Introduction

La basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome, un lieu de pèlerinage majeur, abrite un trésor spirituel : des fragments du berceau de Jésus. Cet article explore l'histoire de ces reliques, leur signification théologique et leur place dans la tradition chrétienne.

La Basilique Sainte-Marie-Majeure : Un Sanctuaire Marial

Construite à la demande du pape Sixte III (432 - 440), la basilique Sainte-Marie-Majeure est l’une des quatre basiliques pontificales de Rome. C’est la première église dédiée à Marie, Mère de Dieu, telle que le concile d’Éphèse la définie en 431 et en réaffirmant le caractère pleinement divin de Jésus.

Située au sommet de la colline de l’Esquilin, près de la gare de Termini, elle conserve sa forme paléochrétienne primitive malgré une architecture extérieure datant du XVIIIe siècle. La basilique abrite également la fameuse icône de la Vierge Marie et de l’Enfant Jésus, de style byzantin, vénérée sous le titre : Salus populi romani (Salut du peuple romain).

Le pape François lui-même se rend régulièrement dans cette basilique pour prier et confier ses déplacements à la Vierge Marie. Jean-Paul II a voulu qu’une lampe à huile brille jour et nuit devant cette icône.

Les Reliques de la Crèche : Un Lien Tangible avec l'Incarnation

Au VIIe siècle, une crypte est aménagée dans la basilique pour recevoir les reliques de la grotte de la Nativité provenant de Bethléem. Il s’agit de fragments : cinq morceaux du bois de ce que la tradition estime avoir été la mangeoire, berceau de l’Enfant Jésus. La basilique est alors connue sous le nom de Sainte-Marie-de-la-Crèche.

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Ces fragments de bois, conservés dans une châsse en cristal et en argent réalisée par Luigi Valadier au XIXe siècle, sont exposés dans le chœur, sous l’autel papal.

L'authenticité de la relique n'est pas le point essentiel. Son but est de conduire à la réalité du mystère de l’Incarnation et d’inviter à le méditer.

L'Oratoire de la Crèche : Une Évocation de Bethléem

Dans la chapelle Sixtine ou du Saint Sacrement, un escalier dérobé mène à l’oratoire de la crèche, rénové par le sculpteur Arnolfo di Cambio en 1289 et transporté à cet endroit en 1590 à partir de la crypte primitive.

L’ensemble entend évoquer la grotte de Bethléem. À l’intérieur, sur les panaches de l’arc d’entrée, les prophètes David et Isaïe sont attribués à Arnolfo di Cambio, de même que les personnages qui composent la nativité, les trois mages, saint Joseph, le bœuf et l’âne, à l’exception de la statue de la Vierge à l’Enfant située dans une niche.

C’est en ce lieu que saint Ignace de Loyola célèbre sa première messe, le 25 décembre 1538.

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La Crèche : Une Tradition Vivante

Le mot français crèche, selon le « Dictionnaire historique de la langue française Robert », apparaît au XIIe siècle et dérive du francique « krippia ». En latin, la crèche est désignée par les mots « praesepe, -is (n) » et « praesepium, -ii (n) » ou encore « praesepes, -is (f) » dont le sens premier est l’enclos pour les animaux, puis l’étable et enfin la mangeoire des animaux. A partir du début du XIIIe siècle, le mot français « crèche » va désigner spécifiquement la mangeoire dans laquelle le Christ a été déposé à sa naissance dans l’étable de Bethléem.

La crèche offre l’image de la naissance de Jésus de Nazareth : une irruption de l’éternité dans le temps. Dans l’espace défini par le décor, cette naissance est rendue présente comme sur une scène de théâtre. Les thèmes de la lumière, du feu, de l’eau, de l’offrande, du commencement, y sont réunis dans une synthèse accessible à tous.

La tradition de la crèche remonte aux premiers siècles du christianisme. Les premières images de la Nativité apparaissent dans les catacombes romaines, notamment dans la catacombe de Priscille. Ces représentations, datant du IIe siècle, montrent la Vierge Marie tenant l'Enfant Jésus.

François d’Assise a donné un tournant décisif à la tradition de la crèche en 1223, lorsqu'il a mis en scène une crèche vivante à Greccio. Cette initiative a popularisé la représentation de la Nativité et a conduit au développement des crèches que nous connaissons aujourd'hui.

L'Âne et le Bœuf : Une Symbolique Profonde

L’âne et le bœuf apparaissent dès les premiers artistes chrétiens, alors qu’ils ne sont pas du tout mentionnés dans les évangiles canoniques. Il semble que la présence de l’âne et du bœuf soit la transcription littérale de la prophétie d’Isaïe (Is. I, 3). Chez Isaïe, l’âne et le bœuf symbolisent respectivement l’ensemble de toutes les nations d’une part, et le peuple juif d’autre part.

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Les Offrandes des Rois Mages : Royauté, Divinité et Humanité

Les rois mages ne sont pas concevables sans leurs offrandes : l’or de Melchior, l’encens de Gaspard, la myrrhe de Balthazar. Grâce à leur don de prophétie, les rois mages contribuent par leurs offrandes à la manifestation de la royauté, de la divinité et de l’humanité de Jésus. L’or, destiné aux souverains, affirme que l’Enfant est roi ; l’encens, que l’on faisait brûler en l’honneur des dieux, révèle qu’il est Dieu ; la myrrhe, employée pour embaumer les corps des morts pour les préserver de la corruption, marque que Jésus est destiné à mourir, mais qu’il ne connaîtra pas la putréfaction du tombeau.

La Crèche à Travers le Monde : Une Adaptation Culturelle

De tous les messages évangéliques, c’est la scène de Noël qui s’est répandue dans le monde entier et qui a été acceptée dans toutes les cultures. Le travail, les formes de l’habitat, les costumes, les coutumes, l’offrande d’un produit local expriment l’identité culturelle de chaque peuple. Les Péruviens offrent le condor, leur oiseau sacré, les Zaïrois se présentent avec leurs masques tribaux, les peuples des Andes remplacent l’âne et le bœuf par le lama, les crèches du Pérou portent le bonnet caractéristique, la Pologne fabrique des nativités en papier coloré, à Bamberg les personnages évoluent dans des maisons typiques de la Franconie, Taïwan fabrique des personnages en bambou ou en paille de riz.

Retour d'une Relique à Bethléem

Un minuscule morceau de bois, une relique du berceau de Jésus, est retourné à Bethléem après 1300 ans d’exil. Le 29 novembre 2019, un fragment de la précieuse Relique du Saint Berceau de l’Enfant Jésus offerte par le pape François, à la Custodie de Terre Sainte est arrivé à Jérusalem . La relique, offerte il y a plus de 1300 ans par saint Sofrone, Patriarche de Jérusalem, au pape Théodore Ier (642-649) était conservée à Rome, dans la Basilique de Sainte Marie Majeure.

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