Le sommeil est un pilier fondamental de la santé et du développement de l'enfant. Il évolue considérablement de la naissance à l'adolescence, avec des besoins spécifiques à chaque étape. Cet article vous propose des conseils de pédiatres pour optimiser l'heure du coucher de votre enfant et favoriser un sommeil réparateur.

L'importance du sommeil pour l'enfant

Le sommeil joue un rôle essentiel dans la croissance, le développement cérébral, la mémoire et toutes les fonctions cognitives. Prendre soin du sommeil de son enfant, c’est lui assurer un développement harmonieux. Un sommeil de qualité est essentiel à toutes les étapes de la vie, mais il est particulièrement important durant la croissance. Chaque tranche d’âge, des bébés aux ados, a des besoins spécifiques en matière de sommeil pour un développement optimal.

Aménager l'espace de sommeil

Pendant les six premiers mois, il est préférable d’installer le lit de bébé dans la même chambre que les parents. C'est mieux pour sa sécurité et facilite les interventions nocturnes. Passé l’âge de six mois, bébé peut dormir dans une autre pièce si le logement s’y prête. Dès la naissance, on installe bébé dans son propre lit. Un lit à barreau peut accompagner bébé longtemps. Dans tous les cas, le lit doit comporter le marquage CE ou NF avec la mention « conforme aux exigences de sécurité ». Et s’il est neuf, on le déballe le plus tôt possible avant l’arrivée de bébé afin de le laisser bien s'aérer.

Avant six mois, tous les objets mous qui risquent de couvrir la tête ou le visage de bébé peuvent être dangereux. Alors, on choisit un matelas ferme, adapté aux dimensions du lit et on fixe bien le drap housse dessus. Pour la turbulette (ou « gigoteuse ») l’important c’est qu’elle soit à la bonne taille. On couche bébé toujours sur le dos, à plat, sans oreiller, coussin, couverture, tour de lit, ni doudou à proximité.

Respecter le rythme de sommeil de bébé

Juste après la naissance, « l’horloge biologique », qui règle les horaires d’éveil et de sommeil de bébé, n’est pas encore ajustée. Au fil des semaines, l’horloge biologique se règle progressivement. Le rythme entre les moments de sommeil et ceux d’éveil devient plus régulier. Pour accompagner cette évolution, mieux vaut ne pas forcer. Il est inutile d’essayer d’imposer des horaires. Au contraire, on évite de réveiller notre bébé quand il dort et on va le coucher sans trop attendre quand il montre des signes de sommeil. Il est normal que bébé bouge en dormant, et il n’est généralement pas nécessaire d’intervenir. Par moments, il peut bouger beaucoup, faire des mimiques, pleurnicher, grogner. C’est ce qu’on appelle le « sommeil agité » et c’est une phase tout à fait normale du sommeil. Mais si on sent bébé trop agité, qu’il gémit ou qu’il est inconfortable, on peut intervenir pour le rassurer, l’apaiser par notre présence et l’aider à se rendormir. On peut lui proposer à boire s’il montre des signes de faim. Mais il ne se réveille pas forcément parce qu’il a faim. Il peut aussi avoir besoin d’être câliné et rassuré. Pour l’aider à se rendormir, mieux vaut rester dans une ambiance calme, sans bruits et sans lumière forte.

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Aider bébé à faire ses nuits (6 mois à 1 an)

Pour qu’un bébé fasse ses nuits, il faut d’abord qu’il soit capable de s’endormir seul. Il faudra coucher votre bébé encore éveillé afin qu’il apprenne à trouver son sommeil tout seul. Il est important de renforcer les signaux de sommeil avec un rituel de coucher et des horaires de lever, de coucher, de repas et de siestes réguliers.

Au moment des éveils nocturnes, il est important de laisser au bébé le temps de retrouver son sommeil. Ces éveils sont normaux : le bébé reste éveillé plusieurs minutes et se rendort souvent sans intervention des parents. Pendant cette période d’éveil, les bébés jouent, gazouillent et parfois pleurent. Si les parents interviennent au premier signe d’éveil, le bébé n’a pas le temps de se rendormir seul.

En principe, à partir de 6 mois, le bébé n’a plus besoin de tétées pendant la nuit. S’il est encore alimenté pendant la nuit, il faudra essayer de supprimer les tétées, soit totalement, soit en diminuant progressivement la quantité de lait des biberons. Ne pas associer le biberon du soir à l’endormissement, il devra être pris en dehors de la chambre, en dehors du lit. Il faudra, enfin, diminuer progressivement sur 10 à 15 jours la quantité et la qualité de chaque biberon nocturne.

Maintenir un bon sommeil (1 à 3 ans)

Gardez un rituel de coucher et privilégiez ce moment particulier avec votre enfant. Utilisez le même rituel de coucher en vacances, le week-end et en semaine. Observez votre enfant et essayez de trouver l’heure de coucher qui lui convient. Gardez des horaires réguliers de coucher, de lever, de siestes et d’activités. Trouvez des activités stimulantes pendant la journée.

L'évolution du sommeil au cours de l'enfance

De la naissance à la fin de l’adolescence, la durée moyenne de sommeil et sa structure évoluent. Il existe des différences inter-individuelles dès le jeune âge : il y a des courts et des longs dormeurs.

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Le sommeil du bébé n’est pas de tout repos ! Il faut du temps et de la patience pour que tout se mette en place, et les difficultés sont nombreuses. Mais le bon sommeil s’apprend. Le sommeil de l’enfant s’inscrit dans la continuité du sommeil du nourrisson. Il va continuer tout au long de l’enfance sa maturation pour se stabiliser peu à peu et présenter de plus en plus de caractéristiques communes avec le sommeil de l’adulte. Il est important de mettre en place des mesures adaptées et, éventuellement, de prendre en charge par exemple, des difficultés d’endormissement ou de réveils nocturnes persistants. De plus, à cette période de la vie, le sommeil, en pleine maturation, est plus propice à la survenue de ce que l’on appelle les parasomnies. Les durées recommandées de sommeil par 24 heures dépendent avant tout de l’âge de l’enfant. Attention, les particularités individuelles de l’enfant sont à prendre en compte pour fixer des horaires ou des objectifs de sommeil : est-il court ou long dormeur ? Au cours de ces dernières décennies, le temps de sommeil moyen des enfants a diminué du fait d’un coucher plus tardif le soir, souvent lié à des contraintes d’organisation familiale lorsque les deux parents travaillent, mais également aux nouvelles activités de la soirée.

L’organisation du sommeil de l’enfant, dépend comme chez l’adulte, d’une part, d’un système relié à la pression du sommeil (on parle de régulation homéostatique) et, d’autre part, d’un système relié à l’alternance du jour et de la nuit (on parle de régulation circadienne). Le sommeil devient principalement nocturne entre 3 et 6 ans suivant les enfants. L’enfant s’endort en sommeil lent. Entre 2 et 6 ans, le temps d’apparition du sommeil paradoxal s’allonge, passant de 1 à 2 heures à 6 ans. Tout enfant présente dans la nuit quelques moments d’éveil d’une durée de quelques minutes. Le rythme de sommeil peut rapidement être perturbé par un environnement non propice ou par des habitudes de vie inadéquates. Chez l’homme, l’horloge biologique principale est située dans les noyaux suprachiasmatiques, minuscule zone cérébrale profondément enfouie dans le cerveau. Véritable chef d’orchestre, elle coordonne les différents rythmes du corps : lancement du sommeil après l’éveil, rythme des sécrétions hormonales, variations de la température du corps, des divisions cellulaires… Elle a son rythme propre qui est proche de 24 heures (plutôt moins de 24 heures pour les individus du matin et plus de 24 heures pour ceux du soir). Elle disparaît en général entre 3 et 6 ans. Cependant, il n’est pas rare qu’un enfant de 2 ans ne fasse plus de sieste, surtout si la durée de son sommeil de nuit est importante. L’enfant entre 4 et 12 ans est normalement très vigilant dans la journée. Il semble en forme mais s’endormira rapidement le soir, dans un sommeil très profond. Il est important de réfléchir à la question des limites données par l’adulte, et qui souvent conditionnent le coucher. Le juste milieu est difficile à trouver. Il faut éviter des règles trop strictes qui répondent souvent à des impératifs éducatifs : « un enfant ça » se couche à 8 heures, dort 12 heures… Il faut prendre en compte le fait qu’il y a des petits et des gros dormeurs, des lève-tôt et des couche-tard, ce n’est pas toujours pareil dans une même fratrie. Néanmoins il faut parfois savoir être ferme et poser des limites sur le coucher de l’enfant. Outre le rituel du coucher avant l’endormissement, le coucher se prépare dès que le repas du soir est terminé : se laver les dents, aller aux toilettes, arrêter toutes les activités stimulantes (jeux…) et proscrire la télévision ou les écrans qui vont gêner l’installation du sommeil. Il est tout à fait habituel et même souhaitable qu’un nourrisson fasse une sieste en fin d’après midi quand il en a fait une en début d’après midi. En revanche, s’il devient grognon, se frotte les yeux… n’hésitez pas à le coucher à ce moment là.

Les troubles du sommeil chez l'enfant

Un tiers des enfants d’âge scolaire présenterait des troubles du sommeil, lesquels seraient liés à des difficultés d’apprentissage.

Ressources et outils

Sommeilenfant.org est la conjoncture d’une action bénévole pour venir en aide aux parents dont un enfant présente des difficultés de sommeil et d’une consultation psychologique du sommeil.

Conseils supplémentaires

  • En diminuant l’intensité de la lumière le soir et ouvrant grand les volets le matin, on marque la différence entre l’environnement de la journée et celui de la nuit. Cela fait des points de repères pour les rythmes de bébé qui se construisent.
  • Quand bébé grandit, les routines l'aident à s’endormir. En répétant tous les soirs les mêmes gestes au moment du coucher, bébé comprend que c’est le moment de dormir et il se prépare au sommeil.

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