L'utilisation de produits de contraste à base de gadolinium (PCG) en imagerie par résonance magnétique (IRM) suscite des interrogations quant à leur sécurité pendant l'allaitement. Cet article vise à fournir une analyse approfondie des risques potentiels et des recommandations actuelles concernant l'administration de gadolinium chez les femmes allaitantes.
Qu'est-ce que le gadolinium et pourquoi est-il utilisé en IRM?
Le gadolinium est un métal rare doté de propriétés paramagnétiques qui améliorent le contraste des images IRM. Il permet de mieux visualiser les vaisseaux sanguins et les organes, facilitant ainsi le diagnostic de diverses pathologies. Pour être administré en toute sécurité, le gadolinium est chélaté à des ligands organiques, formant ainsi un complexe stable qui facilite son excrétion rénale. Différents types de PCG existent, chacun présentant un volume de distribution adapté à l'organe ciblé par l'imagerie médicale.
Passage du gadolinium dans le lait maternel
Les études ont démontré que les PCG sont excrétés en très petites quantités dans le lait maternel. Moins de 0,04 % de la dose administrée à la mère se retrouve dans le lait. De plus, l'absorption intestinale du gadolinium par le nourrisson est très faible, estimée à moins de 1 % de la dose ingérée. Par conséquent, l'exposition du nourrisson au gadolinium via le lait maternel est minime, représentant moins de 0,0004 % de la dose administrée à la mère par voie intraveineuse.
Risques potentiels pour le nourrisson allaité
Bien que la quantité de gadolinium excrétée dans le lait maternel soit faible, certaines préoccupations subsistent quant aux risques potentiels pour le nourrisson. L'une des principales préoccupations est le risque d'accumulation cérébrale de gadolinium, un phénomène observé chez l'adulte après des administrations répétées de PCG. Cependant, il n'existe actuellement aucune donnée probante indiquant que l'exposition au gadolinium via le lait maternel puisse entraîner une accumulation cérébrale chez le nourrisson.
Un autre risque potentiel est lié à la toxicité du gadolinium sous sa forme libre. Chez l'animal, il a été démontré que les PCG traversent la barrière placentaire et s'accumulent dans le tractus urinaire fœtal, favorisant un contact prolongé avec le gadolinium sous sa forme libre, la plus toxique. Toutefois, aucune étude clinique n'a évalué les risques des PCG durant la grossesse chez l'homme, et aucun effet tératogène n'a été rapporté à ce jour dans les études rétrospectives sur plus de 400 femmes exposées.
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Recommandations des sociétés savantes
Les sociétés savantes ont des avis divergents sur la conduite à tenir chez la femme allaitante devant subir une IRM avec injection de gadolinium.
- L'American College of Radiology (ACR) et l'American Congress of Obstetricians and Gynecologists (ACOG) recommandent de ne pas interrompre l'allaitement après l'administration de PCG. Ils estiment que le risque pour le nourrisson est négligeable en raison de la faible quantité de gadolinium excrétée dans le lait maternel et de sa faible absorption intestinale.
- L'European Society of Urogenital Radiology (ESUR) préconisait initialement une suspension de l'allaitement pendant 24 heures après l'administration de PCG. Cette recommandation était basée sur le manque de données concernant le risque d'ingestion des PCG par les nouveau-nés et de ses conséquences sur le risque d'accumulation cérébrale des PCG décrit chez l'adulte. Cependant, il est important de noter que cette position a évolué et que l'ESUR reconnaît désormais que l'interruption de l'allaitement n'est généralement pas nécessaire.
La Haute Autorité de Santé (HAS) française souligne que "la plupart des médicaments (consulter d’autres sources d’information que le dictionnaire Vidal) sont des contre-indications abusives à l’allaitement."
Précautions et alternatives
Bien que le risque pour le nourrisson soit considéré comme faible, certaines précautions peuvent être prises pour minimiser l'exposition au gadolinium:
- Utiliser la dose la plus faible possible de PCG permettant un rehaussement de contraste suffisant à des fins diagnostiques.
- Envisager des alternatives à l'IRM avec injection de gadolinium, telles que l'IRM sans contraste ou d'autres modalités d'imagerie.
- Si l'IRM avec injection de gadolinium est nécessaire, informer la patiente des risques potentiels et des recommandations actuelles.
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