La Procréation Médicalement Assistée (PMA), également appelée Assistance Médicale à la Procréation (AMP), englobe un ensemble de techniques médicales visant à aider un couple à concevoir un enfant. De l'insémination artificielle à la fécondation in vitro (FIV) avec ou sans micro-injection (ICSI), en passant par le diagnostic préimplantatoire (DPI) et l'accueil d'embryon, la PMA a connu une évolution fulgurante depuis ses débuts.
Les Prémices de la PMA : Insémination Artificielle et Premières Expériences
La plus ancienne méthode de PMA est l'insémination artificielle, qui consiste à déposer le sperme au niveau de l'utérus pour faciliter la rencontre entre le spermatozoïde et l'ovule. Si les premières inséminations artificielles remontent au 19e siècle, c'est dans les années 1930 que les recherches sur la fécondation in vitro (FIV) ont commencé à prendre forme.
Gregory Pincus, un chercheur américain, a réalisé des expériences de fécondation in vitro sur des lapines dès 1934. Cependant, ses travaux ont été accueillis avec scepticisme et critiques. La publication du roman dystopique «Le Meilleur des Mondes» d'Aldous Huxley, qui décrivait des bébés éprouvette déshumanisés, a alimenté les craintes du public. Le Times Magazine a même qualifié Pincus de «Docteur Frankenstein» transformant la science-fiction en réalité. John Hammond Jr. fit une découverte importante en 1949.
La Naissance de Louise Brown et l'Essor de la FIV
L'amélioration des connaissances biologiques et des techniques médicales a permis en 1978 la première naissance viable d'un enfant conçu par FIV. Il s’agit de Louise Brown, née en Grande-Bretagne, «fruit» du travail de Robert Edwards et du gynécologue Patrick Steptoe. Cet événement a marqué une étape décisive dans l'histoire de la PMA, offrant un espoir aux couples confrontés à l'infertilité. Jusqu´à cette date, toutes les femmes ayant les trompes de Fallope bouchées étaient considérées comme stériles. Dans ces cas-là, la chirurgie réparatrice tentait de rétablir la circulation des gamètes dans les conduits. Cependant, le succès de ces opérations chirurgicales restait infime. Auparavant, la fécondation in vitro des ovocytes -FIV- était expérimentale et les essais antérieurs sur les humains n´avaient débouché que sur des avortements et une grossesse ectopique (1976). La coelioscopie pratiquée sur Lesley Brown avait permis d´obtenir un seul ovocyte fécondé ensuite en laboratoire avant d´être déposé dans l´utérus de Lesley Brown.
Les premières FIV se font sans stimulation hormonale: un seul ovocyte est prélevé, et les chances de succès restent infimes.
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L'Arrivée de la PMA en France : Amandine, Premier Bébé Éprouvette Français
En France, le premier bébé-éprouvette, une petite fille nommée Amandine, est née le 24 février 1982, à la suite d'une fécondation in vitro. L’accouchement eut lieu dans le plus grand secret : « Un véritable scénario policier avait donc été monté afin de tromper les paparazzi et autres présences gênantes ou indiscrètes. Y-avait-t-il une compétition en France pour être la première équipe à réaliser une F.I.V. Oui, il y avait une compétition amicale, mais une compétition quand même. Il y avait une autre équipe à Sèvres dirigée par Jean Cohen. À un moment où on faisait des fécondations en cycle naturel, de manière très sporadique, pas comme aujourd’hui, cette équipe avait un problème. Ils n’arrivaient pas à avoir de fécondation. Nous on avait des fécondations, mais pas de grossesses. Donc on a décidé de faire un partenariat, on recevait les ovocytes et dons de sperme de l’équipe de Sèvres, on faisait la fécondation en laboratoire ici et j’allais faire le transfert avec Jean Cohen. La patiente est enceinte, mais elle avorte, du coup cela a créé un lien entre les deux équipes. L’état d’esprit était plutôt mitigé, parce qu’il y avait beaucoup de gens qui étaient opposés. Pas beaucoup de gens savaient que l’on travaillait dessus, mais il y avait déjà eu la naissance de Louise Brown en Angleterre, donc il y avait déjà des réactions et beaucoup de gens trouvaient que c’était une vraie transgression que d’avoir un embryon in vitro sous les yeux, de pouvoir le voir, le toucher, le manipuler, choses qui étaient impossibles jusqu’à présent. Même des gens très connus dans le milieu scientifique y étaient opposés disant qu’il fallait plus travailler sur l’animal etc. D’ailleurs les essais sur animaux sont venus près de 10 ans plus tard, par exemple chez le singe, ce n’est pas si facile que ça la fécondation in vitro, parce qu’il y a incontestablement des inconnues liées aux espèces, et chez le singe notamment ça fonctionne très mal. Chez la lapine, c’était en 1960, chez la vache ça a été après, très vite. C’était extrêmement enthousiasmant, parce qu’il y avait ce sentiment qu’il y avait là une possibilité qui allait résoudre beaucoup de problèmes sur lesquels on passait des heures et des heures en chirurgie, où on voyait bien que les couples étaient détruits. C’était un espoir. Evidemment dès que ça s’est réalisé, même la première fois, ça a été un “boost” important tant sur le plan scientifique qu’humain. J’étais allé voir Bob Edwards, avant même la naissance de Louise Brown, donc quand il y a eu cette grossesse cela m’a beaucoup stimulé. Je suis allé en stage en Australie, où ils travaillaient aussi sur la question, dans les années 1980-81 et il y avait énormément de points scientifiques qui étaient passionnants et puis de points sociologiques, humains, culturels et éthiques aussi. Pour nous, cela va marquer la naissance de l’éthique, non seulement le président Mitterrand va créer le Comité National d’Éthique mais c’est la première fois que de façon aussi organisée, il va y avoir la nécessité d’avoir une réflexion éthique, peut-être dans le domaine des greffes aussi, mais c’est à peu près à la même période, et ensuite on va passer de l’éthique au droit. L’essor de la FIV en France fut. C’est le Groupe d’étude de la fécondation in vitro en France), qui centralise les informations provenant des divers centres, et.
Évolutions Technologiques et Médicales de la PMA
Depuis les années 1980, la PMA a connu de nombreuses évolutions, à la fois sur le plan technologique et médical. De nouvelles techniques ont vu le jour, comme la FIV-ICSI (fécondation in vitro avec micro-injection), qui consiste à injecter directement un spermatozoïde dans l'ovocyte. Cette technique a permis de résoudre de nombreux problèmes d'infertilité masculine.
Le DPI (Diagnostic Pré-Implantatoire) permet de sélectionner des embryons sur un critère génétique. Cette technique est uniquement et strictement réservée aux familles présentant des maladies génétiques incurables.
La recherche vise à améliorer les techniques utilisées, de manière à augmenter les chances de succès de grossesse. Afin d’y parvenir, plusieurs voies sont l’objet de recherche :
- Mieux sélectionner les gamètes à féconder : Cette sélection passe par l’identification de marqueurs de qualité. L’IMSI (Intracytoplasmic Morphologically Selected sperm Injection) par exemple, consiste à « sélectionner » les spermatozoïdes destinés à être micro-injectés selon leur morphologie examinée à un fort grossissement. Par ailleurs, une équipe Inserm travaille sur un marqueur qui permettrait d’augmenter les chances de succès de FIV : l’ADN libre.
Aspects Légaux et Éthiques de la PMA en France
La PMA est un dispositif légal en France, institué par une loi du 30 juillet 1994 et modifié par une autre du 6 août 2004. L’objectif de la PMA est de concevoir un enfant sans rapport sexuel afin de pallier les carences dans la fonction procréatrice. La PMA est légale pour contrer la stérilité ou pour éviter la transmission d’une maladie de la part d’un parent à l’enfant.
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L’exigence initiale (de 1994) pour pratiquer une PMA était qu’elle provienne d’un couple marié ou vivant ensemble depuis au moins 2 ans et en âge de procréer. La loi de 2004 ne maintient plus que l’exigence d’un homme et d’une femme en couple et vivant, toujours en âge de procréer. Ainsi tout décès, toute séparation ou toute rupture du consentement d’un membre du couple ainsi qu’une ménopause de la femme interrompt le processus de PMA. Seuls des centres spécialisés peuvent procéder à la PMA.
Pour nous, cela va marquer la naissance de l’éthique, non seulement le président Mitterrand va créer le Comité National d’Éthique mais c’est la première fois que de façon aussi organisée, il va y avoir la nécessité d’avoir une réflexion éthique, peut-être dans le domaine des greffes aussi, mais c’est à peu près à la même période, et ensuite on va passer de l’éthique au droit.
PMA et GPA : Deux Techniques Distinctes
Il est important de distinguer la PMA de la GPA (Gestation pour autrui). La GPA est une technique de procréation par laquelle une femme porte l’enfant à naître d’un couple afin que l’enfant se développe dans son utérus. L’ovule peut être issu de la mère génétique de l’enfant ou directement de la mère porteuse.
La principale différence entre la PMA et la GPA est qu’il n’est pas illégal de procéder à une PMA à l’étranger, contrairement à la GPA. Le droit français interdit la convention qui porte sur gestation pour autrui (art 16-7, 16-9 du code civil). Les GPA doivent donc se faire à l’étranger.
PMA à l'Étranger et Reconnaissance des Filiations
Certains couples ont recours à la PMA à l'étranger, notamment pour les couples de femmes qui souhaitent avoir un enfant. Une question s'est posée concernant la légalité d'une telle pratique et la possibilité pour la conjointe de la mère biologique d'adopter l'enfant. La Cour de Cassation a finalement admis la transcription sans aucune retouche de l’état civil de l’enfant s’il figure bien dessus le nom du père biologique et de la mère porteuse. Il reste pour la mère d’intention l’option d’adopter l’enfant.
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L'Anonymat du Don de Gamètes en Question
En France, le don de gamètes est protégé par l'anonymat depuis plus de 40 ans. Cependant, des voix s'élèvent pour demander la levée de cet anonymat, afin de permettre aux enfants issus de dons de connaître leurs origines.
Des associations militent pour "un accès à ses origines". Pour son président Vincent Bres, les tests ne sont pas la solution idéale. mais c'est la seule. Notre demande est pour qu'après une loi il n'y ait plus à subir, à se retrouver face au mur de l'anonymat.
Si la levée de l'anonymat n'est pas envisagée, l'accès à des données non identifiantes comme les antécédents médicaux est la piste qui fait le plus consensus. L'idée c'est que ces données ne puissent pas un jour perturber les enfants en demande.
La PMA Aujourd'hui : Chiffres Clés et Perspectives
Aujourd'hui, environ 350 000 bébés sont conçus chaque année par FIV en France et un enfant sur 30 naît chaque année grâce à la PMA. En 2015, 3,1% des enfants sont nés grâce à une AMP, soit une naissance sur 32 environ.
L’AMP s’adresse à des couples en âge de procréer chez lesquels une infertilité a été reconnue par un professionnel de santé. Seuls les couples hétérosexuels peuvent avoir recours à l’AMP en France, mais la situation pourrait évoluer : en juin 2017, le Comité consultatif national d’éthique s’est prononcé sur l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes et aux femmes célibataires.
Les spécialistes préfèrent souvent parler de chances de grossesse qui indiquent le succès de l’AMP, mais n’aboutissent pas toujours à une naissance (fausses couches, interruptions médicales de grossesse…). Les chances de grossesse varient ainsi en moyenne de 10% à 22% par tentative, en fonction des techniques utilisées.
