La fièvre chez l'enfant, particulièrement chez les plus jeunes, est un motif de consultation fréquent et une source d'inquiétude pour les parents. Bien que souvent bénigne, elle nécessite une compréhension adéquate pour une prise en charge appropriée. Cet article vise à explorer les causes de la fièvre et du délire chez l'enfant, en mettant en lumière des conditions spécifiques telles que le syndrome d'Alice au pays des merveilles (SAPM) et en fournissant des conseils pratiques pour les parents.

Comprendre la Fièvre chez l'Enfant

La fièvre n'est pas une maladie en soi, mais un symptôme, une réaction de l'organisme, le plus souvent face à une infection bactérienne ou virale. Elle se caractérise par une montée anormale de la température corporelle et constitue un mécanisme de défense naturel de l'organisme. Chez les bébés et les enfants, la température corporelle « normale » se situe entre 36,6 et 37,5°C. On parle de fièvre lorsque la température rectale atteint et dépasse 38°C. Entre 37,5 °C et 38,5 °C, on parlera de fièvre modérée. La fièvre est forte si la température atteint 38,6 ° à 40 °C. Au-delà de 40 °C, la fièvre présente des risques de complications comme des convulsions, des délires, voire un état comateux.

En augmentant la température du corps, la fièvre crée un milieu hostile à la survie des pathogènes. La fièvre est utile car elle augmente les défenses de votre enfant et diminue la multiplication des virus et bactéries, principales causes des fièvres.

Les Causes de la Fièvre chez l'Enfant

La plupart du temps, chez l’enfant, la fièvre est provoquée par une infection virale ou bactérienne : otite, gastro-entérite, angine, infection urinaire, bronchiolite, par exemple. La fièvre peut également être due à un coup de chaleur ou un coup de soleil. Parfois, elle apparaît de manière temporaire après une vaccination.

Symptômes Associés à la Fièvre

Les signes caractéristiques de la fièvre sont la fatigue, des yeux brillants, une peau chaude et sèche ou alors humide et légèrement froide. La baisse de l’appétit est normale en cas de maladies. C’est un témoin de l’activation de son immunité.

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Le Syndrome d'Alice au Pays des Merveilles (SAPM) : Un Délire Fébril Particulier

Le syndrome d'Alice au pays des merveilles (SAPM) est un syndrome neurologique caractérisé par des perceptions visuelles et/ou auditives ou tactiles déformées, notamment une macropsie (les objets semblent plus gros qu’ils ne le sont réellement), une micropsie (les objets semblent plus petits), une téléopsie (les objets apparaissent plus loin), une pélopsie (les objets semblent plus proches), une métamorphopsie (les patients ont l’impression que leur corps ou une partie de celui-ci grossit ou rétrécit) et une chromatopsie (altération de la perception des couleurs). L’audition peut également être déformée.

Contrairement aux enfants, les patients adultes sont généralement conscients que ces perceptions ne sont pas réelles, ce qui les distingue des hallucinations qui surviennent dans des affections psychiatriques, telles que la psychose. Le SAPM est plus fréquent chez les enfants.

SAPM et Infections : Lien Possible

« Lorsqu’il n’est pas causé par des lésions du système nerveux central, ce syndrome peut survenir en même temps ou en lien étroit avec un processus infectieux ». Une étude italienne publiée dans la revue Pediatric Neurology révèle que le SAPM peut survenir chez les enfants lors d’un événement infectieux, tel que l’infection par le SARS-CoV-2.

Deux cas pédiatriques de SAPM liés à l’infection par le SARS-CoV-2 ont été décrits. Le premier décrit une fillette de 8 ans, sans antécédents de céphalées ou d’épilepsie, qui a présenté des distorsions visuelles (micropsie, macropsie, téléopsie) et des hallucinations auditives (perceptions auditives altérées), parfois associées à des céphalées. L’apparition de ses symptômes coïncidait avec un épisode fébrile (38 °C). Trois jours plus tard, elle a été emmenée à l’hôpital parce que ses symptômes persistaient malgré la disparition de la fièvre. L’examen neurologique n’a révélé aucun autre problème et le seul test positif était le SARS-CoV-2. Elle a continué à présenter des hallucinations visuelles et auditives pendant environ 1 mois, bien qu’elles soient devenues moins fréquentes et qu’elles aient complètement disparu 2 mois après l’infection.

Le deuxième cas concerne une fillette de 6 ans, qui n’avait pas non plus d’antécédents de céphalées ou d’épilepsie, qui a présenté des distorsions visuelles (métamorphopsie et chromatopsie). Des symptômes récurrents, durant quelques minutes, étaient survenus 3 semaines avant son admission aux urgences. Un test SARS-CoV-2 a révélé une infection par ailleurs asymptomatique. Les symptômes ont disparu progressivement à mesure que l’infection disparaissait.

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Diagnostic et Prise en Charge du SAPM

Le SAPM étant diagnostiqué sur la base d’un ensemble bien défini de symptômes, il est important que les médecins les examinent attentivement et qu’ils recueillent les antécédents avec précision. Parfois, les médecins demandent aux enfants de faire des dessins de ce qu’ils voient. Les parents sont utiles, parfois ce sont eux qui nous disent ce que l’enfant leur a dit. Les patients pédiatriques peuvent être timides lorsqu’ils décrivent ce qu’ils vivent.

Le diagnostic différentiel peut inclure, par exemple, une épilepsie avec des symptômes visuels ou des troubles neuropsychiatriques. La neuro-imagerie est réalisée dans des conditions particulières : elle est indiquée lorsque le récit de l’enfant n'est pas entièrement convaincant, en l'absence d’épisode infectieux en cours, lorsque les symptômes apparaissent à un âge très précoce ou encore en présence d’autres symptômes ou signes d’alerte.

Fièvre chez l’Enfant : Les Bons Gestes

Dès l'apparition des premiers symptômes de la fièvre, il est primordial de mesurer avec précision la température de l'enfant. Un thermomètre auriculaire ou temporal est le plus approprié pour avoir une température précise. La fièvre doit être traitée uniquement si la température atteint plus de 38 °C.

De jour comme de nuit, la température devra être prise de manière régulière en tenant compte du fait qu'elle varie au cours de la journée. Les couches de vêtements superflues devront alors être supprimées et le logement ne devra pas être surchauffé. Les couches de vêtements superflues devront alors être supprimées, même s’il semble frissonner, et le logement ne devra pas être surchauffé. Installer un linge mouillé sur le front de l'enfant peut aussi permettre de le soulager. Pour éviter à tout pris la déshydratation, il faut donner à boire régulièrement à l'enfant, et ce, en quantité plus importante qu'habituellement.

Quand Consulter un Médecin ?

Si au bout de trois jours la fièvre persiste, il est impératif d'aller consulter un pédiatre ou un médecin généraliste. Il est important de noter que ce n’est pas la hauteur de la fièvre qui doit inquiéter mais l’état général du bébé ou de l’enfant et les éventuels autres symptômes associés. Ainsi, certains enfants qui ont plus de 40°C peuvent être en pleine forme et « courir comme des lapins », d’autres à 38°C paraissent abattus, léthargiques.

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Si votre enfant a l’air inconfortable et/ou a un comportement « malade » et présente les signes suivants : il joue moins, bouge moins, est plus tranquille, a l’air fatigué, s’intéresse moins à son environnement, communique, dort et mange moins; s’il est plus grognon, se met en colère plus facilement, pleure plus souvent, paraît douloureux, vous pouvez alors limiter son inconfort en le traitant par antalgiques.

En effet, même s’il n’y a pas d’autres symptômes inquiétants, durant ses premières 4 semaines de sa vie, un bébé qui a de la fièvre a une probabilité d’environ 20% d’avoir une pathologie grave comme une septicémie, méningite ou pyélonéphrite. En cas de convulsions chez un enfant fébrile, il est nécessaire d’appeler le 15 ou de consulter un service d’urgence au plus vite.

Médicaments Contre la Fièvre

Pour faire tomber la fièvre, il est toujours possible d'avoir recours à des médicaments disponibles sans ordonnance. Cependant, ces traitements doivent être utilisés avec précaution, en veillant à respecter les doses ainsi que les délais d'utilisation. Il est donc vivement recommandé de lire attentivement la notice avant l'utilisation d’un quelconque médicament, et surtout de vérifier les contre-indications.

Pour soulager la fièvre chez l'enfant, le paracétamol est le médicament le plus efficace. L'analgésique est effectivement bien toléré chez l’enfant et ne présente aucun effet secondaire. La forme pédiatrique la plus courante du paracétamol est le Doliprane sirop. Contrairement au paracétamol, l'ibuprofène que l'on retrouve dans l'Advil est strictement déconseillé pour le traitement de la fièvre chez l'enfant, car il occasionne des effets secondaires, notamment digestifs.

Vous pouvez administrer un médicament, tel que du Paracétamol en première intention ou de l’Ibuprofène (à partir de 6 mois). Ils sont tous les deux efficaces, sans que l’on sache si un médicament est vraiment supérieur à l’autre. Ils peuvent dans certaines circonstances diminuer la synthèse des anticorps. Leur utilisation n’est donc plus systématique, mais au coup par coup quand l’inconfort de l’enfant le nécessite.

Méthodes Naturelles

D’autres méthodes « naturelles » peuvent être tentées, sans efficacité démontrée, comme donner un bain chaud ou tiède légèrement au-dessous de la température corporelle de l’enfant. Le bain frais, un ancien reflexe en cas de fièvre, est inefficace et renforce souvent très fortement l’inconfort.

Convulsions Fébriles

Chez les enfants qui y sont prédisposés, une poussée brutale de fièvre peut déclencher des convulsions. Le corps de l’enfant se raidit brusquement, l’enfant roule des yeux et présente des spasmes des bras et des jambes, parfois du corps tout entier.

Les convulsions fébriles apparaissent habituellement entre l’âge de 6 mois et 5 ans en cas de forte fièvre chez des enfants génétiquement prédisposés. Elles touchent entre 3 et 5 % des enfants âgés de moins de 5 ans. Elles sont généralement sans gravité mais peuvent récidiver. On estime le risque de récidive à 50 % avant l’âge de 1 an et 30 % après cet âge.

En cas d’une convulsion fébrile, prenez les petits dans les bras pour éviter qu’ils ne se fassent mal. Pour les grands ou trop lourds à porter, vous pouvez les mettre en position latérale de sécurité (sur le côté). La crise s’arrête en général spontanément en moins de 5 minutes. Si elle dure plus longtemps, ce qui n’arrivera quasiment jamais, appelez le n°15 (SAMU).

Idées Reçues sur la Fièvre

On a longtemps cru que la fièvre aigue était dangereuse et était responsable de convulsions, ou des changements de comportement. En fait, ce n’est pas le cas. Cette petite augmentation de la température du corps (5 à 10% environ) n’est pas dangereuse.

Contrairement à ce que l’on pense, les poussées dentaires ne sont pas responsables de fièvre et ne justifient pas la prise systématique d’un antalgique. Pendant la période de poussée des dents (entre 6 et 36 mois habituellement), les poussées de fièvre sont très fréquentes. Mais les causes de la fièvre ne sont pas les poussées dentaires. En fait, la sortie des dents n’y est pour rien. S’il y a fièvre, c’est qu’il y a maladie.

Prévention de la Fièvre

Pour prévenir la fièvre, vous pouvez limiter le risque d’infections en respectant le calendrier vaccinal de son enfant. La fièvre est une réponse normale et nécessaire du système immunitaire face aux infections. C’est un outil obligatoire pour s’immuniser.

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