L'introduction de l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) dès la maternelle représente un tournant majeur dans le paysage éducatif français. Cette initiative, qui prendra pleinement effet à la rentrée 2025, vise à intégrer de manière systématique des cours obligatoires sur ces thématiques, de la maternelle à la terminale, avec un programme structuré en trois séances annuelles. Bien que des interventions ponctuelles aient été prévues depuis le début des années 2000, leur application restait inégale, soulignant la nécessité d'un cadre plus formel.

Contexte et Justification de l'EVARS en Maternelle

L'intégration de l'EVARS à l'école, et particulièrement en maternelle, se justifie par plusieurs facteurs. Premièrement, elle pallie le malaise potentiel des parents face aux sujets liés à la sexualité, offrant un espace d'échange et d'apprentissage encadré pour les enfants, il faut éviter que l’éducation affective et sexuelle se fasse avec les réseaux sociaux ou les sites pornographiques. Deuxièmement, elle répond à un besoin de structurer l'information et de lutter contre les idées reçues, en s'appuyant sur des supports pédagogiques adaptés et bienveillants, permettant aux enfants et adolescents de grandir avec des informations claires et fiables.

Rôle et Place des Parents

Si l'école prend une part active dans l'éducation affective et sexuelle, le rôle des parents demeure primordial. Ils sont les premiers éducateurs de leurs enfants en matière d'intimité, de conscience et de choix de vie. Il est donc essentiel qu'ils soient consultés et informés des contenus abordés en classe. Le programme EVARS prévoit seulement que les parents soient avertis « des objectifs de l’année ». C’est insuffisant. Ils devraient savoir ce qui va être transmis, à quelles dates et pouvoir donner leur accord. Chaque famille doit se préoccuper de l’éducation affective et sexuelle de ses enfants. On peut leur donner des informations progressives, adaptées à chaque âge, montrant que la sexualité est pour l’amour du couple et la venue de la vie. Ces informations viseront à susciter l’admiration et à tracer un chemin de bonheur pour chaque enfant. Les parents peuvent assister aux réunions scolaires de rentrée, utiles pour savoir ce que chaque classe prévoit d’étudier, avec quels intervenants et à quels moments. Les AFC préparent un recours au Conseil d’Etat afin que les établissements scolaires consultent les représentants des parents d’élèves. Ceux-ci devraient pouvoir choisir parmi la multiplicité des sujets à aborder, les thèmes traités dans chaque classe, sous quelle forme et avec quels intervenants. Les formations Grandir et Aimer permettent depuis 2018 à des parents de se former en EARS pour intervenir auprès d’enfants de 8 à 12 ans et répondre à leurs interrogations.

Composantes Positives et Objectifs du Programme EVARS

Le programme EVARS comporte des aspects positifs et des objectifs utiles et bénéfiques. On citera notamment l’éducation à l’intimité et au respect mutuel, la lutte contre la pornographie et la prostitution des mineurs. Il met l'accent sur l'éducation à l'intimité, au respect mutuel, et la lutte contre la pornographie et la prostitution des mineurs. Il vise à outiller les enfants dès le plus jeune âge pour qu'ils développent une relation saine avec leur corps, comprennent le consentement et soient sensibilisés aux dangers potentiels. Parler du corps dès le plus jeune âge permet de développer une relation saine avec soi-même. Nommer correctement les parties du corps et normaliser ces discussions renforce la confiance de l’enfant et prépare le terrain pour des échanges futurs plus approfondis. Expliquer le consentement (« Ton corps t’appartient, personne ne doit te toucher sans ton accord. », « Tu as le droit de dire NON.

Points de Vigilance et Débats Autour du Programme

Certains aspects du programme EVARS suscitent des débats et nécessitent une attention particulière. Au prétexte de lutter contre les stéréotypes de genre, il prône une égalité qui confine à l’égalitarisme et à l’indifférenciation. Le mot de « genre » est très peu utilisé mais c’est bien de cela dont il s’agit. Aucune réponse ne pourra être donnée quant aux différences que ceux-ci observent entre les sexes. En effet, hormis aux plans physique et physiologique, ces différences sont censées ne pas exister. La place des parents est invisibilisée : ils sont vus comme des adultes de confiance parmi les autres, sans rôle particulier. L’objectif annoncé est de repérer les situations d’inceste. Ambition louable mais est-ce le rôle de l’école ? Souhaitons nous qu’à côté de ses multiples missions l’école s’attache à dépister les familles « suspectes » ? Et sur quels critères ? Le programme prévoit d’éduquer au consentement et ce de manière insistante. Par exemple, les élèves apprendront à demander la permission avant de s’asseoir à côté d’un autre enfant. Le consentement est bien sûr nécessaire mais reste très insuffisant. Chacun sait que le phénomène d’emprise peut engendrer des situations d’abus. Une personne abusée pourra-t-elle encore se reconnaître victime ? Ainsi de cette compétence à acquérir en 5ème : « Comprendre que l’attirance et les sentiments amoureux permettent de prendre conscience de son orientation sexuelle ». Ce sont les émotions et les ressentis qui tiennent lieu de référence. Or, les émotions sont par nature labiles et évolutives. Apprendre aux jeunes à les reconnaître et les nommer est bien sûr souhaitable. A l’exception de la moyenne section de maternelle, les enfants n’entendront pas parler de la fonction reproductive de la sexualité. Ni de la venue au monde de nouvelles vies. Les enfants sont pourtant avides de connaitre d’où vient leur propre vie ! Alors que la natalité s’effondre, susciter curiosité et admiration pour la grossesse et la naissance serait bienvenu. Par ailleurs, on a presque totalement oublié ce qui nous préoccupait il y a seulement 20 ans ! A savoir, prévenir les grossesses non désirées et les infections sexuellement transmissibles (IST). On peut aussi s’inquiéter de l’intervention dans les classes d’intervenants extérieurs - fussent-ils agréés par l’Éducation nationale ! - venant d’associations militantes aux idéologies pas forcément partagées par les parents. Par ailleurs, si ce sont les enseignants qui assurent la formation, comment seront-ils eux même formés ? Sous bien des aspects, ce programme correspond à une éducation comportementaliste qui dessine une vision de la sexualité comme une consommation consentante mutuelle. Nous souhaitons transmettre une sexualité riche de sens dans le don réciproque des conjoints et ordonnée à l’amour mutuel et la transmission de la vie. Si l’éducation affective est toujours nécessaire, il est primordial qu’elle soit faite en lien avec les parents, premiers et principaux éducateurs de leurs enfants.

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La Question du Genre et de l'Indifférenciation

L'une des critiques majeures concerne l'approche du genre, perçue comme promouvant une égalité qui confine à l'indifférenciation. Les détracteurs soulignent que les différences entre les sexes, au-delà des aspects physiques, sont minimisées, voire niées, ce qui pourrait ne pas correspondre aux observations des enfants.

Le Rôle de l'École et le Dépistage des Situations d'Inceste

L'objectif affiché de repérer les situations d'inceste soulève également des questions. Certains s'interrogent sur la pertinence de confier cette mission à l'école, craignant une intrusion dans la sphère familiale et des risques de stigmatisation.

L'Éducation au Consentement et le Phénomène d'Emprise

Si l'éducation au consentement est essentielle, elle ne doit pas être réduite à une simple demande de permission. Le programme prévoit d’éduquer au consentement et ce de manière insistante. Par exemple, les élèves apprendront à demander la permission avant de s’asseoir à côté d’un autre enfant. Le consentement est bien sûr nécessaire mais reste très insuffisant. Chacun sait que le phénomène d’emprise peut engendrer des situations d’abus. Une personne abusée pourra-t-elle encore se reconnaître victime ? Il est crucial de sensibiliser les enfants aux dynamiques d'emprise et de les aider à reconnaître les situations d'abus, même en cas de consentement apparent.

L'Omission de la Fonction Reproductive et de la Natalité

L'absence de mention de la fonction reproductive de la sexualité et de la venue au monde de nouvelles vies, à l'exception de la moyenne section de maternelle, est un autre point de critique. Les enfants sont pourtant avides de connaitre d’où vient leur propre vie ! Alors que la natalité s’effondre, susciter curiosité et admiration pour la grossesse et la naissance serait bienvenu. Certains estiment que cette omission est regrettable, surtout dans un contexte de baisse de la natalité.

La Prévention des Grossesses Non Désirées et des IST

Par ailleurs, on a presque totalement oublié ce qui nous préoccupait il y a seulement 20 ans ! A savoir, prévenir les grossesses non désirées et les infections sexuellement transmissibles (IST). L'absence de référence à la prévention des grossesses non désirées et des infections sexuellement transmissibles (IST), qui étaient pourtant des préoccupations majeures il y a quelques années, est également soulignée.

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L'Intervention d'Intervenants Extérieurs et la Formation des Enseignants

On peut aussi s’inquiéter de l’intervention dans les classes d’intervenants extérieurs - fussent-ils agréés par l’Éducation nationale ! - venant d’associations militantes aux idéologies pas forcément partagées par les parents. Par ailleurs, si ce sont les enseignants qui assurent la formation, comment seront-ils eux même formés ? L'intervention d'intervenants extérieurs, issus d'associations militantes, et la question de la formation des enseignants chargés de dispenser ces cours sont également sources d'inquiétude.

Ressources et Outils Pédagogiques

Plusieurs ressources et outils pédagogiques sont disponibles pour accompagner la mise en œuvre de l'EVARS en maternelle. Les Petits Illustrés de l’Intimité sont conçus pour accompagner les enfants dès 4 ans et jusqu’à l’adolescence. Pour rappel, à l’école maternelle et élémentaire (entre 3 et 11 ans, donc), on parle d’éducation à la vie affective et relationnelle uniquement. Il n’est jamais trop tard pour parler de la vie relationnelle, affective et sexuelle avec un enfant. Dès leur plus jeune âge, les enfants explorent leur corps et remarquent les différences entre filles et garçons. Iels posent parfois des questions spontanées sur la conception et la naissance, surtout lorsqu’un bébé arrive dans la famille. Les Petits Illustrés de l'Intimité, par exemple, sont conçus pour accompagner les enfants dès 4 ans, en abordant des thèmes tels que l'anatomie, la diversité des corps et la conception de manière adaptée à leur âge. Le vademecum académique EVARS est un document produit par le groupe de travail EVARS. Destiné aux équipes éducatives des EPLE et des écoles, Il vise à présenter les enjeux et les objectifs de l’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité mais aussi la stratégie régionale de déploiement des formations EVAR-EVARS 2025-2026 en partenariat avec l’ARS. Ses annexes regroupent à la fois des éclaircissements et des indications en référence à des cadres légaux sur les sujets abordés. le kit EVARS, outil d’aide à la formalisation d’un projet en école ou en EPLE dans le cadre du CESCE les triangles EVAR 1D et EVARS 2D, outils d’aide à la programmation des trois séances obligatoires. Le vademecum académique EVARS, le kit EVARS et les triangles EVAR 1D et EVARS 2D sont également des outils précieux pour les équipes éducatives.

Les Petits Illustrés de l'Intimité

Les Petits Illustrés de l’Intimité sont conçus pour accompagner les enfants dès 4 ans et jusqu’à l’adolescence. Pour rappel, à l’école maternelle et élémentaire (entre 3 et 11 ans, donc), on parle d’éducation à la vie affective et relationnelle uniquement. Il n’est jamais trop tard pour parler de la vie relationnelle, affective et sexuelle avec un enfant. Dès leur plus jeune âge, les enfants explorent leur corps et remarquent les différences entre filles et garçons. Iels posent parfois des questions spontanées sur la conception et la naissance, surtout lorsqu’un bébé arrive dans la famille. Parler du corps dès le plus jeune âge permet de développer une relation saine avec soi-même. Nommer correctement les parties du corps et normaliser ces discussions renforce la confiance de l’enfant et prépare le terrain pour des échanges futurs plus approfondis. Expliquer le consentement (« Ton corps t’appartient, personne ne doit te toucher sans ton accord. », « Tu as le droit de dire NON. Les Tome 1 (Le sexe féminin) et Tome 2 (Le sexe masculin) posent des bases claires sur l’anatomie. Leurs illustrations facilitent la compréhension des plus jeunes. Vers 6 ans, les enfants posent des questions plus précises sur le corps et la reproduction. C’est le moment idéal pour approfondir les connaissances anatomiques, introduire la diversité des corps et déconstruire les idées reçues. Les tomes 1 et 2 restent pertinents pour approfondir les connaissances sur le fonctionnement du corps humain et sur l’anatomie. Le Tome 3 (la famille) est parfait pour les petits curieux qui posent de nombreuses questions sur la conception. Posez des questions ouvertes pour évaluer leur compréhension (« Que sais-tu sur… ? Rappelez-leur qu’ils ont le droit d’observer leur propre corps. Par exemple, avec un miroir de poche. Vers 8 ans, les questions des enfants se multiplient. Pour certains, les toutes premières hormones commencent à agir et des questions sur la puberté émergent. Les relations amicales prennent de plus en plus de place et s’intensifient. De plus, anticiper les changements corporels permet d’éviter l’anxiété et de favoriser une image corporelle positive. Expliquer les stéréotypes de genre, les différentes orientations sexuelles, les discriminations (homophobie, transphobie, etc. Les Tomes 1, 2 et 3 sont de vraies mines d’or pour parler de tous ces sujets. Gardez le dialogue ouvert aux questions des enfants. Dédramatisez les changements corporels et leur temporalité. L’adolescence est une période où les jeunes s’interrogent sur leur identité et leur sexualité. L’objectif est de leur fournir des références fiables pour les aider à prendre des décisions éclairées quant à leur vie affective et sexuelle. Initiez des discussions posées et non-jugeantes.

Vademecum Académique EVARS, Kit EVARS et Triangles EVAR

Le vademecum académique EVARS est un document produit par le groupe de travail EVARS. Destiné aux équipes éducatives des EPLE et des écoles, Il vise à présenter les enjeux et les objectifs de l’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité mais aussi la stratégie régionale de déploiement des formations EVAR-EVARS 2025-2026 en partenariat avec l’ARS. Ses annexes regroupent à la fois des éclaircissements et des indications en référence à des cadres légaux sur les sujets abordés. le kit EVARS, outil d’aide à la formalisation d’un projet en école ou en EPLE dans le cadre du CESCE les triangles EVAR 1D et EVARS 2D, outils d’aide à la programmation des trois séances obligatoires.

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