sont relativement peu agressifs comparés à d'autres cancers. C'est pourquoi la chirurgie et la thérapie sont fréquemment reportées après la fin de la grossesse. L'historique du cycle menstruel est souvent inapproprié pour s'assurer que la patiente n'est pas enceinte. Dans la plupart des pays développés, un test de grossesse est réalisé avant administration d'une activité élevée d’iode 131 pour les femmes en âge de procréer, sauf si une ligature des trompes ou une hystérectomie ont été réalisés, excluant toute possibilité de grossesse. Le plus souvent, la grossesse est précoce et le principal problème est l'exposition externe (par le rayonnement y) au corps entier du fœtus liée à la concentration de l'iode dans la vessie de la mère. Au cours de la grossesse, la dose corps entier à l'embryon est comprise entre 50 et 100 mGy/GBq administré. Si l'embryon est âgé de plus de 8 semaines (la thyroïde fœtale est fonctionnelle) et que la grossesse est découverte dans les 12 h après administration de l'iode, la prise par la mère de 60 à 130 mg d'iode stable (iodure de potassium KI) bloquera partiellement le fonctionnement de la thyroïde du fœtus et réduira la dose thyroïdienne.

Les patients traités avec de l'iode radioactif peuvent être des sources d'irradiation significatives pour les femmes enceintes de leur entourage. La dose à un membre de la famille situé à 0,5 m d'un patient jusqu'à décroissance totale de la radioactivité (environ 10 semaines) est d'environ 1 mSv pour le traitement d’une hyperthyroïdie et de 7 mSv pour le traitement d’un cancer. Après une thérapie à l’iode radioactif, la femme est prévenue qu'elle doit éviter d'être enceinte pendant au moins 6 mois. Ceci ne repose pas sur des effets héréditaires potentiels, mais plutôt sur la certitude que (1) l'hyperthyroïdie ou le cancer est contrôlé, et (2) un autre traitement à l'iode radioactif ne sera pas nécessaire durant la grossesse. La CIPR recommande également de s'assurer que l'iode radioactif a été suffisamment éliminé pour que l'enfant à naître ne reçoive pas plus de 1 mSv, sauf si la santé de la mère est compromise.

Travailleuses Enceintes en Médecine Nucléaire

Dans la plupart des procédures diagnostiques, il n'est pas nécessaire pour les travailleuses enceintes de prendre des précautions supplémentaires autres que la limitation du temps passé auprès des patients. L'exposition auprès des patients à qui l'on a administré des médicaments radiopharmaceutiques est assez faible, il n'y a donc aucune justification radiologique à la retirer des procédures d'imagerie. Le travail des femmes enceintes soumises à des travaux exposant à des rayonnements ionisants relève de certaines dispositions du code du travail art. D.4152-4 à D.4152-6). Une travailleuse enceinte peut être maintenue à son poste dans un service de médecine nucléaire, à partir du moment où ce poste ne nécessite pas un classement en catégorie A. De plus, l’exposition du fœtus entre la déclaration de grossesse et l’accouchement doit être inférieure à 1 mSv. Cette valeur correspond à la limite annuelle pour le public auquel le fœtus est assimilé. L'interprétation de cette recommandation ne doit pas donner lieu à une discrimination inutile pour la femme enceinte, les responsabilités étant partagées entre l'employeur et la travailleuse. Si l'établissement pratique l'administration d’iode 131 pour le traitement de cancers de la thyroïde, le retrait de ce type d'activité …

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