La musique, souvent perçue comme une source de réconfort et d'unité, a joué un rôle vital dans les ghettos durant la Seconde Guerre mondiale. Au-delà du simple divertissement, elle est devenue un moyen d'expression, de résistance et de préservation de l'identité culturelle face à l'oppression nazie. Parmi les nombreuses formes musicales qui ont émergé dans ces contextes déchirants, les berceuses occupent une place particulière, témoignant de la tendresse et de l'espoir au milieu du désespoir. Cet article explore la signification et les paroles de ces berceuses, ainsi que les compositeurs et musiciens qui ont créé et interprété cette musique poignante.

Compositeurs et Musiciens Engagés

De nombreux artistes ont continué à créer et à se produire dans les ghettos, malgré les conditions terribles. Leurs œuvres sont un témoignage de la force de l'esprit humain face à l'adversité.

  • Carlo Taube : Pianiste, compositeur et chef d'orchestre, déporté à Theresienstadt en 1941.
  • Leo Strauss : Musicien et parolier, impliqué dans les productions de cabaret à Theresienstadt.
  • James Simon : Compositeur, pianiste et musicologue, déporté à Terezín en 1944.
  • Zikmund Schul : Compositeur et violoniste, déporté à Terezín en 1941, où il continua à composer.
  • Rafael Schächter : Chef d'orchestre et musicien, pionnier de la vie culturelle dans le ghetto de Terezin.
  • Egon Ledeč : Violoniste et compositeur tchèque, envoyé à Theresienstadt.
  • Hans Krása : Compositeur actif dans la vie musicale de Terezin.
  • Gideon Klein : Organisateur de la vie culturelle à Theresienstadt, il a commencé à étudier le piano avec le chef du conservatoire de Přerov à l'âge de 6 ans, démontrant une musicalité précoce.
  • Pavel Haas : Compositeur, envoyé à Terezin en 1941, où il continua à composer.
  • Karel Berman : Chanteur basse, déporté à Terezin en 1943, il a chanté dans des opéras et des récitals.
  • Henech Kon : Compositeur qui s'est installé à New York avant la Seconde Guerre mondiale, il a continué à composer des pièces commémorant la destruction de la communauté juive polonaise.
  • Artur Gold : Violoniste et compositeur polonais, assassiné à Treblinka.
  • Wladyslaw Szpilman : Musicien dont la carrière a été interrompue par l'invasion allemande de la Pologne.
  • Władysław Szlengel : Poète, parolier, journaliste et acteur de théâtre polono-juif.
  • Marysia Ayznshtat : Figure musicale appréciée du ghetto de Varsovie.
  • Dovid Ayznshtat : Compositeur et chef d'orchestre, il a continué à composer, diriger, jouer et former des musiciens en herbe dans le ghetto de Varsovie.
  • Paulina Braun : Compositrice et parolière dans le ghetto de Varsovie.
  • Diana Blumenfeld : Chanteuse folklorique, pianiste et actrice, elle a continué à chanter, se produisant dans des cafés et au théâtre du ghetto.
  • Alek Volkovisky : Pianiste et auteur de chansons, il a remporté un concours dans le ghetto de Vilna pour sa berceuse "Shtiler, shtiler".
  • Misha Veksler : Chef d'orchestre et compositeur, il est devenu une figure importante dans le monde musical du ghetto de Vilna.
  • Yankl Trupyanski : Professeur de musique et compositeur de chansons pour enfants à Varsovie et Vilna.
  • Avraham Sutzkever : Poète yiddish, impliqué dans des actes de résistance, il a aidé à sauver des textes importants.
  • Leah Rudnitski : Poétesse, elle a écrit l'une des plus belles berceuses à avoir survécu au ghetto de Vilna, "Dremlen feygl oyf di tsvaygn" (Les oiseaux somnolent sur les branches).
  • Leyb Rozental : Poète, il est devenu l'un des auteurs de comédies musicales et de revues de théâtre les plus populaires du ghetto de Vilna.
  • Khayele Rozental : Chanteuse populaire dans le ghetto de Vilna.
  • Lyube Levitski : Soprano, elle est devenue une star à l'âge de 21 ans.
  • Yankl Krimski : Artiste de théâtre et musicien dans le ghetto de Vilna.
  • Shmerke Kaczerginski : Poète et combattant partisan, il a composé des chansons pour consoler les prisonniers et encourager la résistance dans le ghetto de Vilna.
  • Hirsh Glick : Poète et partisan juif.
  • Rikle Glezer : Elle a écrit plusieurs chansons pendant ses années d'emprisonnement dans le ghetto de Vilna.
  • Wolf Durmashkin : Compositeur, chef d'orchestre et pianiste juif de Vilnius.
  • Avrom Brudno : Musicien et compositeur dans le ghetto de Vilna.
  • Khane Khaytin : Auteure-compositrice lituanienne-juive qui a écrit de nombreuses chansons populaires dans le ghetto de Shavli.
  • Isaiah Shpigl : Écrivain, poète et professeur de littérature yiddish, il a été détenu dans le ghetto de Łódź.
  • Teodor Ryder : Chef d'orchestre et pianiste, il a continué à se produire et à organiser des événements dans le ghetto de Łódź.
  • Yankele Hershkovitsh : Il est devenu la voix la plus aimée du ghetto de Łódź, chantant dans les cours et les rues.
  • Dovid Beyglman : Violoniste, chef d'orchestre et compositeur de chansons yiddish, il a créé un petit théâtre dans le ghetto de Łódź.
  • Mordechai Gebirtig : Poète, acteur et auteur-compositeur, il a été politiquement actif.
  • Henry Meyer : Violoniste, il a joué dans l'orchestre à Birkenau.
  • Anita Lasker-Wallfisch : Elle a joué dans l'orchestre à Auschwitz.
  • Szymon Laks : Compositeur, il a étudié les mathématiques et la composition musicale.
  • Fania Fénelon : Pianiste, compositrice et chanteuse de cabaret, elle a survécu dans l'Orchestre des femmes d'Auschwitz.
  • Zofia Czajkowska : Professeur de musique polonaise, elle est devenue l'organisatrice et la première chef d'orchestre de l'orchestre féminin de Birkenau.
  • Krystyna Żywulska : Auteure de "J'ai survécu à Auschwitz", un récit de la vie et de la mort dans les camps d'extermination d'Auschwitz et de Birkenau.
  • Jozef Kropinski : Musicien polonais, arrêté par la Gestapo pour avoir publié un journal clandestin et envoyé à Auschwitz.
  • Adam Kopyciński : Chef d'orchestre polonais, il a dirigé l'orchestre d'hommes à Auschwitz.
  • Louis Bannet : Violoniste autodidacte, arrêté par la Gestapo et envoyé à Westerbork.
  • Erwin Schulhoff : Compositeur tchèque, mort prématurément dans le camp de concentration de Wülzburg.
  • Jan Vala : Guitariste, chanteur et compositeur autodidacte.
  • Karel Štancl : Il a survécu à ses années d'internement nazi et a publié ses mémoires, décrivant sa conviction dans le pouvoir de la musique.
  • Martin Rosenberg : Il a organisé une chorale juive à Sachsenhausen.
  • Aleksander Kulisiewicz : Poète, musicien et auteur-compositeur de ballades dans le camp de concentration de Sachsenhausen.
  • Bohumír Červinka : Violoniste tchèque, il est devenu un musicien populaire à Sachsenhausen.
  • Isa Vermehren : Elle s'est portée volontaire pour soutenir les troupes allemandes en tant qu'artiste.
  • Irma Trksak : Elle a déclaré que "Chanter était pour moi, je dirais toujours, une bouée de sauvetage. Cela faisait partie de ma nature, cela m'a toujours et dans toutes les situations aidé à chanter."
  • Katarzyna Mateja : Militante de la résistance et chanteuse du groupe de jeunes Mury, elle enseignait souvent des chants nationalistes à d'autres détenus polonais à Ravensbrück.
  • Vera Hozakova : Elle a secrètement écrit ses propres poèmes et ceux des autres et a dessiné des illustrations pour un livre créé avec Vlasta Kladivová à Ravensbruch.
  • Emil F. Burian : Compositeur, écrivain et musicien tchèque de gauche.
  • Olivier Messiaen : Compositeur, organiste et ornithologue français, il a composé et interprété Quatuor pour la fin du Temps pendant son internement à Stalag VIII-A.
  • Camilla Spira : Actrice, elle a été internée à Westerbork.

Ces artistes, malgré les souffrances et les privations, ont continué à créer, offrant un témoignage poignant de la résilience humaine et de la puissance de la musique comme forme de résistance et d'espoir.

"Shtiler, shtiler": Une Berceuse de Vilna

Un exemple poignant de berceuse créée dans les ghettos est "Shtiler, shtiler" (Штилер, штилер), composée par Alek Volkoviski dans le ghetto de Vilna. Cette berceuse, dont le titre signifie "Plus calme, plus calme" en yiddish, a remporté un concours en 1943, alors que Volkoviski n'avait que onze ans. Les paroles, empreintes de mélancolie et de tendresse, évoquent le désir de protéger les enfants de la réalité brutale du ghetto.

"Dremlen feygl oyf di tsvaygn": L'espoir dans les branches

Leah Rudnitski a écrit l'une des plus belles berceuses à avoir survécu au ghetto de Vilna, intitulée "Dremlen feygl oyf di tsvaygn" (Les oiseaux somnolent sur les branches).

Lire aussi: Parcours de Courteney Cox

L'importance des Berceuses dans les Ghettos

Dans les ghettos, les berceuses remplissaient plusieurs fonctions essentielles. Elles offraient un réconfort émotionnel aux enfants, les aidant à s'endormir malgré la peur et l'incertitude qui régnaient. Elles permettaient également aux parents de maintenir un lien affectif avec leurs enfants dans des conditions de vie inhumaines. Enfin, elles transmettaient des valeurs culturelles et un sentiment d'identité, contribuant à préserver l'espoir et la dignité face à la déshumanisation.

Au-delà des berceuses : la musique comme résistance

La musique dans les ghettos ne se limitait pas aux berceuses. Des concerts, des pièces de théâtre et des cabarets étaient organisés clandestinement, offrant un espace d'expression et de résistance culturelle. Ces événements permettaient aux habitants des ghettos de se divertir, de se rappeler leur humanité et de défier l'oppression nazie.

Parmi les nombreux artistes qui ont contribué à cette résistance culturelle, on peut citer :

  • Shmerke Kaczerginski : Poète et combattant partisan, il a collecté des chants yiddish de la Shoah et composé des chansons pour consoler les prisonniers et encourager la résistance dans le ghetto de Vilna.
  • Hirsh Glick : Poète et partisan juif, il a écrit des poèmes en yiddish et a cofondé Yungvald, un groupe de jeunes poètes juifs.
  • Leyb Rozental : Poète, il est devenu l'un des auteurs de comédies musicales et de revues de théâtre les plus populaires du ghetto de Vilna.
  • Yankele Hershkovitsh : Il est devenu la voix la plus aimée du ghetto de Łódź, chantant dans les cours et les rues pour documenter et commenter les événements.

Ces artistes, par leur créativité et leur engagement, ont contribué à maintenir l'esprit de résistance et l'espoir dans les ghettos.

"Chorał" : Un chant de deuil et d'espoir à Sachsenhausen

Dans le camp de concentration de Sachsenhausen, au nord de Berlin, un chant poignant intitulé "Chorał" a émergé en 1942. Les paroles, écrites par Leszek N., un prisonnier polonais, expriment la douleur et le désespoir de la captivité, mais aussi un espoir ténu de libération. La mélodie, basée sur un ancien chant folklorique yiddish, "Ten Brothers", renforce l'aspect universel de la souffrance et de la résistance.

Lire aussi: Prédiction et amitié dans Friends

Rosebery D'Arguto, un compositeur juif allemand, a joué un rôle essentiel dans la diffusion de "Chorał" à Sachsenhausen. Il a organisé une chorale de prisonniers, bravant les interdictions nazies, et a interprété ce chant devant ses compagnons de captivité. Malheureusement, D'Arguto et sa chorale ont été déportés à Auschwitz-Birkenau, où ils ont péri.

Aleksander Kulisiewicz, un autre prisonnier de Sachsenhausen, a contribué à la pérennité de "Chorał" en traduisant les paroles en polonais et en les mémorisant. Après la guerre, il a témoigné de l'importance de ce chant comme symbole de résistance et d'espoir dans le camp.

Les Orchestres des Camps : Une Musique Contre la Mort

Dans plusieurs camps de concentration, des orchestres ont été créés par les autorités nazies, souvent composés de prisonniers talentueux. Ces orchestres étaient forcés de jouer lors des arrivées et des départs des prisonniers, ainsi que pendant les exécutions. Si cette utilisation de la musique était macabre et déshumanisante, elle a également permis à certains musiciens de survivre et de témoigner de l'horreur des camps.

Parmi les musiciens qui ont joué dans ces orchestres, on peut citer :

  • Henry Meyer : Violoniste, il a joué dans l'orchestre à Birkenau.
  • Anita Lasker-Wallfisch : Violoncelliste, elle a joué dans l'orchestre à Auschwitz.
  • Fania Fénelon : Pianiste, compositrice et chanteuse de cabaret, elle a survécu dans l'Orchestre des femmes d'Auschwitz.
  • Zofia Czajkowska : Professeur de musique polonaise, elle est devenue l'organisatrice et la première chef d'orchestre de l'orchestre féminin de Birkenau.
  • Adam Kopyciński : Chef d'orchestre polonais, il a dirigé l'orchestre d'hommes à Auschwitz.

Ces musiciens, malgré les conditions terribles, ont continué à jouer, offrant un témoignage poignant de la résilience humaine et de la puissance de la musique comme forme de survie et de résistance.

Lire aussi: Réalité vs. Fiction : Grossesses dans Friends

tags: #friends #berceuse #meaning #lyrics

Articles populaires: