Le Festival du Cinéma Américain de Deauville, à travers sa 45ème édition, a offert un panorama captivant de l'Amérique contemporaine, oscillant entre le rêve et la réalité, le glamour et l'engagement. À l'image des rêveries et des illusions indissociables du cinéma, le festival a ancré les spectateurs dans la réalité, tout en les laissant s'évader grâce à la magie du septième art.

Un Festival à l'Image de l'Amérique de Trump

Cette édition a reflété l'Amérique de Trump, une nation en proie à la paranoïa, à la violence, mais aussi éprise de liberté et de résistance. Le festival a mis en lumière des films militants, des films coups de poing, qui dénoncent les injustices et les inégalités. Bruno Barde, le directeur du festival, avait d'ailleurs annoncé que de nombreux films défieraient Trump, dressant un portrait peu glorieux d'une Amérique qui broie les plus fragiles.

Un exemple poignant est celui d'« American Skin » de Nate Parker, qui illustre la complexité d'un drame humain, la mort d'un jeune garçon noir suite à un contrôle de police, réduite à quelques mots lapidaires au journal télévisé. Le film dénonce l'hypocrisie d'une société qui préfère cacher ses crimes racistes tant que l'apparence et les clichés sont saufs.

La Place Prépondérante des Femmes

Dans la continuité de l'année 2018, marquée par le mouvement #MeToo, les femmes ont occupé une place centrale dans cette édition du festival. Quatorze films étaient en compétition, dont six réalisés par des femmes et dix mettant en scène des héroïnes souvent broyées par l'existence ou par les hommes, mais toujours combattives et en quête de liberté. Catherine Deneuve, présidente du jury, a souligné l'ambition et la réussite de ces films.

L'édition 2019 se voulait féminine, tant dans les thématiques abordées que dans la composition des jurys, présidés par Catherine Deneuve et Anna Mouglalis. Des prix spéciaux ont été décernés à quatre actrices : Kristen Stewart, Geena Davis, Sienna Miller et Sophie Turner, soulignant ainsi la diversité et le talent des femmes dans le cinéma américain.

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Nostalgie et Rêves

Le festival a également fait la part belle à la nostalgie, avec la célébration des 25 ans de la compétition et la diffusion de petits films de l'INA, rappelant la présence des plus grandes stars du cinéma américain à Deauville, à leurs débuts ou au sommet de leur gloire.

Quelques films ont néanmoins évoqué les rêves, ceux qu'il faut se construire. Comme chaque année, la compétition a permis d'ausculter l'Amérique contemporaine, ses meurtrissures et ses élans, sans oublier le glamour de ses origines.

Le Palmarès: Reflet d'une Amérique Complexe

Le jury présidé par Catherine Deneuve a décerné le Grand Prix à « Bull », le premier film d'Annie Silverstein, qui dresse un portrait saisissant de l'Amérique de Donald Trump, celle qui est abandonnée par ses politiques. Le film a fait l'unanimité des trois jurys, remportant également le prix de la Révélation Louis Roederer et celui de la Critique.

« Bull » raconte l'histoire de Kris, une adolescente de 14 ans qui vit dans la banlieue pauvre de Houston et qui, après avoir saccagé la maison de son voisin, doit prêter main-forte à Abe, une ancienne gloire du rodéo. Le film met en scène la rencontre de deux solitudes, deux visages de l'Amérique abandonnés, et utilise l'animal en furie comme une métaphore de la vie chaotique et des âmes tourmentées.

Le jury a également décerné un Prix spécial du 45ème anniversaire du Festival à « Swallow », de Carlo Mirabella-Davis, qui raconte l'histoire d'Hunter, une femme enfermée dans son carcan social et son mariage illusoirement parfait, qui développe un trouble compulsif du comportement alimentaire. Le film est un portrait de femme qui s'émancipe, porté par une mise en scène judicieuse et une interprétation magnétique d'Haley Bennett.

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Le Prix du public de la Ville de Deauville a été attribué à « The Peanut Butter Falcon » de Tyler Nilson et Michael Schwartz, un film jubilatoire qui raconte l'histoire de Zak, un jeune homme atteint de trisomie qui s'enfuit de son foyer pour devenir catcheur professionnel. Il rencontre Tyler, un petit voyou en cavale, qui va devenir son coach et compagnon de route. Le film est remarquable par sa distribution et son message d'espoir et d'acceptation.

Trisomie 21 et le Festival Positive Education

Le festival Positive Education, qui se déroule à Saint-Étienne, a été qualifié de « passerelle » par le chanteur de Trisomie 21, dont le groupe était tête d'affiche lors d'une précédente édition. Le festival se décrit lui-même comme une passerelle entre les anciens et les nouveaux, entre les styles qui évoluent, un relais humain où les gros noms et les petits se confondent. Il met en avant des artistes de tous horizons et encourage la scène locale.

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