Cet article explore la thématique des enfants colossaux dans les mythes et légendes, en se concentrant sur les figures de Typhée et des Géants, leurs origines, leurs caractéristiques et leurs rôles dans les récits mythologiques. Bien qu'ils se conforment à un schéma général de mythe de combat, avec ses péripéties, qui leur est commun, Typhée et les Géants semblent de prime abord s’opposer point par point : le monstre polymorphe (et polyphonique), adversaire solitaire de Zeus, d’un côté et la troupe des Géants, colossaux mais à face humaine, adversaires de l’ensemble des Olympiens, de l’autre. Les Géants sont mortels, Typhée, comme les Titans, est immortel (Hés. Théog., 824, cf. 729).
Préambule : Hommage à Francis Vian
En guise de préambule, rendons hommage à Francis Vian, interprète des mythes grecs et éditeur de poésie grecque hellénistique et romaine. Son œuvre colossale inclut l'édition des Dionysiaques de Nonnos de Panopolis. L'étude des légendes rattachées aux Géants et à leur avatar Typhée forme le nœud qui réunit les deux disciplines maîtresses qu’il a pratiquées, l’édition et le commentaire de textes d’une part, l’iconographie de l’autre. Il manquait peut-être un atout, la connaissance approfondie, physique, de visu, de la plupart des sites où étaient censées se dérouler ces légendes dont il sentait le rapport avec les lieux, sans pouvoir l’expliciter totalement. C’est avec l’espoir d’ajouter sinon une partition, du moins quelques mesures au répertoire de l’homme-orchestre souhaité par Louis Robert, que je propose cette réflexion sur un thème qui était cher à Francis Vian, Typhée et les Géants.
Les Géants et Typhée : Deux Figures Antagonistes
Bien qu'ils partagent un schéma mythique commun de combat, Typhée et les Géants présentent des différences notables. Typhée est un monstre polymorphe, un adversaire solitaire de Zeus. Les Géants, quant à eux, sont une horde d'êtres colossaux à face humaine, qui s'opposent à l'ensemble des dieux olympiens. Les Géants sont mortels, tandis que Typhée, comme les Titans, est immortel.
Fonctions Analogues dans les Générations Primordiales
Opposés, ils n’en ont pas moins des fonctions analogues dans le cadre grandiose des générations primordiales. « Après que Zeus eut chassé du ciel les Titans » (Hés., Théog., v. 820), la Terre irritée voulut restaurer le règne de ces derniers en suscitant les Géants puis Typhée pour les venger. Son plan punitif est très clairement exposé au tout début de la Gigantomachie latine de Claudien, poète latin de la fin du IVe siècle ap. J.-C., de culture aussi bien hellénique que latine.
Claudien écrit qu’il situe en Thrace, et plus précisément à Phlégra en Chalcidique :
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« Terra parens quondam caelestibus invida regnisTitanumque simul crebros miserata doloresomnia monstrifero complebat Tartara fetuinvisum genitura nefas Phlegramque retexit »(LII, v. 1-4).
« Jadis la Terre mère, jalouse du royaume des cieux, et en même temps plaignant les souffrances incessantes des Titans, remplissait tout le Tartare par sa progéniture monstrueuse et, allant accoucher d’un sacrilège inouï, fit paraître au jour Phlégra ».
La plaine de Phlégra est à la fois terrestre et mythique, lieu de la naissance des Géants et de leur bataille finale contre les Olympiens.
Mythe de Combat et Variations
Sa tentative connaît d’autres variantes, qui relèvent de péripéties classiques des contes, notamment la défaite provisoire du champion (Zeus) face au démon du désordre (Typhée ou les Géants) et le recours obligé à des figures secondaires mais dont l’intervention sera décisive, à un auxiliaire plus faible, divin ou semi-divin, Hermès et Pan, voire simple mortel, Cadmos ou un prêtre de Zeus5. Typhée sera enfoui ou pétrifié mais, à la différence des Titans prisonniers du Tartare, il affleure encore et se manifeste par des éruptions ou des failles, et par les émanations de terres instables et brûlantes, la « plaine de Phlégra »6.
Pour mieux comprendre les hésitations sur la mise en ordre définitive de notre monde que traduisent ces récits, nous examinerons, sur l’écorce terrestre, quatre cicatrices des anciens combats, paysages majeurs de ces conflits, tous quatre situés à l’origine en Méditerranée orientale, mais ayant essaimé à l’Ouest : un en Thrace, la gigantomachie proprement dite, qui se déroule dans la plaine de Phlégra en Chalcidique (presqu’île de Pallènè) et trois typhoniens, Satala (Kula) en Lydie, Hiérapolis en Phrygie et les antres de Corycos en Cilicie. Les traditions rattachées à ces sites s’insèrent dans la typologie simple qui vient d’être mentionnée. Les répondants occidentaux sont avant tout les campi flegrei de Campanie, plaine basse, dangereuse par ses mouvements tectoniques, imprévisible, qui s’étend au pied du Vésuve entre Naples et Cumes, avec la même fonction de champ de bataille que son homologue thrace. L’Etna sicilien, lui, sert d’exutoire aux rages de Typhée coincé sous son volcan. De même, les secousses qui ébranlent les îles Pithécoussai (Ischia).
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Le Bestiaire Fantastique et le Cycle des Saisons
Quelques points réclament une attention particulière. L’un est d’ordre littéraire, il concerne le choix des acteurs et la construction interne de la « Typhonie » des Dionysiaques de Nonnos de Panopolis. Un autre est géographique et explique les particularités physiques du paysage commenté7. Un dernier est naturaliste et porte sur le bestiaire fantastique de ce mythe ainsi que sur le cycle des saisons. Au total, la combinaison variable de ces différents facteurs fait apparaître en filigrane des interprétations du mythe cohérentes.
Origines et Évolution du Mythe
Parmi les différentes formes du mythe, celle d’Hésiode (fin du VIIe siècle av. J.-C. ?), mettant en avant la révolte de Typhée, n’est peut-être pas la plus ancienne car d’autres, considérées comme plus tardives, utilisent indirectement des sources qui peuvent remonter au IIe millénaire. Encore faut-il distinguer, parmi nos références, celles qui revêtent un caractère littéraire, poétique, et le résumé d’Apollodore dit le mythographe (peut-être IIe siècle ap. J.-C.). Au nombre des poètes dont l’œuvre est conservée, Oppien de Cilicie (début du IIIe siècle), Claudien (fin du IVe siècle), Nonnos de Panopolis (vers 460/470 ?) ont traité ce thème. Mais beaucoup a été perdu, ou n’existe plus qu’en fragments : les deux Gigan tomachies de Claudien, l’une grecque et l’autre latine, par exemple.
Plus haut dans le temps, les figures de Typhée et des Géants sont issues de la confluence de deux traditions ; les unes, d’origine indo-européenne, sur la caste guerrière des Fils de la Terre, ont inspiré de multiples légendes de γηγενεῖς, mortels le plus souvent voués à l’autodestruction ; les autres, d’origine hourrite, décrivaient les luttes entre générations divines pour le pouvoir suprême, « la royauté au Ciel ».
Typhée vs. Géants : Traits Distinctifs
D’où vient l’alternance, ancienne, durable, entre Typhée et les Géants, malgré les traits qui les opposent ? On peut esquisser ces traits, au risque de les systématiser. D’une manière générale, les Géants sont une troupe d’êtres colossaux, porteurs d’armes rudimentaires, de futures montagnes qu’ils manient comme de très gros cailloux. Entièrement humains dans les représentations archaïques et classiques, ils apparaissent ultérieurement en hoplites anguipèdes, mi-humains mi-serpentiformes8, tandis que Typhée, non moins gigantesque à l’occasion, est doté, outre sa tête humaine, de multiples têtes de fauves et de cent têtes de serpent - et d’ailes de surcroît, qui en font un être composite et monstrueux au point que ses caractères physiques, décrits par les poètes d’Hésiode à Nonnos, paraissent défier la représentation plastique ou picturale. Les uns et l’autre, cependant, relèvent de l’imaginaire du reptile. Typhée est seul dans sa monstruosité9 sur le thème du monstre tapi qu’il faut débusquer, bien visible chez Oppien, où un plat de poissons offert à Typhée le fait sortir de son repaire.
Les Géants n’ont pas, semble-t-il, de compagne ni d’aide féminine. Il n’y pas de Géantes. Autre différence, ils affrontent les Olympiens en bataille rangée, à coups de montagnes, et succombent, foudroyés, dans les « Plaines Brûlantes », qui gardent trace de leur purulence. Les émanations sournoises en provenance de supposés tombeaux ou cavernes de Géants, carboniques ou sulfureuses, toxiques ou bienfaisantes, accusent le contraste entre le monstre éruptif, flamboyant, et les cadavres puants de ses adversaires, contraste qui ne va pas sans contaminations10.
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La Terre Vindicative
Vian a montré comment s’est produite en Occident l’interpénétration des deux mythes, celui de Typhée et celui des Géants, « à partir du moment où les Géants deviennent des génies volcaniques », fusionnant deux branches divergentes d’une légende de combat héritière des récits du IIe millénaire sur les usurpations successives et la stabilisation finale de la « royauté au ciel11 ». Le point de départ est la rancune de la Terre envers ses petits-enfants (les Olympiens) coupables d’avoir détrôné ses enfants (les Titans). Cette rancune forme l’élément moteur des conflits : la Terre suscite des créatures, les Géants, qui doivent punir les Olympiens mais échoueront et seront détruites, alors que les Titans ont simplement été refoulés et reclus dans le Tartare12. Ce qui explique que les Anciens aient cru trouver sur la terre des ossements de Géants, mais jamais de Titans puisque ceux-ci continuent à exister, relégués dans le Tartare hors du monde, ou aux limites du monde (Prométhée, Atlas, Cronos roi de l’Âge d’or)…
Nonnos de Panopolis : Un Témoin Privilégié
Un des témoins les plus détaillés de ces combats de dieux est aussi le plus récent, Nonnos de Panopolis, dans une composition originale. Le thème ouvre et clôt un long poème de 21 000 vers environ, répartis en 48 chants. Les deux premiers racontent principalement la lutte de Zeus contre Typhée. En tête du quarante-huitième et dernier, le même thème introduit une gigantomachie mais avec Dionysos pour seul champion des dieux, version parodique et très simplifiée par rapport à la variété de tons de l’épisode initial. La correspondance entre les deux extrémités des Dionysiaques est assurée, à la manière allusive chère à Nonnos, par la présence d’un second Typhée, au chant XLVIII, v. 77-80, ainsi que, au même chant, d’un mont Nyseion, site traditionnel des enfances de Dionysos, ici ébranlé par la révolte (v. 33 ; on le trouve aussi chez Claudien, Gig. lat., v. 32). Deux registres et deux modes de traitement s’opposent, la solennité de la bataille cosmique préliminaire détonant avec l’ironie finale vis-à-vis des gesticulations de ces derniers Géants13, et un récit circonstancié (un peu plus de mille deux cents vers) cédant la place à un abrégé (v. 1 à 89). Ce dernier est suivi aussitôt par une autre scène de lutte, non plus cosmique mais intimiste, Dionysos contre Pallènè (v. 90-179) - noter l’équilibre numérique entre les deux morceaux de longueur égale au vers près, procédé fréquent chez Nonnos14.
La Belle Athlète : Pallènè
Le redoublement de deux légendes de lutte sur deux sites thraces contigus, Pallènè et Sithonia15, n’est pas relevé par Vian, malgré son étrangeté… Massacre des prétendants par le père, joute à mains nues, non sanglante, entre la fille et le prétendant, et enfin exécution du père. Nonnos fait une entorse grave à l'orthodoxie du mythe en annonçant un combat contre les monstres mené par le seul Dionysos. Il a d'ailleurs conscience de cette irrégularité, précisant avec ironie que Dionysos volontairement laisse quelques Géants à exterminer par Zeus, plus tard, en contradiction flagrante avec la chronologie interne de son poème.
Pour l’heure, comme dans la lutte contre les Géants, et au même lieu puisque en Thrace Pallènè et Sithôn, la fille et le père, sont éponymes de la même région que Phlégra, Dionysos se livre donc seul à un corps-à-corps avec la jeune fille, prisonnière d’un père abusif qui l’empêche de se marier en imposant aux prétendants une épreuve dont ils ne sortent jamais vainqueurs. Transposition libre du mariage d’Hippodamie et Pélops ? Influence des spectacles ? Expression de la sensualité de l’auteur16 ? Les trois ? Pallènè est à la fois musclée et attirante ; on devine un exploit beaucoup plus troublant que ceux de la gigantomachie, même avec toute la poussière et la sueur de la lutte, ou à cause de celles-ci :
« Et le dieu, roulant sur lui-même, se laisse volontairement tomber à terre, vaincu par un faible bras. Qu’il a de charme, le philtre d’amour qui le possède ! Dans la poussière qui fait ses délices, il porte amoureusement sur son ventre le fardeau des Amours et demeure de lui-même étendu sur le dos. Au lieu de faire tomber la jeune fille, il la retient, attachée à lui par le lien du désir qui envoûte son cœur » (XLVIII, 159-164, trad. F. Vian).
La joute avec Pallènè n’est-elle que l’adaptation lubrique d’un combat (Olympiens contre Géants) devenu grotesque à force d’être rebattu ? Que chacun en juge à son aune, mais le parallèle, évident, fait ressortir la supériorité de la fable nouvelle, plaçant Dionysos contre Pallènè, tout contre aurait dit Sacha Guitry, face à la version traditionnelle.
On aura relevé, v. 104-105, des notations qui suggèrent un parallèle entre la description de Pallènè à son entrée en lice et l’arroi d’une Athéna sous les armes. Il serait imprudent de le pousser et d’y voir, en l’état actuel de la documentation, l’adaptation d’une tradition locale ou a fortiori l’explication de quelque merveille de la nature. Il en va autrement pour deux versions dont Nonnos est le seul témoin littéraire, à Satala en Lydie et à Hiérapolis de Phrygie ; pour une troisième, à Corycos en Cilicie, nous pouvons de surcroît comparer la version de Nonnos avec celle d’un poète de talent originaire de Cilicie, Oppien, l’auteur des Halieutiques.
Phlégra, Cimetière des Géants
La région qui sert de patrie aux Géants, la plaine de Phlégra, n’a rien de grandiose. Francis Vian s’est étonné que la presqu’île de Pallènè alias Phlégra, aux noms évocateurs de bouleversement …
Mythes et Légendes à Travers le Monde
Notre monde fourmille de légendes et de mythes. Chaque grande culture contemporaine ou passée véhicule dans son Histoire quantité de récits invérifiables et probablement fantaisistes évoquant l’existence et les exploits d’êtres et de choses hors du commun. Fruits de croyances, d’interprétations et de réinterprétations, ces légendes s’appuient sur un mythe ancré dans les esprits parfois comme une référence dogmatique. Il n’est pas difficile de trouver la place de nos mythes dans notre monde contemporain. Il l’est davantage d’en trouver un usage intéressant dans une partie de jeux de rôle et plus encore d’en concevoir un de toute pièce. Le mythe nait d’observations et de traditions forgées autour des grands principes universels. Une approche empirique du monde est à la source d’interprétations souvent erronées de la manière dont il fonctionne. Quand on ne sait pas que la Terre est ronde, il est difficile de comprendre le mécanisme de jour et de nuit, celui de la course du Soleil, celui de la course de la Lune comme autre chose que des phénomènes inexpliqués auxquels on donne une raison d’être. L’homme, de par la conscience qu’il a de lui-même et de son environnement, s’efforce de donner un nom et un sens à ce qui l’entoure. L’imagination joue un rôle fondamental dans cette démarche. L’homme s’efforce de concevoir une construction mentale de ce qu’il observe. L’explication qu’il en tire n’est pas toujours la résultante d’une démarche scientifique. De fait, il se sert de ce qu’il connaît et invente ce qui lui manque afin de disposer d’une base cohérente et acceptable propre à apaiser ses craintes. Si l’on néglige le fait que la construction d’une telle explication n’est pas nécessairement le fruit d’un seul esprit, l’origine exacte d’un mythe ainsi créé se perd généralement dans les limbes de l’histoire. Le mythe se transmet par traditions. Le but de cet article n’étant de faire ni de l’histoire ni de l’anthropologie, il est inutile de détailler davantage le processus engendrant le mythe. Les sources traitant de ce sujet ne manquent pas. La plupart du temps, entreprendre la création d’un mythe, ou même simplement user de ceux qui existent, n’a pratiquement aucun intérêt. Dans le fond, de savoir que Rhéa, l’épouse de Cronos, le Titan qui boulotait ses gosses, a fait manger une pierre à la place de Zeus pour sauver ce dernier n’aide pas spécialement le fermier à semer ou le guerrier à s’entraîner. Apporter une touche de profondeur à l’univers de jeu que l’on met en place : le mythe est inscrit dans les traditions et les croyances. Ceux qui les respectent ont un mode de pensée spécifique et fondateur dans leur mode de vie. Le mythe justifie pourquoi certaines choses sont faites de telles ou telles façons. Introduire des phénomènes ou des personnages mythiques : le mythe n’est pas toujours dénué de fondement. Une légende peut avoir été racontée, déformant les exploits d’un personnage réel ou exagérant un phénomène récurrent (même de très faible fréquence). Créer le monde : le mythe n’est qu’une portion d’une mythologie, elle-même interprétation libre ou s’appuyant sur une cosmogonie. Les mythes peuvent être à la base d’un univers et non uniquement l’illustration ou l’enrichissement culturel. Par définition, un mythe est un récit non vérifié et peut-être même non vérifiable. Mais dans un univers ou le fantastique côtoie le réel, pourquoi devrait-il forcément être faux ? Les mythes puisent leurs racines dans l’observation. A partir du moment où une part de l’humanité observe un phénomène inexplicable mais non moins interprétable, l’imagination turbine et modèle une raison d’être à l’événement. En définitive, peut-on parler de mythe lorsque la source de ce dernier existe et est tout à fait identifiable ? Jusqu’à ce qu’il se révèle comme tel, oui. Dans Stargate, la cosmogonie égyptienne est un mythe jusqu’à ce que les Goa’ulds se révèlent. Beaucoup de trouvailles de la série SG1 sont même basées sur ce principe, en commençant par les Goa’ulds, les Asgardiens et par la suite les Anciens. Afin de pouvoir réaliser ce tour de force, il faut que le MJ sache de quelle nature exacte est le mythe, s’il est purement affabulé, ou dérive d’une version embellie de faits inexpliqués. Cette prise de position exige de savoir longtemps à l’avance de quoi il retourne, car à moins de déballer les poncifs un peu surfaits de la race mystérieuse, étrangère et cachée, modèle « deus ex machina », qui a marqué de son empreinte l’antiquité d’une civilisation, construire une origine à la fois fascinante et cohérente à un mythe n’est pas une tâche à prendre à la légère. Ou dans un sens plus large, fabriquer une mythologie, voire une cosmogonie, est à la portée de tous. Les choses peuvent parfois être absurdes en apparence, tant qu’elles sont cohérentes, elles passent… Plus ou moins : un disque-monde posé en équilibre sur le dos de quatre éléphants colossaux eux-même juchés sur le dos d’une tortue de mer géante traversant l’espace est une cosmogonie probablement moins crédible qu’un monde issue d’un chaos primordial d’où sorte deux entités, Gaïa la terre, et Ouranos le ciel qui engendreront toute la création. Et pour les astrophysiciens contemporains, cette dernière cosmogonie est moins crédible qu’une expansion phénoménale de matière dans un univers sans limite à partir d’un point de la taille d’un atome. Il convient t…
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