Gardénal, dont le principe actif est le phénobarbital, est un médicament anticonvulsivant de la famille des barbituriques. Il est utilisé dans le traitement de certaines formes d'épilepsie chez l'enfant. Bien qu'efficace, son utilisation nécessite une compréhension approfondie de ses effets secondaires potentiels et de ses interactions médicamenteuses, particulièrement en pédiatrie.

Indications et Mécanisme d'Action

Le phénobarbital est efficace sur tous les types d'épilepsies à part les absences typiques. Ses propriétés anti-épileptiques s’expliquent par son action au niveau de la transmission GABAergique en renforçant cette transmission, réduisant ainsi l’activité électrique des neurones. Il est utilisé pour traiter les épilepsies partielles et généralisées tonico-cloniques, en monothérapie ou en traitement associé à un autre traitement anti-épileptique.

Effets Secondaires et Précautions d'Emploi

Effets Indésirables Généraux

L'introduction d'un médicament antiépileptique peut, rarement, être suivie d'une recrudescence des crises ou de l'apparition d'un nouveau type de crise chez le patient. La prise prolongée de phénobarbital peut entraîner l’apparition d’un syndrome de dépendance. Dans le cas où le patient devrait arrêter le traitement, il est recommandé de réduire progressivement la posologie.

Des idées et comportements suicidaires ont été rapportés chez des patients traités par des antiépileptiques. Par conséquent, les patients doivent être étroitement surveillés pour tout signe d’idées et de comportements suicidaires.

Réactions Cutanées

Des cas de réactions cutanées pouvant mettre en jeu le pronostic vital tels que le syndrome de Stevens-Johnson (SSJ) et la nécrolyse épidermique toxique (NET) ou syndrome de Lyell ont été rapportés avec le phénobarbital. Les patients doivent être avertis des signes et des symptômes, et être étroitement surveillés en cas de survenue de réactions cutanées.

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Effets Neuropsychiques

Le phénobarbital peut induire une somnolence, parfois intense chez certaines personnes. L'altération de la vigilance peut rendre dangereuses la conduite de véhicules et l'utilisation de machines. À dose importante, un nystagmus et une ataxie peuvent survenir. Des atteintes neuropsychiques surtout à type de sédation sont possibles.

Effets Hépatiques

Une augmentation isolée de la gammaglutamyltranspeptidase est liée au caractère inducteur enzymatique hépatique des barbituriques. En règle générale, cette augmentation est sans signification clinique. Une élévation, isolée et modérée d'une transaminase et/ou des phosphatases alcaline est très occasionnellement observée.

Syndrome d'Hypersensibilité

Des réactions d'hypersensibilité multisystémique avec le plus souvent fièvre, éruption cutanée, éosinophilie ont été rapportées.

Effets sur le Nouveau-né

Le phénobarbital traverse le placenta chez l'être humain. L'exposition prénatale au phénobarbital peut augmenter les risques de malformations congénitales. Un syndrome hémorragique peut survenir dans les 24 premières heures de la vie chez le nouveau-né de mère traitée. Une prévention par la vitamine K1 per os chez la mère dans le mois précédant l'accouchement et l'administration de vitamine K1 par voie parentérale (IM ou IV lente) à la naissance, chez le nouveau-né semblent efficaces.

Risque de Malformations Congénitales et Troubles Neurodéveloppementaux

Le phénobarbital en monothérapie est associé à un risque accru de malformations congénitales majeures, y compris les fentes labiales et palatines et les malformations cardiovasculaires. D'autres malformations impliquant divers systèmes de l'organisme, notamment des cas d'hypospadias, des caractéristiques faciales dysmorphiques, des effets sur le tube neural, une dysmorphie crâniofaciale (microcéphalie) et des malformations des doigts ont également été rapportées. Des troubles neurodéveloppementaux ont été rapportés chez des enfants exposés au phénobarbital pendant la grossesse.

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Il est crucial que les patientes prenant du phénobarbital reçoivent un supplément adéquat d'acide folique avant la conception et pendant la grossesse.

Rachitisme

Chez l’enfant soumis au traitement par le phénobarbital au long cours, un traitement prophylactique du rachitisme sera mis en place avec de la vitamine D2 (1200 à 2000 UI/j) ou 25 OH.-vit. D3.

Interactions Médicamenteuses

Le phénobarbital est un inducteur enzymatique puissant, ce qui signifie qu'il peut affecter le métabolisme de nombreux autres médicaments. Il est essentiel de connaître ces interactions pour ajuster les doses et éviter les effets indésirables.

Interactions Déconseillées

  • Millepertuis: Risque de diminution de l'efficacité de l'antiépileptique.

Interactions Nécessitant des Précautions

  • Alcool: Majoration par l'alcool de l'effet sédatif du phénobarbital. L'altération de la vigilance peut rendre dangereuses la conduite de véhicules et l'utilisation de machines.
  • Autres antiépileptiques: Ces associations nécessitent des précautions d’emploi, et des ajustements posologiques de l’un ou l’autre des antiépileptique, en fonction de la modulation enzymatique (induction ou inhibition). Par exemple, il peut y avoir une diminution progressive des concentrations plasmatiques de carbamazépine et de son métabolite actif sans modification apparente de l'efficacité anticomitiale.
  • Acide valproïque: Diminution des concentrations plasmatiques d'acide valproïque par augmentation de son métabolisme hépatique par le phénobarbital.
  • Anticoagulants oraux: Contrôle plus fréquent du taux de prothrombine et surveillance de l'INR.
  • Contraceptifs oraux: Diminution de l'efficacité contraceptive par augmentation du catabolisme hépatique.
  • Corticoïdes: Diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité des corticoides par augmentation de leur métabolisme hépatique: les conséquences sont particulièrement importantes chez les addisoniens et en cas de transplantation.
  • Digitaliques: Diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de la digitoxine (augmentation de son métabolisme hépatique). Surveillance clinique, ECG et éventuellement contrôle de la digitoxinémie.
  • Antiarythmiques: Diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de l'antiarythmique (augmentation de son métabolisme hépatique). Surveillance clinique, ECG et éventuellement contrôle des concentrations plasmatiques de disopyramide.
  • Dihydropyridines: Diminution des concentrations plasmatiques de la dihydropyridine par augmentation de son métabolisme hépatique.
  • Doxycycline: Diminution des concentrations plasmatiques de la doxycycline par augmentation de son métabolisme hépatique.
  • Estrogènes et progestatifs: Diminution de l'efficacité de l'estrogène ou du progestatif par augmentation de son métabolisme hépatique.
  • Immunodépresseurs: Diminution des concentrations plasmatiques de l'immunodépresseur et de son efficacité par augmentation de son métabolisme hépatique. Augmentation de la posologie de l'immunodépresseur sous contrôle des concentrations plasmatiques.
  • Ifosfamide: Risque de majoration de la neurotoxicité par augmentation du métabolisme hépatique de l'ifosfamide par le phénobarbital.
  • Itraconazole: Diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de l'itraconazole.
  • Méthadone: Risque majoré de dépression respiratoire, pouvant être fatale en cas de surdosage. Par ailleurs, diminution des concentrations plasmatiques de méthadone avec risque d'apparition de syndrome de sevrage par augmentation de son métabolisme hépatique.
  • Quinidiniques: Diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité des quinidiniques (augmentation du métabolisme hépatique). Surveillance clinique, ECG et contrôle des concentrations plasmatiques.
  • Théophylline: Diminution des concentrations plasmatiques et de l'activité de la théophylline par augmentation de son métabolisme hépatique. Surveillance clinique et, si besoin, de la théophyllinémie.
  • Zidovudine: Risque de diminution de l'efficacité de la zidovudine par accélération de son métabolisme hépatique.
  • Bêtabloquants: Diminution des concentrations plasmatiques de ces bêtabloquants avec réduction de leurs effets cliniques (accélération de leur métabolisme hépatique).

Autres Interactions

  • Phénytoïne, rifampicine, carbamazépine: Diminution des concentrations plasmatiques du phénobarbital, par augmentation de son métabolisme dont les folates représente un des cofacteurs.
  • Hormones thyroïdiennes: Risque d'hypothyroïdie clinique chez les patients hypothyroïdiens, par augmentation du métabolisme de la T3 et de la T4.

Posologie et Administration

Chez l'enfant, la posologie usuelle est de 3 à 4 mg/kg en une prise quotidienne au coucher. L'efficacité du médicament ne peut être jugée qu'après 15 jours de traitement. Lorsque la clinique le justifie, contrôler la barbitémie en effectuant le prélèvement de préférence le matin.

Surveillance

La cinétique du phénobarbital est soumise à de grosses variations inter-individuelles, ce qui justifie la surveillance des concentrations plasmatiques pour permettre un meilleur contrôle des convulsions et une meilleure adéquation entre la clinique et la posologie. La concentration plasmatique thérapeutique est comprise entre 15 et 40 mg/L.

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