L'avortement est une question complexe et sensible, abordée sous différents angles par la société, la médecine, le droit et la religion. Au sein de l'Église catholique, la position sur l'avortement est claire et constante, fondée sur des principes doctrinaux et moraux. Cet article explore la position de l'Église catholique sur l'avortement, en s'appuyant sur des analyses et des témoignages contemporains.

La loi Veil et la situation actuelle

En France, la loi Veil de 1975 a légalisé l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans certaines conditions. Avant cette loi, l'avortement était illégal et clandestin, avec des estimations de 250 000 à 350 000 avortements par an entre 1970 et 1974. Après la loi Veil, le nombre d'avortements déclarés officiellement a diminué, se situant entre 200 000 et 250 000 par an.

Selon une étude, les femmes qui avortent sont souvent jeunes (près de 6 % sont mineures, 20 % ont moins de 21 ans et 70 % ont moins de 30 ans), et plus de la moitié sont mariées. Les raisons invoquées pour demander l'avortement sont variées : problèmes de couple (34,5 %), difficultés économiques (27 %), problèmes de santé (26 %), raisons psychiques (6 %), refus de l'enfant (5 %), eugénisme (1 %) et raisons thérapeutiques (0,5 %).

Un risque réel de banalisation de l'avortement existe, où il est considéré comme un moyen de contraception malgré les précautions prises par la loi. Selon certains, la loi n'a pas atteint son objectif et, telle qu'elle est appliquée, ne peut l'atteindre.

La doctrine de l'Église catholique

L'Église catholique considère que la vie humaine est sacrée dès la conception et que l'avortement est un acte moralement répréhensible. Cette position est fondée sur la conviction que chaque être humain a droit à la vie, et que ce droit doit être protégé dès le début de son existence. L'Église enseigne que l'avortement est une violation du commandement "Tu ne tueras point" et qu'il constitue un péché grave.

Lire aussi: Gilbert Bou Jaoudé : un expert en sexologie

L'Église catholique reconnaît que les femmes qui envisagent un avortement peuvent se trouver dans des situations difficiles et douloureuses. Elle appelle à la compassion et à l'accompagnement de ces femmes, en leur offrant un soutien moral, spirituel et matériel. Elle encourage également l'adoption comme une alternative à l'avortement, offrant ainsi une famille à l'enfant à naître.

Justification de la doctrine et alternative proposée

L'Église catholique justifie sa doctrine sur l'avortement en se basant sur la Bible, la tradition et le droit naturel. Elle considère que la vie humaine est un don de Dieu et qu'elle doit être respectée et protégée à tous les stades de son développement. L'Église met en avant la dignité de chaque personne humaine, créée à l'image de Dieu, et son droit inaliénable à la vie.

En plus de condamner l'avortement, l'Église catholique propose une alternative basée sur la promotion de la vie et le soutien aux familles. Elle encourage la création de structures d'accueil et d'accompagnement pour les femmes enceintes en difficulté, ainsi que le développement de politiques publiques favorables à la famille. Elle insiste sur l'importance de l'éducation à la sexualité et à la responsabilité, afin de prévenir les grossesses non désirées.

L'Église et les réalités familiales contemporaines

Le synode sur la famille a mis en évidence les défis et les complexités auxquels sont confrontées les familles aujourd'hui. Les rapports des paroisses de Paris ont souligné la difficulté d'accès à la "Relatio", perçue comme compliquée et autocentrée. Une requête est que l'Église ne s'enferme pas dans un langage d'initiés et évite les interdits.

Il est important de souligner la joie des familles fidèles à l'enseignement de l'Église, mais aussi de regarder avec amour la fragilité des personnes qui cheminent à partir de situations éloignées de cet enseignement. L'Église doit se tourner avec compassion vers les personnes en difficulté.

Lire aussi: Le parcours inspirant de Gilbert Montagné

La crise de la foi est-elle à l'origine de la crise de la famille, ou est-ce l'inverse ? Cette question est capitale pour comprendre l'enjeu de la famille aujourd'hui et le type de réponse que l'Église doit apporter. Il faut insister davantage sur l'éthique que sur la morale, car le langage de l'Église risque de ne pas parler au monde actuel. Une présentation positive de la sexualité est nécessaire.

La maternité est pénalisée par un manque de reconnaissance sociale, et les technosciences (PMA et GPA) influent sur le rapport au sens, à la généalogie et à la vie. La définition de la famille a paru souvent réductrice : Père + Mère + enfants. Le sujet de la famille est plus vaste et vécu différemment dans le monde.

La Bible ne donne pas de modèle unique de famille, et il y a eu une évolution avec des éléments divers, comme le droit romain. Le travail des femmes et la question du rapport hommes/femmes sont largement renouvelés dans notre société. La longévité de la vie modifie la manière dont les jeunes appréhendent le mariage et la sexualité. Quelle place pour les célibataires dans la pastorale familiale ? L'éducation affective des enfants est peu soulignée, pourtant matrice de la réussite des futurs couples.

L'individualisme n'est pas assez détaillé. Il y a des solitudes qui ne sont pas de l'individualisme et des familles où se vivent des souffrances qui les recroquevillent sur elles-mêmes. La cohabitation avant le mariage relativise le couple, ainsi que l'engagement tardif dans le mariage.

Beaucoup de fiancés peu pratiquants cherchent une dimension sacrée et universelle. Il y a une tension entre des constats alarmés sur l'absence de conviction et de formation chrétiennes chez les jeunes et le constat d'une demande religieuse indéniable.

Lire aussi: Gilbert Montagné : Cécité et Engagement

Propositions pastorales et accompagnement

La messe n'est pas assez un lieu de rassemblement pour les familles : les enfants et les jeunes ne s'y plaisent pas. Il est difficile de transmettre la foi, et il est nécessaire de lire la Parole en couple, de prier en famille pour redécouvrir l'Écriture à travers le regard des enfants. La famille doit être vue comme un lieu de vie chrétienne et de croissance, surtout des enfants, plutôt qu'un simple cadre formel.

Il faut insister sur la responsabilité des parents devant la famille, particulièrement en temps de crise. L'exemple de la sainte Famille pourrait être moins angélique et plus concret : apprentissage par Jésus de l'amour, de la prière, du travail… Parler de la « maison » au sens biblique (Maison de David, maison des disciples, Eglise-maison…).

Les personnes handicapées et leurs familles souhaitent être accueillies à part entière dans l'Église. La participation à la messe est souvent vécue douloureusement. Comment mieux accueillir ? Comment accueillir les personnes handicapées au sacrement ?

La fidélité résiste contre la société dans le mariage chrétien avec l'indissolubilité avec l'aide de Dieu. La préparation au mariage revêt là toute son importance. Ce qui rend le mariage chrétien fragile aujourd'hui, c'est le manque de foi en Dieu. La Confirmation dans la perspective du mariage est d'une grande richesse.

L'Église doit profiter de chacune des rencontres institutionnelles avec les fidèles pour transmettre la foi, expliquer les Écritures. A plusieurs reprises la position de l'Église est jugée trop normative et éloignée de la réalité d'aujourd'hui. Le Christ rappelle des exigences, mais ce qui prévaut c'est l'amour miséricordieux. Le texte synodal « jargonne » et cite plus le Magistère que l’Évangile.

Le sacrement du mariage, enraciné dans la grâce du baptême, prend sa place dans l'ensemble du cheminement chrétien et implique donc une cohérence dans la vie de foi. L'indissolubilité est bien reçue comme un don de Dieu, mais avec cette nuance que c'est plutôt un idéal, un aboutissement à atteindre. La foi est un préalable au mariage chrétien. Il ne faudrait pas confondre la demande d’un mariage sacramentel et celle d’un « mariage à l’église ». Le mariage est une éducation à l'amour fondé sur la foi.

La dimension œcuménique doit être rappelée. L’AFFMIC (Association œcuménique de foyers mixtes) demande une attitude plus positive et créative à l’égard des couples inter-confessionnels. Comment aider les jeunes à fonder leur projet conjugal ?

Chasteté, prière, contemplation, obéissance, confiance ….comme saint Joseph, cité par le Pape François. Il faudrait mettre en exergue de tout le document que « La façon dont Dieu aime devient la mesure de l’amour humain ». On passe trop vite sur ce fondement que Dieu est Amour, dans la relation entre le Père et le Fils, et qu’il est la nature même du Saint Esprit.

Grande appréhension à l’égard de la modification des règles de filiation. La plupart des équipes ont du mal à comprendre la situation des divorcés remariés dans l’Église. Sans remettre en cause l’indissolubilité du mariage, ne faudrait-il pas tenir compte du fait qu’elle n’empêche pas les échecs de la relation humaine ? Un parcours spécifique ne pourrait-il pas être mis en place en référence à ce qui se pratique dans les Églises d’Orient et chez les Orthodoxes, demandent beaucoup de rapports ?

L’homosexualité donne lieu à des positions nuancées : déviance, ou bien : « qui sommes-nous pour juger ? » ; Pourquoi on en parle ? Pourquoi on n’en parle pas… ? Le sujet ne fait pas l’unanimité mais la tendance majoritaire est à la miséricorde et à l’accueil. Plus largement, sur les personnes blessées : mettre en avant la diversité des familles chrétiennes pour mieux accueillir.

La sexualité et la régulation des naissances sont traitées comme ressortant du « domaine privé ». L’Encyclique Humanae vitae, reste dans les mémoires de façon assez négative. La question de la conscience personnelle dans le choix en matière de régulation des naissances n’est pas du tout abordée. Quelle image de l’acte sexuel donne la pédagogie de l’Eglise ? Un rapport estime même le discours de l’Église « à côté de la réalité » et « irresponsable ». La question de la régulation des naissances, pourrait, selon plusieurs rapports, être laissée, dans ses modalités techniques, à la conscience des couples.

« L’Église locale dans son enseignement doit revenir à une catéchèse simple et précise pour un peuple et dans une culture donnés à un moment donné. Comment aider à comprendre que personne n’est exclu de la miséricorde de Dieu ?

Nombreuses sont les paroisses en attente de formation et une demande aussi forte de positions claires du Magistère sur les points mis en évidence par le Synode. L’empreinte sociale des paroisses est extrêmement forte et influe de manière significative sur les nuances des réponses. On attend même un grand soutien de l’institution à travers la vie religieuse et ses différentes étapes. Qualitativement à la lecture des réponses on ressent aussi du désarroi face à cette mission première de la famille.

Le quart des réponses plaident pour un discours plus accessible de l’Église et dans une moindre mesure de la mise en avant des valeurs plus que de normes, 4 vont jusqu’à préciser que l’image de l’Église même est en danger. Il faudrait que l’Eglise s’attache au chemin de discernement, aux critères de progression spirituelle et non pas à classer les groupes entre ceux qui sont « conformes » et ceux qui ne…

Le Père Guy Gilbert : une voix pour les jeunes et les marginaux

Le Père Guy Gilbert, prêtre éducateur spécialisé pour les jeunes délinquants, est connu pour son franc-parler et son engagement auprès des exclus. Il a fondé la "Bergerie de Faucon", un lieu d'accueil où des jeunes en difficulté sont réinsérés par le travail et le lien avec les animaux.

Il s'exprime sur des thèmes variés tels que la jeunesse, l'éducation, la vieillesse, l'Eucharistie, l'Eglise et l'actualité. Il souhaite parler des dérives et des avantages de la jeunesse, dans un monde tourmenté. Il estime que les prêtres doivent donner leur avis, même s'il est contesté, et parler en humanité, avec une position éclairée et ferme sur certaines choses. Il aborde des sujets tels que l'avortement, la GPA, la PMA, l'homosexualité et le célibat des prêtres.

Il critique la banalisation de l'avortement et la transformation de l'homme en une technique qu'on vend. Il appelle à une réflexion chrétienne sur la vieillesse et à une parole simple et accessible pour les jeunes. Il dénonce le "charabia d'Eglise" et appelle à répondre au cœur des gens.

tags: #guy #gilbert #avortement #position

Articles populaires: