Introduction

Héliopolis, dont le nom grec signifie "ville du soleil", se révèle être un site d'une importance capitale dans l'histoire et la mythologie égyptiennes. Connue dans l'antiquité sous le nom d'Onou ou Iounou, "la ville du pilier", elle fut la capitale religieuse de l'Égypte antique et du 13ème nome de Basse-Égypte, le nome "du Sceptre intact" ou "du souverain fort". Plus qu'une simple cité, Héliopolis était le centre du culte solaire, un lieu de pèlerinage et un berceau de savoir, dont l'influence s'étendit bien au-delà des frontières de l'Égypte. Cet article explore en profondeur l'histoire, la mythologie et l'héritage d'Héliopolis, en s'appuyant sur les connaissances actuelles et les découvertes archéologiques.

Héliopolis, Centre du Culte Solaire

Héliopolis était essentiellement connu pour être le principal lieu de culte des divinités liées au soleil sous la forme d'une triade : le dieu Khépri, représentant le soleil renaissant ; le dieu Rê, le soleil à son zénith et le dieu Atoum, le soleil couchant. Ainsi, d'après la mythologie égyptienne, le dieu solaire en constante transformation est à l'origine de la création du monde. Il renaît chaque jour pour disparaître chaque soir et continue ainsi son cycle éternel.

Le Dieu Atoum et la Création

À l'origine, Héliopolis était consacrée au dieu Atoum, qui occupait la place du créateur dans la genèse des divinités égyptiennes. Plus tard, il deviendra la personnification du soleil couchant sous la forme du dieu Rê. Atoum fut vénéré dans le temple principal, connu sous le nom de Per-Ath "Grande Maison" et Per-Atoum "Temple d'Atoum".

La cosmogonie d’Héliopolis décrit comment le monde a été créé à partir du chaos primordial par le dieu créateur Atoum, et met en avant l’Ennéade, un groupe de neuf divinités essentielles dans la mythologie égyptienne.

Issu du Noun, l’océan primordial de chaos, il crée le monde en engendrant Shou et Tefnout à partir de son propre corps. Ce processus enclenche la formation de l’univers, menant à la création de la terre (Geb) et du ciel (Nout), ainsi qu’à l’apparition de forces cosmiques et naturelles représentées par leurs enfants Osiris, Isis, Seth et Nephthys.

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Toutes les cosmogonies admettaient alors l'existence d'un principe créateur ! Nonobstant, chaque nome devait bien voir en son netjer tutélaire le véritable démiurge ! Vous savez, cette déité qui devait être à l'origine de la création…

Le Taureau Mnévis et Hathor

On y adorait aussi le dieu taureau Mnévis, animal sacré, incarnation terrestre vivante d'Atoum puis du dieu Rê, choisi par les prêtres selon des critères très stricts. Le taureau sacré était gardé dans le temple d'Héliopolis où il paissait dans un enclos sacré et à sa mort, il était enterré avec tous les honneurs. Plusieurs tombes de ces animaux furent mises au jour dans la cité au nord de l'enceinte du temple de Ra.

La ville était également le siège d'un culte de la déesse Hathor, dame du sycomore. Selon la légende, c'est à Héliopolis, au milieu d'un bois sacré, que se trouvait l'arbre-ished, un perséa sacré, sur les fruits auxquels Thot inscrivait les noms de chaque souverain, héritier du trône d'Horus. On y vénérait aussi Nebethetepet "la dame de la satisfaction", déesse coiffée de cornes de vache entourant un disque solaire. Elle fut créée tardivement en tant que contrepartie féminine d'Atoum, au même titre que la déesse Ioûsas.

L'Ennéade d'Héliopolis

La cosmogonie d’Héliopolis met en avant l’Ennéade, un groupe de neuf divinités essentielles dans la mythologie égyptienne.

L’Ennéade d’Héliopolis est composée de neuf dieux majeurs : Atoum, Shou, Tefnout, Geb, Nout, Osiris, Isis, Seth et Nephthys. Atoum, le dieu créateur, est au sommet de cette hiérarchie. Shou et Tefnout, ses enfants, représentent respectivement l’air et l’humidité. Geb et Nout, leurs enfants, représentent la terre et le ciel. Osiris, Isis, Seth et Nephthys sont les descendants de Geb et Nout, avec des rôles importants dans les croyances funéraires et cosmiques.

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Les figures de cette Ennéade, telles qu’Osiris, Isis, Seth et Nephthys, jouaient des rôles cruciaux dans les mythes de création, de mort et de renaissance, qui ne sont pas seulement des récits religieux mais aussi des reflets des cycles naturels et cosmiques observés par les Égyptiens. Ces histoires étaient intégrées dans les rituels quotidiens et les grandes célébrations, renforçant ainsi le lien entre le cosmos, la divinité et la société égyptienne.

  • Osiris et Isis, figures centrales du panthéon

Osiris, dieu de la résurrection et de la fertilité, est l’une des divinités les plus vénérées. Il est souvent représenté comme un homme momifié portant la couronne Atef. Il symbolise le cycle de la vie et de la mort.

Isis, sœur et épouse d’Osiris, est la déesse de la magie et de la maternité. Elle est reconnue pour ses pouvoirs protecteurs et est souvent décrite avec une coiffe représentant un trône. Elle joue un rôle crucial dans le mythe de la résurrection d’Osiris, cherchant et réunissant les morceaux de son corps après son assassinat.

  • Seth, Geb, Nout : un conflit divin

Seth, le frère de Geb et de Nout, est lié à la violence et au chaos. Connu pour son conflit avec Osiris, il assassine ce dernier pour usurper le trône. Son rôle illustre le déchirement et les luttes de pouvoir au sein du panthéon égyptien.

Geb, dieu de la Terre, et Nout, déesse du Ciel, sont les parents de Seth et Osiris. Ils sont souvent représentés séparés les uns des autres par Shu, le dieu de l’air, illustrant l’ordre cosmique. Geb est montré allongé, tandis que Nout est archée au-dessus de lui, soutenue par Shu.

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  • Horus, l’unification de l’Égypte

Horus, fils d’Osiris et Isis, est vénéré comme le dieu du ciel et de la royauté. Il est souvent représenté sous la forme d’un faucon ou d’un homme avec une tête de faucon, portant la double couronne symbolisant l’unification de la Haute et de la Basse-Égypte.

Après la mort d’Osiris, Horus engage une série de batailles contre Seth pour venger son père et revendiquer le trône légitime. Son triomphe marque l’établissement de l’ordre et de la justice, et il devient une figure centrale pour la légitimité des pharaons, considérés comme ses descendants divins.

Le Soleil, Source de Vie

Le soleil, considéré comme un élément central dans la mythologie égyptienne, est souvent représenté par le dieu Rê. Les divers aspects de Rê symbolisent différentes phases du cycle solaire. Le culte du soleil était pratiqué dans des lieux spécifiques avec des symboles particuliers influençant la culture.

Le cycle quotidienne du soleil est divisé en trois phases associées à Rê :

  • Le lever du soleil (Khépri) symbolise la création et la renaissance.
  • Le soleil à son zénith, (Rê), représente la plénitude et la puissance.
  • Le soleil couchant (Atoum) évoque la fin d’un cycle et la transition vers le monde souterrain.

Ces aspects sont intégrés dans les rituels et les récits mythologiques.

Le Culte Solaire et ses Lieux de Pratique

Le culte du soleil était un élément majeur de la religion égyptienne. Les Égyptiens construisaient des temples dédiés à Rê, tels que Héliopolis, centre du culte du soleil. Les obélisques, souvent érigés en l’honneur de Rê, servaient aussi à capter les premiers rayons de l’astre solaire.

La symbolique solaire, souvent représentée par le disque solaire, symbolise la vie et l’énergie divine. Les obélisques et d’autres architectures monumentales sont ornées de représentations de l’astre solaire. L’œil de Rê est un symbole protecteur et puissant, utilisé pour éloigner les forces du mal et assurer la régénération.

Héliopolis à Travers l'Histoire

Bien que les textes nous indiquent qu'Héliopolis fut un centre important pour la religion, la théologie, les sciences et la littérature, on ne sait que relativement peu de choses de la cité antique. La ville fut occupée depuis la période pré-dynastique (v.3500-v.3150 avant J.C.). Elle fut le berceau de la monarchie et elle entra dans l'histoire aux environs de 2900 avant J.C. du roi Djoser (-2628 à -2609 avant J.C., IIIe dynastie) jusqu'au pharaon Ptolémée II Philadelphe (282-246), l'œuvre monumentale des souverains y fut considérable.

Apogée et Déclin

La cité se développa surtout sous le Nouvel Empire, comme capitale religieuse, lorsque Rê, sous le nom d'Amon-Rê, devint le dieu principal du panthéon égyptien. Le mythe d'Atoum lui aussi fusionna à cette époque dans le panthéon avec celui de Rê, qui était également le créateur et un dieu solaire, sous le nom d'Atoum-Rê, sous l'aspect d'un vieillard courbé. Héliopolis fut à cette période la seconde métropole après Thèbes. La ville fut également la source d'origine du culte de l'Ennéade du panthéon.

Au cours de la période d'Amarnienne, le pharaon Akhenaton (ou Amenhotep IV) introduisit le monothéiste avec le culte d'Aton, dieu du disque solaire. Héliopolis se vit alors doter, pour diviniser ce dernier, d'un temple qui lui fut consacré nommé Ouetjes Aton "En donnant au disque solaire". Ahmose sera Grand prêtre de Rê à Héliopolis sous le règne de son frère (ou demi-frère) Thoutmôsis IV. Une stèle lui étant attribuée se trouve aujourd'hui au musée de Berlin et une statue brisée le représentant se trouve dans celui du Caire.

Cependant, la cité commença à décliner à la fin de la période dynastique, surtout après la fondation d'Alexandrie et les Ptolémée la négligèrent complètement. Strabon, lors de sa visite, nous décrit une ville désertée, presque inhabitée. À l'époque romaine, Héliopolis appartint à l'Augustamnique, qui était une province romaine issue du démembrement lors du Bas-Empire. Selon Pline l'Ancien (écrivain et naturaliste romain, 23-79 après J.C), à cette époque sa population contenait un élément considérable d'Arabes. La ville était alors éclipsée depuis près de 300 ans par l'autre ville-lumière, Alexandrie devenue le nouveau phare de la civilisation.

Vestiges et Découvertes

Aujourd'hui, la ville est en grande partie détruite, ses temples et autres bâtiments ayant été utilisés pour la construction du Caire au Moyen-âge et peuvent être vus dans certaines parties de la ville. Cependant, sa partie enfouie sous la métropole du Caire nous révèle de temps en temps des richesses, comme en 2005 dans le quartier de Mostorod, qui jouxte la partie du site qui livra les monuments de Ramsès III et de ses successeurs, à l'occasion d'un chantier immobilier, toute une partie du parvis occidental de cet ensemble de temples fut mise au jour exigeant l'intervention du Conseil suprême des antiquités égyptiennes afin d'ordonner des fouilles d'urgence de sauvetage.

Du grand temple dédié à Rê et de ses quartiers pour les prêtres, il ne reste plus rien sauf une partie du tracé de l'enceinte du principal sanctuaire et un obélisque qui fut érigé sous le règne du roi Sésostris I pour fêter le jubilé de ses 30 ans de règne (fête Sed). Il est en granit rouge et fait 20,70 mètres de haut pour un poids de 120 tonnes. Il marquait sans doute, avec d'autres, l'entrée d'un des principaux temples. Plus tard, les Romains, lors de l'occupation du pays, retirèrent les nombreux obélisques de la ville pour orner les villes du Nord du Delta et utilisèrent les pierres des édifices de la ville comme matériaux de construction pour d'autres cités.

La moitié de la surface décrite au XIXème siècle par les explorateurs de Napoléon, lors de la campagne d'Égypte, est actuellement sous la ville moderne. Le plan général de ce grand temple consacré à Rê est assez identique aux temples solaires construits par les rois de la Vème dynastie retrouvés à Abou Ghorab dont il se serait inspiré. Depuis le début de l'histoire du pays, au fil des dynasties, les rois érigèrent dans le sanctuaire des obélisques à la gloire du dieu-soleil. De plus, on a retrouvé des vestiges de constructions dédiés aux dieux Geb et Seth, deux des neuf divinités de la Grande Ennéade qui étaient vénérées à Héliopolis, datant du règne du roi Djoser.

Les Textes Sacrés et la Littérature Mythologique

Les textes religieux et mythologiques jouent un rôle crucial dans la compréhension de l’ancien culte d’Héliopolis. Ils révèlent comment les mythes étaient recueillis et transmis, et témoignent de l’importance des écrits dans les rituels et croyances.

Les Textes des Pyramides sont parmi les plus anciens écrits religieux connus d’Égypte antique. Gravés dans les pyramides de la Ve et VIe dynastie, ces textes décrivent les voyages du pharaon dans l’au-delà. Ils contiennent de nombreuses références aux mythes héliopolitains.

Ces écrits témoignent de la diffusion des mythes à travers les âges. Ils apportent des détails sur les dieux et les légendes associées à Héliopolis. Par exemple, ils mentionnent souvent Atoum et le cycle créateur. Les Textes des Pyramides montrent comment les mythes étaient utilisés pour justifier le pouvoir divin du pharaon.

Les Textes des Sarcophages et le Livre des Morts, produits ultérieurement, continuent cette tradition. Ils révèlent l’évolution et l’adaptation des mythes héliopolitains dans des contextes funéraires et rituels variés.

Les écrits avaient une place centrale à Héliopolis. Les prêtres y tenaient des archives détaillées de rituels, hymnes et prières. Ces documents assuraient la continuité des pratiques religieuses et la préservation des mythes.

Les inscriptions sur les murs des temples et les papyrus étaient fréquemment utilisés. Ils servaient à instruire les prêtres et à guider les cérémonies. Le mythe d’Osiris et Isis, par exemple, était souvent récité lors des rites de renouvellement.

Les textes mythologiques et religieux renforçaient le lien entre les dieux et les hommes. Ils permettaient aux prêtres et aux croyants de comprendre et de participer activement au culte. Ainsi, l’écriture était un moyen essentiel pour transmettre la richesse mythologique d’Héliopolis et garantir sa pérennité.

Le Clergé et les Rituels Religieux

Héliopolis occupait une place centrale dans la mythologie égyptienne, et le clergé jouait un rôle crucial dans les rituels religieux. Les prêtres d’Héliopolis supervisaient diverses cérémonies dédiées aux dieux, reflétant ainsi l’importance de la religion dans la vie quotidienne.

Les prêtres d’Héliopolis étaient parmi les plus éminents d’Égypte. Ils servaient principalement le dieu Rê, le dieu solaire. Leur influence s’étendait au-delà des limites de la ville grâce à leur association avec le culte national.

Le grand prêtre, connu sous le titre de « Hem-netjer-tepi », détenait une autorité sacrée et administrative. La formation des prêtres était rigoureuse, incluant des connaissances en théologie, en écriture hiéroglyphique, et en liturgie.

Chaque matin, les prêtres ouvraient les portes du sanctuaire pour éveiller le dieu Rê, en récitant des hymnes solennels. Cette cérémonie quotidienne démontrait leur rôle central dans le maintien de l’équilibre cosmique.

Les cérémonies à Héliopolis étaient grandioses et impliquaient des rituels complexes. L’une des cérémonies les plus importantes était le « Heb-Sed », un rite de renouveau royal célébrant le pouvoir du pharaon et son lien divin avec Rê. Les prêtres orchestrèrent ces rites pour assurer la continuité de la monarchie divine.

Les rituels incluaient également des offrandes quotidiennes composées de pain, de fruits, et d’encens. Ces offrandes visaient à nourrir les dieux figurativement, assurant ainsi leur bienveillance. Les prêtres utilisaient des objets sacrés, placés sur des autels ornés de symboles mythologiques, pour accomplir ces actes.

Pendant les festivités, des processions solennelles avaient lieu, où les statues des dieux étaient transportées à travers la ville. Cela permettait aux fidèles de rendre hommage et de recevoir bénédictions. Le rôle des prêtres était donc essentiel pour la cohésion religieuse et sociale de la communauté.

Les Obélisques d'Héliopolis et leur Dispersion

Au cours de l'âge d'or d'Héliopolis, de nombreux obélisques ornaient la cité égyptienne. La symbolique qu'ils portaient était qu'à leur sommet était apparu pour la première fois le soleil comme il apparaît chaque matin. Cependant, au fil des siècles, ils furent retirés et envoyés pour orner les grandes villes grecques et romaines.

Par exemple les "Aiguilles de Cléopâtre", qui est le surnom donné à deux obélisques datant du règne du pharaon Thoutmôsis III, marquaient à l'époque romaine l'entrée du Cæsarium. Ces obélisques n'ont aucun rapport avec les reines Cléopâtre de la période Ptolémaïque. Aujourd'hui, l'une des Aiguilles de Cléopâtre se trouve à Londres, sur la rive de la Tamise et l'autre dans Central Park à New York. Un autre obélisque, d'une hauteur de plus de 23 m datant du pharaon Séthi I, se trouve actuellement sur la Piazza Del Popolo à Rome.

Héliopolis, aujourd'hui, possède encore le plus ancien obélisque toujours dans sa position initiale.

Héliopolis Moderne

Le site archéologique d'Héliopolis couvre aujourd'hui les quartiers d'Aîn-ech-Chams "L'Œil du Soleil", de Matarieh et de Tell el-Hisn. Son nom est également attribué de nos jours à un quartier de la banlieue du Caire, également connu sous le nom arabe, Masr al-gidedah. La cité antique se situait au sud du delta du Nil à environ 10 km au Nord-est de ce quartier du Caire.

Depuis la nuit des temps, Héliopolis évoque une ville mystérieuse de l'Egypte ancienne qui, en Orient comme en Occident ; nourrit l'imaginaire collectif. Cette cité d'au moins 4500 ans se situe à la pointe du delta du Nil, n'est pas seulement le fruit d'un rêve. Lieu de séjour pour les voyageurs de l'Antiquité, lieu de pèlerinage depuis le Moyen Age et berceau d'une ville nouvelle créée de toute nièce à l'aube du XXe siècle par le capitaine d'industrie Edouard Empain, Héliopolis fait désormais partie du Caire. Elle tire son originalité et son dynamisme actuels du dialogue entre les cultures dont elle est l'expression et qui la distingue, aujourd'hui encore, comme un des lieux les plus remarquables de cette métropole.

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