La fécondation in vitro (FIV) est une technique de procréation médicalement assistée (PMA) qui offre de l'espoir aux couples confrontés à des problèmes d'infertilité. Elle consiste à combiner les spermatozoïdes et les ovocytes en laboratoire, avant de transférer l'embryon résultant dans l'utérus de la patiente. Avec près de 350 000 bébés nés chaque année grâce à la FIV dans le monde, il est naturel de s'interroger sur les chances de succès de cette procédure. Cet article vise à fournir une analyse approfondie des taux de réussite de la FIV, en tenant compte des différents facteurs qui peuvent influencer ces taux.
Qu'est-ce que la FIV ?
La fécondation in vitro (FIV) est une technique d'aide médicale à la procréation (AMP) qui permet de recréer en laboratoire les différentes étapes de la fécondation naturelle. Le sperme du partenaire ou d’un donneur de sperme est combiné, dans un laboratoire d’embryologie, à des ovocytes (ovules), qui ont été prélevés chez la partenaire ou chez une donneuse d’ovules. Elle est envisagée lorsqu'un couple rencontre des difficultés à concevoir naturellement un enfant. Depuis 2021, l’AMP et par extension la FIV, est accessible à toutes les femmes, qu’elles soient en couple hétérosexuel, en couple de femmes ou dans un projet de soloparentalité.
Les étapes clés de la FIV
Une procédure de FIV typique comprend plusieurs étapes essentielles :
- Stimulation ovarienne: La première étape consiste en une stimulation ovarienne, avec l’injection quotidienne d’hormones, qui sera surveillée par échographies et par prises de sang. Les protocoles de stimulation peuvent varier (protocole long, protocole court avec agoniste ou antagoniste), mais le but est de favoriser le développement de plusieurs follicules, ces petits sacs qui contiennent un ovule. Les médicaments hormonaux font en sorte que les follicules se développent, ce qui augmente le niveau hormonal d’œstrogènes (œstradiol) qui, à son tour, favorise le développement du revêtement utérin en vue de l’implantation de l’embryon.
- Ponction ovarienne: Cette deuxième étape s’effectue au bloc opératoire sous anesthésie générale, locale ou sous hypnose selon les centres d’AMP. Les ovocytes sont aspirés par un kit de ponction sous échographie et acheminés au laboratoire. L’homme effectue à son tour un recueil de sperme par masturbation au laboratoire, le matin même de la ponction ovocytaire.
- Fécondation en laboratoire: La fécondation en laboratoire peut s’effectuer de trois façons :
- La FIV dite « classique » : le biologiste mettra en contact les spermatozoïdes et les ovocytes.
- La FIV ICSI (Injection Intra-Cytoplasmique des Spermatozoïdes) : le biologiste injectera un seul spermatozoïde directement dans l’ovocyte. Chez Eugin, la majorité des traitements de fécondation in vitro (FIV) sont réalisés par le bais de la technique ICSI, qui améliore le taux de fécondation de manière substantielle.
- La FIV IMSI (Injection Magnifiée de Spermatozoïdes) : le biologiste injectera un spermatozoïde morphologiquement sélectionné directement dans l’ovocyte, avec un microscope qui permet de grossir jusqu’à 10000 fois le spermatozoïde.
- Culture embryonnaire: À partir du moment où les ovocytes ont été fécondés, les embryons sont maintenus en culture pour leur développement pendant 2 à 5 jours.
- Transfert embryonnaire: Le transfert a lieu 2 à 5 jours après la ponction. On peut transférer des embryons au stade J2, J3, J5, J6, des embryons frais ou congelés, par un ou par deux. Au vu de tout ce qui a été expliqué, la pratique actuelle consiste à transférer un seul embryon dans l’utérus de la femme. Un transfert d’embryons est l’étape finale d’une fécondation in vitro (FIV).
Si la quantité d’ovules prélevés est élevée et que l’on génère davantage d’embryons que ceux qui seront transférés, il est possible de les cryoconserver pour les utiliser plus tard, lors d’une seconde tentative, ou pour une grossesse ultérieure.
Comment sont calculés les taux de réussite de la FIV ?
En France, c’est l’Agence de Biomédecine qui chaque année, établit les pourcentages de réussite de la FIV. Les centres clinico-biologiques et les laboratoires d’AMP sont en effet tenus de lui transmettre les chiffres et résultats de leur activité. Il existe différents angles sous lesquels analyser la réussite d’une FIV. Selon les centres, le chiffre qui vous est donné peut être le taux de réussite par ponction ou par transfert. Les taux sont plus élevés lorsqu’on s’intéresse au transfert, car on élimine des comptes tous les cycles où les ovaires ponctionnés n’ont pas donné lieu à des embryons qui ont pu être transférés.
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Facteurs influençant les taux de réussite de la FIV
Plusieurs facteurs peuvent influencer les chances de succès d'une FIV, notamment :
- L'âge de la patiente: L’âge de la patiente est également à prendre en compte. Passé 38 ans, la réserve ovarienne de la femme diminue énormément. L’âge de la femme a un impact décisif sur le taux de réussite de la FIV. L’âge et le taux de réussite sont diamétralement opposés. L’âge d’une femme est beaucoup moins important dans le cas d’un programme de FIV utilisant les ovocytes d’une donneuse. Lorsque l’on parle de FIV avec vos ovules, il est important de considérer que l’âge de la femme joue un rôle important au niveau de la probabilité de grossesse. Dans le cas d’une FIV chez des femmes de moins de 35 ans, la probabilité de réussite après le premier transfert est de 56 %, et après le transfert de tous les embryons générés lors du même cycle (taux cumulé), de 71 %. Pour une femme de moins de 35 ans, avec prélèvement de ses propres ovules, le taux de réussite de la FIV est de 55 % environ. Pour une femme de plus de 40 ans, le taux baisse à 27 % avec ses ovules, mais ce taux augmente lorsque l’on a recours aux ovules d’une donneuse.
- Les causes de l'infertilité: La cause de l’infertilité (tubaire, masculine, due à l’endométriose…) n’a guère d’impact sur le taux de réussite de FIV ou d’une ICSI.
- Le nombre de cycles: En premier lieu, il est important de préciser que la probabilité de grossesse grâce à la FIV est déterminée par de nombreux facteurs, y compris le nombre de cycles réalisés.
- Le style de vie: Un stress supplémentaire peut se créer suite à plusieurs échecs et avoir un impact négatif sur la fertilité du couple. Pour vous aider à traverser cette longue épreuve, n’hésitez pas à vous faire accompagner par un psychologue.
Taux de réussite moyens de la FIV
Selon les statistiques de l’Agence de Biomédecine, le taux moyen de réussite d’une FIV est de 25,16% par ponction en 2020. Ce taux de réussite de la FIV de 25,16% par cycle se renouvelle à chaque tentative, mais ne s’additionne pas. Au final, le taux cumulé de grossesse après 4 tentatives est d’environ 60%.
- à la 1ère FIV, sur 100 couples, 25 obtiennent une grossesse.
- il en revient 75 pour une 2ème tentative ; le taux de succès est de 21%, donc 16 ont une grossesse.
- il en revient 59 (100-41) pour une 3ème FIV dont le taux de succès est de 19% : donc 10 ont une grossesse.
Et ainsi de suite ; on peut donc dire que sur 100 couples inclus dans un programme FIV, 51% obtiendront une grossesse au bout de 3 tentatives.
Le taux cumulé théorique de grossesse clinique est de 65% à la 5ème FIV (au bout de 2 ans de traitement environ) et de 82% à la 10ème FIV (au bout de 4 ans de traitement environ).
Les taux sont variables d’un Centre AMP à l’autre, mais dans une fourchette raisonnable. En règle générale, ces statistiques indiquent un taux de réussite moyen compris entre 30 et 50 %.
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Interprétation des statistiques de FIV
Il est essentiel de comprendre comment les statistiques de FIV sont présentées et de tenir compte de leurs limites. Les taux de réussite peuvent être exprimés par ponction, par transfert ou par cycle commencé. Il est important de noter que les statistiques de grossesse ne sont pas les mêmes que les statistiques de naissances vivantes, car une grossesse peut se terminer par une fausse couche.
Les risques associés à la FIV
Bien que la FIV soit une technique efficace, elle n'est pas sans risques. Le syndrome d’hyperstimulation ovarienne est un risque que le gynécologue redoute. L’hyperstimulation se manifeste par une augmentation importante du volume des ovaires avec risque de torsion de l’ovaire, un risque accru d’accident thromboembolique (phlébite, embolie pulmonaire, accidents vasculaires cérébraux) et rétention d’eau avec une prise de poids très importante qui provoque une gêne respiratoire.
Combien de tentatives de FIV sont recommandées ?
En général, les centres de PMA recommandent d’attendre environ 6 mois entre chaque tentative de FIV, afin d’éviter l’accumulation des effets sur la santé de la femme, aussi bien physiques que psychologiques. Le délai entre deux FIV est aussi, en grande partie, influencé par l’origine de l’infertilité. La FIV et des examens en lien sont pris en charge à 100% par les organismes de couverture sociale, après demande de prise en charge par votre médecin et à hauteur de 4 tentatives de FIV, dans les limites d’âge vu plus haut. Dans les cas où la cause d’échec paraît hors de portée de la FIV ou de l’ICSI (très mauvais sperme, très mauvaise réponse ovarienne) le nombre de tentatives doit être limité à 1 ou 2. Dans tous les autres cas, quand la cause de l’échec est difficile à préciser exactement, il faut garder espoir !
Comment améliorer ses chances de succès en FIV ?
Plusieurs mesures peuvent être prises pour optimiser les chances de succès d'une FIV :
- Choisir un centre de PMA réputé et expérimenté.
- Adopter un mode de vie sain (alimentation équilibrée, activité physique régulière, arrêt du tabac et de l'alcool).
- Gérer le stress et l'anxiété.
- Se faire accompagner par un psychologue si nécessaire.
- Suivre attentivement les recommandations de l'équipe médicale.
FIV avec don d'ovules
Lors d’une FIV avec don d’ovules, on sélectionne des jeunes femmes en bonne santé, dont les ovules ont passé de nombreux examens médicaux et génétiques. Par conséquent, le facteur âge de la femme qui sera fécondée n’est plus déterminant pour la probabilité de grossesse.
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Le transfert d'un seul embryon : une pratique courante
La pratique habituelle, qui consiste à transférer un seul embryon, est surtout utilisée pour réduire la possibilité d’avoir une grossesse multiple (qui est toujours une grossesse à risque), mais aussi car on a observé que l’implantation de deux embryons peut réduire de plus d’un quart la possibilité d’être enceinte. C’est pourquoi, actuellement, la tendance consiste à congeler les embryons obtenus pour des transferts ultérieurs. Un après l’autre si le premier a échoué. En effet, la probabilité d’être enceinte augmente avec le nombre de transferts plus qu’avec le nombre d’embryons.
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