L'intoxication alimentaire, également appelée toxi-infection alimentaire, est un trouble digestif aigu qui survient après la consommation d'aliments ou d'eau contaminés. Bien que souvent bénigne, elle peut être grave chez les jeunes enfants. Cet article détaille les causes, symptômes, traitements et mesures de prévention de l'intoxication alimentaire chez l'enfant.

Définition de l'intoxication alimentaire

Une intoxication alimentaire, ou toxi-infection alimentaire, se manifeste par un trouble digestif aigu. Ce trouble survient dans les heures suivant la consommation d’aliments ou d’eau contaminés, le plus souvent par des bactéries ou des virus. On parle de toxi-infection alimentaire collective (TIAC) lorsqu’au moins deux cas sont rapportés, à la même origine alimentaire. Les TIAC sont des maladies à déclaration obligatoire.

Causes de l'intoxication alimentaire

L'infection alimentaire peut être due à divers agents pathogènes :

  • Bactéries : Elles se trouvent dans les aliments et se multiplient dans l’organisme, provoquant divers symptômes. Les exemples incluent les salmonelles, les Shighella, la Listeria et le Campylobacter.
  • Toxines bactériennes : Produites par des bactéries présentes dans l’aliment, elles prolifèrent dans l’organisme et provoquent l’infection. Les exemples incluent le Staphylococcus aureus (staphylocoque doré) qui produit l’entérotoxine, l’Escherichia coli (ou E. coli) productrice de shigatoxines (STEC), le Clostridium perfringens et le Clostridium botulinum qui produisent des neurotoxines.
  • Autres micro-organismes : Plus rarement, des virus (adénovirus, rotavirus) ou des parasites peuvent être en cause.

Ces agents peuvent être présents dans l’aliment avant sa préparation ou être introduits lors de la préparation, du transport ou de la conservation des aliments. Il faut savoir que plusieurs agents pathogènes peuvent se cacher dans l’alimentation causant les intoxications alimentaires.

Plusieurs agents pathogènes peuvent être responsables d'intoxications alimentaires :

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  • Salmonella : Infection causée par la bactérie Salmonella, se manifestant après une incubation de 8 à 48 heures. Les symptômes de la salmonellose sont des diarrhées, des maux de tête et des douleurs abdominales. Les aliments pouvant causer une salmonellose sont de la viande, de la charcuterie, des poissons et fruits de mer, des œufs et des produits à base d’œufs ainsi que les produits laitiers.
  • Campylobacter jejuni : Infection causée par la bactérie Campylobacter jejuni, apparaissant après une incubation de 2 à 5 jours. Les symptômes pouvant apparaître sont des diarrhées, des douleurs abdominales, des vomissements et de la fièvre. Les aliments mis en cause sont la consommation de viande de poulet ou de porc contaminée, surtout si elles ne sont pas assez cuites. Elle peut aussi être causée par de l’eau ou du lait.
  • Listeria monocytogenes : Infection bactérienne provoquée par la Listeria monocytogenes. Celle-ci provoque des symptômes comme la méningite et la septicémie, la fausse couche chez la femme en période de grossesse. Les aliments pouvant provoquer la listériose sont les fromages au lait cru et les poissons fumés.
  • Clostridium botulinum : Intoxication par des toxines émises par une bactérie, le Clostridium botulinum. Généralement, les premiers symptômes surviennent au bout de 12 à 36 heures après l’infection. Celui-ci provoque des troubles visuels, de la sécheresse buccale et de la paralysie. Le botulisme est dû à des conserves faites maison qui sont souillées par la terre.
  • Brucella : Zoonose provoquée par une bactérie du genre Brucella avec une durée d’incubation qui varie de quelques jours à plusieurs mois. Celle-ci provoque des symptômes comme de la fièvre, des maux de tête et des douleurs diffuses. Les aliments mis en cause sont les fromages frais, le lait de brebis ou de chèvre.
  • Escherichia coli : Infection causée par une bactérie l’Escherichia coli s’établissant dans le tube digestif de l’homme. Il peut également s’établir dans les animaux à sang chaud. Notez que la majorité des souches de l’Escherichia coli sont inoffensives et seulement quelques-unes sont pathogènes. Notamment, les souches de l’Escherichia coli sont dites entérohémorragiques. Il faut savoir que ce sont les souches de l’Escherichia coli entérohémorragiques qui sont la cause de l’intoxication alimentaire. La durée d’incubation de cette infection est de 3 jours. Les symptômes sont des diarrhées banales ou le plus souvent, une colite hémorragique. Cette infection est provoquée par de la viande bovine surtout hachée. Il en est de même des daims, des moutons, des chèvres et des chevaux. Elle peut aussi être causée par du lait non pasteurisé, du jus de fruits ou du légume cru.
  • Staphylococcus aureus : Intoxication provoquée par l’ingestion de toxine staphylococcique se manifestant après une durée d’incubation de 2 à 4 heures. Les symptômes pouvant être rencontrés sont des nausées, des vomissements importants et des diarrhées. Le staphylocoque doré est dû à la consommation d’aliments contaminés, notamment préparés par une personne malade atteinte de rhino-pharyngite. La contamination est d’autant plus assurée, si l’aliment est laissé à température ambiante pendant plusieurs heures. Les aliments concernés sont les sandwichs, les salades, les pâtisseries, les viandes tranchées, etc.

Aliments à risque

Les aliments les plus souvent impliqués dans les intoxications alimentaires sont :

  • Viande hachée et/ou peu cuite (bœuf, volaille)
  • Produits à base de lait cru et fromage au lait cru
  • Sauces
  • Œufs crus ou produits à base d’œufs crus (mousse au chocolat) ou insuffisamment cuits
  • Crustacés, le poisson, les plantes sauvages ou encore les champignons.

Les sociétés de pédiatrie déconseillent également le miel aux nourrissons de moins d’un an à cause du risque de contamination de celui-ci par des spores de Clostridium Botulinum.

Symptômes de l'intoxication alimentaire

Les symptômes varient selon l'agent pathogène et la quantité de toxines ingérées. Ils apparaissent généralement entre quelques heures et plusieurs jours après la consommation de l’aliment contaminé. L’ingestion d’une toxine présente dans un aliment a ainsi tendance à agir plus vite dans l’organisme que des germes, d’où une apparition de symptômes plus rapide.

Les symptômes courants incluent :

  • Douleurs ou crampes abdominales
  • Diarrhée (parfois sanglante)
  • Nausées et vomissements (réaction de défense de l’organisme)
  • Fièvre et frissons
  • Maux de tête et fatigue intense

Dans certains cas, des symptômes spécifiques peuvent apparaître, comme des troubles neurologiques (vision trouble, voix nasonnée), suggérant une infection à Clostridium Botulinum.

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Exemples de symptômes selon la période d'incubation

  • Incubation < 6h : Nausées, vomissements, malaise général, sans fièvre (Staphylococcus aureus, Bacillus cereus émétique).
  • Incubation 7-12h : Crampes abdominales, diarrhée (Bacillus cereus diarrhéique, Clostridium perfringens).
  • Incubation 12-72h : Spasmes abdominaux, diarrhée (parfois sanglante), fièvre (Salmonella, Shigella, Escherichia Coli, Campylobacter).
  • Incubation > 72h : Signes digestifs et généraux (fièvre, douleurs musculaires), orientant vers une Listériose.

Intoxication alimentaire chez le nourrisson

Les bébés aussi peuvent souffrir d’intoxication alimentaire, et ce même avant la diversification alimentaire. Une intoxication alimentaire est rare chez un bébé qui est uniquement nourri au sein, car le lait maternel est très riche en anticorps. La Leche League France estime que l’allaitement peut être poursuivi dans la plupart des maladies aiguës de la mère, y compris l’intoxication alimentaire. Un bébé nourri au biberon avec du lait infantile ou en pleine diversification alimentaire a plus de risque d’intoxication alimentaire, car ces aliments peuvent être accidentellement contaminés par des pathogènes. Elle se manifeste le plus souvent dans les 4 à 24 heures qui suivent l’ingestion de la nourriture ou de l’eau contaminée, par des douleurs abdominales, une diarrhée, des nausées ou des vomissements. En cela, elle peut se confondre avec une gastro-entérite ou une indigestion.

Gravité des toxi-infections

La majorité des toxi-infections alimentaires sont bénignes et guérissent spontanément en 24 à 48 heures. Cependant, chez les enfants de moins de 5 ans, elles peuvent être graves en raison des risques de déshydratation et de complications dues aux toxines, comme le syndrome hémolytique et urémique (SHU).

Le SHU touche surtout les jeunes enfants entre 6 mois et 5 ans après une toxi-infection causée par la bactérie E. Coli et les toxines qu’elle produit. Les principaux signes sont une grande fatigue, une anémie pouvant se compliquer d’une atteinte rénale qui peut aller jusqu’à l’insuffisance rénale aiguë et la dialyse.

Conduite à tenir en cas de toxi-infection alimentaire

Si les symptômes sont immédiats ou très rapides, il est essentiel d'arrêter la distribution du repas, de garder les enfants ayant déjà mangé sous contrôle et de contacter le centre 15 en fonction de la gravité des cas. Le gestionnaire, le médecin de la crèche et les parents doivent être alertés. L’agence régionale de santé (ARS) et la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) doivent être jointes par téléphone. Un formulaire de déclaration doit être rempli et envoyé à l’ARS (document Cerfa). Le personnel doit tenir à disposition des services de contrôle les repas témoins, les fiches de traçabilité des aliments, et le plan de maîtrise sanitaire.

Si les symptômes sont plus tardifs, le personnel de la crèche doit s’enquérir auprès de tous les autres enfants absents de l’éventuelle présence de symptômes du même ordre. S’il y a une seule réponse positive, la TIAC est caractérisée. Une déclaration à l’ARS et une enquête épidémiologique, bactériologique et sanitaire doivent alors être faites. Les professionnels de l’accueil doivent récupérer les menus détaillés des trois repas précédant le moment présumé de la contamination.

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Traitement de l'intoxication alimentaire

Le traitement de l’intoxication alimentaire du bébé ou de l'enfant dépendra du ou des pathogène(s) identifié(s). Si une bactérie est en cause, des antibiotiques pourront être prescrits.

Dans la plupart des cas, l'intoxication alimentaire est passagère et ne nécessite pas de traitement spécifique. Il est toutefois important de bien s’hydrater. Si le sujet régurgite systématiquement l’eau ingérée, il est conseillé d’aller à l’hôpital. Aussi, il est primordial d’adapter son alimentation jusqu’à la guérison.

Hydratation

L'hydratation est primordiale, surtout chez les nourrissons et les jeunes enfants, pour compenser les pertes de liquides dues aux vomissements et à la diarrhée. Il est conseillé de donner de petites quantités de liquides fréquemment.

  • Eau
  • Bouillons clairs
  • Solutions de réhydratation orale (SRO) disponibles en pharmacie

Il est recommandé de bien hydrater les nourrissons et les enfants. Il est également conseillé de bien surveiller les signes de déshydratation, notamment si le nourrisson est difficile à réveiller et qu’il dort beaucoup. Les autres signes qui peuvent vous alerter sont : le gémissement, le comportement inhabituel, la respiration accélérée, les vomissements du bébé, etc.

Alimentation

Il est important d'adapter l'alimentation pendant la période de convalescence.

  • Aliments à privilégier : viandes et poissons maigres, féculents (riz blanc, pommes de terre). Ces aliments demandent davantage de temps et d’énergie à votre intestin pour être digérés. Préférez plutôt les aliments qui se digèrent facilement et qui contiennent moins de fibres, notamment le riz blanc, les pommes de terre, le poisson et le poulet.
  • Aliments à éviter : fruits et légumes crus (dans un premier temps, la réintégration doit se faire progressivement), céréales complètes, légumineuses, café, produits laitiers, aliments très gras, épicés ou sucrés, boissons caféinées et alcool. Il est également conseillé d’éviter les aliments comme les céréales complètes, les légumineuses, le café et les produits laitiers, car ces derniers peuvent accélérer le transit.

Il est conseillé de mettre l’intestin au repos pendant les premières heures. Pour ce faire, préférez les produits liquides comme du bouillon ou de la soupe.

Médicaments

Il est recommandé d’éviter de prendre des antidiarrhéiques sans l’avis d’un médecin, car ce genre de médicament est déconseillé en cas de diarrhées infectieuses. De plus, ceux-ci peuvent empêcher les toxines de sortir de l’organisme. Il est également déconseillé de se faire vomir pendant une intoxication alimentaire.

Lors d’une consultation médicale, votre médecin peut vous prescrire des médicaments anti-diarrhéiques ou anti-vomitifs. Certains de ces médicaments sont par ailleurs disponibles sans ordonnance.

Remèdes naturels

Il existe également des remèdes naturels et des aliments bénéfiques en cas d’intoxication alimentaire.

  • Argile blanche : Permet de lutter contre la déshydratation et agit comme un pansement digestif. Délayer une cuillère à soupe dans un verre d’eau.
  • Vinaigre de cidre : Apaise les muqueuses digestives et régule le transit. Diluer 2 cuillères à soupe dans 250 ml d’eau tiède.
  • Gingembre : Antibactérien et anti-inflammatoire, calme les nausées et les vomissements. Faire bouillir une cuillère à café de gingembre râpé dans 250 ml d’eau.
  • Citron : Anti-inflammatoire et antibactérien. Boire une cuillère à café de jus de citron pur ou dilué.
  • Ail : Antiviral, antibactérien et antifongique. Consommer une gousse d’ail frais ou du jus d’ail.
  • Thé : Maintient l’hydratation et apaise le système digestif. La menthe fraîche soulage les crampes d’estomac. La réglisse ou la camomille diminuent l’inflammation.
  • Banane : Riche en potassium, magnésium et probiotiques, aide à équilibrer la flore intestinale.
  • Charbon végétal : Désintoxiquant naturel, piège les molécules indésirables dans les intestins. Mélanger 20 à 40 g de charbon végétal à de l’eau ou à un peu de yaourt.
  • Probiotiques : Micro-organismes bénéfiques qui luttent contre les bactéries pathogènes et rétablissent l’équilibre de la flore intestinale.

Quand consulter

Si les symptômes persistent plus de 48 heures ou s’aggravent, il est conseillé de consulter un professionnel de santé. Il est conseillé de consulter un professionnel de santé au plus vite en la présence des symptômes suivants : la difficulté à avaler ou à respirer, la paralysie et les troubles de la vision.

Il est également important de consulter rapidement un médecin si l’état du bébé ne s’améliore pas dans les heures qui suivent l’apparition des premiers symptômes, si de nouveaux symptômes apparaissent ou empirent.

Prévention des intoxications alimentaires

La prévention des intoxications alimentaires repose sur des mesures d'hygiène rigoureuses et une manipulation adéquate des aliments.

Mesures générales

  • Hygiène des mains : Se laver soigneusement les mains à l’eau et au savon avant, pendant et après la préparation des repas, après avoir manipulé des aliments crus, des déchets ou après un passage aux toilettes.
  • Nettoyage des surfaces et ustensiles : Nettoyer régulièrement les surfaces et ustensiles de cuisine. Employer des planches à découper séparées pour les viandes ou poissons crus et pour les légumes ou aliments cuits.
  • Entretien du réfrigérateur : Entretenir le réfrigérateur au moins une fois par mois et maintenir sa température à 4 °C maximum.
  • Respect de la chaîne du froid : Ne pas laisser les produits sensibles à température ambiante plus de deux heures (ou plus d’une heure en période de forte chaleur). Décongeler les aliments au réfrigérateur ou au micro-ondes, jamais à température ambiante, et ne jamais recongeler.
  • Cuisson à cœur : Cuire les aliments à cœur pour détruire les bactéries. La viande hachée doit atteindre au moins 70 °C, la volaille doit être cuite jusqu’à ce que le jus soit clair, et les œufs doivent être cuits dur si consommés par des personnes à risque.
  • Vigilance avec certains aliments : Être prudent avec les produits crus (huîtres, fromages au lait cru, viande hachée insuffisamment cuite, charcuterie artisanale). Identifier avec certitude les plantes sauvages et les champignons avant leur consommation.

Recommandations spécifiques pour les crèches et les assistantes maternelles

  • Cuisines centrales : L’élaboration des menus, l’équilibre nutritionnel et le choix des aliments doivent respecter les règles dictées par le GEMRCN et la HAS, en adéquation avec le PNNS. La vigilance s’impose concernant les aliments à risque et le degré de cuisson des viandes. L’étiquetage et la traçabilité des denrées alimentaires doivent être sans faille, tout comme le contrôle des températures à tous les stades (élaboration, stockage, transport, conservation, réchauffement). Le plan de maîtrise sanitaire doit se référer au protocole HACCP.
  • Repas livrés par une cuisine centrale : S’assurer de la température des plats, stocker les repas sur site (0-3°C), réchauffer les plats à plus de 65°C et conditionner les plats en portions individuelles.
  • Hygiène renforcée : Renforcer les règles d’hygiène habituelles concernant le lavage des mains, des locaux et des surfaces, la désinfection des jouets, du matériel et du linge.
  • Assistantes maternelles : L’ANSES recommande de se laver les mains au savon avant et pendant la préparation des repas, d’éviter de préparer les repas en cas de symptômes de gastro-entérite, de nettoyer régulièrement le réfrigérateur et de vérifier sa température (zone la plus froide entre 0° et +4°C), de mettre les aliments au frigo dans les 2 heures après leur cuisson, d'utiliser une planche à découper par aliment, de veiller à la juste cuisson des viandes, de ne pas mettre au menu de jeunes enfants de la viande ou du poisson crus, des produits laitiers au lait cru, et de veiller à la bonne conservation des biberons.

Conseils pour les particuliers ayant un élevage de poules

Ramasser les œufs tous les jours et les garder propres.

Différencier Intoxication Alimentaire et Gastro-Entérite

L’intoxication alimentaire et la gastro-entérite sont souvent confondues en raison de leurs symptômes similaires.

  • Intoxication alimentaire : Dure de quelques heures à trois jours et fait suite à la consommation d’aliments contaminés. Elle est causée par un virus, une bactérie ou un parasite.
  • Gastro-entérite : Dure plus longtemps, est généralement liée à une infection virale et est contagieuse. Elle peut provoquer des crampes, des douleurs musculaires et des maux de tête.

La présence de fièvre et/ou de sang dans les selles peut orienter vers une gastro-entérite. Le fait que d’autres personnes ayant partagé le même repas soient également malades suggère une intoxication alimentaire.

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