L'indice de masse corporelle (IMC) est un indicateur précieux pour évaluer l'adiposité et surveiller la croissance des enfants. Il joue un rôle crucial dans la prévention et le diagnostic du surpoids et de l'obésité infantiles. Cet article explore en détail le calcul, l'interprétation et l'importance du suivi de l'IMC chez l'enfant.

Qu'est-ce que l'IMC et comment le calcule-t-on chez l'enfant ?

L'indice de masse corporelle (IMC), également connu sous le nom de body mass index (BMI) en anglais, est une mesure qui permet d'évaluer la corpulence d'un individu en fonction de son poids et de sa taille. Inventé par le scientifique belge Adolphe Quetelet en 1832, il est aussi appelé Indice de Quetelet.

La formule de calcul de l'IMC est la même pour les enfants et les adultes :

IMC = poids (en kg) / taille² (en m)

Par exemple, si un enfant pèse 30 kg et mesure 1,20 m, son IMC sera calculé comme suit : 30 / (1,20 x 1,20) = 20,83.

Interprétation de l'IMC chez l'enfant : une approche spécifique

Bien que la formule de calcul soit identique à celle utilisée pour les adultes, l'interprétation de l'IMC chez l'enfant est différente. En effet, les normes varient en fonction de l'âge et du sexe de l'enfant, car la croissance n'est pas linéaire et diffère entre les filles et les garçons.

Lire aussi: Organiser une Chasse au Trésor Inoubliable

Pour interpréter l'IMC d'un enfant, il est essentiel de se référer aux courbes de croissance spécifiques, qui prennent en compte l'âge et le sexe. Ces courbes de référence sont disponibles dans le carnet de santé de l'enfant et sont diffusées par le Ministère de la Santé et l’INPES (Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé) dans le cadre du Programme National Nutrition Santé (PNNS). Elles ont été établies en 1982 et réactualisées en 2010.

Ces courbes sont établies en percentiles, des valeurs qui représentent l’ensemble de la population (100 groupes égaux en nombre). Un percentile est égal à 1 % de la population. Selon les références françaises, un enfant avec un IMC qui se situe entre le 3ème et le 97ème percentile a une corpulence dite « normale ». Un IMC supérieur au 97e percentile indique un surpoids, tandis qu'un IMC inférieur au 3e percentile indique une insuffisance pondérale.

L'évolution de l'IMC au cours de la croissance

La corpulence de l’enfant n’est pas linéaire au fil du temps. Elle augmente rapidement entre 0 et 1 an, puis diminue jusqu’à 6 ans environ, avant de subir un rebond d’adiposité faisant remonter la courbe jusqu’à 18 ans. Les scientifiques ont constaté que plus le rebond est précoce (avant 6 ans), plus le risque de devenir obèse est élevé. Par ailleurs, à tout âge, un changement de « couloir » de percentile vers le haut est un signe d’alerte. La maigreur de l’enfant est bien moins évoquée que le surpoids, pourtant un changement de « couloir » de percentile vers le bas doit alerter également. Cette situation concerne particulièrement les filles en période d’adolescence.

La courbe d'IMC comporte trois phases principales :

  1. De la naissance à 1 an : Augmentation de l'IMC jusqu'à un maximum. Chez le nourrisson, la corpulence augmente rapidement jusqu’à l’âge de un an et l’IMC atteint un pic situé entre 15 et 20 kg/m2. L’enfant est alors potelé.
  2. De 1 an à 6 ans : Diminution de l'IMC jusqu'à un minimum. Après l’âge de un an, lorsque l’enfant commence à marcher, sa corpulence diminue progressivement jusqu’à l’âge de six ans où l’IMC se situe entre 13 et 18 kg/m2.
  3. Après 6 ans : Nouvelle phase d'augmentation de l'IMC jusqu'à l'âge adulte, marquant le « rebond d’adiposité ». Chez la plupart des enfants, la corpulence remonte progressivement à partir de l’âge de six ans et jusqu’à la fin de la croissance. Les enfants dont la corpulence augmente avant l’âge de six ans ont un risque plus élevé de devenir obèses.

Importance du suivi régulier de l'IMC

L'IMC doit être surveillé régulièrement pour s'assurer de la bonne santé du nourrisson, de l'enfant ou de l'adolescent en pleine croissance. Le calcul régulier de l'IMC permet de suivre l’évolution de la courbe d’IMC chez les enfants et de dépister un surpoids ou une insuffisance pondérale. Il est recommandé de calculer l’IMC au moins une fois par an à partir de l’âge de 2 ans.

Lire aussi: Tout savoir sur les rollers Oxelo enfant

Si l’IMC peut se mesurer à la maison et être interprété grâce à des courbes spécifiques, « l’idéal, c’est de consulter un médecin traitant (pédiatre ou médecin généraliste) au moins une fois par an pendant toute l’enfance pour faire le point sur l’état de santé de l’enfant.

Les situations d’alerte incluent :

  • Le rebond d’adiposité précoce : Quand l’IMC augmente avant l’âge de 6 ans, c’est le signe d’une augmentation de poids plus importante qu’attendue avec risque d’obésité très augmenté.
  • Le changement de couloir : Si la courbe est ascendante, c’est le signe d’une augmentation de poids supérieure à ce qui attendu avec risque d’obésité augmenté ; si la courbe est descendante, c’est le signe d’un risque de dénutrition (anorexie mentale).

Que faire en cas de surpoids ou d'obésité ?

Un enfant un peu en surpoids n’est pas forcément en mauvaise santé. Mais si son IMC dépasse le seuil de la « normalité », mieux vaut consulter son médecin traitant (médecin généraliste ou pédiatre). « Dans un premier temps, c’est lui qui pourra donner les premiers conseils aux parents : faire attention à l’alimentation de l’enfant (limiter les produits transformés, les produits gras, sucrés, les sucres simples, etc.), favoriser la pratique d’activités physiques, limiter la sédentarité, réduire le temps passé sur les écrans, veiller à la qualité du sommeil, etc. », indique la Dre Levaillant.

Les régimes restrictifs sont proscrits chez les enfants. « En cas de léger surpoids, ou d‘obésité, l’objectif premier est de stabiliser leur poids en attendant qu’ils s’affinent en grandissant. Une perte de poids, quelle qu’elle soit, pourrait être délétère pour leur croissance », prévient la spécialiste. Chez l’ado en fin de croissance, la situation est appréciée au cas par cas.

L’obésité infantile doit être prise très au sérieux. Pour cause ? Un enfant en surpoids ou obèse risque de le rester à l’âge adulte, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur la santé à long terme : plus de risques de diabète, de maladies cardiovasculaires, de troubles musculo-squelettiques, etc.

Lire aussi: Reconnaître et traiter l'appendicite chez l'enfant

Il est important de se faire accompagner par un professionnel de santé si votre enfant est en situation de surpoids ou d’obésité. La prise en charge doit être faite par une équipe pluridisciplinaire, avec un médecin, une infirmière, une diététienne, une psychologue voire un coach sportif. Prendre en charge précocement un surpoids ou une obésité est essentiel pour prévenir la survenue des complications comme :

  • Du diabète
  • Des troubles articulaires
  • De l'athérosclérose
  • De l'hypertension artérielle
  • Des troubles alimentaires comme la boulimie
  • Des troubles psychologiques (anxiété, dépression, manque de confiance en soi)

Conseils pratiques pour aider un enfant en surpoids

En cas de surpoids chez l’enfant, il est important d’adopter des gestes simples et bienveillants, sans stigmatisation. L’objectif est d’encourager de bonnes habitudes durables, favorables à sa santé physique et mentale.

  1. Adopter une alimentation équilibrée : Préférer des repas faits maison, riches en fruits, légumes, féculents complets et protéines variées. Limiter les aliments trop gras, sucrés ou transformés, ainsi que le grignotage et les repas pris devant les écrans. Encourager l’enfant à manger lentement, en respectant sa faim.
  2. Bouger régulièrement : L’activité physique doit être intégrée au quotidien : marche, jeux en plein air, vélo… L’essentiel est que l’enfant y prenne plaisir. Réduire les temps d’écran autant que possible.
  3. Renforcer la confiance en soi : Valoriser ses efforts plutôt que de mettre en avant son surpoids. Éviter les commentaires négatifs autour de l’alimentation ou de son apparence. Un climat familial bienveillant est essentiel.
  4. Impliquer toute la famille : Les changements d’habitudes sont plus efficaces s’ils sont partagés par tous : cuisine en famille, repas pris ensemble, mode de vie actif au quotidien.

Que faire si l'IMC de l'enfant est inférieur à la normale ?

Lorsque l’IMC de l’enfant est en dessous de l’IMC normal, on parle d’insuffisance pondérale (ou maigreur) ou de retard de croissance pondérale. Il est important dans ce cas de consulter votre médecin généraliste ou pédiatre. Le médecin prendra le temps de l’évaluer et, en cas de besoin, de faire des examens complémentaires pour identifier l’origine de cette maigreur.

Un retard de croissance staturopondéral chez l’enfant peut avoir plusieurs origines et seul un suivi médical permet d’en déterminer la cause. Les principales causes sont :

  1. Facteurs génétiques : Un enfant peut être plus petit s’il a des parents de petite taille. On parle alors de retard de croissance constitutionnel ou familial.
  2. Troubles hormonaux : Un déficit en hormone de croissance ou des troubles thyroïdiens peuvent ralentir le développement staturo-pondéral.
  3. Maladies chroniques : Des pathologies comme l’asthme sévère, la maladie cœliaque, des maladies digestives ou cardiaques peuvent perturber la croissance.
  4. Troubles alimentaires ou carences : Une alimentation déséquilibrée ou des troubles du comportement alimentaire peuvent entraîner un apport insuffisant en nutriments essentiels et un retard de croissance.

tags: #IMC #enfant #interprétation

Articles populaires: