Avoir des beaux-enfants et des beaux-parents, ou l’être soi-même, est avant tout une occasion de rencontres. Ces nouvelles relations, bien que potentiellement enrichissantes, se révèlent souvent complexes, voire conflictuelles. Comment être accepté par les parents de son conjoint ? Comment trouver sa place dans cette nouvelle famille ? Comment accueillir les enfants de son conjoint ? Comment apaiser les tensions et parvenir à créer des liens, au-delà des différences éducatives et culturelles ?
L'Influence de la Famille sur le Choix du Partenaire
Nos familles nous influencent certainement, entre fonctionnements, modalités relationnelles, rituels, rythmes, places… ce sont autant d’éléments qui orientent notre façon d’être au monde et les styles de relations que nous établissons avec les autres. Pour le choix du partenaire cela n’est pas différent, l’approbation ou la désapprobation des parents sera un facteur important pour la suite du couple.
La Place du Beau-Parent dans la Relation avec les Enfants du Conjoint
Les places peuvent être diverses et cela dépend du rôle que le beau-parent souhaite jouer, de la place que le parent ou les parents de l’enfant lui accordent, de l’histoire de la fin du couple d’avant mais aussi de l’âge qu’ont les enfants au moment de l’arrivée du beau-parent dans leur vie. Selon moi, la meilleure place est celle d’adulte ressource, celui qui est présent mais sans intrusion, sans déplacement des espaces de chacun. Il est là pour les bons moments, pour des échanges constructifs, pour soutenir. Mais surtout pas pour jouer le rôle ingrat de policier, d’éducateur non légitimé.
Le Moment Idéal pour Présenter son Nouveau Conjoint
Cela est très variable en fonction des situations, mais d’une manière générale, il ne vaut mieux pas l'annoncer trop vite après la fin du couple des parents de l’enfant. L'annonce dépendra du style de coparentalité : dans les situations où la coparentalité est fonctionnelle, le mieux c'est de parler à l’ex avant d’en parler aux enfants. Mais dans tous les cas, il ne faut pas qu’il y ait beaucoup d’écart entre l’annonce faite à l’autre parent (l’ex) et celle faite aux enfants.
L'Arrivée d'un Enfant dans le Nouveau Couple
Oui, sans aucun doute, cet événement est très important. Ce nouvel enfant crée un lien à vie entre tous les protagonistes, notamment entre le beau-parent et les autres enfants de son conjoint, puisque le beau-parent deviendra le parent du demi-frère ou de la demi-sœur. Et vice-versa, les enfants du conjoint deviendront à vie les demi-frères ou demi-sœurs de son enfant. Des jalousies, des questions sur l’amour des adultes envers les enfants peuvent se poser. Les enfants peuvent se sentir très heureux mais aussi très insécurisés par cette naissance qui construit une nouvelle famille. Dans les contextes de garde alternée, l’enfant du couple reste tout le temps avec ses parents, dans cette unique famille, alors que les enfants du couple d’avant s’en vont et ne partagent donc pas tout le temps de la vie familiale, ce qui crée un certain décalage qui peut être mal vécu par l’enfant et son parent.
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Gérer la Cohabitation d'Enfants de Parents Différents
Ce n’est pas facile, les enfants ont une vie relationnelle propre et en fonction des âges, de leurs places dans leurs fratries et dans la fratrie de la famille recomposée, les choses peuvent être très différentes, mais je pense que cette relation est fortement influencée par la relation que le beau-parent vit avec son beau-fils ou sa belle-fille.
Les Relations avec les Enfants Adultes d'un Nouveau Couple
Il s’agit d’une relation entre adultes, l’influence n’est plus en termes d’éducation, mais plus dans la gestion des temps en commun. Pour autant, la question sera celle de la disponibilité du parent et de la capacité d’ouverture de chacun en ce qui concerne la possibilité de s’adapter aux modalités relationnelles du parent avec ses enfants et du nouveau couple. Il faut malgré tout rester attentif à ne pas froisser les sensibilités des places, un changement fait toujours crise.
La Séparation du Beau-Parent et de l'Enfant du Conjoint
Oui, on peut dire en quelque sorte que les beaux-parents aussi divorcent. Pour autant, la relation peut rester respectueuse et affable, les personnes peuvent avoir plaisir à se retrouver. Dans le cas des familles où il y a eu des enfants, là aussi le lien reste à vie, les beaux-parents le seront à vie, pour les grands-parents de l’enfant, l’ex sera toujours le parent de leurs petits-enfants, ces personnes sont donc censées se revoir. Une relation de qualité est bien mieux pour tout le monde, surtout pour les enfants. Cela étant dit, il faut laisser la place à la nouvelle personne dans la vie de son enfant ; les beaux-parents seront possiblement beaux-parents de quelqu’un d’autre. Ils auront eux aussi besoin d’un temps de deuil pour faire évoluer les relations avec l’ex de leur enfant et ainsi se préparer à accueillir le nouveau couple.
Repenser sa Relation avec ses Propres Beaux-Parents
Oui, inéluctablement, devenir beau-parent à son tour va nous apprendre beaucoup au sujet des difficultés et des plaisirs de cette place et sur le positionnement de nos propres beaux-parents. Mais aussi incroyable que cela puisse paraître, il n’est pas rare de commettre les mêmes erreurs que ses propres beaux-parents, à savoir quelquefois des personnes qui ont été rejetées par leurs beaux-parents rejettent à leur tour le compagnon ou la compagne de leur enfant.
Les Défis et les Pièges à Éviter
Nous, on pensait harmonie familiale et on se retrouve avec un ou une Tatie Danielle de 8, 12 ou 16 ans, en pleine guerre de tranchées, contre l’intrus qu’est notre nouvel amour, ainsi que ses alliés (dont nous). Notre enfant ne veut pas de cet "autre" dans sa vie, et encore moins dans la nôtre. Surtout s’il est convaincu que c’est lui qui a séparé le couple et brisé la famille. "C’est normal qu’un enfant essaie de séparer le couple dans une famille recomposée, car son souhait intime est de parvenir à remettre papa et maman ensemble. Et ce, quel que soit son âge. Y compris si le parent est décédé, car, symboliquement, il est toujours présent pour l’enfant", explique la psychothérapeute de couples Violaine-Patricia Galbert. De là une détermination opiniâtre : ne pas céder une once de terrain à l’arrivant, parfois considéré comme un rival. Plus encore si l’enfant ou l’ado a fait un retour à la case Œdipe, la séparation parentale lui ayant laissé penser que la place était désormais libre dans la vie de son parent. Cependant, il ne s’agit pas "seulement" d’occuper "la" place. Ses manifestations d’hostilité traduisent aussi sa peur. Surtout celle d’un nouvel échec. Mais pour que son frein à la reconstruction familiale tourne vraiment au sabotage, il en faut plus. L’enfant s’engouffre dans les failles qu’il perçoit inconsciemment chez chacun des nouveaux amoureux et/ou dans leur relation beau-père enfant. Son attitude les accentue, mais ne les crée pas.
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"Il profite de ces failles pour tenter de prendre le pouvoir, d’expulser celui qui n’est pas son parent. Les femmes sont parfois plus vulnérables, car elles sont confrontées à des conflits de loyauté : concilier la "bonne" mère et la femme. Avec, en plus, la culpabilité, souvent énorme, d’imposer à leurs enfants un autre compagnon, après leur avoir déjà fait vivre la séparation d’avec leur père", analyse Violaine-Patricia Galbert. Et c’est souvent le moment où l’on bascule, comme en attestent les témoignages qui suivent. Fragilisée de ne plus reconnaître notre enfant chéri, déstabilisée par une situation qui nous échappe, parfois déçue par un homme que l’on découvre laxiste, peu enclin à nous soutenir, ou adoptant des points de vue déconcertants… Certaines parviennent à remettre à flot leurs amours et leur maisonnée, d’autres s’enfoncent dans le trou noir. Ce qui fait la différence ? "Tout dépend de la solidité du narcissisme : quand on a confiance en soi, on arrive à surmonter son sentiment de culpabilité par rapport aux enfants, ainsi que les peurs liées au fait de reconstruire un couple : peur d’être abandonnée par son homme, de ne pas être aimée de ses enfants, de subir leurs critiques, de ne pas être à la hauteur, de rater une fois encore. Mais lorsque le narcissisme est fragilisé, c’est insupportable d’entendre : "Je veux retourner chez mon père", cela réactive les angoisses d’abandon", ajoute Violaine-Patricia Galbert.
"Que le beau-parent intervienne trop ou pas assez, l’ado trouvera toujours un prétexte pour se plaindre au parent avec lequel il/elle ne vit pas. Cela ravive le conflit parental qui venait juste de s’assoupir. C’est une manière de refaire le couple parental, même en négatif. C’est aux adultes de ne pas entrer dans ce jeu conflictuel", confirme le pédopsychiatre Patrice Huerre. Néanmoins, bonne nouvelle, le couple n’est pas forcément en danger "si les conjoints savent se soutenir dans leur rôle de parent ou de beau-parent et s’ils osent dire non à l’enfant, insiste la psychothérapeute.
Témoignages
Alix, 43 ans, attachée de presse, un fils de 19 ans: Son fils est devenu tyrannique et odieux quand Sylvain a emménagé chez elle. Il avait alors 17 ans. Bien qu’il ait son studio indépendant, aménagé dans une maisonnette dans le jardin, il faisait sans cesse intrusion dans leur intimité. Chaque fois, il ignorait Sylvain et ne s’adressait qu’à elle. Finalement, Sylvain lui a posé un ultimatum : "J’en ai marre de m’en prendre plein la tête. Avec ton fils, c’est invivable, il flingue notre vie. Tu choisis, c’est lui ou moi." Alix a craqué et a tenté de se suicider.
Christelle, 40 ans, photographe, un fils de 14 ans et une fille de 12 ans: Après son divorce, elle a eu des aventures, mais jamais rien d’officiel. Avec Florian, c’était différent, on voulait vivre ensemble. Ses enfants lui ont tout de suite fait la gueule, après avoir décrété que ça ne les intéressait pas de le connaître ! Elle a fini par délaisser son homme pour se consacrer à eux. Florian, lui, ne comprenait plus ses revirements et ces mises à distance. Ils ont fini par divorcer.
Corinne, 44 ans, consultante en marketing, deux fils de 17 ans et de 11 ans et une fille de 8 ans: D’emblée, son fils aîné de 17 ans a appelé son compagnon "l’autre", et quand on s’est installé tous les cinq, il est devenu exécrable, y compris avec son frère et sa petite sœur. Il s’est mis à boire de l’alcool avec ses copains et sa chambre ressemblait à une poubelle. Il a été renvoyé vivre chez son père. Tout est redevenu calme, mais elle culpabilisait.
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Le Statut Juridique du Beau-Parent
La place de beau-parent peut être difficile à trouver et les relations avec les beaux-enfants sont parfois compliquées : rejet, provocations, rivalité, tests, etc… Il est vrai que nos repères sont incertains, voire inexistants : si nous sommes nombreux à nous projeter, lorsque nous sommes tout petit, dans une vie idéale de parent, il est beaucoup plus rare de s’imaginer dans la peau de belle-mère ou de beau-père. En un mot, nous ne savons pas tellement à quoi ou à qui doit ressembler un beau-parent et le nouveau compagnon n’en sait pas beaucoup plus.
Le beau-parent occupe souvent une place importante dans la vie de l’enfant de son conjoint. Mais, en France, aucun statut ne lui est reconnu. Le beau-parent n’a en principe ni droit ni devoir et, juridiquement, c’est à juste titre que l’enfant peut s’écrier « tu n’es pas mon père / ma mère ! ». Et oui : seuls les parents disposent de « l’autorité parentale ». L’autorité parentale correspond à l’ensemble des droits et des devoirs que les parents ont vis à vis de leur enfant mineur, jusqu’à sa majorité ou son émancipation. Ces droits et ces devoirs se traduisent de différentes manières : veiller sur l’enfant, sa santé, son éducation, etc.
Solutions pour le Beau-Parent
D’une part, l’article 377 du code civil prévoit la délégation volontaire, qui permet de confier l’exercice partiel ou total de l’autorité parentale sur l’enfant à la demande du père ou de la mère, ensemble ou séparément, auprès du juge aux affaires familiales. D’autre part, l’article 377-1 du code prévoit la délégation-partage qui permet de partager l’exercice de l’autorité parentale avec l’un des deux parents. La délégation partage est souvent privilégiée dans le cadre d’une famille recomposée afin d’attribuer certains droits aux beaux-parents sur les actes usuels concernant l’enfant du conjoint, tels que l’emmener et aller le chercher à l’école, signer son cahier de correspondance, l’accompagner chez le médecin, etc… Les actes graves, tels que l’inscription dans un établissement privé, l’autorisation pour une opération chirurgicale, etc, n’entrent pas dans le champ de la délégation. La délégation transfère à son bénéficiaire l’exercice de tout ou partie de l’autorité parentale. Elle n’a pas pour effet de faire perdre les droits des parents, qui restent titulaires de leur fonction parentale. Le juge précise avec les parents et le délégant l’étendue des droits qui sont confiés au tiers.
L’accord des deux parents est nécessaire pour déléguer tout ou partie de l’autorité parentale au beau-parent. Une demande conjointe doit être faite au juge aux affaires familiales. Le juge peut être amené à refuser la demande de délégation s’il estime que le tiers n’agit pas dans l’intérêt de l’enfant et qu’il n’est pas apte à assurer sa sécurité. La délégation est prévue pour permettre à l’enfant de recevoir la meilleure éducation possible. La parole de l’enfant sera prise en compte.
Droit de Visite et d'Hébergement Après Séparation
En cas de divorce ou de séparation du parent et du beau-parent, celui-ci peut rester en contact avec l’enfant, si tous les deux le désirent. La loi du 17 mars 2013 prévoit le droit de visite et d’hébergement par le beau-parent. En effet avec ou sans délégation d’autorité parentale, un beau-parent peut réclamer un droit de visite et d’hébergement sur les enfants de son ex-conjoint. Seul le juge aux affaires familiales peut accorder le droit de visite et d’hébergement en se basant sur l’intérêt de l’enfant. Le juge peut décider d’accorder ce droit si le tiers « a résidé de manière stable avec lui et l’un de ses parents, a pourvu à son éducation, son entretien ou à son installation et a noué avec lui des liens affectifs durables ». C’est au beau-parent d’en apporter la preuve.
L'Adoption
Le beau-parent peut également aller plus loin pour consolider ses liens avec l’enfant de son conjoint en adoptant son beau-fils ou sa belle-fille. L’adoption peut être simple ou plénière si l’autre parent n’a pas reconnu l’enfant ou est décédé.
Conseils pour les Beaux-Parents
Faire sa vie avec un partenaire qui a déjà des enfants n'est jamais simple. Comment trouver sa place en tant que belle-mère ou beau-père ? D'un côté, vous allez partager la vie des enfants de votre conjoint, de l'autre, vous n'avez aucun rôle reconnu dans leur éducation. Les situations sont encore différentes que vous ayez vous-mêmes déjà des enfants ou si vous n'en avez pas. Si chaque cas et chaque relation est bien particulière, certains conseils sont valables pour tous.
Créer une Vraie Relation
Vous devez prendre le temps de créer une vraie relation. Rien ne sert de vouloir se faire aimer à tout prix en voulant accélérer le processus d'affection. Ne cherchez pas à être la meilleure copine ou le beau-papa trop sympa en lui offrant tout ce qu'il veut. Cela ne rendra pas votre relation meilleure. Il faut laisser le temps à la relation de s'installer. Soyez donc tout simplement vous-même, soyez affectueux avec eux si un moment se présente, ne culpabilisez pas au début si vous ne sautez pas de joie à chaque fois qu'ils entrent dans la pièce. Chaque enfant a une personnalité différente et comme dans nos relations amicales, nous allons construire avec chacun d'entre eux des relations différentes, en fonction de nos affinités, de nos goûts.
Assumer son Rôle dans l'Éducation
Même si les droits des beaux-parents ne sont pas reconnus légalement, il faut assumer tout de même son rôle dans l'éducation des enfants. Vous allez partager le quotidien d'un enfant. A ce titre, vous allez sciemment ou non lui transmettre vos valeurs, tout simplement en les incarnant dans vos actes.
Les Pièges à Éviter
S'il n’y a pas de portrait de la belle-mère ou du beau-père idéal, il y a cependant des pièges à éviter. La plus évidente est de ne pas critiquer leur mère ou leur père. Règle d'or à respecter quoiqu'il arrive : ne jamais faire de remarques désobligeantes sur l'autre parent devant les enfants. Même si vous ne comprenez pas ses choix d'éducation, même si elle ou il vous critique de son côté, même si les enfants vous testent vous disant que vous faites moins bien la cuisine/les tresses/l'aide au devoir… vous serez toujours plus légitime en prenant sur vous. A vous de leur montrer que vous faites peut-être les choses d'une autre manière que leur maman ou leur papa, mais que ça ne veut pas dire que c'est moins bien ou mieux.
Éviter la Rivalité avec les Enfants
Parfois, vous trouvez que votre conjoint passe trop de temps avec ses enfants ? Quand vous avez les enfants avec vous, il passe tout son temps avec eux et vous avez le sentiment de passer après ? Enlevez-vous cette idée de la tête. Vous ne devez pas émettre une rivalité avec les enfants. Ce n'est pas qu'il ne vous aime pas. Mais en tombant amoureux(se) d'une personne avec des enfants, vous savez qu'il ne sera pas entièrement à vous. Rien ne sert de les jalouser ou de faire des scènes à votre compagnon.
Faire Face aux Attaques Narcissiques
Les enfants peuvent avoir un mouvement de tristesse, connaître un conflit de loyauté vis-à-vis de l’autre parent qui sera d’autant plus fort que celui-ci est seul ou que le conflit entre les parents biologiques perdure », explique Catherine Jousselme. Quant aux beaux-parents, « ils doivent s’armer de patience car ils risquent d’être le lieu de projection de beaucoup d’agressivité », poursuit Catherine Jousselme. Les attaques narcissiques du type « toi, t’es gros », « t’es moche », « j’ai pas besoin d’une belle-mère », « t’es pas mon père », etc., ne sont pas rares. Difficile de rester stoïque face à ces remarques blessantes. Et, pourtant, le beau-parent doit dépasser sa propre souffrance et répondre avec calme.
Maintenir l'Intimité avec ses Propres Enfants
Si les beaux-parents peuvent avoir une attitude maternante ou paternante, il est important qu’il ou elle ne supplante pas la place du parent biologique. « Il est important de ménager des moments d’intimité avec ses propres enfants », considère la pédopsychiatre.
Comprendre les Différents Types de Relations Affines
Les conflits au sein de la parenté ont peu retenu l’attention des sociologues (D. Le Gall, 1996). G. Simmel, pourtant, note combien ce contexte est favorable à l’éclosion des tensions. « Ce sont les liens étroits de la vie en commun, la solidarité sociale et économique, l’unité présumée, qui est une sorte de violence faite aux individus - tout cela est particulièrement propice, justement, à des frictions, des tensions, des oppositions ; on peut aller jusqu’à dire que le conflit familial est une forme de conflit sui generis » (G. Simmel, 1995). Il est pourtant une relation familiale sur laquelle pèsent bien des soupçons : c’est la relation affine, spontanément codée négativement, classée du côté de la mésentente, du conflit, de l’équivoque. Heureusement, la teneur des discours recueillis est moins monolithique et s’éloigne souvent de ces représentations répandues.
Diagnostiquer l'Entente : Un Positionnement Difficile
Établir un diagnostic sur l’entente est moins simple qu’il n’y paraît au premier abord car les personnes n’expriment pas si directement leur sentiment personnel lorsque celui-ci est négatif. Contrairement à ce que laisse entendre l’imagerie commune au sujet de ces relations, une mésentente avec ses affins ne s’avoue pas facilement. Ensuite, les personnes ne savent pas se situer, par manque de référence. Ainsi Mme Amand se demande d’emblée : « Je ne sais pas s’il y en a beaucoup qui en ont une comme la mienne, mais alors… ». Elle n’a pas une idée précise de ce que pourrait être la situation moyenne. La relation affine semble être vécue individuellement par les belles-filles.
Les Différents Types de Relations
- Mésentente (25% des cas): Agacement généré par une relation ne fonctionnant que sur le mode de l’injonction, du devoir.
- Relations Modérées (plus de 50% des cas): Relations « ordinaires », sans relief mais aussi sans excès ni problème.
- Relations Excellentes (20% des cas): Dominées par les notions d’affection, de confiance et de plaisir d’être ensemble.
Facteurs d'Entente et de Conflit
En premiers lieux, la qualité de l’intégration dans la belle-famille et la consistance des relations sont les conditions d’une bonne relation. La bonne entente se construit largement sur le partage d’une même conception des choses. La convergence d’intérêt est également facteur de bonne entente, faisant de la belle-fille et de ses beaux-parents des alliés, des complices. Une mauvaise relation n’est pas forcément conflictuelle ou tendue. En premier lieu, les désaccords sont généralement tacites ou exprimés avec parcimonie. Une trop grande visibilité du conflit pose problème : elle met en porte-à-faux les autres protagonistes dans la mesure où il leur est demandé de prendre position. En second lieu, le conflit n’est pas la seule forme de distanciation. La manifestation de la mésentente revêt alors la forme de relations distendues : visites plus espacées, peu de conversations approfondies, peu de choses partagées, moins de cadeaux, peu d’échanges au sujet des enfants… La mésentente s’ancre bien souvent sur des désaccords à propos de la définition de « territoires » communs (E. Goffman, 1973). L’empiétement de territoires est la principale cause de ces difficultés relationnelles. Le sentiment des belles-filles est que trop de choses sont communes. Elles désapprouvent certaines interactions qu’elles interprètent comme un acte d’ingérence de la part des beaux-parents, notamment à propos des domaines qu’elles définissent comme personnels ou conjugaux.
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