Introduction
Le témoignage poignant de Garance Doré sur son parcours de procréation médicalement assistée (PMA) met en lumière les défis émotionnels, physiques et sociaux auxquels sont confrontées de nombreuses femmes. Son expérience, partagée avec vulnérabilité, révèle la pression intense exercée sur les femmes pour qu'elles deviennent mères, ainsi que les conséquences potentiellement dévastatrices de cette quête sur leur bien-être et leur identité.
Le Désir Tardif de Maternité et la Pression de l'Horloge Biologique
Comme beaucoup de femmes, Garance Doré pensait qu’avoir un enfant était « le secret du bonheur ». L'histoire de Garance Doré débute avec une envie un peu tardive d'être mère, qu'elle a ressentie pour la première fois à l'âge de 37 ans. Devenue femme d'affaire aux États-Unis avec plusieurs cordes à son arc, Garance Doré a longtemps été une working girl sans avoir l'envie d'être une working mum. "J'ai commencé un blog et j'ai rencontré le succès, l'argent et la liberté. J'avais aussi l'amour. L'amour n'a jamais été une préoccupation pour moi. Il a toujours été là, et je le savais pour toujours. J'avais tout, pensais-je. À 37 ans, la blogueuse et illustratrice est en couple avec un homme, mais leurs vies très rythmées entre les voyages et les rendez-vous ne fait pas grandir cette envie de fonder une famille. Ils se sépareront. Garance Doré développe cette envie de maternité, jusqu'à imaginer faire un bébé toute seule. "J'avais 39 ans (…) Je voyageais dans le monde entier, j'avais un million d'amis et de grandes ambitions. Je suivais la recette parfaite pour une vie parfaite. Mais c'était avant de retrouver l'amour, et de se dire que peut-être son projet de devenir maman se réaliserait avec cet homme.
C'est d'ailleurs cette horloge biologique qui pose problème à la blogueuse née en Corse, surnommée «la gardienne du style» par le New York Times : «A 20 ans, ma grand-mère me dit qu'il est temps d'avoir un enfant. A 30 ans ma mère s'y met. N'attends pas trop, ce sera trop tard !!! Toujours pas prête mais OK, j'écoute. Sans oublier les amis, les médecins et la pression de la société» explique-t-elle dans les lignes du site de Lena Dunham. "Quand j'avais 20 ans, ma grand-mère a commencé à me dire qu'il était temps d'avoir un bébé." Garance Doré poursuit : "A 30 ans, ma mère s'y est mise. N'attends pas trop, ce sera trop tard !!! Je n'étais pas encore prête, mais OK, j'écoutais. Ah, l'horloge. Selon la blogueuse accomplie, la pression de l'horloge biologique commence à 20 ans. Quand l'idée jaillie dans l'entourage.
À bientôt 42 ans, « l’horloge biologique tourne » et les médecins lui recommandent un parcours d’AMP. À 40 ans, Garance se voit alors conseiller une insémination intra-utérine. Elle s’exécute gaiement. Chris et elle se rendent compte qu'ils veulent des enfants tous les deux. Il la demande en mariage et quelques mois plus tard ils commencent à essayer de faire un enfant. Elle se rend chez le gynécologue qui lui recommande urgemment de faire une insémination intra-utérine le mois d'après car «à son âge, elle n'a pas une minute à perdre!».
Les Dangers d'une Quête Obsessionnelle de la Maternité
Avec son fiancé, elle se lance dans un long processus, de l'insémination artificielle (IAC) aux stéroïdes, "des hormones et de l'espoir". Elle confie que chaque arrivée de règles est un enfer : "Depuis ce jour, mes règles sont devenues le symbole de l'échec de mon corps, l'échec de ma féminité, l'échec de ma vie." Pourtant, le jour où ses règles arrivent, elles signent l'échec de cette première insémination et le début de sa descente aux enfers : «A partir de ce moment, mes règles sont devenues le signe de l'échec de mon corps, de l'échec de ma féminité, de l'échec de ma vie» confie Garance Doré.
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Cette quête de la maternité fera l'objet de toutes ses préoccupations, devenant obsessionnelle comme c'est souvent le cas. "Pendant ces longs mois, j'ai cessé de vivre". Elle se met en condition, limite les sorties, change son alimentation, arrête sa consommation d'alcool et de café, scrute ses phases d'ovulation, … Dès lors, elle «s'arrête de vivre». La Française expatriée à New-York commande des tonnes de livres de développement personnel, arrête le café, arrête l'alcool, arrête de manger, de sortir, de voyager, de s'amuser. Elle ne vit que pour tomber enceinte, mettant de côté tout le reste : «J'ai commencé à pleurer beaucoup, tous les jours. Comme si j'avais perdu quelqu'un. Des pleurs longues et chaudes, durant des heures. Etais-je une femme? Etais-je désirable? Etais-je infertile? Qu'est-ce que j'avais fait?»
Peu de temps après elle se voit proposer une Fécondation In Vitro (FIV) qu'elle refuse. Elle se rend chez un autre gynécologue qui ne lui prescrit pas d'opération mais un mélange de «stéroïdes, d'hormones et d'espoir» : «Le cocktail parfait pour faire d'une femme déjà fragile, une femme complètement folle» explique-t-elle rétrospectivement.
Au terme d'une longue période douloureuse, Garance Doré se demande : "Est-ce que je suis infertile ? Qu'est-ce que j'ai fait ?". "J'ai commencé à pleurer tous les jours." Presque un an plus tard, le couple déménage à Los Angeles, et c'est sa première fécondation in-vitro. "J'ai atterri dans cette clinique de fertilité chic de Beverly Hills en janvier et rencontré mon nouveau médecin. Je ne voyais pas qu'il était froid, détaché et même agressif. Je pensais qu'il était juste un pro (…) à ce moment, je prétendais toujours être forte, je faisais des blagues, ce qui faisait rire les infirmières. J'ai craqué quand ils m'ont expliqué que je devais m'en injecter cinq fois par jour." Plus tard, après un suivi quotidien, on lui dit que "les deux embryons ne sont pas bons. J'étais cassée. Son monde s'écroule. "J'étais cassée. Rien ne m'avait préparée à ça. Rien ne m'avait préparée à une année d'hormones, de discussions toxiques, de pensées toxiques. Une année à perdre ma tête, ma joie, mon amour."
Après plusieurs mois d'essai, son gynécologue l'appelle et lui impose presque la FIV : «Vous aurez bientôt 42 ans, et après 42 ans, aucune clinique ne voudra vous en faire, de peur de faire baisser leurs statistiques, vous comprennez ?». Ses amies la soutiennent, elles sont nombreuses à connaitre ces problèmes et à passer par une FIV. A ce moment là, Garance Doré et Chris déménagent à Los Angeles, où elle continue plus que jamais à ne vivre que pour tomber enceinte, mais quand le médecin l'appelle pour lui dire que ça n'a pas marché, elle s'effondre.
L'Importance du Soutien et de l'Acceptation
Après l’échec de la FIV, elle veut tout arrêter. « Je n’étais pas préparée à ça. Rien ne m’a préparé à une idée d’hormones toxiques, à des conversations toxiques, à des pensées toxiques. Garance Doré consulte un psychologue et comprend qu’elle a surtout besoin d’amour, de confiance et de patience.
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Une amie la persuade de s'écouter, alors elle écoute son corps, et stoppe tout. "Plus d'hormones, plus de médecins. Juste de l'amour et de la patience." Quand elle a fait part de son choix à son fiancé, il lui dit "Je ne t'ai pas choisie pour être le porteur de tes enfants, je suis avec toi parce que je t'aime. Je serai heureux si nous avons des enfants. Je serai heureux si nous n'en avons pas. Son compagnon lui en donne la force : « Je ne t’ai jamais choisie pour que tu portes mes enfants. Je suis avec toi parce que je t’aime. J’ai fait cette AMP avec toi parce que je t’aime. Je serais heureux si nous avons des enfants et je le serai aussi si nous n’en avons pas. (…) Je veux que tu arrêtes de te traiter en rat de laboratoire. Résultat, Garance Doré coupe tout : plus de médecins, plus d'hormones, seulement «amour, confiance et patience», soutenue par son compagnon qui lui rappelle : «Je ne t'ai pas choisie pour porter mon enfant. Je suis avec toi parce que je t'aime».
Remettre en Question la Pression Sociale et Redéfinir le Bonheur
Aujourd’hui, son histoire l’a aidée à comprendre l’ « énorme pression qui pèse sur les femmes pour qu’elles deviennent mères, une pression que j’ai complètement assimilée et que je remets en question aujourd’hui. Une idée selon laquelle une vie pleine ne serait pas complète sans un enfant ». Aujourd'hui Garance Doré a 42 ans. Elle n'est toujours pas maman, mais elle se sent mieux. "Mon histoire m'a aidée à comprendre l'énorme pression subie par les femmes pour devenir mère, une pression que j'ai complètement intériorisée et qui me questionne aujourd'hui". La blogueuse conclue : "L'idée d'avoir une vie pleine, de tout avoir. Comme si nos vies ne pourraient pas être complètes sans enfant. La pression, aussi, d'utiliser tous les moyens possibles pour avoir un enfant, parce qu'aujourd'hui, si vous voulez un enfant, vous allez en avoir un. Si ce n'est pas le cas, et bien, ça signifie que vous n'avez pas assez essayé.
« Mon histoire m'a permis de comprendre l'énorme pression mise sur les femmes pour devenir mères, une pression que j'ai complètement intégrée et que je questionne aujourd'hui. Cette idée d'avoir une vie remplie, de tout avoir. Comme si nos vies ne pouvaient pas être complètes sans enfants. La pression, aussi, d'user de tous les moyens possibles pour avoir des enfants (….) Nous sommes complètes, même si l'on ne coche pas toutes ces cases débiles. Même sans un travail, un mariage, ou un bébé» explique Garance Doré. "La vérité, c’est que la vie n’est pas juste et que la vie n’a pas de règles. La vie est bien mieux que cela. […] Parfois le mieux que nous puissions faire est ne rien faire. Laisser la vie décider et tomber amoureux de notre destinée ». « Nous sommes complets sans un magnifique travail, nous sommes complets sans un magnifique bébé. Mon happy end, je l’ai.
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