François Gabart, figure emblématique de la voile française, incarne un mélange unique de passion pour la mer et de rigueur scientifique. Son parcours, jalonné de succès retentissants et de choix audacieux, témoigne d'une quête constante d'équilibre entre sa vie de navigateur et son rôle de père. Cet article explore les différentes facettes de la vie de François Gabart, en mettant en lumière son enfance, sa carrière exceptionnelle, ses choix de vie liés à sa famille, et son impact sur le monde de la voile.
Les Racines d'une Passion : Une Enfance Baignée dans la Voile
François Gabart est le fils d'un dentiste passionné de glisse, initié à la voile par son propre père. Cette transmission familiale du virus de la voile a profondément marqué le futur navigateur. L'arrière-grand-père de François, grand pêcheur et chasseur, construisait des barques pour naviguer sur la Dordogne près de Périgueux. Son père, Dominique, a ensuite construit un Moth nantais, puis un Caneton, et la famille a possédé quatre Requin. Adolescent, François passait ses vacances sur le bateau familial à Royan, sur l'île d'Oléron, et participait à des régates en Jet dans les années 70.
Dominique Gabart, devenu adulte et dentiste, rêvait d'une longue croisière avec son épouse Catherine. Ce rêve s'est concrétisé avec un voyage sabbatique en famille sur le voilier "Pesk Avel", emmenant leurs trois enfants, Cécile, Alice et François, alors âgé de 6 ans, à travers l'Atlantique jusqu'aux États-Unis. Cette expérience a profondément marqué François, lui offrant une immersion totale dans le monde de la voile et nourrissant son rêve de devenir navigateur.
"Nous sommes partis de Rochefort à l'été 1989 pour une traversée de l'Atlantique « standard » par les alizés, en passant à Madère, aux Canaries, aux Antilles et aux Îles Vierges puis nous sommes remontés vers les Bahamas, Cap Canaveral et Washington. Je pense que c'était une expérience familiale plus que nautique. Les enfants avaient leurs parents 24h/24 à moins de 10 mètres, nous faisions les devoirs, des jeux, des petits bateaux en papier, c'était un moment de grand bonheur. Sans faire de psychologie, François a été très heureux sur un bateau très tôt, c'est évident."
C'est lors de cette croisière que François a découvert Disneyworld à Orlando et a été exposé à la première édition du Vendée Globe. Il se souvient avoir scruté le large avec l'espoir d'apercevoir les bateaux de la course. C'est également pendant ce voyage qu'il a navigué seul pour la première fois, à la barre d'un Optimist en aluminium.
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De retour en France, la "carrière" du jeune homme pressé a commencé. Son père lui a construit un Optimist en bois, et François s'est entraîné et a participé à des compétitions, remportant notamment la coupe nationale des benjamins à Maubuisson. Il a ensuite navigué sur un Optimist en époxy, avec lequel il est devenu champion de France.
Une Carrière Exceptionnelle : Entre Passion et Science
Parallèlement à sa passion pour la voile, François Gabart a poursuivi des études scientifiques de haut niveau à l'INSA de Lyon, obtenant un diplôme de génie mécanique et développement en 2007. Il a également suivi des entraînements de voile au Pôle France de Marseille, démontrant sa capacité à concilier ses études et sa passion.
Son palmarès parle d'ailleurs pour lui. Il est l'un des meilleurs skippers du monde, reconnu pour sa détermination, son intelligence et sa capacité à innover. Ses succès incluent notamment une victoire dans le Vendée Globe en 2013, deux Transat Jacques Vabre (2013, 2015), une Route du Rhum (2014) et une Transat Anglaise (2016).
François Gabart, 29 ans, favori pour une victoire de légende dans le Vendée Globe, a toujours été ce mélange de passion pure et de sciences exactes.
Famille et Paternité : Un Équilibre Délicat
Si beaucoup a été dit sur la nécessité de permettre aux skippeuses de devenir mères sans compromettre leur carrière, le cas des navigateurs qui sont aussi pères a été peu évoqué. Comment concilient-ils course au large et paternité ? François Gabart, père de trois garçons, a toujours accordé une grande importance à sa vie de famille. Il a mis en place des règles avec sa femme pour passer du temps avec ses enfants, les emmenant à des événements professionnels et essayant de rentrer rapidement après les courses.
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« Ce ne sera tout de façon toujours que du compromis, soutient François Gabart, père de trois garçons de 3, 5 et 11 ans. Avoir des enfants, c’est un engagement total, on voudrait être toujours avec eux.
Pour la naissance de son cadet, Gabart a pu rentrer juste à temps, après son arrivée victorieuse à la transatlantique The Bridge en 2017. Il a manqué la remise des prix et « ça n’a posé aucun problème, assure le navigateur. Si c’était à refaire, on essaierait d’avoir des périodes plus faciles autour de la naissance, où c’est toujours mieux quand le papa est là. Il n’y a jamais de schéma idéal.
Malgré les contraintes de son métier, François Gabart tient à rassurer les navigateurs qui douteraient de la possibilité de mener de front carrière et paternité. « Ça peut bien se passer pour tout le monde. Même si les skippers doivent partir au large, « il y a aussi beaucoup de temps passé à terre, défend le vainqueur du Vendée Globe 2012. Le métier de marin n’est absolument pas incompatible avec une vie de famille. Évidemment, je ne suis pas tous les soirs à la maison.
Il a eu un garçon baptisé Hugo. Ce dernier vit désormais en Norvège avec sa mère, Virginie Valentini.
Un Tour du Monde en Famille : Un Nouveau Chapitre
En rupture avec le rythme effréné des compétitions, François Gabart a annoncé son intention de s'élancer pour un tour du monde en famille de trois ans sur un catamaran de croisière. Ce choix de vie, mûrement réfléchi, témoigne de son désir de partager sa passion avec ses enfants et de vivre une expérience unique en leur compagnie.
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« J’avais envie de partir en voyage, en famille, en bateau. C’est aussi simple que ça. Je l’ai en moi depuis très longtemps, depuis que j’ai des enfants », explique François Gabart, qui prévoit de partir pour trois ans. À six ans, il avait lui même fait le tour du monde en famille pendant un an avec ses parents, Dominique et Catherine, et ses deux sœurs.
Ce voyage au long cours a conduit François Gabart à organiser son remplacement pendant trois ans à la tête de MerConcept, entreprise qu’il a fondée en 2006 pour accompagner ses projets de course au large. La structure a bien grandi depuis, avec aujourd’hui 70 salariés et un chiffre d’affaires de 14 millions d’euros - 60% dans la course au large, 30% dans la construction, 10% dans la mobilité maritime. Son choix pour diriger l’entreprise en son absence s’est porté sur l’interne et sur un duo, composé de Cécile Andrieu, 37 ans, jusqu’ici directrice des projets course au large, et de Thibault Garin, 39 ans, directeur général adjoint, arrivés respectivement chez MerConcept en 2022 et 2020.
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