L'imagerie par résonance magnétique (IRM) est une technique d'imagerie médicale précieuse, permettant d'observer en détail les organes et tissus du corps. Bien que sûre et non invasive, l'IRM peut susciter de l'appréhension chez les enfants. Cet article vise à informer les parents et les professionnels de santé sur les aspects importants de l'IRM chez l'enfant, en mettant l'accent sur la sécurité, la préparation et le déroulement de l'examen.

Qu'est-ce que l'IRM et pourquoi l'utiliser chez l'enfant ?

L'IRM est une technique d'imagerie qui utilise un champ magnétique et des ondes radio pour créer des images détaillées des organes et des tissus du corps. Contrairement à la radiographie standard ou au scanner, l'IRM n'utilise pas de rayons X, ce qui élimine le risque d'exposition aux rayonnements ionisants. C'est un avantage important pour les enfants, qui sont plus sensibles aux effets des radiations.

L'IRM est particulièrement utile pour visualiser les tissus mous, comme le cerveau, la moelle épinière, les muscles et les articulations. Elle est utilisée pour diagnostiquer un large éventail de conditions médicales, notamment :

  • Anomalies cérébrales et de la moelle épinière
  • Lésions des articulations et des muscles
  • Maladies cardiaques
  • Tumeurs
  • Sclérose en plaques (SEP)

Un laboratoire de l’Université de Yale a récemment montré que des examens par neuroimagerie pourraient permettre de révéler chez l’enfant des modifications neurologiques associées à la sclérose en plaques, et ce avant que les symptômes n’apparaissent.

Sécurité de l'IRM chez l'enfant

L'IRM est considérée comme une technique d'imagerie sûre pour les enfants, mais certaines précautions doivent être prises.

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Contre-indications

La principale contre-indication à l'IRM est la présence de matériel métallique dans le corps. Le champ magnétique puissant de l'IRM peut interagir avec les objets métalliques et provoquer des blessures. Il est donc essentiel de vérifier que l'enfant ne porte pas d'objets métalliques et qu'il n'a pas de matériel métallique implanté dans le corps.

Grâce à un questionnaire, il faut vérifier que votre enfant n’a pas de matériel métallique dans le corps (voir la liste de ces matériels dans les contre-indications), car certains d’entre eux peuvent gêner la réalisation de l’examen, se dérégler ou être dangereux pour votre enfant quand ils sont soumis aux champs magnétiques de l’appareil.

Les contre-indications et risques sont peu nombreux et liés essentiellement à l’utilisation d’un champ magnétique. Les patients porteurs d’un pace-maker (il faut noter que depuis quelques années il existe des pace-makers qui permettent de passer une IRM - pace-maker IRM compatibles-. Par mesure de précaution, pour les patients chez lesquels ont été implantés chirurgicalement du matériel ferro-magnétique (prothèses articulaires en particulier) ou du matériel type stents vasculaires, les bonnes pratiques indiquent de ne pas faire d’IRM dans les 3 semaines qui suivent cette implantation.

Allergie au Gadolinium

L’allergie au produit de contraste utilisé en IRM (le Gadolinium) est beaucoup plus rare que l’allergie à l’iode.

Exposition au bruit

L'IRM est un examen bruyant. Pendant la fabrication des images, votre enfant entendra un bruit de martèlement plus ou moins fort et plus ou moins rapide. Pour l’atténuer, nous lui proposons des bouchons d’oreille. Le tunnel de la machine a été recouvert d’une protection anti-bruit pour réduire le bruit et les vibrations à l’intérieur du tunnel (-6 dB). Un casque anti-bruit, assurant une atténuation entre 30 and 35 dB pour les fréquences entre 250 and 8000 Hz, est placé sur les oreilles des nourrissons. Ce casque est inséré dans une mousse qui fournit une protection anti-bruit supplémentaire et assure que le casque reste en place pendant toute l’étude.

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Sédation et anesthésie

Les enfants de moins de 5 ou 6 ans ont souvent du mal à rester immobiles pendant la durée de l'examen. Dans ces cas, une sédation ou une anesthésie générale peut être nécessaire.

A l’Hôpital Américain de Paris, le protocole d’anesthésie pour les enfants autistes, comporte l’administration de clonidine, de propofol et/ou de sevoflurane. Pour la sécurité de votre enfant pendant l’examen, nous utilisons un dispositif de contrôle des voies aériennes (masque laryngé ou sonde trachéale) et nous assistons sa ventilation. La nouvelle salle d’IRM de l’Hôpital Américain de Paris est équipée d’un respirateur amagnétique. Les effets des médicaments anesthésiques disparaissent en quelques dizaines de minutes. Néanmoins la récupération complète des fonctions supérieures peut prendre plusieurs heures. Après son passage en salle de réveil, votre enfant est encore surveillé en salle de repos, le temps qu’il boive, mange et retrouve son niveau d’activité habituel. Un accompagnant adulte devra être présent en plus du conducteur si vous avez prévu de rentrer à domicile avec votre véhicule personnel. De retour à domicile, votre enfant peut se sentir fatigué et prendre quelques heures de sommeil réparateur, ou à l’inverse être temporairement plus actif que d’habitude.

Il est essentiel de bien peser les avantages et les inconvénients de la sédation ou de l'anesthésie, et de discuter des risques et des bénéfices avec le médecin.

Grossesse

Les mêmes contre-indication s’appliquent à la personne qui va accompagner l’enfant dans la machine avec une attention particulière pour les mamans concernant le risque de grossesse.

Préparation de l'enfant à l'IRM

Une bonne préparation est essentielle pour aider l'enfant à se sentir plus à l'aise et à coopérer pendant l'examen.

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Information et explication

Il est important d'expliquer à l'enfant ce qu'est l'IRM, pourquoi elle est nécessaire et comment elle se déroulera. Utilisez un langage simple et adapté à son âge. Vous pouvez lui montrer des photos ou des vidéos de l'appareil d'IRM et lui expliquer les bruits qu'il entendra.

Informer votre enfant est très important : s’il a bien compris la nécessité et le déroulement de l’examen, il coopère plus facilement. > Commander la fiche L'examen I.R.M. Vous pouvez aussi “jouer à l’IRM” avec lui (grâce à des figurines par exemple) et l’entraîner à faire la « statue ».

Simulation

Certains hôpitaux sont équipés de simulateurs d'IRM, qui permettent à l'enfant de se familiariser avec l'environnement et les bruits de l'examen.

Pour préparer au mieux les enfants à cet examen, plusieurs services d’imagerie médicale d’hôpitaux pédiatriques (d'abord à Lyon, puis à Robert Debré à Paris, à Nice…) ont mis en place des maquettes de l’appareil IRM pour expliquer à l’enfant son déroulement : l’enfant peut s’allonger, écouter les différents bruits de la machine, s’entraîner à ne pas bouger en étant filmé et voir ensuite sur un écran s’il a réussi à rester immobile ou non.

Pour rassurer les jeunes enfants et réduire tant que possible les sédations, certains services sont équipés d’un simulateur d’IRM en forme de fusée, afin d'appréhender l’examen de manière ludique, sous la forme d’un jeu. « L’enfant peut monter tout seul dans l’appareil qui reproduit les mêmes bruits que lors de l’examen réel, explique la spécialiste.

Préparation pratique

Avant l'examen, assurez-vous que l'enfant porte des vêtements confortables et faciles à enlever. Il devra retirer tous les objets métalliques, y compris les bijoux, les montres et les appareils dentaires amovibles.

Après vous être présentés à l’accueil de l’IRM, vous et votre enfant êtes conduits dans la salle de préparation. L’infirmière donne la prémédication. L’enfant est installé sur le brancard d’IRM après avoir retiré ses vêtements ainsi que tous les objets métalliques qu’il pourrait porter (bijoux, montre, lunettes, prothèses auditives et dentaires…).

Si une injection est nécessaire et que l'enfant a peur de la douleur, une crème anesthésiante peut lui être appliquée par ses parents, une heure avant, sur l'endroit où devra être fait la piqûre.

Si une sédation est prévue chez l’enfant de moins de 5 ans, il doit être à jeun durant les quatre heures précédant l’examen (ni boire ni manger). Pour les nourrissons de moins de 6 mois, l’examen sera réalisé sans sédation médicamenteuse, l’enfant doit être à jeun depuis son dernier repas. Signaler à l’équipe médicale toutes les allergies connues.

Déroulement de l'examen

Le jour de l'examen, vous et votre enfant serez accueillis par l'équipe médicale.

Après avoir signalés votre venue à l’accueil, vous êtes dirigés vers la salle d’attente. Vous pouvez entrer dans la cabine de déshabillage avec votre enfant pour l'aider à retirer les vêtements gênant le déroulement de l’examen. Votre enfant est invité à s'allonger sur la table d’examen. En tant qu'adulte accompagnant, vous pouvez rester auprès de votre enfant.

Installation

L'enfant sera allongé sur une table qui glissera dans un tunnel étroit.

L’appareil d'IRM se compose d’un lit mobile qui coulisse dans un tunnel étroit à l’intérieur duquel se trouve un puissant électro-aimant. Dans la salle, le.la manipulateur.trice installe votre enfant sur le lit mobile, dans la bonne position pour faire l’IRM : allongé le plus souvent, calé éventuellement avec des coussins pour être plus confortable.

Pour le confort de votre enfant, mettez-lui des vêtements faciles à enlever. Pour certains examens, une préparation spécifique est nécessaire (être à jeun, arriver à l’avance…).

Bruit

L'appareil d'IRM émet des bruits forts et répétitifs pendant l'acquisition des images. Des bouchons d'oreille ou un casque seront fournis pour atténuer le bruit.

Lors d’une IRM ou d’un scanner cérébral, la tête est maintenue dans un petit casque. « L’IRM n’est pas douloureuse, mais fait en revanche beaucoup de bruit », précise le Pr Catherine Adamsbaum. Des sons qu’il faudra expliquer au préalable à l’enfant pour le rassurer.

Le.la manipulateur.trice montre à votre enfant les solutions pour communiquer pendant tout l’examen : un micro, des hauts-parleurs et une sonnette, tenue en main par l’enfant, qu’il peut actionner en cas de problème. Grâce au haut-parleur, le.la manipulateur.trice prévient votre enfant chaque fois que l’appareil IRM va faire une image et donc faire du bruit : c’est ce qu’on appelle le lancement des séquences. Cela dure entre une et quatre minutes.

Immersion

Un dessin animé peut également être diffusé à l’enfant durant l'IRM, « grâce à un jeu de miroir », précise le Pr Adamsbaum.

Immobilité

Il est essentiel que l'enfant reste immobile pendant toute la durée de l'examen, qui peut durer de 20 minutes à une heure.

Les deux examens nécessitent une immobilité parfaite sur un temps assez long : jusqu’à 10 minutes pour un scanner et entre 20 minutes et une heure pour une IRM.

Il est difficile pour un enfant de ne pas bouger pendant de longues minutes, même quand on l’a bien installé. Il est important de garder un contact par la parole avec l’enfant tout au long de l’examen pour le distraire ou le rassurer.

Présence parentale

Dans le cadre d’une IRM, le parent est invité à accompagner son enfant en salle d’examen pour le rassurer.

En tant qu'adulte accompagnant, vous pouvez rester auprès de votre enfant.

Injection de produit de contraste

Dans certains cas, une injection de produit de contraste peut être nécessaire pour améliorer la qualité des images. L’infirmière pose la perfusion si c’est le mode d’induction qui a été retenu en consultation d’anesthésie. Si, au contraire, il a été prévu une induction inhalatoire, nous commençons par demander à l’enfant de respirer avec le masque facial.

Pour examiner certains organes (le foie ou les reins par exemple), il est parfois nécessaire d’utiliser un produit de contraste. Ce liquide est injecté lors de l'examen et nécessite la pose d'un cathéter, le plus souvent au pli du coude ou sur le dos de la main.

Après l'examen

Après l'examen, l'enfant peut reprendre ses activités normales. Le radiologue analysera les images et enverra un rapport au médecin traitant.

Parlez ensemble de ce qui vient de se passer ; expliquez une fois de plus pourquoi l‘examen était nécessaire.

Même si l’examen s’est déroulé sans heurts, il est souhaitable d’en parler avec son enfant. Le but : recueillir son ressenti, apaiser ses craintes et répondre à ses questions.

Syndrome radiologique isolé (RIS)

Certaines anomalies visibles en IRM suggèrent une démyélinisation du système nerveux central (SNC) en fonction de leur taille, leur position et leur forme, correspondant à un syndrome radiologique isolé.

Un laboratoire a récemment étudié le RIS chez des enfants. Au sein de cette étude, aucun des enfants ne présentait de symptômes cliniques de SEP et tous ont effectué ces scanners pour d’autres raisons, majoritairement des maux de tête mais aussi une dépression, une épilepsie, des troubles de l’attention. Mais ces IRM ont révélé des signes associés à une sclérose en plaques. Environ 42% des enfants présentant des signes en IRM ont développé des premiers signes cliniques environ 2 ans plus tard, ce qui montre un développement de la maladie plus rapide chez les enfants que chez les adultes. Une évolution radiologique a été observée chez 61% des enfants avec RIS. Cette étude expose donc la possibilité de détecter des signes de RIS chez l’enfant.

Alternatives à l'IRM

Dans certains cas, d'autres techniques d'imagerie, comme l'échographie, peuvent être utilisées à la place de l'IRM.

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