L'Institut de Puériculture de Paris, situé au 26 boulevard Brune dans le 14ème arrondissement, a marqué l'histoire de la médecine périnatale et infantile en France. Son parcours, jalonné d'innovations et de défis, mérite d'être retracé pour comprendre son importance et les enjeux auxquels il a été confronté.
Genèse et Vocation Initiale (1919)
Fondé en 1919 grâce à l'initiative de médecins américains, avec le soutien de la Croix-Rouge américaine et de divers donateurs privés, l'Institut de Puériculture a d'abord été conçu comme une école de puériculture. Au fil des années, ses activités se sont diversifiées, évoluant vers une prise en charge globale des mères confrontées à des grossesses pathologiques à haut risque fœtal et des prématurés en danger.
Un Centre de Néonatologie de Pointe
L'IPP s'est rapidement distingué comme un centre de néonatologie de premier plan, regroupant des laboratoires spécialisés (biochimie, bactériologie, cytogénétique, biologie moléculaire, hématologie), un lactarium, des services de pédopsychiatrie et une école de puériculture. Cette infrastructure complète permettait de réaliser tous types de prélèvements, d'analyses et de dosages essentiels à la prévention, au dépistage précoce (notamment de maladies génétiques comme la trisomie 21), à une prise en charge thérapeutique adaptée et à la réalisation d'autopsies de fœtus.
L'Institut disposait de soixante-quinze incubateurs, ce qui en faisait le plus grand service de néonatologie d'Île-de-France, surpassant les pôles mère-enfant des hôpitaux Antoine-Béclère, Cochin-Saint-Vincent-de-Paul ou Robert-Debré. Après quelques mois en réanimation, les petits prématurés passaient en unité de soins intensifs, avant de préparer leur sortie en pédiatrie néonatale.
Le CAMSP Paris Brune : Dépistage et Accompagnement Précoce
Le CAMSP (Centre d’Action Médico-Sociale Précoce) de l’Institut Paris Brune accueille des enfants de 0 à 6 ans présentant des troubles du développement neuro-psycho-moteur ou à risque d’en présenter du fait de leurs conditions de naissance ou de leur pathologie. Sa mission première est de dépister, chez de jeunes enfants, des déficiences et des troubles susceptibles d’engendrer une situation de handicap, participant ainsi à l’établissement d’un diagnostic précoce.
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Sur la base de ce diagnostic, le CAMSP met en œuvre un projet préventif, rééducatif et éducatif qui se traduit par diverses interventions et modes d’accompagnement : consultations médicales, séances de rééducation, guidance parentale, inclusion en crèche ou en école.
L'École de Puériculture : Formation et Expertise
L'institut se distingue des autres écoles françaises par le nombre conséquent de places qu’il propose et offre à ses étudiants un enseignement riche de 70 ans d’expérience. Les formateurs permanents, experts dans leur domaine, articulent enseignements magistraux et enseignements cliniques dans le cadre des stages. En 1947, le Diplôme d’État de Puéricultrice est créé sous l’égide de la Faculté de Médecine de Paris. En 1968, l’école devient École de Puéricultrices IPP. En décembre 2011, l’école de puériculture avec ses 60 années d’expérience dans la formation des professionnels de l’enfance devient une activité du pôle Enseignement et Formation de la Fondation hospitalière Sainte-Marie.
La puéricultrice est une spécialiste clinique de la santé du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent. L’apprenant adulte, infirmière ou sage-femme, est un individu qui a des besoins de formation, il pilote son apprentissage d’une manière individualisée et autonome à l’intérieur du dispositif de formation.
Difficultés Financières et Restructuration
Malheureusement, l'IPP a rencontré des difficultés financières importantes. En 2011, l’Institut de Puériculture était en proie à de nombreuses tensions dont l'origine était le licenciement soudain de 2 personnes; le chef de service de médecine foetale et de son assistant. Le licenciement de ces personnes se faisait au vu du déficit de l'hôpital qui se chiffrait à 2,3 millions d'euros. Ces licenciements ont suscité des inquiétudes quant à l'avenir de certaines unités de l'hôpital, certains craignant un plan social touchant jusqu'à 27 personnes.
Dans le cadre d'une rationalisation des services hospitaliers, un regroupement des activités périnatales de l'IPP était prévu à l'horizon 2010 sur le site de Necker. Cependant, des inquiétudes ont surgi quant au transfert d'une "coquille vide", après le départ de personnels qualifiés.
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Face à ces inquiétudes, le Ministre de la Santé Xavier Bertrand s'est montré préoccupé par la situation de l'IPP, affirmant qu'il n'était pas question de réduire l'offre de soin périnatal en Ile de France. Il a demandé à l'Inspection Générale des Affaires Sociales de procéder à un audit du fonctionnement de l'IPP pour connaître les conditions de poursuite de l'activité de périnatalité.
Reprise et Avenir
Autrefois géré par l'association ADHMI, depuis novembre 2011, l'ensemble de ces services est désormais placé sous l'égide de l'AP-HP (Necker Enfants-Malades), pour les structures néonatales, et l'association des Fondations Hospitalières Sainte-Marie et Sainte-Anne, pour les autres.
Dans la continuité de la reprise des activités de l’Institut de Puériculture de Paris par la Fondation hospitalière Sainte-Marie en 2011, le CAMSP s’est inscrit dans une dynamique qui vise à l’amélioration continue de son offre de soins tout en adaptant ses outils et moyens de travail. Depuis 2013, la nouvelle équipe de direction a impulsé plusieurs projets simultanés : des évaluations interne et externe ont été menées, des logiciels métiers ont été implémentés pour un meilleur suivi des soins et les locaux ont été totalement rénovés afin d’accueillir les familles dans des espaces plus conviviaux.
Le 22 juillet, l'établissement était en liquidation judiciaire. Une procédure de conciliation avait été engagée depuis décembre 2010 pour ce pôle hospitalier qui proposait l'unique lactarium d'Ile-de-France, une pédopsychiatrie, une école de puériculture, des laboratoires, un hôpital de jour depuis 1971 et l'un des premiers lieux de soins précoces et intensifs de l'autisme et des psychoses. L'idée était de trouver un repreneur pouvant assurer la continuité de cette institution. Trois favoris étaient en lice : la Croix-Rouge, l'hôpital Sainte-Anne et la Fondation Sainte-Marie (associés pour l'occasion) et la société immobilière Moulin vert, axée sur la petite enfance. La décision finale devait tomber le 22 novembre.
L'Importance de la Puériculture : Un Contexte Historique
À la fin du XIXe siècle, l'émergence et la reconnaissance de spécialités marquent l'histoire de la médecine. Ce mouvement doit autant à l'évolution des connaissances médicales qu'à la situation extrêmement précaire de certaines couches de la population face à la maladie. La IIIe République est par ailleurs attachée à construire une politique d'assistance. La santé de la mère et de l'enfant bénéficie en premier de ces mesures.
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La défaite française de 1870 a été mise en partie sur le compte de la faiblesse démographique du pays au regard de la puissante Allemagne, et la dépopulation est vécue depuis comme un « péril national ». Contre la mortalité des femmes en couches et la mortalité infantile s'engage alors une véritable croisade, dont certains médecins se font les plus ardents défenseurs. La spécialité des accoucheurs est la première à être reconnue en 1881.
La Goutte de Lait est créée en 1892 par le Dr Gaston Variot (1855-1930), chef de service à l'hôpital Hérold, puis à l'hôpital Trousseau, à l'hôpital Necker, enfin à l'hôpital des Enfants-Assistés. Dans son livre : Dépopulation et puériculture (1901), le sénateur Paul Strauss affirme encore plus clairement la place qui doit être celle des médecins en vue d'une saine gestion du corps social : « La doctrine des maladies évitables appelle l'homme de l'art au gouvernement des sociétés.
Professionnalisation des Métiers de la Petite Enfance
Le second XXe siècle constitue, dans l’histoire des métiers liés à la prise en charge des enfants, celui de la professionnalisation des actrices de la petite enfance, mais aussi celui de la mise en œuvre d’une hiérarchie entre ces professions. L’une des étapes de cette transition peut être saisie à travers les cadres des formations proposées pour préparer au métier d’auxiliaire de puériculture, dont le diplôme est institué par le décret de 1947.
Les Auxiliaires de Puériculture : Dévouement et Professionnalisme
La formation d’auxiliaire de puériculture invite les élèves à définir leur rôle de professionnelles de la petite enfance en devenir. Incarnant le caractère genré de ce métier, le dévouement apparaît comme une qualité centrale des actrices de la petite enfance. Dévouées, mais aussi « aimantes », « tendres », exerçant leur métier par « vocation », les élèves adoptent les postures et les qualités que traduisent les discours sur leur futur métier.
En 1950, l’école primaire est obligatoire jusqu’à 14 ans. Ainsi, l’ensemble des élèves étudiées sont donc censées avoir suivi des cours d’enseignement primaire. Par ailleurs, les taux d’obtention du Certificat d’études primaires (CEP) pour une classe d’âge sont d’environ 50 % au début de notre étude.
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