Gloria Gaynor, une figure emblématique de la musique disco, est bien plus qu'une simple chanteuse. Son parcours, marqué par des épreuves et des succès, a fait d'elle une icône d'émancipation et d'affirmation de soi. Née dans le New Jersey, elle a surmonté de nombreux obstacles pour devenir une légende de la musique. Cet article explore la vie de Gloria Gaynor, de ses débuts modestes à sa consécration en tant que reine du disco, en passant par les moments difficiles qui ont forgé sa résilience.
Les Débuts d'une Voix
Gloria Gaynor, née Gloria Fowles le 7 septembre 1949 à Newark, New Jersey, a grandi dans une famille modeste. Fille de Queenie May Proctor et de Daniel Fowles, elle a passé son enfance avec ses six frères et sœurs. Bien que son père et ses frères soient musiciens, Gloria a dû attendre le lycée pour que ses talents de chanteuse soient reconnus. Elle a étudié à la Newark’s Southside High School, avant de se lancer dans une carrière de chanteuse.
Dans les années 1960, Gloria Gaynor a fait ses débuts avec les Soul Satisfiers, un groupe de jazz/pop. En 1965, elle a sorti son premier single, "She'll Be Sorry/Let Me Go Baby". Cependant, c'est dans les années 1970 que sa carrière a véritablement décollé avec l'ascension de la musique disco.
L'Ascension Disco
En 1971, le producteur Jay Ellis a repéré Gloria Gaynor dans un petit club du New Jersey, subjugué par sa puissance vocale. Il lui a fait signer un contrat et l'a associée à un groupe de musiciens blancs habitués à la pop, alors qu'elle venait du répertoire blues. Ce mélange des genres a donné naissance à un son unique qui a marqué les débuts du disco.
En 1973, Gloria Gaynor a sorti l'un des premiers tubes du genre, "Honeybee", une transition évidente entre la soul-funk et les prémices du disco. Jay Ellis a ensuite eu l'idée de mettre en avant Gloria et a formé un trio de choristes, "Simon Said", pour l'accompagner. L'objectif était clair : faire rêver le public. Le trio avait tout : la voix, le son, le physique et surtout, la danse. L'heure n'était plus aux salles de concerts, mais bel et bien aux boîtes de nuit.
Lire aussi: Avis sur le Lait Gloria Bébé
En 1976, l'Association Internationale des DJs l'a nommée Reine du disco, faisant d'elle le symbole de la nuit, de l'émancipation et de la liberté. Cependant, le succès avait un prix. Le producteur voulait non seulement une chanteuse, mais aussi un physique. Gloria, qui était sujette à des prises de poids depuis son adolescence, a été contrainte de suivre des régimes drastiques faits de produits diététiques, souvent douteux. Elle a perdu des kilos, mais ces méthodes ont ruiné sa santé.
"I Will Survive" : Un Hymne Intemporel
En 1978, Gloria Gaynor a sorti "I Will Survive", un hymne à l'émancipation féminine dont la musique entraînante et les paroles fortes en ont fait une chanson incontournable des clubs du monde entier. Ce titre, emblème de la cause féminine et LGBT, a marqué un immense succès pour la chanteuse.
Cependant, la même année, elle s'est retrouvée paralysée suite à une chute pour laquelle elle a été opérée, mais dont elle a conservé des séquelles. En 1979, elle a remporté un Grammy Award dans la catégorie meilleur enregistrement de disco pour son interprétation de "I Will Survive".
L'histoire de la création de ce tube est fascinante. Alors que le nouveau président de Polydor voulait que Gloria Gaynor opère son grand retour après une mauvaise chute sur scène, il lui a fait enregistrer une reprise de "Substitute" de Clout. Gloria, quant à elle, a immédiatement compris le potentiel de la face B, une chanson intitulée "I Will Survive". Malgré le scepticisme de Polydor, elle a insisté pour que "I Will Survive" passe en radio. Les DJs ont commencé à la jouer, et la face B est devenue numéro un, grâce à la conviction de son interprète.
Les Épreuves et la Résilience
La vie de Gloria Gaynor a été marquée par de nombreuses épreuves. Elle a grandi dans la pauvreté, a été abandonnée par son père et a subi des abus sexuels. La mort de sa mère, dont elle était très proche, a été un moment particulièrement difficile. Elle avait alors 25 ans, et son monde s'est effondré. Cependant, elle a décidé de se jeter à corps perdu dans la musique.
Lire aussi: Gloria Nystedt : Une analyse
En 1979, le disco est devenu subitement impopulaire aux États-Unis. Gloria Gaynor a également été trahie par son manager, Linwood Simon, qui était aussi son mari. Pour lui, seuls les contrats comptaient. Il y croyait davantage qu'au fait de capitaliser sur son succès dans son propre pays.
Dans le documentaire "Gloria Gaynor: I Will Survive", elle raconte également avoir été inspirée par sa mère. Un jour, alors qu'elles préparaient le repas dans la cuisine, sa mère, qui avait subi une trachéotomie, lui a demandé de chanter une note haute qu'elle ne parvenait pas à atteindre. C'est là que Gloria a compris ce que sa vie serait.
Face à l'adversité, "I Will Survive" est devenue pour Gloria plus qu'une chanson, un cri d'espoir et de courage pour elle, comme pour beaucoup d'auditeurs.
La Renaissance et la Foi
Au début des années 1980, alors que le disco était en perte de vitesse, Gloria Gaynor a pris ses distances avec une vie trépidante et a opéré une renaissance. Son mari a décidé de ne pas quitter cette vie nocturne, et l'inévitable divorce a eu lieu à la fin de la décennie. Gloria a alors embrassé ce qui la tenait, la musique et la religion à travers le gospel.
En 2015, elle a entrepris d'enregistrer un nouvel album gospel. Faute d'intérêt de la part de l'industrie musicale, Gloria Gaynor s'est vue contrainte de l'autofinancer. En 2019, elle a sorti "Testimony", un album qui marque son retour à une forme de sérénité et qui lui a valu, en 2020, le deuxième Grammy Award de sa carrière, celui du meilleur album gospel.
Lire aussi: Biberon au Lait Gloria : Guide Complet
L'Héritage d'une Icône
Gloria Gaynor a ouvert la voie à de nombreuses artistes telles que Beyoncé ou Alicia Keys. Elle appartient à une génération où les femmes devaient naviguer en retrait. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, même si elles se battent encore pour se faire une place. L'énorme différence, désormais, c'est que cette toute nouvelle génération tient à être reconnue et créditée pour ce qu'elle accomplit.
En 1998, les Bleus ont gagné la Coupe du Monde, et "I Will Survive" est devenu leur hymne. Devenue icône de la communauté gay dès le début des années 1980, son tube est classé n° 3 au Top 50 des chants revendiqués par la communauté LGBT américaine en 2018.
Aujourd'hui, Gloria Gaynor continue de se produire et d'inspirer des millions de personnes à travers le monde. Son histoire est un témoignage de résilience, de détermination et de foi. Elle a su traverser les décennies dans une industrie encore misogyne en imposant ses choix de carrière, tout en traçant un chemin pour de nombreuses artistes féminines.
tags: #gloria #gaynor #a #des #enfants
