Introduction
Ferghane Azihari, essayiste et analyste politique français né le 16 octobre 1993, s'est imposé comme une voix singulière dans le débat public français. Délégué général de l'Académie libre des sciences humaines, il est connu pour ses prises de position critiques sur l'islam et son incompatibilité supposée avec la modernité. Issu d'une famille d'origine comorienne de culture musulmane, Azihari apporte un regard à la fois intérieur et extérieur sur les enjeux de l'islam en France et dans le monde.
Parcours et Influences
Les parents de Ferghane Azihari ont quitté l'archipel des Comores pour la France, fuyant la pauvreté matérielle et la pollution environnementale. Cette double motivation migratoire a marqué sa réflexion sur l'écologie et le développement. Il a été chargé d'études pour l'Institut de recherches économiques et fiscales (IREF) ainsi que pour l'Institut économique Molinari, deux think tanks français libéraux de premier plan. Régulièrement invité dans les médias français, sur Europe 1, BFM, et dans Atlantico, L’Opinion, Le Point ou Contrepoints, il intervient sur des sujets variés, de l'économie à la politique en passant par la religion.
"L'Islam contre la modernité" : Une Thèse Polémique
Ferghane Azihari s'est fait connaître par son essai polémique L'Islam contre la modernité (Presses de la Cité). Dans cet ouvrage, il avance que la religion fondée par Mahomet au VIIe siècle est la principale cause des maux dont souffrent les pays musulmans. Réfutant la distinction entre islam et islamisme, il estime que ces régions, héritières des grandes civilisations antiques, se seraient portées bien mieux si elles n’avaient pas été "colonisées" par le monothéisme.
Anomalies Statistiques et Critique de l'Islam
Azihari base son argumentation sur une série d'"anomalies statistiques". Il souligne le faible nombre de démocraties libérales dans les pays à majorité musulmane, la surreprésentation des pays musulmans dans les conflits armés, la persécution des minorités religieuses en terre d'islam, les restrictions aux droits des femmes et des homosexuels, et la faible contribution des musulmans au progrès scientifique.
Il remet en question la distinction courante entre islam et islamisme, arguant que cette distinction est récente et motivée par des considérations politiques. Pour Azihari, l'islam et l'islamisme sont intrinsèquement liés, et la distinction sert à minimiser la responsabilité de l'islam dans les problèmes du monde musulman.
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Décoloniser l'Orient et Reconsidérer l'Histoire
Azihari invite à "décoloniser l'Orient" en reconsidérant l'histoire préislamique de la région. Il critique l'historiographie musulmane qui dévalorise l'héritage préislamique, et souligne que les civilisations anciennes ont été exhumées par les Européens plutôt que par les autochtones. Il suggère qu'une vision idéalisée de l'islam a conduit à négliger les cultures plus raffinées qui existaient avant son arrivée.
Il se demande à quoi ressemblerait le monde si l'islam avait échoué dans son expansion. Il cite l'Iran comme un exemple de pays qui a su sauvegarder une mémoire préislamique forte, ce qui pourrait expliquer la révolution actuelle de la jeunesse iranienne contre la République islamique.
L'Âge d'Or de l'Islam : Une Réinterprétation
Azihari remet en question la notion d'"âge d'or" de l'islam, soulignant que cette période correspond en réalité à la période la moins musulmane du monde musulman, lorsque l'orthodoxie n'était pas encore cristallisée et que les non-musulmans jouaient un rôle important dans le transfert des sciences grecques dans la langue arabe. Il affirme que les réalisations attribuées à l'islam relevaient du minimum syndical compte tenu du patrimoine dont les musulmans ont hérité.
Mahomet : Un "Bédouin Esclavagiste"
Azihari qualifie Mahomet de "bédouin esclavagiste", soulignant que le Coran encourage l'affranchissement des esclaves mais légitime aussi la production d'esclaves. Il critique l'absence de mouvement abolitionniste dans le monde musulman et attribue le reflux de l'esclavage à la pression coloniale occidentale.
Hétérogénéité du Monde Musulman et Anomalies Statistiques
Tout en reconnaissant l'hétérogénéité du monde musulman, Azihari insiste sur l'existence d'un socle commun qui permet de distinguer cette aire civilisationnelle d'une autre. Il souligne que les sociétés musulmanes sont surreprésentées parmi les régimes autoritaires et que les sociétés chrétiennes africaines sont globalement moins mal loties que leurs homologues musulmanes.
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Théorie du Grand Remplacement et Islamisation Subtile
Azihari aborde la question de l'augmentation de la population musulmane en Europe et de ses conséquences sur les institutions démocratiques. Il souligne que les musulmans sont plus réfractaires que leurs compatriotes non-musulmans aux valeurs démocratiques, libérales et républicaines, et que l'islamisation est un processus subtil qui passe par l'intériorisation de normes de comportement anormales dictées par une superstition tyrannique.
Un Réquisitoire Implacable contre l'Islam
Azihari présente un réquisitoire implacable contre l'islam comme religion et comme civilisation. Il dénonce l'incapacité des sociétés musulmanes à se réformer et souligne que les musulmans déplorent l'état catastrophique de leurs sociétés depuis longtemps sans être capables d'en tirer les bonnes leçons.
Il met en évidence la xénophobie culturelle de l'islam vis-à-vis de l'Occident et la faible contribution des musulmans au progrès humain. Il souligne que l'Occident a témoigné d'une plus grande curiosité à l'égard du monde musulman que ce dernier n'en a montré vis-à-vis de l'Occident.
Il affirme que les populations musulmanes en France et en Europe comptent parmi les catégories les plus réfractaires aux valeurs libérales et démocratiques, et que la France s'est montrée beaucoup plus intransigeante envers sa religion historique qu'elle ne l'est vis-à-vis de l'islam.
Il s'inquiète de l'augmentation de la part de l'islam dans la population française et européenne, soulignant que cela ne peut qu'aboutir à la destruction des institutions républicaines.
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"Les Écologistes contre la modernité" : Une Critique de l'Écologie Radicale
En 2021, Ferghane Azihari publie Les écologistes contre la modernité, dans lequel il interroge les motivations fondamentalement anticapitalistes de l'écologie radicale contemporaine. Il y défend une écologie moderne et libérale s'appuyant sur le progrès scientifique, en particulier le technosolutionnisme. Il critique le "déclinisme vert" et souligne que la pollution n'est pas uniquement liée à l'industrialisation moderne.
Réception et Critiques
Les thèses de Ferghane Azihari ont suscité de vives réactions. Son livre L'Islam contre la modernité a été salué par les médias conservateurs, mais a également été critiqué pour son approche jugée essentialiste et simplificatrice de l'islam. Certains lui reprochent d'ignorer la diversité du monde musulman et de généraliser à partir d'exemples isolés. D'autres mettent en doute sa neutralité, soulignant son engagement en faveur des idées libérales.
Malgré les critiques, Ferghane Azihari reste une figure influente dans le débat public français. Ses prises de position tranchées et son style polémique ne laissent personne indifférent, et ses analyses contribuent à alimenter la réflexion sur les enjeux de l'islam en France et dans le monde.
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