Introduction
Le taux protéique (TP) du lait est un indicateur essentiel de sa qualité et influence directement sa valeur économique. Ce taux est soumis à des variations importantes, influencées à la fois par des facteurs génétiques et environnementaux. Optimiser le TP est un enjeu majeur pour les producteurs laitiers, car il impacte la rémunération et la qualité des produits transformés. Cet article explore les causes de ces fluctuations et propose des stratégies pour améliorer le taux protéique du lait des vaches laitières.
Importance du taux protéique
Le taux protéique concerne la teneur en protéines dans le lait. La rémunération du point de TP est actuellement d’environ 6€/1000l. Un taux protéique élevé est recherché car il est lié à une meilleure qualité du lait, notamment pour la transformation fromagère.
Facteurs de variation du taux protéique
Facteurs non alimentaires
Génétique: L'aspect génétique est un facteur très important dans les variations naturelles du taux protéique. Les taux de lait d’un troupeau évoluent au fil des saisons et au cours de la lactation. Le TP chute fortement pendant les premières semaines de lactation.
Saison: Les taux du lait d’un troupeau évoluent au fil des saisons.
Stade de lactation: Les taux évoluent également au cours de la lactation. Le TP chute fortement pendant les premières semaines de lactation.
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Facteurs alimentaires
Apport énergétique: Les vaches laitières répondent à l’apport d’énergie lorsque celle-ci est limitante. L’ajout de 1 UFL (unité fourragère) /VL/j supplémentaire par rapport aux recommandations permet d’augmenter le TP de 0,6g/kg de lait. L'énergie fermentescible est également utile pour promouvoir la protéosynthèse qu’opèrent les bactéries du rumen.
Apport protéique: Les protéines laitières sont synthétisées à partir d’acides aminés issus de la digestion des protéines microbiennes (PDIM) et alimentaires (PDIA). L'apport des protéines permis par la protéosynthèse n’est pas suffisant pour couvrir les besoins des vaches laitières fortes productrices. La synthèse des protéines laitières dépend également du profil des acides aminés disponibles pour la mamelle. La méthionine est souvent le premier acide aminé limitant, notamment dans les rations à base d’ensilage de maïs.
Stratégies pour améliorer le taux protéique
Optimisation de l'alimentation
- Apport énergétique suffisant: S'assurer que les vaches reçoivent suffisamment d'énergie, en particulier en début de lactation, est crucial. Un apport supplémentaire de 1 UFL par vache et par jour peut augmenter significativement le TP.
- Énergie fermentescible: Fournir une source d'énergie facilement fermentescible pour favoriser la croissance des bactéries du rumen et la synthèse de protéines microbiennes.
- Acides aminés essentiels: Veiller à ce que la ration contienne des quantités adéquates d'acides aminés essentiels, en particulier la méthionine, souvent limitante dans les rations à base d'ensilage de maïs.
Gestion du troupeau
- Sélection génétique: Choisir des animaux avec un potentiel génétique élevé pour le taux protéique.
- Période de transition: Une gestion rigoureuse de la période de transition (3 semaines avant et après le vêlage) est essentielle, car c'est une période critique où les vaches sont plus susceptibles de développer des maladies.
- Groupement des vêlages: Un groupement des vêlages en début d’hiver peut être associé à des taux protéiques élevés.
Autres stratégies
- Respect des niveaux nutritionnels: Assurer le respect de certains niveaux nutritionnels pour optimiser la production et la qualité du lait.
- Utilisation de matières premières sur mesure: Adapter l'alimentation en fonction des besoins spécifiques des vaches et des objectifs de production.
Impact des pratiques d'élevage sur le taux protéique
Une enquête menée auprès de 42 exploitations laitières du Puy-de-Dôme a révélé que les taux protéiques élevés sont associés à une maîtrise de l’alimentation (qualité de la ration de base, conduite du pâturage), à un niveau génétique élevé (index TMMU) et à un groupement des vêlages en début d’hiver. L’analyse des données individuelles mensuelles de la production et de la composition du lait de 1600 vaches de ces exploitations a permis de mettre en évidence les effets propres respectifs du stade de lactation et de la saison sur ces variables. A stade de lactation constant, les taux protéiques les plus faibles sont observés du mois de février au mois de juillet, mais les productions laitières sont les plus élevées à cette période. Les écarts entre mois extrêmes sont d’autre part plus importants pour les animaux en fin de lactation que pour ceux en début de lactation.
Ration de base et alimentation à volonté
Une alimentation à volonté permet de minimiser les pertes en lait et la mobilisation des réserves quand les vaches reçoivent moins de concentré de production. En revanche quand la ration de base n’est pas offerte à volonté, une réduction équivalente de la quantité de concentré de production entraîne une baisse de production laitière conséquente, deux fois plus marquée en moyenne que pour les vaches à volonté. Offrir une ration de base équilibrée et à volonté (5 à 10 % de refus consommables chaque jour) est donc essentiel pour permettre l’expression du potentiel de l’animal, tout en maîtrisant le coût de ration.
Facteurs influençant la production laitière et la composition du lait en France
L’Institut de l’élevage a publié les résultats du contrôle laitier 2015, portant sur 2,5 millions de vaches laitières contrôlées dans 42 000 exploitations françaises adhérentes. Les trois principales races laitières (Prim’holstein, Montbéliarde et Normande) représentent 92,3% du total des lactations qualifiées. La moyenne pondérée des effectifs est de 8 518 kg de lait brut par lactation.
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Évolution des taux butyreux et protéiques
En 2015, les taux butyreux (TB) et protéiques (TP) ont baissé de 0,1 g, atteignant respectivement 39,2 g/kg et 32,2 g/kg. Il est à noter que depuis 2010, le TB a baissé de 0,7 g/kg, tandis que le TP est resté stable.
Production laitière par race
La Prim’holstein conserve sa place de leader en termes de performances laitières avec une production moyenne brute de 9 352 kg de lait en 348 jours. Elle s’impose également en matière grasse (365 kg) et matière protéique (297 kg), soit 662 kilos de matière utile. Les laits les plus riches sont produits par la Jersiaise (93,7 g/kg TMU), la Normande (76,7 g/kg TMU), la Pie Rouge et la Brune (75,8 g/kg TMU). Les laits les moins riches en matières utiles sont ceux de la Tarentaise (68,9 g/kg), l’Abondance (70,2 g/kg), la Prim’holstein (70,8 g/kg) et la Montbéliarde (71,6 g/kg).
Taux protéiques par race
La Normande conserve l’avantage des taux protéiques (TP : 34,6 g/kg) avec la Brune (TP 34,2) et la Jersiaise (TP 38,4) devant la Montbéliarde (TP 32,9) et les croisées (TP 32,4).
Amélioration de la situation cellulaire
La situation cellulaire s’est fortement améliorée par rapport à l’année précédente. La proportion de lactations qui présentent au moins deux contrôles avec une numération cellulaire supérieure à 800 000 cellules baisse significativement (- 1 %) et retrouve un niveau jamais atteint depuis 2007. Dans le même temps, l’amélioration est encore plus marquée pour la part des lactations avec l’ensemble des contrôles inférieurs à 300 000 cellules (+ 2,4 % par rapport à 2014).
Longévité et reproduction
Les vaches en quatrième lactation et plus représentent 22,9 % de l’effectif des troupeaux, tandis que les primipares sont 33,5 %. Le rang moyen lactation est de 2,5. Concernant la reproduction, les intervalles vêlage-vêlage (IVV) les plus courts sont détenus par la Normande (405 jours) avec un temps de tarissement de deux mois. La Prim’holstein a les lactations les plus longues avec 348 jours, pour un IVV de 429 jours et la durée de tarissement la plus courte avec 58 jours.
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Rendement journalier à vie (RJV)
Le RJV indique la quantité de lait produite (kg) par jour de vie de la vache. Une vache résiliente a la capacité de faire face au changement avec flexibilité. Dans une étude, les vaches résilientes présentent une variation quotidienne de la production laitière plus faible que les animaux moins résilients.
Indicateurs clés du programme HealthyLife
- Moment du pic de production: Le moment du pic de production est un excellent indicateur de santé. Un faible pic de production peut s’expliquer par un développement limité de l’élevage.
- Taux d’échec des génisses: Le taux d’échec des génisses est un bon paramètre pour mesurer le succès de l’élevage du jeune bétail et la résilience.
- Intervalle de vêlage: Un intervalle de vêlage plus long est associé à une production à vie plus élevée.
- Réduction du taux d’échec dans les 100 premiers jours de la lactation: Cet indicateur est facile à calculer et donne une idée objective du bon déroulement de la période de transition.
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