L'insémination artificielle (IA), qu'elle soit avec le sperme du conjoint (IAC) ou d'un donneur (IAD), est une technique de procréation assistée (PMA) couramment utilisée pour aider les couples infertiles à concevoir. Elle consiste à déposer des spermatozoïdes préparés directement dans l'utérus de la femme au moment de l'ovulation. Bien que cette technique puisse être une solution efficace pour certains couples, il est important de comprendre les taux de réussite associés et les facteurs qui peuvent contribuer à son échec.

Comment fonctionne l’insémination artificielle ?

L’insémination artificielle, IAC ou IAD de son petit nom (IAC pour Insémination Artificielle avec sperme du Conjoint ou IAD pour Insémination Artificielle avec sperme d’un Donneur) consiste à déposer des spermatozoïdes préparés en laboratoire, directement dans l’utérus.

Schématiquement, l’insémination se déroule comme suit :

  • La phase de préparation débute pour la femme par une stimulation ovarienne pour bien synchroniser le jour de l’insémination artificielle avec le jour de l’ovulation. Tous les jours à partir du moment indiqué par votre gynécologue, vous injecterez de faibles doses d’hormones (les gonadotrophines). Cette phase de stimulation est surveillée par votre médecin avec des échographies et des prises de sang (dosage hormonal) régulières.
  • Après l’obtention d’un à deux follicules matures (qui mesure environ 18 mm de diamètre), l’ovulation est déclenchée, généralement par une injection d’hormone hCG, à une date et une heure précisée par le gynécologue. L’ovulation, c’est à dire la libération d’un ovule par les ovaires, aura lieu 36h plus tard. En toute logique, l’insémination artificielle est alors programmée environ 34 à 36 h après le déclenchement. Par exemple, si le déclenchement a lieu un lundi soir, l’insémination artificielle sera programmée par votre médecin le mercredi en fin de matinée, ou en début d’après-midi.
  • Le jour J, s’il s’agit du sperme du conjoint, c’est à lui de jouer. L’homme effectue un prélèvement de sperme par masturbation (après 2 à 5 jours d’abstinence) au laboratoire le matin même de l’insémination artificielle. Les spermatozoïdes seront sélectionnés et préparés dans un milieu de survie. On ne garde que les spermatozoïdes les plus mobiles et morphologiquement normaux, les plus vaillants en soi ! S’il s’agit du sperme d’un donneur, les biologistes réalisent la même préparation à partir d’une paillette de sperme.
  • Enfin, les « spermatozoïdes champions » sont réintroduits dans la cavité utérine de la femme grâce à une canule spéciale. Ce geste est indolore et se réalise sans anesthésie. Vous serez installée en position gynécologique.Pour avoir le maximum de chances de succès, on estime que le nombre total de spermatozoïdes à inséminer doit être supérieur à 1 million après préparation.

Indications de l'insémination artificielle

L’insémination artificielle est indiquée dans plusieurs cas :

  • une anomalie cervicale, c’est à dire une insuffisance de production de la glaire cervicale,
  • un facteur masculin, comme par exemple une anomalie modérée du sperme (voir notre article sur « Les causes d’infertilité masculine»),
  • un facteur immunologique, c’est à dire lorsqu’il y a des anticorps antispermatozoïdes dans la glaire, le sperme ou le plasma,
  • des troubles de l’ovulation (voir notre article sur « Les causes d’infertilité féminine» ),
  • des troubles de l’éjaculation,
  • dans le cas d’une infertilité inexpliquée par les médecins.

Taux de réussite de l'insémination artificielle

Le taux moyen de réussite de l’insémination artificielle en France est de 12 % avec le sperme du conjoint et 23,1% avec le sperme d’un donneur. On est donc pas tout à fait sur une recette miracle, mais le taux de réussite de l’insémination artificielle cumulé après six tentatives approche les 50 %. Il est important de noter qu'un couple a naturellement en moyenne une probabilité d’obtenir une grossesse de 25% à chaque cycle à 25 ans et 12% entre 30 et 25 ans.

Lire aussi: Chances de succès de l'insémination

Généralement, entre 3 et 6 cycles de traitements sont proposés. En cas d’échec de 3 à 6 cycles d’insémination artificielle, le passage en fécondation in vitro pourra être évoqué par votre médecin. Le nombre de cycles dépend de votre contexte médical et en particulier de l’âge de la femme. Il n’y a pas de règle pré-établie, mais 3 cycles minimum sont proposés. Après 37 ans, certains centres AMP préfèrent proposer une FIV d’emblée.

Une étude rétrospective monocentrique de Février 2008 à Décembre 2014 au CHU de Rennes, portant sur 905 cycles d’IIU réalisés sur 251 couples inclus avec 93 grossesses cliniques (10.2% par cycle) obtenues en moyenne après la 2,5ème IIU, a montré que la dose totale de FSH administrée et le nombre de follicules dominants étaient significativement plus important dans le groupe grossesse en analyse univariée et multivariée. Une dose de FSH faible et le nombre de follicules dominants <2 constituent des facteurs prédictifs d’échec de l’IIU.

Facteurs influençant le succès de l'insémination artificielle

Plusieurs facteurs peuvent influencer le succès de l'insémination artificielle, notamment :

  • L'âge de la femme : L'âge maternel est un facteur déterminant dans la fertilité. Comme nous l’expliquons dans cet autre article, l’effet de l’âge avancé entraîne une baisse du nombre et de la qualité des ovocytes.
  • La qualité du sperme : La qualité du sperme est bien souvent un facteur déterminant. Bien que l’on puisse réaliser une ICSI avec un faible nombre de spermatozoïdes, il existe certains paramètres qui pourraient principalement influencer les taux de fécondation et qui doivent être pris en compte dans une nouvelle tentative. Pour avoir le maximum de chances de succès, on estime que le nombre total de spermatozoïdes à inséminer doit être supérieur à 1 million après préparation.
  • Les causes de l'infertilité : S’il est unique ou multiple. Si l’origine de la stérilité est de cause inconnue.
  • L'indice de masse corporelle (IMC) : Chez la femme, l’IMC idéal se situe entre 19 et 30. Leurs écarts, en particulier l’IMC> 30, peuvent conduire à un faible taux de fécondation et de grossesse. Dans ce cas, elles ont tendance à avoir des problèmes ovulatoires et un risque accru d’avortement. Chez les hommes, l’obésité affecte également négativement leur système reproducteur et il a été observé qu’elle tend à augmenter les niveaux d’œstrogènes et à réduire les niveaux de testostérone.
  • Facteurs ovariens et endométriaux : Selon la façon dont la réponse ovarienne a été dans un cycle précédent, nous pouvons modifier et / ou personnaliser une nouvelle tentative en fonction de certains niveaux d’hormones. Aussi, les taux de progestérone peuvent nous aider à savoir si la réceptivité endométriale est optimale. Anomalies dans la cavité intra-utérine, endomètre peu proliféré, endométrite, facteurs immunologiques et thrombophilies sont les causes d’échecs répétés d’implantation.
  • Facteurs toxiques : Les habitudes de consommation de substances nocives, telles que le tabac et l’alcool, ainsi que l’environnement, nuisent aux résultats du traitement.
  • Le nombre de follicules dominants : Une dose de FSH faible et le nombre de follicules dominants <2 constituent des facteurs prédictifs d’échec de l’IIU.

Risques associés à l'insémination artificielle

Il existe des risques infectieux. C’est pour cette raison qu’une spermoculture, c’est à dire une recherche de microbes dans le sperme, est réalisée dans les 3 mois précédents l’insémination. En cas d’infection du sperme, un traitement antibiotique sera prescrit et l’insémination artificielle sera repoussée jusqu’à la disparition complète de l’infection. Pour les mêmes raisons, un prélèvement bactériologique vaginal sera aussi recommandé pour éviter de faire remonter dans l’utérus une infection vaginale.

Le second risque est d’obtenir une grossesse multiple. La stimulation hormonale peut faire grossir plusieurs follicules qui pourraient être fécondés. Pour réduire ce risque, les médecins surveillent par échographie la croissance des follicules.

Lire aussi: Insémination artificielle : Procédure et indications

En cours de traitement, il est fréquent que les femmes ressentent plusieurs effets indésirables mais sans gravité (bouffées de chaleur, douleurs abdominales, nausées, vomissements, …). Certaines complications peuvent conduire à une hospitalisation, c’est le cas du syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO).

Échecs répétés d'implantation embryonnaire

La pathologie des échecs répétés d’implantation embryonnaire est diagnostiquée chez une femme prise en charge en PMA lorsque celle-ci présente plusieurs échecs d’implantation inexpliqués. Cependant, il n’existe pas de définition claire et officielle de cette pathologie. Chaque centre détermine un stade à partir duquel il est jugé anormal qu’aucun des embryons transférés ne se soit implanté. L’implantation d’embryon est diagnostiquée une dizaine de jours suivant le transfert par le dosage d’une hormone : la β-hCG.

Les échecs répétés d’implantation d'embryons peuvent avoir de nombreuses origines. De plus en plus, la qualité des embryons elle-même est mise en cause par le corps médical. Lors d’un protocole de PMA, le potentiel d’implantation des embryons est estimé par une analyse morphologique. Les anomalies génétiques de l’embryon sont pourtant la cause principale d’un échec d’implantation. Différents facteurs peuvent influencer la qualité des gamètes (ovocytes et spermatozoïdes). Il peut s’agir de facteurs endogènes comme l’âge ou l’indice de masse corporel, par exemple. En effet, un âge élevé, un surpoids voire une obésité sont responsables d’anomalies ovocytaires et spermatiques. Ainsi, un embryon peut être jugé de bonne qualité « morphologiquement » alors qu’il ne le sera pas « génétiquement ». Seul un diagnostic pré-implantatoire de l’embryon permet de mettre en évidence les potentielles anomalies génétiques embryonnaires.

L’embryon n’est pas la seule cause d’un échec d’implantation lors d’une PMA. En effet, un embryon ayant un fort potentiel implantatoire d’un point de vue morphologique et génétique ne pourra pas s’implanter si l’endomètre ne lui est pas réceptif.

  • Lors du cycle menstruel , l’endomètre subit une phase de régression suivie d’une régénération et d’une maturation. Un endomètre mature sera réceptif à l’embryon au cours d’une courte période appelée « fenêtre d’implantation ». Des anomalies du cycle menstruel peuvent être responsables d’un défaut de régénération et/ou de maturation endométriale.
  • Lors de la période fœtale et la mise en place de l’appareil reproducteur féminin, des anomalies développementales peuvent être à l'origine de malformations utérines.
  • Au cours de l’implantation embryonnaire, le système immunitaire maternel joue un rôle fondamental. Les échecs d’implantation peuvent s’expliquer par une réponse immunitaire trop agressive qui induit la mort de l’embryon reconnu comme un corps étranger.
  • La prise en charge des femmes souffrant d’échecs répétés d’implantation embryonnaire dont la cause est endométriale s’avère compliquée. Les traitements (médicamenteux ou chirurgicaux) sont nombreux.

La pathologie des échecs répétés d’implantation d’embryons est donc difficile à appréhender, les causes pouvant être multiples.

Lire aussi: IIU et Stimulation à l'Œstradiol

Que faire après un échec de l'insémination artificielle ?

Après des tentatives d’insémination artificielle négatives, une multitude d’émotions parcourent notre corps.

  • ÉCOUTEZ VOTRE CORPS ET LAISSEZ-LE FLUIR. Donnez-vous le temps de digérer la situation, tout le monde a besoin d’un rythme différent. Laissez les émotions émerger au fur et à mesure qu’elles viennent, sans les juger, sans attendre de ressentir d’une manière spécifique, laissez-les couler et que votre énergie s’ajuste progressivement. Prenez soin de vous en écoutant ce que votre corps vous demande.
  • FOCALISEZ L`ATTENTION SUR VOUS-MÊME. Observez vos sentiments, vos émotions et réalisez des activités génératrices de tranquillité. Essayez de ne pas recréer le temps dans des pensées de ce type: « Qu’est-ce que j’aurais pu faire de mal? », « Si je n’avais pas fait une telle chose … » parce qu’elles s’accompagnent de culpabilité, et elles peuvent générer de l’inconfort.
  • CONNECTEZ-VOUS AVEC LE PRÉSENT. Après un b-hcg négatif, il n’est pas nécessaire de prendre des décisions, ni de se poser de futures questions en termes absolus comme «et si je ne deviens jamais mère?» Au contraire, il est temps de bien canaliser votre énergie en fonction du jour pour jour, réorientez votre réflexion vers « aujourd’hui j’ai des possibilités, je vais continuer à essayer … »
  • AYEZ CONFIANCE EN VOUS MÊME, à votre corps, aux professionnels choisis et aux possibilités que la FIV nous permet comme opportunités.
  • PRÉPAREZ-VOUS À UN NOUVEAU BIENVENUE. Analysez si vous êtes prête pour le prochain transfert. Vérifiez vos habitudes alimentaires, exercice physique, sommeil, hygiène mentale … pour les améliorer si nécessaire. Ils vous aideront à vous sentir mieux.
  • PRENEZ DES DÉCISIONS. Après quelques jours, et avec une explication médicale de votre diagnostic, il est temps de prendre des décisions.

Il est recommandé de laisser s’écouler 2 à 3 mois. Alternativement et sans aucun doute, il n’est pas nécessaire d’attendre ces mois si le plan est de réaliser un cryotransfert après une FIV négative. Dans ce cas, les ovaires ne sont pas nécessaires et avec la menstruation, l’endomètre sera complètement régénéré.

Avant d’entreprendre une insémination artificielle, comme pour tout autre recours à une technique de PMA, un deuxième avis médical peut être utile pour vous conforter dans votre décision ou vous éclairer sur d’éventuelles alternatives.

Coût de l'insémination artificielle

Bonne nouvelle, l’insémination artificielle et les examens pour l’infertilité sont pris en charge à 100% par les organismes de couverture sociale en France, après demande de prise en charge par votre médecin. Vous pourrez réaliser 6 tentatives au total.

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