L’arrivée d’un nouveau-né est une source de joie, mais elle peut aussi s'accompagner de défis, notamment l’incontinence post-partum. Ce phénomène, bien que souvent temporaire, peut susciter des inquiétudes chez les jeunes mamans. Abordons ensemble les différentes facettes de l’incontinence après l’accouchement pour vous aider à prendre soin de vous et à retrouver votre bien-être.
Qu'est-ce que l'incontinence post-partum ?
L’incontinence post-partum se définit comme une perte involontaire d’urine ou de selles survenant après l’accouchement. Elle est due aux changements physiques et hormonaux subis par le corps pendant la grossesse et l’accouchement.
Est-ce normal de souffrir d’incontinence après l’accouchement ?
Oui, il est tout à fait normal de rencontrer des problèmes d’incontinence après avoir accouché. La grossesse et l’accouchement exercent une forte pression sur les muscles du plancher pelvien, ce qui peut entraîner une faiblesse temporaire et des fuites. Il est donc normal d’avoir des fuites urinaires après un accouchement.
Les différents types d'incontinence post-partum
- Incontinence urinaire post-partum : C'est la forme la plus courante, se manifestant par des fuites d’urine lors d’efforts comme la toux, l’éternuement, le rire ou l’exercice. En France, les fuites urinaires après accouchement touchent 30 à 45% des femmes dans les 3 premiers mois après une grossesse.
- Incontinence anale post-partum : Moins fréquente, elle se caractérise par des pertes involontaires de gaz ou de matières fécales. L’incontinence anale concernerait 13 % des femmes après leur premier accouchement.
Facteurs de risque et causes de l'incontinence post-partum
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à l'incontinence après l'accouchement :
- Pression sur la vessie et le plancher pelvien : Tout au long de la grossesse, la croissance du fœtus exerce une pression croissante sur la vessie de la future mère. Le plancher pelvien, constitué de muscles soutenant les organes pelviens, dont la vessie, est soumis à des étirements lors de l’accouchement, en particulier lors d’une naissance par voie basse.
- Changements hormonaux : La grossesse induit des changements hormonaux, notamment une augmentation de la relaxine.
- Accouchement par voie naturelle : La probabilité de souffrir d’incontinence urinaire est assez élevée après un accouchement par voie naturelle, car celui-ci peut étirer et endommager les muscles du plancher pelvien.
- Césarienne : Bien que moins fréquente qu’après un accouchement par voie naturelle, l’incontinence peut également survenir après une césarienne.
- Interventions médicales pendant l'accouchement : L’utilisation de ventouses, de forceps ou des épisiotomies peut entraîner des traumatismes dans la région pelvienne. L’utilisation de forceps serait également pointée du doigt. Contrairement aux ventouses, ceux-ci favoriseraient les déchirures profondes du périnée et donc la survenue d’incontinence.
- Difficultés à vider complètement la vessie : Suite à l’accouchement, certaines femmes peuvent éprouver des difficultés à vider complètement leur vessie, provoquant une rétention urinaire.
- Lésions neurologiques : Un accouchement long et difficile endommage le nerf honteux interne, qui, une fois étiré, entraîne une baisse du tonus du sphincter anal. Snooks et al. ont montré en 1984 qu’il peut être étiré durant les efforts de poussée de la parturiente.
- Lésions musculaires : Les déchirures périnéales importantes sont également incriminées, surtout si le sphincter anal est touché.
- Âge de la mère et nombre de naissances : Ils impactent la tonicité du périnée et ses capacités à garantir une bonne continence urinaire et anale.
Durée de l'incontinence post-partum
La durée de l’incontinence post-partum varie d’une femme à l’autre. Pour certaines, les symptômes peuvent disparaître en quelques mois avec des exercices de renforcement appropriés. Pour d’autres, il peut falloir jusqu’à un an ou plus pour une récupération complète. Pour la majorité des femmes, les fuites post-partum se réduisent dans les 6 à 8 semaines suivant l’accouchement. Il est également possible que l’incontinence urinaire suite à un accouchement puisse ensuite devenir chronique.
Lire aussi: Couches Carrefour : une réponse à l'incontinence ?
Comment guérir l’incontinence post-partum ?
La clé de la guérison réside dans la rééducation des muscles du plancher pelvien. Après l’accouchement, la rééducation du périnée est essentielle pour renforcer les muscles affaiblis et aider à prévenir les fuites urinaires post-partum.
Rééducation périnéale
Les exercices post-natals ciblent spécifiquement le périnée et favorisent sa rééducation, contribuant ainsi à la restauration de sa force et de son tonus. La rééducation périnéale, bien que progressive, peut engendrer des résultats significatifs dans la correction des changements du corps post-grossesse et dans l’amélioration du contrôle urinaire. Le traitement de l’incontinence anale repose sur la rééducation périnéale, au même titre que les fuites urinaires, puisque le sphincter anal fait partie des muscles périnéaux. Une sonde anale permet à la patiente de cibler les muscles à renforcer. Un capteur de pression rectale mesure l’intensité des contractions qui est transmise à la patiente sur un écran vidéo relié.
La rééducation périnéale est une des approches majoritairement recommandées pour traiter les problèmes d’incontinence fécale. Ce trouble anal impacte significativement la qualité de vie et la confiance en soi. La rééducation périnéale est une approche indolore qui vise à redonner la force aux muscles du plancher pelvien et à améliorer la fonction musculaire. Après avoir évalué l’état de la musculature pelvienne, le praticien conçoit un programme d’exercices personnalisés en fonction des besoins individuels de la personne. Ces exercices permettent d’apprendre à contracter les bons muscles autour du sphincter anal. Les séances de rééducation peuvent inclure des techniques de contraction et de relaxation des muscles pelviens ainsi que des exercices de respiration et de posture pour renforcer les muscles abdominaux.
La rééducation périnéale offre plusieurs avantages pour les personnes souffrant d'incontinence fécale. Par ailleurs, en favorisant la sensibilisation corporelle et l'activation des muscles abdominaux, la rééducation périnéale contribue à une meilleure régulation des selles et à une réduction des symptômes de constipation. Ainsi, en complément d’une meilleure hygiène de vie et d’une rééducation intestinale (routine des repas, prévision des moments favorables pour aller aux toilettes…), la rééducation périnéale est une aide majeure pour traiter l'incontinence fécale et améliorer la qualité de vie des personnes concernées.
Techniques de rééducation périnéale
- Exercices de Kegel : Ces exercices consistent à contracter et relâcher les muscles du plancher pelvien.
- Électrostimulation : Cette méthode utilise des impulsions électriques pour stimuler les muscles du plancher pelvien. L’électrostimulation est une méthode efficace pour traiter l’incontinence anale, tout comme l’incontinence urinaire.
- Biofeedback : Le biofeedback est une méthode active de rééducation. Le patient prend conscience des muscles en jeu lors de la défécation par le biais d’une sonde ano-rectale qui mesure la force des contractions et transmet les informations en temps réel sur un écran.
Autres options de traitement
En plus des exercices de renforcement du plancher pelvien, plusieurs options de traitement médical peuvent être envisagées pour traiter l’incontinence urinaire post-partum. Parmi ces options, on retrouve parfois l’utilisation de médicaments visant à renforcer les muscles de la vessie ou à réguler la miction.
Lire aussi: Tout sur l'histoire des couches pour incontinence
Si l’incontinence anale persiste, elle se soigne dans 70 % des cas grâce à la rééducation anorectale réalisée par un kinésithérapeute (ou une sage femme en cas d’incontinence anale post-obstétricale). Au minimum 10-15 séances sont nécessaires. Cette rééducation musculaire mais aussi en sensibilité et coordination est indiquée s’il existe une faiblesse du sphincter externe. Elle peut être conduite par biofeedback, à l’aide d’une sonde équipée d’un capteur de pression introduite dans l’anus (des électrodes périnéales peuvent également être utilisées). Cette méthode permet la visualisation par le patient, sur un écran, des efforts de contraction des sphincters.
- Neuromodulation des racines sacrées : La neuromodulation permet d'améliorer la continence. Cette technique vise à stimuler les racines nerveuses autour de l'anus et du rectum (racine sacrée) en envoyant des impulsions électriques permanente aux nerfs au moyen d’électrodes. Un test de stimulation de trois semaines précède l’implantation définitive d’un pacemaker sous la peau.
- Chirurgie : Lorsque le sphincter externe est rompu, la réfection chirurgicale du sphincter par suture (« sphinctérorraphie ») peut être envisagée. Dans les incontinences sévères, une colostomie, solution de dernier recours, peut améliorer une qualité de vie très altérée.
Solutions pour gérer l'incontinence au quotidien
- Protections adaptées : Les couches spécialement conçues pour les femmes souffrant d’incontinence offrent une solution pratique pour gérer les fuites urinaires après l’accouchement. Ces produits sont pensés pour assurer une protection optimale tout en restant discrets et confortables. Elles vous offriront une sécurité dans votre quotidien et un maintien de l’hygiène.
- Alimentation adaptée : L’intérêt est de réguler le transit, éviter les aliments qui sont susceptibles de rendre les selles molles voire liquides, et éviter les aliments qui pourraient fermenter et provoquer des gaz. Une bonne hydratation est également requise.
- Médicaments : Si les selles demeurent liquides, parlez-en à votre médecin traitant qui vous indiquera des compléments ou des médicaments qui permettront de normaliser leur consistance.
Prévention de l'incontinence anale post-partum
Si les conditions d’accouchement jouent un rôle dans la survenue de ce dysfonctionnement, il est possible, durant la grossesse, de prendre certaines mesures qui permettront de limiter son apparition.
- Alimentation équilibrée et apports hydriques suffisants : En plus de vous apporter les nutriments dont vous avez besoin, votre poids restera stable, le surpoids jouant sur la tonicité du périnée.
- Activité physique suffisante et adaptée :
- Ne pas se retenir d'uriner ni d'aller à la selle : Si vous êtes constipée, il est préférable de consulter votre médecin ! L’excès de matière dans l’intestin exerce une pression sur le plancher pelvien.
Importance de la prise en charge et de briser le tabou
Parler de fuites urinaires post-accouchement n’était déjà pas une mince affaire. Il a fallu entendre le « coming-out » de stars pour comprendre que ces désagréments étaient fréquents et qu’une prise en charge précoce permettait souvent d’y remédier. Alors que dire de l’incontinence anale qui relève encore du tabou suprême ? Sujet tabou pour les jeunes mamans, longtemps négligé par le corps médical lui-même, l’incontinence anale devrait désormais être abordée par votre sage-femme ou par votre obstétricien lors de consultations post-accouchement. Or, la pratique nous montre que, souvent, les médecins aussi n’osent pas aborder ce problème.
L’incontinence anale demeure un sujet tabou, jugé dégradant, bien plus encore que l’incontinence urinaire. Le retentissement psychique est dominé par un sentiment de handicap dégradant, honteux et non avouable. Ce tabou est responsable d’une absence de verbalisation des patientes qui n’osent en parler que si on leur pose clairement la question.
Non ou mal prises en charge, les fuites fécales peuvent entraîner des complications. En contact prolongé avec la peau, les selles peuvent perturber le manteau acide naturel protecteur de celle-ci. Les enzymes digestives résiduelles présentes dans les selles attaquent et endommagent alors la peau. Peuvent alors apparaître des démangeaisons, des brûlures et des irritations cutanées, telle que la DAI (Dermatite Associée à l’Incontinence). Enfin, les personnes souffrant d'incontinence fécale peuvent développer des complications psychologiques (anxiété, stress, dépression). Craignant de vivre des situations embarrassantes, elles se replient sur elles-mêmes et s’isolent socialement.
Lire aussi: Comparatif couches incontinence Leclerc
Moins de la moitié des personnes conernées par l’incontinence fécale en parlent à leur médecin. Pourtant, avec l’augmentation de l’espérance de vie et le vieillissement de la population, cette pathologie risque d’être de plus en plus fréquente. Alors si vous êtes concerné, n’ayez pas peur de briser le tabou. Ne manquez pas le rendez-vous avec des traitements qui vous aideront à renouer avec les plaisirs de la vie.
tags: #incontinence #fécale #après #accouchement #causes #traitements
