L'hôpital Foch à Suresnes (92), établissement privé à but non lucratif avec une mission de service public (ESPIC), s'est doté d'un centre de PMA de haute technologie sur une surface de plus de 1500m², fruit de 5 ans de travail. Auparavant situé entre l’hôpital de Neuilly et celui de Suresnes, ce centre se distingue par son approche globale et ses équipements de pointe.

Un Centre Public à la Pointe de la Technologie

Le centre de PMA de l'hôpital Foch étant un centre public, les tentatives de PMA sont prises en charge par la Sécurité Sociale dans les limites de chaque technique (4 FIV prises en charge avant 43 ans). Pour choisir les équipements du centre, les spécialistes de Foch ont visité les dix meilleurs centres internationaux, notamment aux Etats-Unis. Cette démarche témoigne de la volonté de l'établissement de se positionner à la pointe de la technologie en matière d'AMP.

Renato Fanchin souligne l'hétérogénéité des centres de procréation en France. Avec le docteur Marine Poulain, responsable du laboratoire, ils ont ainsi opté notamment pour l’un des derniers incubateurs multichambres mis sur le marché, dont seule une clinique privée de Bordeaux est également équipée. Les ovocytes prélevés sur les patientes et fécondés par les spermatozoïdes de leur conjoint ont chacun leur petite « boîte », maintenus à la bonne température, avec le bon taux d’oxygène, et sont surveillés par des caméras. Le médecin explique que beaucoup d’incubations en France se font encore dans l’air ambiant, qui contient 21 % d’oxygène alors qu’il n’y en a que 5 % dans la trompe de la femme.

Une Approche Globale et Personnalisée

L’Hôpital Foch a inauguré officiellement, son nouveau centre d’AMP, un des plus importants d’Europe. Ce centre a pour particularité de regrouper sur un même lieu, l’ensemble des étapes de l’AMP, de la première consultation pour infertilité à la survenue de la grossesse. L’ambition est d’assurer une prise en charge globale optimale du couple, alliant la meilleure technicité, la compétence et l’humanisme.

Pour le Professeur Jean-Marc Ayoubi, Chef du Pôle Mère-enfants, Chef du Service de Gynécologie-Obstétrique, Maternité AMP Foch, « le nouveau centre d’Assistance Médicale à la Procréation, AMP Foch, allie à la fois la meilleure technicité, l’humanisme et l’amélioration du parcours de soins des patientes en gardant le couple au centre de notre attention. La proximité des unités et des équipes, la concertation entre la biologie et la clinique permettent d’être plus performant. "

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Le professeur Ayoubi souligne que 15% des couples consultent pour des problèmes d’infertilité. Dans ce service, une prise en charge aussi bien féminine que masculine est proposée. Tous les aspects sont pris en compte, aussi bien psychologiques que nutritionnels, jusqu’à la relaxation, et tout cela, dans un esprit d’équipe, en travaillant ensemble.

Marine Poulain, responsable du laboratoire de biologie de la reproduction, Centre AMP Foch, explique que le laboratoire de biologie de la reproduction est en charge de la préparation des ovocytes et des spermatozoïdes, de la mise en fécondation et du suivi embryonnaire, et du choix des embryons aux meilleurs potentiels pour le transfert et la cryoconservation. Un système de traçabilité électronique des gamètes et des embryons permet de sécuriser toutes les fécondations in vitro au sein du laboratoire.

Le Parcours PMA à l'Hôpital Foch : Un Guide Étape Par Étape

Le parcours en PMA peut sembler complexe, mais l'hôpital Foch s'efforce de le rendre aussi clair et confortable que possible pour les patients.

La Première Consultation et le Bilan d'Infertilité

Lors de la première consultation, un gynécologue prend connaissance du dossier du couple, incluant les antécédents médicaux, les fausses couches, les accouchements, la fréquence des rapports sexuels, la régularité des cycles menstruels et l'absence d'infections génitales. Il prescrit ensuite une série d'examens complémentaires, tels que des prises de sang (dosages hormonaux et sérologies préconceptionnelles), une échographie, une hystérosalpingographie et un spermogramme.

A l'hôpital Foch, tous les examens se font le même jour et au même endroit, une initiative appelée "One Day Fertility" qui vise à simplifier et à améliorer le confort des patients.

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Les Options Thérapeutiques Proposées

A l'issue du bilan, le gynécologue s'assure que la situation relève bien de l'AMP et propose la meilleure option thérapeutique pour le couple :

  • Insémination intra-utérine (IIU) : Cette technique peut être proposée en cas d'infertilité inexpliquée ou d'altération de la glaire cervicale.
  • FIV (fécondation in vitro) classique : Elle est généralement indiquée en cas d'anomalie des trompes, d'infertilité inexpliquée ou d'échecs de stimulation.
  • FIV avec ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïde) : Cette technique est utilisée en cas d'anomalies sévères du sperme ou d'échecs de FIV.

La Stimulation Ovarienne et le Déclenchement de l'Ovulation

L'objectif du traitement hormonal proposé est d'obtenir le développement simultané de plusieurs follicules (les petits sacs contenant les ovocytes) et de prélever les ovocytes présents. Le traitement hormonal, qui dure de dix à quinze jours, commence généralement le premier jour des règles par injections sous-cutanées.

Les hormones prescrites bloquent d'abord les sécrétions naturelles de la femme avant qu'un traitement à fortes doses d'hormones ne stimule les ovaires. Les injections sont faites le soir entre 18 et 21 heures (elles doivent être espacées de vingt-quatre heures), soit par la patiente elle-même ou son compagnon, soit par une infirmière si le couple ne se sent pas de faire le geste lui-même.

Des prises de sang et des contrôles échographiques sont faits régulièrement - de trois à cinq fois - pour vérifier la « réponse » des ovaires à la stimulation. A la fin de la période, une dernière piqûre déclenche l'ovulation - les follicules sont alors matures et ont atteint la taille minimum de 17 mm.

Le Prélèvement de Sperme et la Ponction Folliculaire

Les deux sont réalisés en parallèle le matin du même jour. Avant le prélèvement de sperme, un délai d'abstinence d'un à trois jours doit être respecté afin d'obtenir un maximum de « bons » spermatozoïdes.

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La ponction folliculaire - le prélèvement a lieu dans les deux ovaires - est réalisée par voie vaginale sous contrôle échographique et sous anesthésie générale. Elle dure une quinzaine de minutes. A l'aide d'une aiguille et d'une petite pompe, le gynécologue atteint les ovaires et aspire le liquide de chaque follicule dans lequel baignent les ovocytes.

Après l'intervention, la surveillance dure deux heures environ et, après accord de l'anesthésiste, la patiente peut rentrer chez elle, accompagnée. Il arrive que des petites douleurs, des sensations de pesanteur et de tiraillement dans le bas-ventre se fassent sentir.

La Fécondation au Laboratoire

Au laboratoire, les ovocytes recueillis lors de la ponction sont examinés (nombre, aspect) et sélectionnés. Le sperme, lui, est également examiné et préparé.

Lors d'un rapport sexuel, la glaire cervicale que les spermatozoïdes doivent franchir avant d'atteindre l'utérus sert de filtre. Elle « fait le ménage » et élimine les spermatozoïdes peu mobiles, les bactéries, le liquide séminal, etc. De plus, au contact des voies génitales, la membrane cellulaire du spermatozoïde se modifie et active le spermatozoïde pour qu'il soit fécondant.

Les ovocytes sélectionnés sont placés dans un milieu de culture nutritif (dans une étuve à 37 degrés) pendant deux à trois heures en attente de la fécondation. Ensuite, ce sont plusieurs milliers de spermatozoïdes préparés qui sont déposés au contact des ovocytes (encore entourés des cellules qui les protègent) dans un incubateur. Comme lors d'un rapport sexuel sous la couette, les spermatozoïdes viennent naturellement (sans aide extérieure) au contact des ovocytes mais un seul et unique parviendra à féconder chacun d'eux.

Lorsque les spermatozoïdes sont peu mobiles, peu nombreux ou que des FIV précédentes ont échoué, une ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïde) est nécessaire. Il s'agit d'une aide extérieure. Sous microscope, le biologiste aspire à l'aide d'une micropipette un seul spermatozoïde et l'injecte directement à l'intérieur de l'ovocyte débarrassé de sa protection cellulaire. Ce dernier est maintenu avec une autre micropipette afin d'éviter qu'il ne roule.

L'hôpital Foch possède plusieurs incubateurs multichambres. Chaque « chambre » est indépendante de sa voisine et est destinée aux embryons d'un même couple. Ainsi, les ouvertures répétées sont évitées. Un incubateur appelé Time Lapse est également disponible. On l'utilise à la place d'un des incubateurs multichambres lorsque l'équipe médicale désire surveiller particulièrement le développement d'un embryon (après des échecs répétés de FIV par exemple).

Le Transfert Embryonnaire et la Cryoconservation

Au deuxième jour de culture, l'embryon possède quatre cellules ; au troisième jour, il en possède huit ; et ainsi de suite. Le transfert embryonnaire est réalisé au deuxième, troisième ou cinquième jour après la ponction, selon les équipes médicales et le contexte.

Le transfert de l'embryon est réalisé sous contrôle échographique. L'embryon est déposé à l'aide d'un petit cathéter vers le fond de l'utérus et ce, que ce soit pour une FIV classique ou une FIV avec ICSI. C'est un geste rapide et indolore. Lorsqu'il s'agit d'une insémination intra-utérine, ce sont les spermatozoïdes qu'on dépose ainsi dans l'utérus.

Dans une FIV ou une ICSI, l'idéal est de ne transférer qu'un seul embryon afin d'éviter les grossesses multiples toujours plus délicates.

Les embryons obtenus après la mise en culture et non transférés dans l'utérus de la femme sont dits surnuméraires. Ceux présentant des critères de développement satisfaisants peuvent alors être congelés pour une utilisation ultérieure lorsque le couple le décidera. Ils sont vitrifiés (c'est-à-dire congelés très rapidement) dans de grandes cuves d'azote liquide maintenu à - 196 °C.

Témoignages et Avis sur la PMA à l'Hôpital Foch

Les avis sur la PMA à l'hôpital Foch sont partagés, comme en témoignent les discussions sur les forums en ligne. Certains couples saluent la compétence de l'équipe médicale, la technologie de pointe du laboratoire et la rapidité de la prise en charge. D'autres mettent en avant l'aspect humain et l'écoute dont ils ont bénéficié.

Cependant, certains témoignages font état d'une expérience moins positive, notamment en raison de l'attente, de l'impression d'être traités à la chaîne et du manque de communication. Il est important de noter que chaque expérience est unique et que la perception de la qualité des soins peut varier d'un couple à l'autre.

Défis et Perspectives de la PMA en France

Alors que l'extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules est en discussion, le Professeur Frydman, pionnier de la PMA en France, appelle à un sursaut de la recherche dans le domaine de l'infertilité. Il souligne que la France accuse un retard par rapport à d'autres pays en termes de taux de réussite de la PMA et de recherche sur les causes de l'infertilité.

Le Pr René Frydman s'interroge sur l'intérêt d'étendre les choses, alors qu'on n'a pas des résultats à la hauteur des espérances, donc si c'est pour étendre pour un mauvais résultat et des échecs en permanence, on peut se poser la question.

Il pointe notamment l'interdiction d'établir un diagnostic génétique sur un embryon, ce qui empêche de détecter les anomalies chromosomiques responsables de nombreuses fausses couches. Il plaide pour une information plus complète des femmes sur la baisse de la fertilité avec l'âge et les facteurs de risque tels que le tabac.

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