La mort fœtale in utero, un événement tragique, se définit comme le décès d'un fœtus survenant pendant la grossesse ou pendant le travail. Ce diagnostic est posé par l'arrêt irréversible des fonctions vitales du fœtus, notamment l'arrêt des mouvements perceptibles et des battements cardiaques. Cet article explore les causes potentielles, les méthodes de diagnostic, les risques associés et la prise en charge de la mort fœtale in utero.

Causes de la Mort Fœtale In Utero

Les causes de la mort fœtale in utero peuvent être d'origine maternelle, annexielle (liée aux annexes fœtales comme le placenta et le cordon ombilical) ou fœtale. Dans environ 30% des cas, la cause reste inconnue. Parmi les causes les plus courantes, on retrouve :

  • Hypertension artérielle maternelle : Une hypertension artérielle non contrôlée chez la mère peut entraîner une diminution de l'apport sanguin au fœtus, conduisant à sa mort.
  • Malformations fœtales : Les malformations fœtales, avec ou sans anomalies chromosomiques, peuvent être incompatibles avec la vie.
  • Hématome rétroplacentaire : Un hématome rétroplacentaire, c'est-à-dire un saignement entre le placenta et la paroi utérine, peut entraîner un décollement placentaire et priver le fœtus d'oxygène et de nutriments.
  • Infection ovulaire : Une infection de l'œuf (l'ensemble formé par le fœtus et ses membranes) peut provoquer une mort fœtale.
  • Diabète : Un diabète mal contrôlé chez la mère peut augmenter le risque de complications, y compris la mort fœtale.
  • Pathologies du cordon ombilical : Un nœud au cordon, un double circulaire serré (le cordon s'enroule autour du cou du fœtus), ou une torsion excessive du cordon peuvent compromettre l'apport sanguin au fœtus.
  • Grossesse gémellaire : Dans les grossesses gémellaires, il peut y avoir des complications telles que le syndrome de transfusion fœto-maternelle, où un fœtus reçoit plus de sang que l'autre, ce qui peut entraîner la mort d'un ou des deux fœtus.
  • Traumatismes : Les traumatismes abdominaux peuvent être une cause de mort fœtale in utero.
  • Tentative de suicide:
  • Tumeur placentaire
  • Terme dépassé
  • Transfusion fœtomaternelle
  • Malformation fœtale grave

Il est important de noter que la mort fœtale peut se répéter à plusieurs gestations, souvent successives, ou parfois en alternance avec des grossesses normales. Dans ces cas, il est crucial de rechercher des facteurs de risque spécifiques et de mettre en place une surveillance étroite lors des grossesses ultérieures.

Diagnostic de la Mort Fœtale In Utero

Le diagnostic de mort fœtale in utero est affirmé par l'absence d'activité cardiaque à l'échographie, associée ou non à des signes de macération (décomposition du fœtus). D'autres signes peuvent également être présents, tels que :

  • Arrêt des mouvements fœtaux : La mère ne perçoit plus les mouvements de son bébé.
  • Absence de bruits du cœur à l'auscultation ultrasonique : L'auscultation ultrasonique ne révèle plus les battements cardiaques fœtaux.
  • Signes échographiques : L'échographie peut montrer un chevauchement des os du crâne (signe de Spalding) et l'absence de tout mouvement du fœtus.
  • L'électroencéphalogramme : montre un arrêt de l'activité cérébrale.

Risques Maternels

La mort fœtale in utero comporte des risques pour la mère, notamment :

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  • Troubles de l'hémostase : Le maintien d'un fœtus mort au-delà de 48 heures dans la cavité utérine, par défaut de contractions utérines, expose à des troubles de l'hémostase par diffusion de substances procoagulantes dans la circulation maternelle.
  • Infection amniotique secondaire : Une infection du liquide amniotique peut survenir si le fœtus mort reste dans l'utérus pendant une période prolongée.
  • Rétention placentaire : Après l'accouchement, le placenta peut ne pas être expulsé complètement, nécessitant une intervention médicale.
  • Hémorragie : La mort fœtale in utero peut augmenter le risque d'hémorragie lié soit à un trouble de la coagulation, soit à une rétention placentaire après la délivrance.
  • Répercussions psychologiques : La mort fœtale in utero est une expérience traumatisante qui peut avoir des répercussions psychologiques importantes pour la mère et son partenaire. Certaines femmes peuvent développer un syndrome dépressif.

Prise en Charge de la Mort Fœtale In Utero

La prise en charge de la mort fœtale in utero comprend plusieurs étapes :

  • Confirmation du diagnostic : Le diagnostic doit être confirmé par une échographie.
  • Déclenchement de l'accouchement : Généralement, il est proposé à la femme d'accoucher par les voies naturelles dans les deux ou trois jours suivant le diagnostic. Les contractions peuvent être déclenchées à l'aide d'une injection de prostaglandines ou par administration de mifépristone (RU 486). Dans certains cas, une césarienne peut être nécessaire.
  • Surveillance maternelle : La mère doit être surveillée en continu pour détecter et traiter d'éventuelles complications, telles que les troubles de l'hémostase ou l'infection.
  • Bilan étiologique : Un bilan complet, maternel et fœtal, est réalisé afin de rechercher les causes de la mort fœtale. Cela peut inclure des analyses sanguines, des examens du placenta et une autopsie du fœtus.
  • Soutien psychologique : Un soutien psychologique est essentiel pour aider la mère et son partenaire à faire face à leur deuil. Des groupes de parole avec des femmes ayant vécu la même chose sont conseillés. Mais, il est nécessaire d'être toujours supervisé par un professionnel pour avancer dans le bon sens et ne pas s'enfermer dans le drame qu'elles ont toutes vécu. Un suivi thérapeutique en individuel pour permettre à la maman de se reconstruire peu à peu et envisager la vie sans cet enfant. La psychothérapie est donc à envisager pour pallier aux symptômes liés à la perte de l’enfant.
  • Aspects légaux : Du point de vue légal, l'enfant mort-né doit être déclaré et la cause de la mort portée sur le certificat de décès. Pour les grossesses de plus de 22 semaines ou pour les fœtus pesant plus de 500 g, une déclaration à l’état civil est obligatoire lorsque l’enfant est né vivant. L’inhumation ou la crémation sont également obligatoires. Les obsèques sont prises en charge par la famille. Pour les fœtus de plus de 22 semaines de grossesse ou pour les fœtus pesant plus de 500 g, nés sans vie, l’inscription à l’état civil est obligatoire. L’enfant est alors déclaré né sans vie. L’inhumation et les funérailles par la famille sont possibles. Sinon la prise en charge est assurée par l’hôpital. Pour les fœtus de moins de 22 semaines ou de moins de 500 g nés sans vie, l’inscription à l’état civil et l’inhumation sont possibles à la demande des parents. Sinon la prise en charge est assurée par l’hôpital. Le couple peut être aidé dans cette démarche par l’assistante sociale de l’établissement de santé.

Interruption Médicalisée de Grossesse (IMG)

L'interruption médicalisée de grossesse (IMG), également appelée avortement thérapeutique, peut être réalisée uniquement lorsque la santé de la femme enceinte ou de son enfant est en cause.

L’IMG peut être réalisée dans l’un des cas suivants :

  • L’enfant à naître est atteint d’une affection particulièrement grave et incurable
  • La grossesse met gravement en danger la santé de la femme enceinte

L’IMG peut être pratiquée à tout moment de la grossesse.

La procédure de décision d’IMG dépend du motif (santé de la mère ou de l’enfant).

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Si l’enfant est atteint d’une affection grave, l’équipe médicale est celle d’un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal. La femme enceinte peut demander à un médecin de son choix d’y être associé. Hors urgence médicale, il doit être proposé à la femme enceinte un délai de réflexion d’au moins une semaine avant de décider d’interrompre ou de poursuivre sa grossesse.

Lorsque l’IMG est demandée pour la santé de la femme, elle doit s’adresser à un médecin spécialiste qualifié en gynécologie obstétrique. Ce médecin doit exercer en établissement public de santé ou dans un établissement privé autorisé à recevoir les femmes enceintes. Ce médecin réunit alors une équipe pluridisciplinaire, pour avis consultatif.

La décision appartient à l’équipe pluridisciplinaire. Après concertation, s’il apparaît aux 2 médecins que le risque est fondé, ils établissent les attestations permettant de pratiquer l’IMG. Dans tous les cas, la femme enceinte concernée doit bénéficier d’une information complète et donner son accord. Elle (seule ou en couple) peut demander à être entendue préalablement par l’équipe ou par certains de ses membres.

L’IMG est réalisée par méthode médicamenteuse ou, en cas d’échec, par technique chirurgicale.

Grossesse Ultérieure Après une Mort Fœtale In Utero

Après une mort fœtale in utero, il est naturel de se poser des questions sur les grossesses ultérieures. Il est important de discuter avec son médecin des causes possibles de la mort fœtale et des mesures à prendre pour minimiser le risque de récidive.

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Une nouvelle grossesse après la perte d'un enfant in utero, il sera nécessaire de connaitre le stade auquel l'enfant précédent est décédé pour surveiller ce créneau lors de la nouvelle grossesse.

Compte tenu des résultats d'une grande étude, rien ne semble indiquer que les femmes doivent attendre plusieurs mois ou années, avant de concevoir à nouveau. Aucune recommandation particulière n’apparait nécessaire après un tel évènement. Toutefois, il est important de prendre le temps d’explorer les éventuelles causes de survenue de cette mort fœtale, pour écarter au maximum tout risque qu’elle se reproduise.

Deuil Périnatal

La mort fœtale in utero est une épreuve douloureuse qui nécessite un accompagnement spécifique. Le deuil périnatal est un processus complexe qui peut prendre du temps. Il est important de se permettre de ressentir ses émotions, de chercher du soutien auprès de ses proches et de consulter un professionnel si nécessaire.

Pour certaines mères, partager avec les autres est difficile, alors un suivi thérapeutique en individuel pour permettre à la maman de se reconstruire peu à peu et envisager la vie sans cet enfant. La psychothérapie est donc à envisager pour pallier aux symptômes liés à la perte de l’enfant. En effet, après l'annonce de la mort et le choc, les symptômes chez les mamans sont nombreux. Les femmes ressentent souvent une culpabilité de ne pas avoir réussi à mener cette grossesse à terme, de l'anxiété de revivre ce moment lors d'une prochaine grossesse ou encore, une dépression plus lourde provoquée par le vide laissé par le fœtus.

Il y a souvent un grand oublié de la littérature sur la mort in utero : le papa. Même s'il ne portait pas l'enfant, la perte est souvent tout aussi difficile à vivre pour le père que pour la mère.

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