La mort fœtale in utero (MFIU), également appelée « enfant mort-né », est une réalité plus fréquente qu'on ne le pense. En France, elle touche environ 1 % des naissances chaque année. Généralement, la mort in utero survient tardivement pendant la grossesse. On considère un enfant comme mort-né à partir de 180 jours de grossesse, soit 6 mois. Avant ce stade, on parle plutôt de fausse couche. Il est également possible de distinguer la mort perpartum et la mort ante partum. La première se produit pendant l'une des phases de l'accouchement, tandis que la seconde est constatée avant le début du travail. C'est cette dernière qui est communément appelée « mort in utero ».
Signes et diagnostic de la mort fœtale in utero
Un signe révélateur de la mort in utero est l'absence de mouvements du bébé. Il arrive que la future maman ne ressente plus son enfant pendant plusieurs heures. Certaines femmes peuvent également observer une montée de lait lorsque le bébé décède. Cependant, il est important de rappeler que ne pas sentir son bébé bouger pendant un certain temps n'est pas systématiquement le signe d'une mort in utero. En cas de doute, il est possible de réaliser une échographie et une auscultation ultrasonique pour vérifier les battements du cœur et les mouvements de l'enfant. Si ces derniers sont absents, les médecins peuvent recourir à un monitoring obstétrical.
Causes de la mort fœtale in utero
Après la constatation de la mort in utero, le moment de la sortie du bébé arrive (par accouchement naturel ou césarienne). Il est important de noter que, dans 36 % des cas, aucune cause n'explique le décès du bébé, ce qui peut être très difficile à vivre pour les familles.
Causes maternelles
Les causes maternelles impliquent le corps, le métabolisme et l'environnement de la mère. L'hypertension artérielle est la raison la plus fréquente, responsable de 56 % des morts ante partum. D'autres causes incluent les tentatives de suicide (36 %), les traumatismes (accident, choc violent, chute) (7 %) et le diabète (3 %).
Causes fœtales
Environ un tiers des morts in utero sont causées par le fœtus lui-même. Une autopsie peut révéler les raisons du décès, avec un bilan général de l'enfant. Des infections telles que le cytomégalovirus, l'herpès, la toxoplasmose, la rubéole, la syphilis et le mycoplasme sont analysées. Un bilan immunitaire positif est observé chez 13 % des bébés, indiquant la présence d'un de ces troubles. Dans d'autres cas, l'enfant peut avoir un lupus (maladie auto-immune) ou un syndrome des antiphospholipides (maladie rare). Des transfusions sanguines (5 %) et la prise de médicaments pendant la grossesse (aspirine, codéine) peuvent également être en cause.
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Facteurs liés à l'environnement fœtal
Les problèmes les plus récurrents proviennent de l'environnement fœtal lui-même.
Surveillance et prévention
Lorsqu'une mort ante partum survient, la mère doit être surveillée en continu et subir de nombreux bilans pour identifier la cause et éviter une récidive. Lors d'une prochaine grossesse, il est essentiel de connaître le stade auquel l'enfant précédent est décédé pour surveiller ce créneau.
Soutien psychologique
Le choc est souvent très important pour les parents après l'annonce de la mort de leur bébé. Un suivi psychologique est primordial et quasiment obligatoire. Dès les premières minutes, il est proposé aux familles de rencontrer un professionnel pour les accompagner dans leur deuil. Des groupes de parole avec des femmes ayant vécu la même chose sont conseillés, sous la supervision d'un professionnel. Un suivi thérapeutique individuel peut également être envisagé pour aider la maman à se reconstruire et à envisager la vie sans cet enfant. La psychothérapie peut aider à pallier les symptômes liés à la perte de l'enfant, tels que la culpabilité, l'anxiété et la dépression.
Le deuil périnatal est une étape douloureuse, et il est important de reconnaître que le bébé faisait déjà partie intégrante de la vie des parents avant la naissance. Le père est souvent oublié dans la littérature sur la mort in utero, mais la perte peut être tout aussi difficile à vivre pour lui que pour la mère.
Nouvelle grossesse après une mort in utero
La question d'une nouvelle grossesse est souvent difficile à aborder. Il est essentiel que le deuil soit fait avant d'envisager une autre grossesse. La prise de conscience de la mort du bébé doit être totale.
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Fausse couche : causes et facteurs de risque
Les fausses couches sont le plus souvent dues à des anomalies génétiques de l'embryon ou à des problèmes de santé de la mère. Dans environ 60 % des cas, et particulièrement pendant le premier trimestre, les fausses couches sont causées par des anomalies de l'embryon qui empêchent son développement normal. Il peut s'agir d'anomalies chromosomiques ou d'anomalies du développement embryonnaire. Parfois, les membranes embryonnaires et le placenta se développent en l'absence d'un embryon, ce que l'on appelle un « œuf clair ».
Certaines maladies maternelles augmentent le risque de fausse couche, comme la toxoplasmose, la rubéole, la listériose, l'infection par les salmonelles ou le cytomégalovirus. Contrairement à certaines croyances, l'activité physique, le travail ou les relations sexuelles n'ont aucun effet sur le risque de fausse couche. Le risque d'avortement spontané augmente avec l'âge de la mère.
Mort fœtale in utero (MFIU) : facteurs et prise en charge
La MFIU désigne le décès du fœtus avant le terme de la grossesse, entre la 15e semaine de grossesse et l'accouchement. Un développement défectueux du placenta ou un traumatisme physique peuvent également entraîner le décès du fœtus. Les anomalies chromosomiques, en particulier la trisomie 21, sont l'une des causes principales de MFIU.
En cas de signes alarmants, l'équipe obstétricale réalise des examens médicaux, notamment un examen de réactivité fœtale. Si la mort fœtale in utero est constatée, des médicaments (misoprostol) peuvent être prescrits pour évacuer le fœtus sans douleur. Un premier bilan médical inclut des tests sanguins pour identifier l'origine du décès (dérèglement hormonal, hypertension). Un examen physique approfondi est également réalisé pour déterminer l'état de santé de la patiente, car la MFIU peut occasionner des infections voire une hémorragie.
Sur le plan émotionnel, le décès du fœtus provoque généralement un choc psychologique pour le couple. Un psychologue peut les aider à surmonter cet événement tragique, et des groupes de soutien peuvent contribuer à leur deuil périnatal.
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Facteurs de risque et prévention des fausses couches
La principale cause d'une fausse couche précoce est un déséquilibre chromosomique comme une trisomie. Une bonne santé maternelle est essentielle pour le développement optimal du fœtus. Les anomalies utérines et métaboliques nécessitent une surveillance accrue pendant la grossesse.
Les facteurs externes peuvent également influencer le déroulement de la grossesse et augmenter le risque d'interruption spontanée. Il est important de ne pas consommer de tabac ou d'alcool, car le tabac augmente le risque de mort fœtale in utero et de naissance prématurée, et l'alcool passe facilement du sang maternel au sang du fœtus. Il est également conseillé d'éviter les perturbateurs endocriniens et l'exposition à des substances toxiques. Des examens réguliers sont prévus pour assurer l'absence de pathologies infectieuses.
Fausse couche silencieuse
Une fausse couche silencieuse se produit lorsque la grossesse s'arrête sans signes d'expulsion spontanée et immédiate de l'embryon ou du fœtus. Les symptômes peuvent varier et être très légers, ce qui rend le diagnostic difficile. La gestion de la fausse couche silencieuse peut inclure l'attente de l'expulsion naturelle du tissu fœtal ou un curetage.
Grossesse non évolutive
La grossesse non évolutive, ou « œuf clair », désigne l'arrêt du développement avant même l'apparition de l'embryon. La femme possède un sac ovulaire dépourvu d'embryon. Une autre cause de grossesse non évolutive est la mort embryonnaire. Dans le cas d'un œuf clair, la femme peut ressentir les symptômes de grossesse liés à l'hormone Béta-HCG. Un examen par imagerie est nécessaire pour détecter une grossesse non évolutive.
Fausse couche tardive
La fausse couche tardive désigne l'interruption involontaire d'une grossesse survenant entre 14-15 semaines d'aménorrhée (SA) et 22-24 SA. Les causes les plus fréquentes sont un col de l'utérus ouvert ou raccourci, une malformation utérine congénitale, un traumatisme du col ou une infection. La fausse couche tardive se manifeste par des saignements vaginaux abondants et/ou des contractions utérines douloureuses.
Interruption médicalisée de grossesse (IMG)
L'interruption médicalisée de grossesse (IMG), ou avortement thérapeutique, peut être réalisée lorsque la santé de la femme enceinte ou de son enfant est en cause. L'IMG peut être pratiquée à tout moment de la grossesse. La procédure de décision d'IMG dépend du motif (santé de la mère ou de l'enfant). La femme enceinte doit bénéficier d'une information complète et donner son accord. L'IMG est réalisée par méthode médicamenteuse ou, en cas d'échec, par technique chirurgicale.
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