Introduction
Le retard de croissance intra-utérin (RCIU) et le placenta praevia sont des complications obstétricales significatives pouvant influencer la morbidité et la mortalité périnatales. Le RCIU, caractérisé par un poids de naissance inférieur à ce qui est attendu pour l'âge gestationnel, et le placenta praevia, où le placenta recouvre partiellement ou totalement le col de l'utérus, présentent des défis considérables pour la prise en charge de la grossesse et de l'accouchement. Cet article explore la fréquence du RCIU et du placenta praevia, leur impact sur la mortalité périnatale et la prématurité, ainsi que les facteurs de risque associés et les stratégies de gestion.
Mortalité Périnatale et RCIU
La mortalité périnatale, bien qu'en diminution grâce aux progrès de la médecine périnatale, reste une préoccupation majeure. Elle est estimée à environ 6 % dans de nombreuses études, mais des séries récentes montrent une tendance à se rapprocher de 3 % grâce à une meilleure prise en charge. Le RCIU contribue significativement à cette mortalité, car il est souvent lié à des anomalies placentaires qui compromettent les échanges entre la mère et le fœtus. Lorsque le fœtus n'est pas suffisamment nourri et oxygéné, son développement est ralenti, augmentant ainsi le risque de complications graves, voire de décès.
Prématurité et ses Complications
La prématurité, définie comme une naissance avant 37 semaines d'aménorrhée (SA), est une conséquence fréquente du RCIU et du placenta praevia. Environ 50 % des accouchements gémellaires sont prématurés, souvent en raison d'une rupture prématurée des membranes ou d'un travail prématuré spontané. Une menace d'accouchement prématuré (MAP) se manifeste par des contractions utérines régulières, intenses et rapprochées, associées à des modifications du col utérin chez une femme enceinte de moins de 37 SA.
La prématurité est une complication grave pour l'enfant, qui risque de naître avant la fin de sa maturation intra-utérine. Les complications associées à la prématurité sont nombreuses et variées :
Immaturité du rythme cardio-respiratoire : Chez les nouveau-nés prématurés avant 34 SA, la commande neuro-respiratoire et celle du contrôle du rythme cardiaque sont immatures. Les pauses respiratoires peuvent entraîner une diminution de la quantité d'oxygène transporté par les globules rouges (désaturation).
Lire aussi: Quand changer la couche de bébé?
Canal artériel persistant : Le canal artériel, un vaisseau temporaire qui relie l'aorte et l'artère pulmonaire pendant la vie fœtale, se ferme naturellement après la naissance. Chez le prématuré, ce vaisseau peut tarder à se fermer, entraînant une mauvaise tolérance cardio-respiratoire, surtout chez ceux de moins de 32 semaines.
Immaturité digestive : Les prématurés ont une fonction digestive immature, affectant la motricité, la digestion et l'absorption. Le reflux gastro-œsophagien (RGO) est fréquent en raison de l'immaturité du sphincter inférieur de l'œsophage et de la capacité réduite de l'estomac.
Immaturité hépatique : La jaunisse (ictère) est courante chez les prématurés, car leur foie n'est pas encore capable de métaboliser et d'éliminer la bilirubine, une molécule provenant de la dégradation des globules rouges.
Immaturité rénale : Les reins des prématurés peuvent ne pas être pleinement fonctionnels, nécessitant une surveillance régulière du volume et du contenu des urines pour ajuster les apports en eau, alimentation et sels minéraux.
Immaturité du système nerveux central : Avant 36 SA, le fonctionnement cérébral doit être surveillé par des électro-encéphalogrammes (EEG) et des échographies cérébrales. Les corticoïdes et le sulfate de magnésium peuvent avoir un effet protecteur sur le cerveau immature.
Lire aussi: Fréquence cardiaque infantile : comprendre les variations
Facteurs de Risque et Étiologie du RCIU et du Placenta Praevia
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de RCIU et de placenta praevia. L'hypertension artérielle maternelle (HTA), présente dans 20 % des cas, est un facteur de risque majeur. Les femmes ayant une HTA préexistante ou développant une HTA pendant la grossesse sont plus susceptibles de connaître des complications liées au RCIU. Les hémorragies, survenant dans 20 % des cas, mettent en danger la mère et l'enfant. La rupture prématurée des membranes (25 à 35 % des cas) et le travail prématuré spontané (25 à 30 % des cas) sont également des facteurs de risque importants.
Le RCIU peut être lié à des anomalies placentaires qui altèrent les échanges entre la mère et le fœtus. Dans les cas d'HTA maternelle, de malformations fœtales ou de maladies génétiques, le RCIU peut être aggravé.
Leucomalacie Périventriculaire (LPV) et Prématurité
La leucomalacie périventriculaire (LPV) est une lésion cérébrale fréquente chez les nouveau-nés prématurés, représentant une cause majeure d'infirmité cérébrale. La prévention de la LPV est un défi important en médecine périnatale. Des études ont montré que l'origine anténatale de la LPV est plus fréquente qu'on ne le pensait auparavant, et que l'incidence de la LPV peut être liée aux circonstances étiologiques de la prématurité.
Une étude comparant l'incidence des LPV cavitaires chez les prématurés nés de mères atteintes de toxémie gravidique avec césarienne (prématurité de décision médicale) et chez ceux nés après échec de tocolyse (prématurité spontanée) a révélé une différence significative. Pour une population comparable de prématurés de 29 à 35 semaines d'âge gestationnel, le taux de LPV était de 11,4 % pour les échecs de tocolyse et de 1,8 % pour les toxémies avec césarienne.
Chez les grands prématurés (moins de 32 semaines d'AG), la fréquence de la LPV dépend des causes et des circonstances de l'accouchement. L'infection materno-fœtale (IMF) et la rupture prématurée des membranes (RPM) sont des facteurs de risque majeurs, avec une incidence de LPV d'environ 25 % chez les enfants infectés de 28 à 32 semaines d'AG.
Lire aussi: Biberons de bébé de 2 mois : fréquence et quantité optimales
Des études suggèrent que des facteurs anténataux, et non postnataux, peuvent être à l'origine des lésions cérébrales et de l'accouchement prématuré, par l'intermédiaire de la libération de cytokines, en particulier le tumor necrosis factor (TNF). L'infection amniotique peut déclencher un processus immunologique avec sécrétion de médiateurs comme les cytokines, augmentant ainsi le risque de LPV.
Prise en Charge et Suivi des Prématurés
La prise en charge des prématurés dépend de leur stade de prématurité. Les grands prématurés sont accueillis en réanimation néonatale, puis orientés en soins intensifs et en néonatologie lorsque leur état de santé est stable. Les nouveau-nés sont placés en couveuse à 34-35°C avec une atmosphère à 80% de taux d'humidité et doivent y rester jusqu’à atteindre 2 kg. Le respect de leur rythme veille/sommeil est respecté le mieux possible pour limiter le stress.
L'allaitement maternel est l'aliment le plus digeste pour un bébé prématuré. Si l'allaitement n'est pas possible, il est important de ne pas culpabiliser. Le lait maternel peut être tiré à l'aide d'un tire-lait et conservé au frais ou congelé.
Les anciens prématurés ont un risque accru de développer de l'asthme, et leurs bronches sont plus sensibles aux agressions extérieures. Il est donc important d'éviter les lits mous, les peluches, les sorties par température extrême, le métro aux heures de pointe et les contacts avec des personnes malades. La diversification alimentaire ne doit pas être trop précoce (pas avant 5-6 mois) pour protéger contre les allergies et favoriser la croissance.
Un double suivi est nécessaire : un suivi avec les professionnels de santé habituels et un suivi spécifique auprès de pédiatres de néonatologie et/ou par les professionnels d'un CAMSP. Les consultations y sont plus espacées et permettent de surveiller le bon développement de l'enfant.
Impact Psychologique et Soutien aux Parents
La naissance d'un enfant prématuré peut avoir un impact psychologique important sur les parents. Le deuil périnatal est une réalité douloureuse pour certains parents, et il est essentiel de leur offrir un soutien psychologique et physique. Les équipes hospitalières et les associations peuvent accompagner les parents dans cette épreuve.
tags: #frequence #du #rciu #et #placenta #praevia
