L'histoire de l'industrie laitière et fromagère dans la région de Hublot Creches sur Saone est intimement liée à la famille Paillaud et à leur entreprise, qui a traversé les époques en s'adaptant aux mutations économiques et technologiques. Cet article retrace le parcours de cette entreprise familiale, depuis ses modestes débuts à la fin du 19ème siècle jusqu'à son expansion nationale, en mettant en lumière les figures marquantes qui ont contribué à son succès.
Les Débuts d'une Aventure Industrielle (1898-1921)
L'aventure commence en 1898, lorsque Auguste Paillaud, forgeron de son métier, s'associe à Adrien Dubois pour créer les Grandes Laiteries de Touraine Dubois-Paillaud. Auguste Paillaud, né en 1866, est le fils de Louis Eugène Paillaud et de Mlle Bouchaud Agathe Prudence. Fort d'une formation dans l'une des premières laiteries du Poitou, il se lance dans cette entreprise avec son associé, peut-être sans imaginer l'ampleur que prendrait cette initiative.
La première fromagerie est établie à Tauxigny, en Indre-et-Loire, qui devient le siège social de la société. Deux ans plus tard, en 1900, une deuxième fromagerie voit le jour à Villeloin-Coulangé, également en Indre-et-Loire.
Au début du 20ème siècle, la France entre dans une ère d'industrialisation croissante, et le réseau ferroviaire se développe à travers le pays. Les Grandes Laiteries de Touraine Dubois-Paillaud saisissent les opportunités offertes par ces changements. En 1907, une laiterie est créée à Luçay-le-Mâle (Indre), suivie en 1909 par une autre à Saint-Genou (Indre). En 1912, la société acquiert Salva Vita à Creully (Calvados), une entreprise spécialisée dans les laits concentrés. Une nouvelle laiterie est créée en 1913 à Moulins-sur-Céphons (Indre). À cette époque, la famille Paillaud possède également le Château de la Gitonnière à Azay-sur-Cher et la laiterie de Saint-Quentin-Sur-Indrois.
Évolution de la Société et Changements dans le Capital (1921)
L'année 1921 marque un tournant dans l'histoire de l'entreprise. La famille Dubois cède ses parts, et Jacques Rouxel entre dans le capital de la société à hauteur de 100.000 francs. Un acte sous seings privés, daté du 5 mai 1921 et enregistré à Tours le 9 mai 1921, officialise cette modification. Les parties prenantes à cet acte sont Auguste Paillaud, Charles Paillaud, Arthur Sellier dit Cellier, Edmond Paillaud Fils, René Sostras, Maurice Dubois, et Honoré Rancher agissant en son nom personnel et pour assister son épouse, Mme Germaine Dubois.
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Un autre acte, daté du 10 mai 1921 et enregistré à Tours le 23 mai 1921, précise que Auguste Paillaud, Charles Paillaud, Sellier dit Cellier, Edmond Paillaud et Sostras cèdent leurs parts à Jacques Rouxel. La gestion et l'administration de la société sont confiées à Auguste et Edmond Paillaud, ainsi qu'à Jacques Rouxel. Chacun d'eux dispose de la signature sociale, mais ne peut l'utiliser que pour les besoins de la société. Ils sont responsables de la direction des usines, des achats, des ventes, de l'organisation, du matériel et du personnel. Aucune installation nouvelle ou emprunt ne peut être réalisé sans l'accord d'Auguste Paillaud, ou, en cas de décès, sans l'unanimité des gérants.
Les apports de chacun sont modifiés : Auguste Paillaud et Edmond Paillaud voient leur apport ramené à 112.000 francs chacun, Charles Paillaud à 32.000 francs, Sellier dit CELLIER à 30.000 francs, Sostras à 14.000 francs, et Rouxel apporte 100.000 francs suite à son achat du 10 mai 1921.
Expansion et Nouvelle Raison Sociale (1923)
En 1923, la société adopte une nouvelle raison sociale : "Des Grandes Laiteries de Touraine, de Normandie et du Poitou". Le siège social est transféré de Tauxigny à Tours. La société compte alors 13 usines, ce qui témoigne de son expansion grâce à l'acquisition ou la construction de nouvelles unités, ainsi qu'à la fermeture ou la vente d'autres.
Au début des années 1930, l'entreprise acquiert un dépôt de lait au 6, rue Jean-Marie Jégo à Paris, et un autre à Poitiers, renforçant ainsi sa présence sur le territoire national.
Le Décès d'Auguste Paillaud (1936)
En 1936, Auguste Paillaud décède subitement. Un article de presse de l'époque relate les circonstances de sa mort : alors qu'il voyageait en train, il est victime d'une crise d'angine de poitrine. Auguste Paillaud avait 69 ans et était domicilié au 91, rue d’Entraigues à Tours.
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Edmond Paillaud : Un Dirigeant Engagé dans la Vie Locale
Edmond Paillaud, fils d'Auguste Paillaud, est né le 5 septembre 1889 à Secondigné, dans le département des Deux-Sèvres. Diplômé ingénieur de l’Institut Agronomique de Rennes, il rejoint Creully, dans le Calvados, en 1912, pour diriger l’usine Salva Vita, fraîchement acquise par son père.
En plus de son rôle de dirigeant d'entreprise, Edmond Paillaud s'investit dans la vie politique locale. Il est élu conseiller municipal de Creully en 1919. En septembre 1921, il épouse Mlle Germaine Hurel. Il est ensuite élu maire de Creully de 1936 à 1961. Sa longue mandature témoigne de l'importance des fromagers normands dans la société de l'époque, de leur aisance financière et de leur implication dans la vie locale. Ils étaient souvent les principaux employeurs de leur commune. Edmond Paillaud proposait des logements aux ouvriers de son usine, fournissait gratuitement du lait chaud aux élèves de l'école, et mettait même à leur disposition un terrain pour la pratique du sport. L’usine Paillaud employait entre 120 et 140 salariés.
L'Usine Salva-Vita de Creully
L'usine Salva & Vita de Creully, rachetée par Auguste Paillaud en 1912, avait été fondée en 1907 par un certain Monsieur Plot. De façon artisanale, on y fabriquait du lait concentré sucré ou non sucré sous la marque "Salva". Les boîtes étaient remplies à la main, à raison de 48 boîtes par caisson, soit 50 litres de lait concentré. C’était la seule industrie de Creully.
Les étiquettes, imprimées dans différentes langues, témoignent du rayonnement de cette petite entreprise normande, qui exportait ses produits dans le monde entier. Le lait concentré Salva Vita était présenté comme un produit de qualité, fabriqué avec les meilleurs laits de Normandie, et recommandé pour sa grande valeur nutritive et sa digestibilité.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la production de l'usine de Creully s’arrête en mars 1944. Edmond Paillaud est emprisonné à Compiègne, mais échappe de justesse à la déportation grâce à un groupe de résistants qui attaque et incendie le train qui devait transporter les prisonniers.
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Après la guerre, l'usine de Creully reprend sa production, notamment de fromages tels que le Livarot, le Camembert et le Pont-l’Evêque. Un article de presse de l'époque décrit l'ambiance qui règne dans la fromagerie, avec ses odeurs caractéristiques et le travail minutieux des employés. Le lait est filtré, réchauffé, refroidi, puis condensé grâce à un appareil conçu par M. Gabet. La production annuelle de la laiterie est de 60.000 caisses. M. Léon Leloutre est le "fromager", responsable de la fabrication des camemberts.
Le Crash d'Ermenonville et ses Résonances
Bien que n'étant pas directement lié à l'histoire de Hublot Creches sur Saone ou de la famille Paillaud, le crash d'Ermenonville en 1974, qui a coûté la vie à 346 personnes, a indirectement touché la commune d'Ermenonville. Ce tragique événement met en lumière les conséquences potentielles de défauts de conception et de négligences en matière de sécurité. L'enquête a révélé un défaut de conception du système de fermeture des portes de soute de l'avion, qui avait été signalé mais non corrigé. Cet événement tragique rappelle l'importance de la rigueur et de la vigilance dans tous les domaines, y compris l'industrie agroalimentaire.
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