L'infarctus placentaire est une complication de la grossesse qui peut susciter des inquiétudes. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble détaillée de l'infarctus placentaire, en abordant ses causes, son diagnostic et ses implications potentielles pour la mère et le fœtus.
Qu'est-ce que le Placenta?
Le placenta est un organe vital qui se développe pendant la grossesse. Il assure les fonctions essentielles suivantes :
- Oxygénation: Il oxygène la circulation sanguine du fœtus.
- Élimination du monoxyde de carbone: Il élimine le monoxyde de carbone du sang fœtal.
- Nutrition: Il transmet les nutriments de la mère au bébé.
- Évacuation des déchets: Il transfère les déchets pour permettre à l'organisme de la mère de les éliminer.
- Production d'hormones: Il contribue à la production d'hormones essentielles à la grossesse.
- Protection: Il protège le fœtus contre les bactéries nuisibles et les infections.
Le cordon ombilical relie le placenta au nombril du bébé, permettant le passage du sang entre la mère et le fœtus. Le sang de la mère et celui du fœtus ne se mélangent jamais, mais sont filtrés à travers le placenta. Un placenta en bonne santé continue de se développer jusqu'au terme, pesant environ 675 grammes à la naissance.
Infarctus Placentaire: Définition et Mécanisme
Un infarctus est défini comme la mort brutale et massive de cellules (nécrose irréversible d'une partie d'un organe) due à un apport insuffisant en oxygène. L'infarctus placentaire est causé par un arrêt de la circulation dans une ou plusieurs artères utéro-placentaires, entraînant une ischémie du parenchyme villositaire correspondant.
Causes de l'Infarctus Placentaire
L'infarctus placentaire est causé par un arrêt de la circulation d'une ou plusieurs artères utéro-placentaires provoquant une ischémie du parenchyme villositaire correspondant. L’origine de cette pathologie est généralement liée à des perturbations de la circulation sanguine dans le placenta. En cas d'hypertension sévère liée à la grossesse, le nombre d’infarctus dans le placenta peut être augmenté.
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Les facteurs de risque classiques d'un infarctus sont :
- L'âge
- L'hérédité
- Le tabagisme
- L'obésité
- L'excès de lipides ou de sucres (diabète)
- L'hypertension artérielle
Diagnostic de l'Infarctus Placentaire
Le diagnostic précis de l’infarctus placentaire ne peut être confirmé qu'en post-partum, par un examen histologique du placenta révélant des zones nécrosées. Durant la grossesse, le diagnostic est plus difficile et repose souvent sur la détection d'un retard de croissance intra-utérin (RCIU).
Le RCIU peut être détecté par :
- La mesure de la hauteur utérine (croissance de l'utérus).
- Les mesures biométriques réalisées lors de l'échographie : diamètre bipariétal et céphalique, diamètre abdominal, longueur fémorale.
L'utilisation de l'échographie permet particulièrement de vérifier la persistance d'un rythme cardiaque chez le fœtus. Un bon rythme cardiaque chez le fœtus, lorsqu'il est détecté à l'échographie, est généralement un signe positif.
Diagnostic Différentiel
Il est important de distinguer l'infarctus placentaire d'autres pathologies placentaires, telles que le chorioangiome infarci. Bien que les deux puissent présenter un aspect macroscopique similaire, l'infarctus placentaire affecte un ou plusieurs lobes placentaires au contact de la plaque basale (face maternelle du placenta), le rendant invisible à la surface fœtale.
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Le chorioangiome, quant à lui, est une tumeur vasculaire bénigne du placenta, souvent localisée sous la face fœtale du placenta, en contact avec la plaque choriale. L'utilisation du Doppler-Couleur est essentielle pour poser le diagnostic de chorioangiome. Le Doppler montre la présence de réseaux vasculaires au sein de la tumeur ; ces réseaux vasculaires font partie de la circulation fœtoplacentaire.
Conséquences et Prise en Charge
D’ordinaire, les infarctus du placenta ne nuisent pas au bébé en gestation. Mais, dans certains cas, notamment chez les femmes souffrant d’hypertension sévère, le débit sanguin dans le placenta est si faible qu’il peut entraîner une hypoxie et ainsi une piètre croissance du bébé en gestation (Retard de croissance intra-utérine/ RCIU) et, parfois, son décès.
Il n'y a pas de traitement spécifique pour l'infarctus placentaire lui-même. La prise en charge se concentre sur la surveillance étroite du fœtus et la gestion des complications potentielles, telles que le RCIU ou la prééclampsie. Dans certains cas, un accouchement prématuré peut être nécessaire pour assurer la sécurité du bébé.
Si l’insuffisance placentaire engendre un RCIU, c’est celui-ci qui va être étroitement surveillé, éventuellement via une hospitalisation. Même chose si elle engendre une prééclampsie. Pour connaître la ou les causes de la survenue d’un RCIU, et confirmer ou non qu’il est dû à une insuffisance placentaire, l’examen anatomopathologique du placenta est conseillé. S’il n’est possible qu’après l’accouchement, cet examen sera bénéfique pour les éventuelles futures grossesses. « Pour la grossesse d’après, on peut notamment prescrire de l’aspirine à faible dose, qui va diminuer le risque que l’insuffisance placentaire ne survienne de nouveau », nous indique le Pr Deruelle.
Hématome Rétroplacentaire : Une Urgence Obstétricale
Il est important de différencier l'infarctus placentaire de l'hématome rétroplacentaire, une complication plus grave nécessitant une intervention immédiate. « L’hématome rétroplacentaire est un gros caillot de sang qui se forme brutalement entre le placenta et l'utérus, suite à l’éclatement d’un petit vaisseau du placenta. Le placenta va alors se décoller sur une surface plus ou moins étendue », explique le Dr Eve Mousty. Cette complication de la grossesse, heureusement assez rare (moins de 1% des grossesses), apparaît le plus souvent au 3ème trimestre de grossesse.
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Les symptômes d'un hématome rétroplacentaire incluent :
- Une douleur brutale et violente dans le ventre, telle une contraction mais qui ne passe pas.
- Un utérus de bois, c’est-à-dire un utérus très dur.
- Des saignements noirs (car il s’agit de sang coagulé), peu abondants, sont souvent présents.
- Des malaises.
- Des mouvements du fœtus moins fréquents que d’habitude.
« L’hématome rétroplacentaire est l’une des plus graves situations d’urgence en obstétrique », explique la spécialiste. Devant tout saignement, une future mère doit se rendre au service des urgences de la maternité la plus proche. Aussi, une césarienne en urgence est pratiquée afin de faire naître le bébé au plus vite, car il est en danger.
Autres Complications Placentaires
Plusieurs autres complications liées à une grossesse peuvent faire courir un risque au bébé.
- Placenta Praevia: Lorsque le placenta est inséré anormalement bas, près du col de l’utérus, on parle de “placenta prævia”. Ce diagnostic se fait souvent à l’échographie du 3ème trimestre mais peut être fait avant, si des saignements rouges indolores apparaissent, spontanément ou après un rapport.
- Diminution du Liquide Amniotique: Le liquide amniotique est, pour l’essentiel, le liquide sécrété par les reins du bébé, c’est à dire son urine. Ce diagnostique est évoqué quand la hauteur utérine est faible pour le terme. Il sera confirmé par l’échographie. Le médecin en cherchera la cause et en particulier une possible rupture prématurée des membranes.
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