L'hormone gonadotrophine chorionique humaine (hCG), souvent appelée « hormone de grossesse », joue un rôle crucial dans le maintien de la grossesse, notamment pendant la phase lutéale du cycle menstruel. Cet article explore en profondeur le rôle de l'hCG, ses effets sur le corps, et son importance dans la phase lutéale.

Qu'est-ce que l'hCG?

L'hCG, abréviation de gonadotrophine chorionique humaine, est une hormone produite par le placenta après la nidation. Sa concentration augmente rapidement après la nidation, le taux d’hCG doublant environ tous les 1,3 à 2 jours. Jusqu’au jour de l’absence de menstruation, la valeur est déjà d’environ 100 mlU/ml. Les valeurs maximales d’environ 100.000 à 200.000 mUI/ml sont atteintes entre la 8e et la 12e semaine de grossesse. Ensuite, le placenta peut produire lui-même les hormones nécessaires au maintien de la grossesse, comme la progestérone.

Effets de l'hCG sur le corps

L'hCG a plusieurs effets importants sur le corps, en particulier pendant la grossesse. Dans les cycles sans fécondation, le corps jaune meurt normalement dans la deuxième moitié du cycle après l'ovulation, puis les règles commencent. Toutefois, si une fécondation et une nidation ont lieu et que l’hormone hCG est libérée par le placenta, l’hormone de grossesse veille à ce que le corps jaune soit maintenu. La production de progestérone et d‘œstrogènes se poursuit donc.

L'hCG peut être détectée environ 11 jours après l'ovulation. Un test de grossesse précoce est alors approprié. Les tests normaux sont généralement effectués le premier jour de l’échéance des règles. D’ailleurs, comme l’urine peut s’accumuler dans la vessie pendant la nuit, c’est l’urine du matin qui contient le plus d’hormone de grossesse.

La bandelette de ces tests contient des anticorps hCG. Si le test entre en contact avec une certaine concentration dans l’urine ou le sang, alors le test réagit et donne un résultat positif. Les tests sont généralement connus comme des tests de grossesse, ils se présentent souvent sous forme de tests urinaires. Cependant, il peut également être mesuré avec un test sanguin.

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Phase lutéale: une étape clé du cycle menstruel

La phase lutéale du cycle menstruel correspond au moment entre l’ovulation et le premier jour de vos règles. La phase lutéale correspond au moment entre l’ovulation et les règles suivantes. Eh bien, il est généralement admis que la phase lutéale dure du jour 15 au jour 28 au cours d’un cycle de 28 jours. Le jour de début de la phase lutéale dépend du jour de l’ovulation. De plus, même au cours d’un cycle typique de 28 jours, des variations concernant la date exacte de l’ovulation peuvent souvent être observées.

Bien que l’ovulation ait le plus couramment lieu au jour 15 d’un cycle menstruel, une étude de Soumpasis et al. (2020)1 a constaté que dans les cycles d’une durée de 28 jours, le jour réel de l’ovulation variait sur une période de 10 jours. Une autre étude menée par Crawford et al. La phase lutéale de votre cycle peut débuter sans que vous ne remarquiez de symptôme. Cependant, après l’ovulation, les taux hormonaux de votre corps fluctuent ; en effet, le corps jaune libère de la progestérone jusqu’à ce qu’il rétrécisse et meure (si la conception n’a pas lieu). Chez une femme, la progestérone produite par le corps jaune après l’ovulation provoque une légère augmentation de la température corporelle basale, d’environ 0,3 à 0,6 degré Celsius. Cette température restera élevée jusqu’à l’arrivée de vos règles ; votre température corporelle basale reviendra à sa valeur normale après leur survenue.

La phase lutéale est importante, car c’est à ce moment que la muqueuse utérine a la possibilité de s’épaissir en vue de l’implantation d’un ovule fécondé. Une phase lutéale courte est définie comme une période de 11 jours ou moins entre le jour de l’ovulation et le premier jour des règles suivantes. Les phases lutéales longues (plus de 14 jours) peuvent être dues à un déséquilibre hormonal, comme celui observé dans le cas du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). L’insuffisance lutéale (parfois appelée anomalie de la phase lutéale) fait référence à une affection caractérisée par une anomalie dans le développement de l’endomètre (la paroi la plus interne de l’utérus). En d’autres termes, si une femme souffre d’insuffisance lutéale, sa muqueuse utérine ne s’épaissit pas correctement chaque mois.

La cause précise est toujours sujette à débat. Cependant, il est possible que la quantité de progestérone sécrétée par le corps jaune soit trop faible. Pour établir un diagnostic, votre médecin peut vous recommander d’effectuer des analyses supplémentaires s’il suspecte une insuffisance lutéale. Si vous souffrez d’insuffisance lutéale, le traitement dépend vraiment de la situation qui vous est propre. Seul votre médecin peut vous conseiller sur la bonne marche à suivre. Prescription de compléments en progestérone (par injection, suppositoires par voie orale ou vaginale) après l’ovulation. Vous pouvez être en phase lutéale et ne rien remarquer de différent, bien qu’il ne soit pas rare de ressentir des symptômes du syndrome prémenstruel au cours des dernières étapes de la phase lutéale et ce, à mesure que le taux de progestérone baisse.

Rôle de l'hCG dans la phase lutéale

Après l’ovulation, le follicule qui a donné l’ovule ou ovocyte (œuf) susceptible d’être fécondé et l’embryon capable de s’implanter va subir des transformations l’amenant à produire l’hormone de la grossesse, la progestérone. Le follicule ainsi transformé s’appelle alors corps jaune. La production de progestérone dure 12-14 jours en l’absence de grossesse. Si l’embryon s’implante et que la patiente est enceinte, l’hormone produite par l’embryon - l’hCG (sert au test de grossesse) - maintient l’activité du corps jaune pendant 6-8 semaines environ. Vers 8-10 semaines de grossesse, la progestérone est exclusivement produite par le placenta et ceci demeure ainsi jusqu’à la fin de la grossesse.

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Le rôle de l’hormone HCG est notamment de garantir le bon fonctionnement du corps jaune et de la sécrétion de progestérone, indispensable au maintien de l’implantation de l’embryon dans l’utérus. Durant les trois premiers mois, le corps jaune va continuer à produire cette hormone de grossesse indispensable. Dans de rares cas, la fausse couche peut être liée à une insuffisance du corps jaune, également appelée insuffisance lutéale.

Diagnostic et exploration de la phase lutéale

Les déséquilibres hormonaux peuvent être primitifs ou secondaires, intermittents ou constants. Ils se traduisent le plus souvent par des signes cliniques révélateurs (anomalie de l’installation de la puberté, excès ou défaut de pilosité, irrégularité des cycles, aménorrhée, stérilité, absence de glaire cervicale, galactorrhée…) associés à des anomalies biologiques. Les éléments anamnestiques et cliniques peuvent avoir une valeur d’orientation parfois bien supérieure à celle des dosages hormonaux.Les dosages hormonaux ne se limitent pas au seul intérêt diagnostique, ils sont aussi largement utilisés dans le monitorage des inducteurs de l’ovulation ou encore dans la surveillance des thérapeutiques de suppression hormonale. Ces dosages doivent être très souvent répétés : en effet, ils constituent un instantané de l'état hormonal à un moment donné.

Elle fait appel au dosage radio-immunologique du 17-estradiol plasmatique qui est le principal œstrogène produit par l'ovaire. Le prélèvement s’effectue vers le 12e jour d'un cycle menstruel normal. En fait, les indications de ce dosage sont rares en pratique courante car l'appréciation de l'imprégnation estrogénique de l'organisme peut bien souvent se faire avantageusement par l'étude clinique : la survenue de bouffées de chaleur nocturnes, l’absence de glaire cervicale, la sécheresse vaginale avec aspect atrophique du frottis cervico-vaginal évoquent sans équivoque une insuffisance estrogénique installée. En cas de doute, le test à la progestérone peut être utile. La survenue d’une hémorragie de privation à l'arrêt du traitement indique l'intégrité des récepteurs utérins et permet de conclure à l'existence d'une imprégnation estrogénique minimale de l'organisme. Dans les aménorrhées montrant une hypoestradiolémie par insuffisance gonadotrope ou ovarienne. A l’inverse, des taux d’estradiol ?

En pratique, la courbe ménothermique suffit bien souvent à apprécier la sécrétion progestéronique. La survenue d’une ascension thermique et d'un plateau thermique se prolongeant pendant plus de 10 jours (effet hyperthermiant de la progestérone) témoigne d’une sécrétion lutéale sans pour autant affirmer de façon formelle la normalité de la sécrétion du corps jaune. A l’inverse, une insuffisance lutéale est évoquée en présence d'un plateau thermique d’une duré inférieure à 10 joursSi une courbe ménothermique normale n'exclut pas la possibilité d'une insuffisance lutéale, il est alors parfois nécessaire, pour évaluer la qualité sécrétoire du corps jaune, de recourir au dosage de la progestérone plasmatique. Mais l’interprétation reste très difficile en raison de la fluctuation des taux plasmatiques de progestérone au cours d’un même cycle et d’un cycle à l’autre. Bien qu’un taux isolé supérieur ou égal à 10ng/ml en milieu de phase lutéale soit considéré comme le témoin d’une sécrétion lutéale adéquate, il est préférable de réaliser trois prélèvements entre le 3e et le 9e jour du plateau thermique dont la somme supérieur ou égal à 15ng/ml témoignerait d’une sécrétion normale en progestérone .

L'exploration de l’activité gonadotrope repose sur les dosages plasmatiques de FSH et de LH. Ils ont supplanté les anciens dosages des gonatrophines urinaires. En pratique 1 ou 2 dosages isolés de LH ou de FSH ne permettent pas de tirer de conclusions fiables. Le taux de FSH est élevé dans les aménorrhées d'origine ovarienne comme par exemple en période post-ménopausique. Le taux de LH est plus particulièrement intéressant dans le cadre des dystrophies ovariennes. Ce dosage a pris une importance capitale dans l'exploration des aménorrhées et des dysovulations. Avant tout bilan, il est important de vérifier que la patiente ne prend pas de traitement hyperprolactinémiant (agents pharmacologiques appartenant au groupe des estrogènes, des oestroprogestatifs, des psychotropes, les antihypertenseurs, les antiémétiques, des morphiniques…). Tout traitement devra être arrêté depuis plus de 48 heures. La prise de sang devra être réalisée à jeun et au repos (le stress et à degré moindre l’apport alimentaire stimulent la sécrétion de prolactine).

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L’hCG est sécrétée par le trophoblaste dès le début de la grossesse et l’évolution des taux d’hCG est parallèle à celle du syncytiotrophoblaste.L'hCG a pour rôle de maintenir l'activité du corps jaune gravidique jusqu'à ce que le placenta prenne le relais. La recherche d’ hCG peut être effectuée par des dosages urinaires ou plasmatiques, qualitatifs ou quantitatifs. Le dosage qualitatif dans les urines fait appel à la méthode immunologique de Wide et Gemzell. Celle-ci permet de diagnostiquer la grossesse à partir de 10 à 15 jours de retard de règles. En fait, cette réaction apprécie la présence de l'ensemble hCG et LH hypophysaire en raison de la parenté de structure existant entre ces hormones. Le dosage quantitatif peut être réalisé dans les urines ; le taux d'hCG totale est généralement exprimé en Unités Internationales (ancien dosage des prolans). Le dosage quantitatif le plus utilisé, parce que le plus sensible et le plus spécifique, est le dosage plasmatique d’hCG qui permet d'obtenir le diagnostic biologique de la grossesse avec certitude avant même le retard des règles.

Le dosage détecte la sous-unité β et non pas la sous-unité α, ni l'hCG totale car seule la sous-unité β est spécifique ; la sous-unité α étant commune à FSH, LH et TSH, ce qui peut donner des faux positifs. Soulignons qu'un taux plasmatique d’hCG inférieur à 10 g/ml ou UI/l permet d'affirmer l'absence de grossesse, ce qui en fait un examen précieux pour écarter une grossesse extra-utérine. Les taux augmentent rapidement, classiquement ils doublent toutes les 48 heures. Les taux atteignent leurs valeurs maximales vers la 8 ème semaine d’aménorrhée puis ils diminuent progressivement jusqu’à être ininterprétables à partir du 4ème mois.

Utilisation de l'hCG dans les traitements de procréation assistée

En plus de son rôle naturel, la hCG est utilisée pour déclencher le pic de LH dans les traitements de procréation assistée. Ce pic de LH permet la maturation folliculaire et ovocytaire. La similitude qui existe entre ces deux hormones permet d’utiliser la hCG exogène pour provoquer un pic de LH en activant ainsi la cascade de réactions qui provoquent cette maturation. Le fait d’utiliser la hCG permet également le support de phase lutéale. Lors de la phase lutéale, la hCG se charge de la maintenance du corps lutéal produit après la rupture du follicule. Grâce à cette fonction, la production de progestérone est maintenue.

Gonadotrophine chorionique 5 000 UI/1 ml pdre/solv p sol inj

Ce médicament est indiqué dans les cas suivants :

  • Cryptorchidie
  • Déclenchement de l'ovulation après stimulation de la croissance folliculaire
  • Déclenchement de l'ovulation après stimulation de la croissance folliculaire lors de l'AMP
  • Exploration de la sécrétion de la testostérone par le testicule
  • Hypofertilité par insuffisance de la spermatogénèse, traitement associé (de l')
  • Puberté retardée associée à une insuffisance gonadotrope de la fonction pituitaire
  • Supplémentation de la phase lutéale lors de l'AMP

Posologie et administration

  • Voie intramusculaire, voie sous-cutanée
  • A reconstituer immédiatement avant administration
  • S'assurer de la compatibilité de la spécialité avec la voie d'administration
  • Utiliser le dosage le plus adapté à la posologie

Posologie Patient de 6 mois à 30 mois Patient quel que soit le poids

  • Voie intramusculaire Administrer par voie intramusculaire lenteTraitement à arrêter en cas de puberté précoce100 UI/kg 1 fois ce jour tous les 4 joursPendant 3 à 4 semaines
  • Voie sous-cutanée Administrer par voie sous-cutanée lenteTraitement à arrêter en cas de puberté précoce100 UI/kg 1 fois ce jour tous les 4 joursPendant 3 à 4 semaines

Patient de 30 mois à 14 an(s) Patient quel que soit le poids

  • Voie intramusculaire Administrer par voie intramusculaire lenteTraitement à arrêter en cas de puberté précoce100 UI/kg 1 fois ce jour tous les 4 joursPendant 3 à 4 semaines

  • Voie sous-cutanée Administrer par voie sous-cutanée lenteTraitement à arrêter en cas de puberté précoce100 UI/kg 1 fois ce jour tous les 4 joursPendant 3 à 4 semaines Exploration de la sécrétion de la testostérone par le testicule

  • Voie intramusculaire Administrer par voie intramusculaire lente1 500 UI 1 fois ce jour tous les 2 à 3 joursPendant 12 à 21 jours

  • Voie sous-cutanée Administrer par voie sous-cutanée lente1 500 UI 1 fois ce jour tous les 2 à 3 joursPendant 12 à 21 jours

Patient de 14 an(s) à 18 an(s) Patient quel que soit le poids

  • Voie intramusculaire Administrer par voie intramusculaire lenteTraitement à arrêter en cas de puberté précoce100 UI/kg 1 fois ce jour tous les 4 joursPendant 3 à 4 semaines

  • Voie sous-cutanée Administrer par voie sous-cutanée lenteTraitement à arrêter en cas de puberté précoce100 UI/kg 1 fois ce jour tous les 4 joursPendant 3 à 4 semaines Exploration de la sécrétion de la testostérone par le testicule

  • Voie intramusculaire Administrer par voie intramusculaire lente1 500 UI 1 fois ce jour tous les 2 à 3 joursPendant 12 à 21 jours

  • Voie sous-cutanée Administrer par voie sous-cutanée lente1 500 UI 1 fois ce jour tous les 2 à 3 joursPendant 12 à 21 jours

Puberté retardée associée à une insuffisance gonadotrope de la fonction pituitaire

  • Voie intramusculaire Administrer par voie intramusculaire lente1 500 UI 2 à 3 fois par semaine tous les 4 joursNe pas administrer moins de 6 mois.
  • Voie sous-cutanée Administrer par voie sous-cutanée lente1 500 UI 2 à 3 fois par semaine tous les 4 joursNe pas administrer moins de 6 mois.

Impact du soutien de la phase lutéale par l'hCG dans les inséminations intra-utérines

Une étude rétrospective menée au CHU de Nice entre le 01/03/2016 et le 31/10/2017 a analysé 300 inséminations intra-utérines. Les patientes ayant réalisé une insémination intra-utérine à partir du 01/12/2016 ont reçu un soutien de la phase lutéale par deux injections d’hCG 1500 UI, réalisées à trois jours d’intervalle. Les résultats n'ont montré aucune différence statistiquement significative en terme de grossesse entre le groupe sans soutien de la phase lutéale et le groupe avec soutien (15,38 % contre 19,4%, p= 0,353). Cette étude ne montre pas de bénéfice significatif au soutien de la phase lutéale par hCG après les inséminations intra-utérines, bien que les taux de grossesses soient plus élevés dans le groupe soutien de la phase lutéale.

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