Introduction
Cet article explore deux thématiques distinctes, mais toutes deux ancrées dans la société française : la place des femmes dans le monde de la bande dessinée et l'évolution du droit à l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). La première partie met en lumière les défis et les avancées des femmes dans le 9e art, tandis que la seconde retrace l'histoire de la législation sur l'IVG et les enjeux actuels liés à ce droit fondamental.
Les Femmes dans le 9e Art : Une Évolution Lente mais Constante
Un Déséquilibre Historique
Historiquement, le monde de la bande dessinée a été majoritairement masculin. En France, en 1985, on comptait environ une professionnelle pour vingt-cinq hommes. Cette disparité se reflète dans tous les aspects du secteur : création, édition, distribution et réception. Les femmes sont moins présentes dans les salons spécialisés, souvent cantonnées aux catégories "Jeunesse" ou "Girly", et leurs œuvres sont parfois perçues à travers le prisme de stéréotypes de genre.
Stéréotypes et Préjugés
Les autrices et dessinatrices sont souvent associées à un style "girly", leurs œuvres sont classées dans la "bande dessinée féminine", et elles sont présupposées dans les rayons Jeunesse des librairies. Elles sont également moins invitées dans les festivals, moins médiatisées, et leurs noms sont moins facilement retenus par le public.
La représentation des femmes dans les bandes dessinées pose également question. Si les personnages féminins sont de plus en plus nombreux à incarner des rôles principaux, ils restent souvent stéréotypés : blancs, hétérosexuels, cisgenres et minces. L'exemple de la Schtroumpfette, dont l'apparence a été modifiée pour la rendre plus "attirante", illustre les pressions esthétiques et les attentes sociales qui pèsent sur les personnages féminins. Les personnages féminins plus anciens comme Bonnemine, Mme Agecanonix, ou la Castafiore sont souvent réduits à des rôles stéréotypés.
Des Pionnières et des Tournants
Malgré ces obstacles, des femmes ont réussi à s'imposer dans le monde de la bande dessinée. Yoko Tsuno, ingénieure japonaise en électronique, est un exemple de personnage féminin fort et intelligent dans la BD franco-belge. L'arrivée de Claire Brétecher a marqué un tournant, suivie par d'autres autrices-dessinatrices qui ont parfois choisi de publier sous pseudonyme. Le magazine Ah !, créé au milieu des années 70, a permis à des autrices comme Chantal Montellier, Nicole Claveloux, Florence Cestac, Marie-Noëlle Pichard et Aline Issermann de se faire connaître.
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Les années 2000 ont été marquées par une reconnaissance institutionnelle, avec l'attribution du Grand Prix du festival international de la bande dessinée d'Angoulême à Florence Cestac. En janvier 2019, Rumiko Takahashi est devenue la première femme mangaka à obtenir ce prix prestigieux.
Défis et Perspectives Actuelles
Aujourd'hui, les femmes représentent moins de 30% des professionnels de la bande dessinée. Bien que le sexe ne soit pas censé être un critère, les ouvrages réalisés par des hommes sont toujours plus mis en avant, édités, médiatisés et vendus. Des structures comme l'association Artémisia œuvrent pour la visibilité du travail des femmes dans la bande dessinée et dénoncent les inégalités persistantes.
Le débat sur l'utilisation du terme "autrice" illustre les enjeux liés à la reconnaissance des femmes dans le milieu. Certaines artistes préfèrent un terme non genré comme "bédéiste" pour gommer les différences de genre. L'éducation genrée et les assignations de genre continuent d'influencer la trajectoire des femmes dans ce secteur.
Les blogs ont permis à de nombreuses femmes de se faire connaître, mais ont aussi contribué à la création d'étiquettes "girly" qui peuvent desservir les artistes. Des autrices comme Pénélope Bagieu et Diglee ont évolué vers des récits plus profonds, mais ont dû faire face à des critiques sexistes.
Certaines autrices, comme Mathilde Le Reste, ont choisi de créer des personnages masculins pour éviter les stéréotypes et parler au plus grand nombre. D'autres, comme Elsa Bordier, ont été confrontées à des préjugés selon lesquels les femmes sont obligatoirement affiliées aux rayons Enfants.
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La colère des femmes est un sujet qui intéresse certaines autrices, comme Elsa Bordier, qui constatent que ce thème est peu exploité. Léa Mazé, quant à elle, estime que le fait d'être en jeunesse la protège du sexisme direct, mais que cela reste lié aux clichés attribués aux femmes.
Alex-Imé témoigne d'anecdotes sexistes, comme des remarques sur le caractère "girly" de ses dessins ou des phrases toutes faites sur la "sensibilité féminine". Elle avoue même s'être parfois surprise à s'étonner qu'une bonne BD soit écrite par une femme, ce qui prouve l'intériorisation des stéréotypes. Elle exprime également sa difficulté à représenter la sexualité ou l'érotisme, par peur des réactions du public et des remarques déplacées.
Aude Mermilliod a également été confrontée à des remarques sur la "sensibilité féminine" de ses œuvres. Ces anecdotes témoignent des défis que les femmes doivent encore relever dans le monde de la bande dessinée.
L'Évolution du Droit à l'IVG en France
De la Clandestinité à la Dépénalisation
L'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) est un enjeu de société et idéologique majeur. Historiquement, l'IVG a été pratiquée clandestinement, considérée comme un crime ou un délit. Une première loi, votée le 23 juillet 1920, sanctionnait la complicité et la provocation à l'avortement, ainsi que toute propagande anticonceptionnelle, tout en autorisant la vente de préservatifs.
La loi Neuwirth, votée le 27 décembre 1967, a marqué une étape importante en autorisant la contraception. Cependant, il faudra attendre la loi Veil du 17 janvier 1975 pour que l'IVG soit dépénalisée et autorisée dans certaines conditions.
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La Loi Veil et ses Évolutions
La loi Veil a permis aux femmes d'accéder à l'IVG dans un cadre légal et médicalisé, tout en encadrant strictement les conditions de sa pratique. Elle prévoyait notamment un délai de réflexion, l'autorisation parentale pour les mineures (à l'époque, la majorité était à 21 ans), et la possibilité pour les médecins de refuser de pratiquer l'IVG.
Le texte définitif de la loi sur l'interruption volontaire de grossesse a été voté par 271 députés contre 201. Aujourd'hui, aucun établissement ne peut dépasser 25% d'IVG par rapport aux autres actes opératoires réalisés.
La loi de 2001 a supprimé l'obligation d'autorisation parentale pour les mineures et a permis l'IVG médicamenteuse en ville.
Le Parcours de l'IVG
Une femme qui souhaite une IVG doit consulter un médecin, qui lui remet un dossier-guide mis à jour par la DDASS. Un délai de réflexion est obligatoire entre la demande d'IVG et l'intervention, délai qui peut être raccourci si le médecin l'estime nécessaire. La femme peut bénéficier d'un "entretien psychologique et social" avec une psychologue ou une conseillère conjugale, qui aura lieu dans le service où elle s'adresse.
L'IVG peut être pratiquée par aspiration ou par méthode médicamenteuse. Les risques liés à l'IVG sont quasiment nuls, au pire une aspiration complémentaire est nécessaire. Le remboursement se fait à 80 % du tarif de base par la sécurité sociale.
Menaces et Enjeux Actuels
Malgré les avancées législatives, le droit à l'avortement reste menacé. La loi Bachelot a été critiquée pour sa dégradation de la santé publique. Des centres pratiquant l'IVG sont menacés de fermeture, et de nombreuses femmes se rendent à l'étranger pour avorter.
L'accueil des femmes, quel que soit le type d'IVG, est fondamental. Le personnel doit être formé pour répondre aux premières questions et orienter les femmes de la façon la plus judicieuse possible.
Aspects Techniques et Pratiques
L'IVG par aspiration peut être réalisée avec ou sans anesthésie locale (AL). La prémédication est complétée de différentes manières selon les équipes. Certaines équipes utilisent de la Mifégyne pour préparer l'utérus. L'injection de xylocaïne autour du col utérin permet de décoller le placenta et d'éviter le curetage, ce qui est moins traumatisant pour la muqueuse utérine. L'aspiration est complétée avec une vacurette souple. L'intervention dure en moyenne cinq minutes. En cas d'AG, une visite de contrôle est prévue quinze jours après.
L'IVG médicamenteuse consiste à administrer de la Mifégyne, un anti-progestatif qui interrompt la grossesse, suivie de Cytotec, une prostaglandine, pour provoquer l'expulsion. Le taux d'échec varie selon les centres. Certaines femmes n'expulsent pas après la première prise de Cytotec et doivent en reprendre.
Aspects Psychologiques et Sociaux
Il est important de ne pas minimiser la situation d'échec qu'est l'IVG et de ne pas précipiter ou retarder la décision. Il est essentiel d'évaluer la douleur et de ne pas annoncer de douleurs que l'on est seul à pronostiquer.
L'entretien psychologique est obligatoire et doit être proposé. Il n'influence jamais la décision de la femme, qui est responsable. Le problème des mineures est un sujet très important.
Dans un centre pratiquant l'IVG, c'est une équipe qui se forme mutuellement.
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