Alors que l'attention se concentre souvent sur l'âge maternel et son influence sur la fertilité, l'impact de l'âge paternel est un aspect de plus en plus reconnu et étudié. Cet article explore l'influence de l'âge de l'homme sur la fertilité, les risques potentiels pour la descendance et les mesures à prendre pour préserver la fertilité masculine.
L'impact de l'âge sur la fertilité masculine
L'âge de l'homme a longtemps été négligé dans les discussions sur la fertilité, mais des études récentes ont mis en évidence son importance. Avec l'âge, plusieurs paramètres du sperme peuvent être affectés :
- Diminution du volume du sperme : La quantité de sperme produite peut diminuer.
- Réduction de la mobilité des spermatozoïdes : Les spermatozoïdes peuvent avoir plus de difficulté à se déplacer efficacement vers l'ovule.
- Baisse du pourcentage de formes normales : La proportion de spermatozoïdes ayant une morphologie normale peut diminuer.
- Diminution de la concentration des spermatozoïdes : Bien que moins marquée, la concentration de spermatozoïdes par unité de volume peut également être affectée.
Ces changements peuvent avoir un impact considérable sur la fertilité masculine et la capacité de concevoir. Des études ont montré que l'âge paternel avancé peut entraîner un allongement du délai moyen de conception, en particulier au-delà de 40 ans. Une étude portant sur plus de 21 000 cycles d'inséminations intra-utérines a révélé que le risque de fausse couche spontanée (FCS) est presque doublé chez les hommes de 45 ans et plus par rapport aux hommes de moins de 35 ans, même après ajustement pour l'âge maternel.
Dans la population générale, plusieurs publications ont montré que l’impact de l’âge de l’homme sur la fertilité du couple pouvait se traduire par un allongement du délai moyen de conception au-delà d’un âge paternel de 40 ans.
Risques pour la descendance
Au-delà de l'impact sur la fertilité, l'âge paternel pourrait avoir des conséquences sur la santé de la descendance. Ces observations soulèvent des questions sur la qualité du génome du spermatozoïde vieillissant. Chez l'homme, la formation des gamètes est un processus continu à partir de la puberté. Les spermatogonies, les cellules germinales primordiales, entrent en division cellulaire tous les 16 jours environ, soit environ 23 cycles par an. Ce processus continu augmente le risque d'erreurs de réplication de l'ADN avec l'âge, ce qui pourrait entraîner des mutations génétiques.
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Une récente étude américaine s’est penchée sur l’impact de l’âge du père sur la santé des bébés à la naissance. Par exemple, comparé au groupe de pères âgés de 30 à 39 ans, pour les pères entre 50 et 59 ans, le risque d’une naissance prématurée augmente de 16%. Le risque de poids insuffisant pour le bébé (« low birth weight ») augmente aussi de 14%. Enfin, le risque de diabète gestationnel pour la mère augmente également de 13%.
Bien qu'aucun seuil critique pour l'âge paternel n'ait été clairement identifié, les risques semblent modérés entre 40 et 50 ans et plus importants au-delà de 50 ans.
Comprendre l'infertilité
L'infertilité touche un nombre important de personnes. En France, elle concerne 3,3 millions de personnes, soit un couple sur quatre. Cette situation est en augmentation constante depuis 20 ans dans les pays industrialisés. L'infertilité est définie comme l'incapacité pour un couple hétérosexuel de concevoir après 12 à 24 mois de rapports sexuels réguliers sans contraception. Dans environ 75 % des cas, l'infertilité est d'origine féminine, masculine ou les deux.
L'infertilité masculine est majoritairement liée à une altération de la production des spermatozoïdes, la « spermatogenèse ». Soit les spermatozoïdes sont trop peu nombreux, soit de mauvaise qualité ou totalement absents du sperme. C’est la principale cause d’infertilité masculine. L’azoospermie : absence de spermatozoïde.
Facteurs d'infertilité
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à l'infertilité, tant chez les hommes que chez les femmes :
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- Âge : La fertilité féminine diminue naturellement à partir de 30 ans, tandis que la fertilité masculine commence à décliner à partir de 40 ans. En France, les femmes ont désormais leur premier bébé à 31 ans en moyenne, contre 29 ans en 2019, ce qui contribue à une augmentation du risque d'infertilité.
- Environnement : L'exposome, qui comprend les pollutions de tous ordres (air, métaux lourds, solvants, polluants organiques persistants, pesticides) et les perturbateurs endocriniens, peut avoir un impact négatif sur la fertilité.
- Mode de vie : Une mauvaise alimentation, le surpoids ou une maigreur excessive, la consommation de tabac ou de drogues sont autant de facteurs qui peuvent affecter la fertilité.
- Déséquilibres hormonaux : Des troubles de la testostérone chez l'homme ou un excès de prolactine chez la femme peuvent perturber la production de spermatozoïdes et l'ovulation, respectivement.
- Cancers et traitements anti-cancéreux : Certains cancers et leurs traitements, comme la chimiothérapie, peuvent entraîner l'infertilité.
Causes spécifiques d'infertilité masculine
L'infertilité masculine peut être causée par divers facteurs :
- Altération de la production de spermatozoïdes (spermatogenèse) : Les spermatozoïdes peuvent être trop peu nombreux (oligozoospermie), de mauvaise qualité ou totalement absents du sperme (azoospermie).
- Obstruction des voies génitales : Dans certains cas, les spermatozoïdes ne peuvent pas être acheminés normalement en raison d'une absence de canaux déférents, de canaux endommagés par une infection ou une intervention chirurgicale, ou d'un traumatisme.
- Troubles de la fonction sexuelle : Les troubles de l'érection et de l'éjaculation peuvent également contribuer à l'infertilité.
- Pathologies : Les anomalies du sperme peuvent s'observer suite à différentes pathologies comme : la cryptorchidie, les antécédents infectieux (orchites, épididymites, prostatite), torsion de cordon spermatique, cure de hernie inguinale, varicocèle ou malformation congénitale (hypo ou épispadias).
Quand consulter ?
Il est recommandé de consulter un spécialiste de l'infertilité après une période de rapports sexuels réguliers et non protégés sans conception :
- Deux ans pour les adultes de moins de 30 ans.
- Un an entre 30 et 35 ans.
- Six mois si la femme a plus de 35 ans.
D'autres éléments, tels que des anomalies au niveau des organes reproducteurs, des troubles hormonaux, des infections, des maladies chroniques, des facteurs génétiques ou environnementaux, peuvent également justifier une consultation plus précoce.
Bilan de fertilité masculine
Le spermogramme est un examen clé dans le bilan de fertilité masculine. Il permet d'évaluer le volume du sperme, le nombre, la mobilité, la viabilité et l'aspect morphologique des spermatozoïdes. Le recueil de sperme est réalisé par masturbation au laboratoire, après deux à cinq jours d'abstinence. Si des anomalies sont détectées, un deuxième spermogramme est généralement demandé deux à trois mois plus tard pour confirmer les résultats. La spermoculture permet de rechercher une éventuelle infection du sperme. Un test de migration et de survie des spermatozoïdes complète souvent le spermogramme avant de recourir à l'assistance médicale à la procréation (AMP).
Préserver sa fertilité
Bien qu'il ne soit pas possible d'arrêter complètement les effets du vieillissement sur la fertilité, certaines mesures peuvent aider à préserver le potentiel reproductif :
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- Adopter une hygiène de vie équilibrée : Une alimentation saine, riche en antioxydants, et une activité physique régulière peuvent améliorer la qualité des spermatozoïdes.
- Éviter les facteurs de risque : Limiter la consommation de tabac, d'alcool et de drogues, ainsi que l'exposition aux toxines environnementales, peut contribuer à préserver la fertilité.
- Consulter un médecin : Un bilan de fertilité peut permettre d'évaluer la qualité du sperme et de détecter d'éventuels problèmes.
- Congélation du sperme : La cryoconservation du sperme, idéalement avant 35 ans, est une option efficace pour préserver son potentiel reproductif.
Solutions et traitements
Face à l'infertilité masculine, plusieurs options et traitements peuvent être envisagés, en fonction de la cause sous-jacente :
- Traitements médicaux : Des médicaments peuvent être prescrits pour traiter des infections, corriger des déséquilibres hormonaux ou améliorer la production de spermatozoïdes.
- Chirurgie : Dans certains cas, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour corriger une obstruction des voies génitales ou une varicocèle.
- Assistance médicale à la procréation (AMP) : L'insémination artificielle (IA) et la fécondation in vitro (FIV) sont des techniques d'AMP qui peuvent aider les couples infertiles à concevoir. L’insémination intra-utérine (IIU) consiste à déposer les spermatozoïdes directement dans l’utérus de la femme. La fécondation in vitro (FIV) consiste à féconder les ovocytes en laboratoire et à transférer les embryons obtenus dans l’utérus de la femme.
- Changement de style de vie : dans certains cas, l'amélioration du style de vie peut aider à améliorer la qualité du sperme.
L'importance de l'information et du soutien
Il est essentiel de sensibiliser le public à l'impact de l'âge paternel sur la fertilité et la santé de la descendance. Une meilleure compréhension de ces enjeux peut encourager les hommes à prendre des mesures pour préserver leur fertilité et à planifier leur paternité de manière éclairée. Le parcours de l'infertilité peut être long et difficile, et il est important de rechercher un soutien médical et psychologique approprié. Les couples confrontés à des problèmes de fertilité peuvent bénéficier d'un accompagnement personnalisé pour les aider à prendre des décisions éclairées et à faire face aux défis émotionnels associés à l'infertilité.
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