Il existe une grande variété d'insectes présentant une coloration jaune et noire, un corps allongé et de grandes ailes, ce qui peut rendre leur identification difficile. Cet article vise à fournir des informations détaillées sur certains de ces insectes, en mettant l'accent sur leurs caractéristiques distinctives, leur habitat et leur rôle dans l'écosystème.

Guêpes solitaires

Scolie hirsute

La scolie hirsute (Scolia hirta) est une guêpe solitaire utile au jardin. Elle est observable de juillet à septembre. Elle mesure de 15 à 22 mm de longueur. Son corps élancé est noir orné de deux bandes jaunes sur l'abdomen. Les ailes membraneuses sont irisées de noir bleuté chez le mâle et ont des reflets violet métallique chez la femelle. Une espèce proche, Scolia hirta unifasciata, est reconnaissable à sa seule bande jaune.

Contrairement à certaines guêpes, la scolie hirsute ne se nourrit pas des larves qu'elle trouve. Elle les débusque dans le sol pour s'en servir d'hôte pour ses propres larves. La femelle pond un œuf directement dans le corps de la larve de coléoptère après l'avoir paralysée à l'aide de son venin. Une fois la larve hôte vidée de sa substance, la scolie tisse un cocon afin de se nymphoser. Cette nymphe hivernera dans le sol jusqu'au printemps suivant, lorsque les températures seront assez douces pour qu'elle puisse s'extraire du cocon et prendre son envol afin de se reproduire entre mi-juin et mi-juillet.

Cerceris

Les cercéris sont des guêpes fouisseuses spécialisées dans la capture de charançons. Les femelles les paralysent par une piqûre, puis les enterrent avec leur œuf. La larve à l’éclosion aura à sa disposition de la nourriture encore fraîche. La femelle du philanthe fait de même en capturant des abeilles. Sa cuticule épaisse est une cuirasse qui la protège du dard de l’abeille qu’elle transporte en vol jusqu’à son nid. Avec le cerceris des sables, c’est l’espèce la plus courante du genre Cerceris. Les femelles construisent un nid souterrain où elles entreposent des abeilles solitaires paralysées sur lesquelles elles pondent leur œuf.

Mouches

Syrphes

Les syrphes sont souvent confondus avec les guêpes ou les abeilles en raison de leur habit jaune et noir. Pourtant, le syrphe est un insecte absolument inoffensif dont nous n’avons rien à craindre. Les syrphes ne désignent pas un insecte mais une grande famille d’insectes, subdivisée en 3 sous-familles. Elle représente environ 200 genres et plus de 5 000 espèces sont aujourd’hui décrites.

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Les syrphes sont des mouches, mais leur apparence est bien éloignée des mouches domestiques (Musca domestica) au corps tout noir et au comportement si agaçant au cœur de l’été. Les syrphes présentent des formes et des couleurs variées, selon la zone géographique au sein de laquelle ils évoluent. Ils se confondent avec les hyménoptères pour la simple et bonne raison qu’ils les imitent volontairement (parfois l’imitation inclut le bruit émis par l’insecte). Pour rappel, les hyménoptères sont cette famille à laquelle appartiennent abeilles, bourdons, fourmis, et guêpes. C’est ce que l’on appelle le mimétisme batésien. Cela permet d'échapper à leurs prédateurs qui se trompent également. Notons que ce mimétisme met en œuvre un mécanisme complexe de coévolution mettant en jeu l'espèce servant de “modèle”, l'espèce imitatrice et l'espèce dupée, plus complexe que le camouflage qui peut se développer rapidement au sein d’une espèce.

Qui dit mouches, dit une paire d’ailes (d’où le nom de l’ordre, les diptères, littéralement “deux ailes”). C’est la différence fondamentale entre les syrphes et les hyménoptères puisque ces derniers animaux ont deux paires d’ailes. Chez les diptères, la seconde paire d’ailes a été transformée en une paire d’organes gyroscopiques stabilisateurs, connus sous le nom d’haltères ou de balanciers.

Peut-être n’avez-vous jamais prêté attention au fait que les ailes des hyménoptères et des diptères sont parcourues de veines. La façon dont ces veines sont organisées permet aussi de faire la distinction entre les deux. Ainsi, en observant les ailes d’un syrphe à la loupe, vous pouvez identifier la présence d’une fausse veine (vena spuria) parcourant chaque aile. Elle est localisée presque au centre de l’aile et se déploie dans le sens longitudinal. L’autre particularité qui les caractérise est l’existence d’un “faux bord”, c’est-à-dire qu’aucune nervure n’atteint l’extrémité de l’aile. Autre différence, la pièce buccale. Chez les hyménoptères, elle est de type broyeur-lécheur.

Le syrphe ceinturé (Episyrphus balteatus) est l’espèce de syrphes que l’on a le plus de chances de croiser dans nos jardins. Il mesure entre 7 et 15 mm. Il arbore souvent des rayures jaunes et noires à l’origine de la confusion avec les abeilles ou les guêpes. Comme les prédateurs eux-mêmes se font avoir, on peut se dire que l’on a quelques excuses. Mais c’est en observant toujours plus attentivement la nature que l’on progresse. Une femelle pond tout au long de sa vie entre 2 000 et 4 500 œufs. Les œufs sont déposés soit de façon isolée, soit par paquets. Le lieu choisi est souvent au milieu d’une colonie de pucerons car les larves s’en nourrissent. Les insectes se nourrissant de pucerons sont nommés aphidiphages car les aphidiens désignent un groupe d'insectes dont le puceron est le type.

Les larves de syrphes peuvent également manger les larves d’autres insectes. Elles sont dépourvues de pattes. Elles sont de couleur blanche ou vert translucide, parfois marbrées. Elles mesurent entre 8 et 15 mm. Alors que chaque larve ne mange que 30 à 40 pucerons par nuit, elle est tout de même capable d’en tuer jusqu’à 300. À ce stade de développement, le syrphe est donc particulièrement intéressant pour la lutte du jardinier contre les nuisibles. Les larves de certaines espèces se nourrissent aussi de débris organiques ou de végétaux en décomposition. Ensuite, c’est le stade nymphal et 15 autres jours plus tard, le syrphe est adulte.

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La nourriture des adultes est différente de celle des larves : c’est désormais le pollen et le nectar des plantes qui les nourrit. Les syrphes participent donc aussi activement à la pollinisation. Le syrphe ceinturé visite de nombreuses sortes de fleurs, principalement blanches et jaunes, surtout des Apiacées (Ombellifères) et des Astéracées. Ce syrphe est reconnu comme un pollinisateur important du colza. Ce sont 2 à 7 générations qui traversent l’année, selon les régions concernées.

Le syrphe des corolles possède un abdomen noir avec des tâches jaunes, et des poils autour de l’abdomen, comme tous les insectes du genre Eupeodes. Cette espèce est présente en milieux ouverts, dans les prairies et dans les dunes, dans les lits asséchés des cours d’eau, dans la garrigue, les cultures, les jardins et les parcs. Les adultes peuvent se retrouver en altitude dans les Alpes. La larve est surtout présente sur les Légumineuses et d’autres plantes cultivées comme l’avoine, la betterave, la courge, la laitue, l’orge et le maïs.

Le syrphe porte-plume doit son nom à la forme de son corps particulièrement allongé, au bout duquel se détache une tête grosse et globuleuse. On observe une différence entre le mâle et la femelle, l’abdomen du premier étant plus long, dépassant les ailes, et plus arrondi à son extrémité que celui de la femelle qui est plus court et pointu. Chez les deux sexes, le thorax est noir bordé sur les côtés par une ligne continue jaune.

Les Syrphidae sont des Diptères au corps compact, les espèces ne présentent pas un corps allongé ou des longues pattes ou une longue trompe. Beaucoup d’espèces ont des marques jaunes et noires et sont plus ou moins mimétiques d’hyménoptères comme les guêpes, d’autres espèces sont noires, d’autres velues et mimétiques de bourdons. Ce sont des mouches qui butinent et qui sont capables de vol stationnaire (en anglais : hoverflies). Leurs ailes ont une nervation particulière, caractérisée par la présence d’une fausse nervure longitudinale appelée vena spuria.

Autres mouches

  • Tachinaire hérissonne (Tachina fera): Cette espèce ressemble beaucoup à la scolie hirsute, ce qui rend leur distinction difficile. Cette mouche est très présente dans les zones d’élevage. C’est celle que l’on voit sur les yeux et le museau des bovins. En automne elle pénètre dans les maisons pour hiverner, elle y occupe alors l’espace abandonné par la mouche domestique qui l’avait envahi au printemps et en été.
  • Leptis pointillé: Contrairement au leptis bécasse, le leptis pointillé a les ailes translucides et des points noirs sur l’abdomen. C’est également un chasseur d’insectes qu’il capture en vol.
  • Rhagio tringarius: Rhagio signifie « rachis », et tringarius = chevalier.
  • Graphomya maculata: La graphomyie tachetée a des tâches abdominales.

Tenthrèdes

Tenthrède jaune et noire

Cette tenthrède jaune et noire a des allures de guêpe mais elle est inoffensive car dépourvue d’aiguillon. L’absence de « taille de guêpe » permet d’éviter la confusion. La plupart des Syrphidés sont des espèces mimétiques d’Hyménoptères Apocrites : abeilles, guêpes, bourdons. Mais les xylotes sont plutôt mimétiques d’Hyménoptères Symphytes, ceux-ci étant inoffensifs, on peut se poser la question de l’avantage qu’elles tirent de cette ressemblance.

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Thrips

Les thrips sont des insectes de 1 à 2mm de long, qui piquent les organes végétaux pour se nourrir du contenu des cellules. Les cellules vidées se remplissent alors d'air, ce qui se traduit par des taches ou des marbrures gris argenté. Les thrips forment un vaste ensemble correspondant à l'ordre des Thysanoptères. On compte environ 3000 espèces de thrips, plus ou moins nuisibles, appartenant à plusieurs genres (Frankliniella, Thrips, Echinothrips…). Les adultes sont souvent ailés (certaines espèces sont néanmoins aptères) : on les identifie grâce à leurs ailes frangées de soies, d'aspect plumeux, ainsi qu'à leur cône buccal de type piqueur-suceur. Les larves sont dépourvues d'ailes, leur corps est allongé, de couleur jaune, rouge, brune ou noire, et elles se déplacent lentement.

Les thrips, tout comme les araignées rouges, se développent par temps chaud et sec. Les attaques concernent donc surtout les plantes du jardin, en été, ainsi que les plantes de serres et les plantes d'intérieur. Lorsque les conditions sont bonnes, le développement des populations de thrips peut être très rapide. Plusieurs générations de thrips peuvent se succéder sur une même plante ; lorsque les conditions deviennent moins favorables, les larves quittent les parties aériennes de la plante et s'enfouissent dans le sol pour hiberner.

De nombreuses plantes sont concernées par les attaques de thrips : plantes d'intérieur, plantes à fleurs, arbres et arbustes au jardin d'ornement, petits fruits (framboisier) et arbres fruitiers, et, au potager, tomate, concombre, haricot vert, oignon, poireau, aubergine…

Chaque espèce de thrips a souvent une prédilection pour une plante donnée. En France, par exemple, on rencontre le thrips de l'oignon, le thrips du pois, le thrips du pêcher, le thrips du rosier, le thrips des céréales (ou "bête d'orage"), le thrips de l'olivier, le thrips du glaïeul… Le thrips californien, introduit en Europe à la fin des années 80, est particulièrement redouté en raison de sa virulence et des nombreuses plantes qu'il peut parasiter.

La prévention repose sur un principe simple : humidifier ! Les thrips ne se développent pas lorsque l'humidité est suffisante. A partir du mois de mai et durant tout l'été, par temps chaud et sec, asperger régulièrement le feuillage des plantes non sensibles aux maladies cryptogamiques peut suffir à éviter les invasions. Pour les plantes d'intérieur (à feuilles non duveteuses) et les plantes de serre, vaporisez également le feuillage tout au long de l'année.

Si les thrips sont déjà là, vous pouvez utiliser la lutte biologique intégrée, du moins pour les plantes de serre : certaines punaises (plusieurs espèces du genre Orius), certains acariens (comme Amblyseius cucumeris) et un nématode (Steinernema feltiae) sont des prédateurs naturels pour les thrips.

Abeilles

Abeille charpentière

Parmi les différents hyménoptères de notre pays, l’abeille charpentière est unique en son genre. Cet insecte solitaire ressemble à un gros bourdon noir aux ailes bleues. Il est impressionnant par sa taille mais c’est un véritable pollinisateur des fleurs et des arbres.

Malgré son nom, celui-ci n’est pas insecte xylophage et ne fait des trous dans le bois que pour sa nidification. Cette grosse abeille noire, appelé « Xylocope« , mesure entre 25 et 30 mm ce qui en fait un insecte très imposant et cette perception est accentuée par la couleur sombre de son corps. Elle ressemble beaucoup plus à un bourdon qu’à une abeille d’ailleurs.

Cet insecte est un véritable pollinisateur et butine toutes les fleurs mais ne fabrique pas de miel comme l’ensemble des abeilles domestiques et sauvages. L’abeille charpentière ne consomme pas de bois, comme tous les insectes xylophages (comme le Capricorne, la petit vrillette ou le lyctus), elle creuse des galeries uniquement pour construire son nid. Son principe de nidification repose sur le forage d’un trou d’environ 20 cm grâce à ses puissantes mandibules. Après la ponte d’un oeuf au fond de ce trou, l’abeille rebouche celui-ci soigneusement en mélangeant sa salive avec des copeaux de bois, pour cloisonner son premier compartiment et ainsi continuer jusqu’à obtenir plusieurs « nids » au sein d’un même tronc. Même si celui-ci n’est pas un insecte xylophage comme le sont les capricornes, les lyctus ou les vrillettes, l’abeille charpentière n’en reste pas moins un nuisible pour nos charpentes. Ces nombreuses galeries de près de 30 cms de long peuvent fragiliser les structures.

Attirer les syrphes

La plantation de bandes fleuries autour des champs cultivés fait partie de ces stratégies qui attirent les syrphes adultes dont la présence sert la fertilisation des plantes et donc au rendement des cultures. Pour attirer les syrphes adultes dans un jardin, même si ces insectes ne sont pas spécialistes de certaines plantes en particulier, la plantation d’œillets d'Inde est recommandée. Ce sont des plantes du plus bel effet, faciles à entretenir et nécessitant peu de soins, en particulier lorsqu’elles sont bien installées.

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