Introduction

Dans le monde de la musique, certains artistes suscitent l'admiration, tandis que d'autres provoquent l'ire. Cet article se penche sur le cas de Jérôme Hurdy-Gurdy, un musicien dont l'œuvre semble déclencher une aversion quasi universelle, et explore, avec une ironie mordante, les raisons de ce rejet.

Jérôme Hurdy-Gurdy : Un Fléau Musical

Jérome Hurdy-Gurdy est à la musique ce que le pou est au cheveu ou le ténia à l’intestin : un parasite inutile et encombrant. Ego pharaonique, voix lénifiante, textes poncifs et charisme d’un suppositoire, quand JHG entre en scène c’est toute la planète rock qui souffre d’urticaire et de nausées. Ce n’est même plus affligeant, c’est pathétique. Sans nouvelles musicales du nocif prétentieux depuis plusieurs mois, nous le pensions définitivement rayé de la surface du globe musical. Soulagement bien compréhensible, mais funeste erreur.

L'Antivirus Musical : Une Mission Impossible ?

Face à la menace que représente Jérôme Hurdy-Gurdy pour le rock'n'roll, une solution radicale est envisagée : inoculer un puissant antivirus dans le cœur palpitant de la Bête Immonde. Autrement dit, envoyer un Gonzaïman dans la zone contaminée. Mais qui sera assez fou pour s’y rendre ? Autour de moi, c’est la consternation. Quelques uns me fixent d’un oeil étrange (« Qui est ce taré ? ») et les autres, les briscards aguerris de la scène underground, restent sans voix. Même le plus intrépide des Gonzaïmen, Little Johnny Jet - l’homme qui a eu le courage d’interviewer Dick Rivers pourtant, c’est pas rien - a blêmi en entendant ma proposition (puis a prétexté juste après un lâche booking diplomatique pour le jour de la Saint-Valentin. Quel salaud).

L'Heure Grave : Le Toxique Jérôme Hurdy-Gurdy

Car l’heure est grave, lecteur mon ami. Ce dont on va parler maintenant, c’est du sérieux. Du brutal, du féroce : en un mot, du toxique. Jérôme HURDY-GURDY, et depuis peu Jérôme GURDYK DIT HURDYK, puis Jérôme GURDYK (courage vieux, encore un effort et tu arriveras bientôt à Jérôme G., puis Jérôme, puis « J », puis plus rien - enfin). Jérôme Hurdy-Gurdy, donc.

L'Expérience Traumatisante : Une Rencontre avec le Néfaste

« …Comme j’arrivais, Natacha, la secrétaire du boss, petite brunette au regard intense et aux regards intenses, remit en place ses jarretelles / En forme, Gurd’ ?, qu’elle lança…/ Toujours quand je te vois, Nat’, lui rétorquai-je… Une question d’angle, tu vois, d’angle droit…/ Nous pouffâmes idiotesquement et puis je fis claquer mes feuilles blanches A4 sur son bureau / Fais gaffe à pas t’attraper un coup de soleil, c’est du brillant hein…. Bref, Jérôme Hurdy-Gurdy.

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Le néfaste is back, il est vital d’agir. Ce n’est plus de la critique rock, c’est de l’humanitaire musical. Et c’est là que j’interviens.

  1. J’ai déjà contracté le JHG et j’ai survécu (l’alcool, on dira ce qu’on voudra, mais parfois c’est bien utile[3]). Je suis donc logiquement immunisé depuis. C’était le 13 décembre 2006, à l’OPA (le lieu semble manifestement infesté). Arrivé avec plus d’une heure de retard aux répétitions (et sans s’excuser), l’animal a pourri la balance d’un des deux autres groupes pour nous asséner un set consternant de nullité. Heureusement que j’étais jeune et vigoureux à l’époque.
  2. Il y a quelques mois, le JHG - après avoir insidieusement contaminé mon myspace (comme celui de centaines d’autres innocentes victimes) - m’a envoyé un truc du genre « Ça ne vous dirait pas de chroniquer notre disque, la Chatière ?[4] ». Ben non, Jérôme, ça ne me dit pas, non. Du tout. Je ne chronique pas les albums, moi, seulement les Lives. Tu en ferais un peu plus, tu le saurais (ce qui démontre en même temps un minimum de jugeote chez les programmateurs parisiens).
  3. J’ai besoin d’une redynamisation mentale. Ces dernières semaines, j’ai passé l’essentiel de mon temps à lire, boire de l’alcool et tenter de séduire les filles (la vie de rêve, quoi). Malheureusement, les résultats obtenus dans ce dernier domaine n’ont pas vraiment été ceux escomptés : rien, zéro, que dalle. Et ce, malgré une stratégie de conquête sexuelle finement pensée (on prend un verre, on parle, on nique). Il fallait être lucide, je m’étais empâté. La faute aux excellents combos que j’avais vu dernièrement (The Craftmen Club, TC&TDN, Wovenhand…). Bercé par leurs riffs sublimes, hypnotisé par leurs présences inspirées, je me suis vautré dans mon bonheur auditif comme un calife obèse sur son coussin. J’avais perdu cette spiritualité d’esprit qui faisait ma légende d’autrefois, celle ou j’étais encore un guerrier fougueux. Je devais me ressaisir. Seul un choc violent pourrait me réanimer.

Le Protocole Sanitaire : Mithridatisation Musicale

De retour de chez Jack, (d’où j’ai pris cinq whisky pour conjurer le mauvais sort et la désagréable impression lisible dans les yeux de mes amis : celle du condamné à mort à qui on offre un dernier verre), j’élabore un protocole sanitaire que je me promets d’appliquer dès le lendemain (il faut savoir qu’une exposition non protégée au JHG, même courte, peut entraîner de graves effets secondaires : on perd ses amis, on devient fou, amorphe, on a des envies de meurtre…). Prudent, je privilégie une réacclimatation progressive au JHG afin de parfaire mon immunisation et, dans l’idéal, développer une résistance. Tel Raspoutine qui s’ingérait des doses quotidiennes de cyanure pour se prémunir d’un éventuel empoisonnement, j’opte moi aussi pour la mithridatisation[5] et décide de m’ingérer des doses quotidiennes de La Chatière.

La Chatière : Une Œuvre Accablante de Médiocrité

Puisqu’il faut bien commencer un jour, je démarre par Vive, la première chanson de l’album (restons rationnel). Simple mais correct. Et plutôt bien senti pour la pose de l’atmosphère. Attendons le vocal, je me dis, car… COOOOOOOOMME UUUUUNE… !!!!!! Gasp, le JHG est foudroyant. Je me suis laissé surprendre. C’est de ma faute. Je le savais, hein, je le savais. J’ai été trop présomptueux. L’attaque est directe, le lyric immédiat et immédiatement ennuyeux. Soporifiques, traînantes, aussi excitantes qu’une méduse morte, les intonations anesthésiantes du JHG me rappellent douloureusement l’effet d’un GHB[7]ingurgité bien involontairement quelques mois plus tôt (c’est marrant, cette similitude entre les sigles) et dans un ultime sursaut d’énergie, je me jette sur la touche « stop » pour échapper de justesse à l’apathie morbide.

La semaine est effectivement longue et mortelle. De petites touches en petites touches, je parviens néanmoins à écouter les dix pistes de l’album - un exploit. Il découle de La Chatière une impression générale de médiocrité aux clichés accablants. Novateur en rien, atone en tout, l’album est vocalement monocorde et musicalement cadenassé (sans doute au grand désespoir des musiciens dont on devine un véritable potentiel). De Vive au Parc, en passant par Le Phasme, Le Lavoir ou - et sans doute la pire - Pacotille, c’est une seule et même chanson qu’on a l’impression d’entendre et qui s’étire mollement comme une guimauve coulant sur un bout de braise. Le ton est geignard et les paroles confondantes de mièvrerie, quand ce n’est pas de ridicule («Entrevue chez le coiffeur/Rencontrée à la Sécu’/Une vague histoire de flirt/J’ai du cul à la Sécu’ ?…»[8]). La semaine passe dans la douleur et la mortification et ce qui devait arriver arriva : nous voilà le samedi 14 février. Le moment est venu de savoir si le protocole d’immunisation va fonctionner.

L'Épreuve du Live : Confrontation à l'OPA

Courage vieux, je me motive mentalement, et après un dernier regard triste sur mon appartement chéri de Saint Germain des Prés (Vais-je te revoir, toi ?) je me dirige vers le métro d’un pas lent, implacable - le pas de l’homme conscient de l’importance de sa mission, Bruce Willis dans Armageddon. A l’OPA, première constatation : le JHG n’a pas muté. Même méthode de contamination : une balance chronophage (balances OPA : 18h. Concert programmé : 20h/20h30. Soundcheck hurdygurdyen : jusqu’à 21h00). Le virus ne semble pas réactif, ça rassure. Deuxième constatation : le line-up a changé. (Je reviens une seconde sur l’exemple précédemment cité d’Armageddon. Je viens de me rendre compte que le héros meurt à la fin. Alors si ça ne dérange personne, je vais plutôt prendre Die Hard. Le 1, le 2, le 3, le 4… au choix.

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Après une cinquantaine de « On entend bien ma voix, là ? », une trentaine de « C’est pas possible de baisser le son des instruments ? » et une bonne centaine de « Mais non, on ne m’entend pas du public ! » le JHG déclenche l’infestation. L’urticant démarre violemment par un massacre en bonne et due forme de Lautréamont[10] et poursuit sur sa lancée diabolique par un Phasme superbement mal chanté et magnifiquement surjoué. J’ai beau m’être préparé, le premier contact est fracassant et mon organisme accuse le coup. Amoindri, mais néanmoins professionnel - je suis chroniqueur à Gonzaï, faudrait voir à ne pas l’oublier tout de même - je combats stoïquement la douleur diffuse qui s’installe progressivement dans mon corps tandis que le JHG déploie tous ses agents pathogènes dans la bataille : gesticulations inquiétantes, spasmes épileptiques (dont l’effrayant « pas de la poule », d’après mon conseiller musical courageusement présent lui aussi) et chant faux, mais alors faux… Dire qu’il chante mal serait un doux euphémisme pour lui, limite un compliment. Heureusement, la mithridatisation fonctionne et la résistance au germe sournois s’avère efficace. Peu à peu, je refais surface et réussis même à filmer le JHG en action.

Mystère et Compassion : Les Musiciens de l'Ombre

Juste avant de refermer cette page de veille sanitaire qui marquera à jamais les archives scientifiques de Gonzaï et celles de ma postérité (« Tout de même, il avait du cran, ce Nash »), une pensée - et un mystère pour moi - en direction des quatre musiciens présents durant le set. Kim Belhadj (guitare), Jean-Baptiste Naturel (piano), Axel Vallat (basse) et le batteur ont effectué un travail pour le moins honnête et acceptable et on sent qu’ils ont largement les compétences pour faire bien plus que ce à quoi on les a employés. Ils gagneraient à fuir ce cadre réducteur et asphyxiant dans lequel je soupçonne grandement quelqu’un (mais qui, bon sang, qui ?) de les y avoir enfermés.

Conclusion : Une Mission Périlleuse

Enfin bon. Après quelques bières bien méritées pour renforcer mes défenses naturelles durement éprouvées lors de la confrontation, je retourne chez moi. Dans le métro - un métro vide, triste : le métro du héros fatigué après l’Apocalypse - je me dis que les missions à Gonzaï deviennent de plus en plus périlleuses.

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