Introduction

Cet article explore l'évolution de la sexualité féminine en France à travers diverses études et statistiques récentes. Il aborde les changements dans les pratiques sexuelles, les relations amoureuses, l'infidélité, l'importance du sexe dans la vie des femmes, et l'influence des nouvelles technologies et des mouvements sociaux comme #MeToo. L'objectif est de dresser un portrait nuancé et informé de la sexualité des femmes françaises contemporaines.

Vie de couple et relations amoureuses chez les jeunes adultes

Une vaste étude, nommée ENVIE, a été menée entre novembre 2022 et juillet 2023 sur 10 021 personnes âgées de 18 à 29 ans vivant en France métropolitaine. Elle révèle que 21% des jeunes n'ont eu aucune relation dans les douze derniers mois. Parmi ceux qui ont eu une relation (79%), 66% étaient en couple, ce qui signifie qu'environ un jeune sur deux vit une relation qu'il qualifie de vie de couple.

Il est important de noter que cette relation n'est pas toujours institutionnalisée. Concernant leurs sentiments, 77% des personnes en couple se disent « très amoureuses » et 17% « plutôt amoureuses ». Ce sentiment contraste avec celui exprimé dans les relations d'un soir, où 86% des personnes se disent « pas du tout » (65%) ou « pas vraiment » (21%) amoureuses de leur partenaire. Dans le cas de « relation suivie », 70% des personnes se disent « pas du tout » ou « pas vraiment » amoureuses.

L'étude ENVIE souligne également que les expériences relationnelles varient en fonction de l'âge. La proportion de jeunes ayant connu au moins une relation dans l'année augmente progressivement avec l'âge. Le fait d'avoir été en couple au cours de l'année est plus fréquent chez les personnes proches de la trentaine que chez celles ayant la vingtaine. Par exemple, la proportion des femmes en couple passe de 60% à 80% entre les tranches d'âge 18-21 ans et 26-29 ans.

Lieux de rencontres et applications

L'étude ENVIE s'intéresse aussi au lieu des rencontres. Pour les jeunes en couple, les rencontres se font principalement sur les lieux de travail ou d'études (34%) et dans les lieux publics (bars, boîtes de nuit, concerts…) (21%). Les applications de rencontres sont devenues un mode de rencontre important, mais pas le plus courant. Pour les jeunes vivant en couple, 11% déclarent avoir rencontré leur partenaire sur une application.

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Ces chiffres indiquent que, contrairement à certaines idées reçues véhiculées par les médias, l'horizon du couple stable et cohabitant reste pertinent pour la tranche d'âge 18-29 ans, même si l'âge de l'« installation » est en recul.

Évolution des pratiques sexuelles

Plusieurs études révèlent une évolution significative des pratiques sexuelles des femmes françaises.

Masturbation

La masturbation est une pratique de plus en plus courante chez les femmes. En 2019, 76% des femmes admettaient s'être déjà masturbées au cours de leur vie, contre 60% en 2006, 42% en 1992 et seulement 19% en 1970.

Sexualité orale et anale

Les pratiques orales sont devenues une composante courante de la sexualité féminine. L'exploration de la sexualité anale tend à venir avec l'âge, mais la sodomie est désormais une pratique majoritaire : 53% des femmes s'y sont prêtées au moins une fois. Il existe cependant des différences selon les milieux sociaux. Chez les femmes des milieux populaires, on observe une plus grande « rigidité de genre » dans leurs pratiques anales avec les hommes.

Épilation

En matière d'épilation, on observe deux tendances contradictoires, suggérant une polarisation des pratiques. Seules 11% des jeunes de moins de 25 ans ne s'épilent pas, tandis que plus de la moitié (54%) optent pour l'épilation intégrale.

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Impact de #MeToo et des applications de rencontre

Le mouvement #MeToo a eu un impact contrasté. On note un regain de vigilance, avec 60% des femmes qui se disent plus attentives en cas de gestes déplacés à leur égard ou à celui d'autres femmes. Concernant les applications ou sites de rencontre, deux femmes sur dix déclarent s'y être déjà inscrites (22%), un chiffre qui a plus que doublé en treize ans.

Sexualité et première rencontre

Une étude de l'Ifop s'est intéressée aux pratiques liées à la première rencontre en France. Elle révèle qu'il existe un écart important entre les déclarations des femmes (34%) et celles des hommes (55%) concernant le fait d'avoir couché lors d'une première rencontre. Cette différence peut être expliquée par le critère de la « fille facile », qui traduit les réticences des femmes à admettre cette pratique.

L'étude note que la proportion de Françaises ayant déjà couché lors d'un premier « date » est plus élevée (47%) que lors d'une première rencontre (34%) ou d'une première occasion (40%).

Préparation et attentes

Environ 30% des Français se masturbent avant un rendez-vous débouchant probablement sur une relation sexuelle. Les hommes justifient cette pratique par les « risques d'éjaculation précoce » ou pour faire baisser leur niveau de tension ou d'excitation sexuelle. Les femmes, quant à elles, s'attachent plus à une préparation corporelle et vestimentaire.

Après le sexe, plus de femmes (44%) que d'hommes (29%) préfèrent dormir seules après un premier rapport sexuel.

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Pratiques sexuelles lors de la première rencontre

Selon l'Ifop, 45% des Françaises ont déjà sucé le sexe de leur partenaire le premier soir. Les femmes sont moins nombreuses (14%) à avoir déjà avalé son sperme le premier soir, car elles perçoivent l'éjaculation buccale comme une plus grande forme d'engagement à l'égard de leur partenaire.

Certaines femmes mettent en pratique des pratiques issues de la culture porn dès le premier soir, comme l'éjaculation faciale (8%) ou la « biffle » (7%). La position du missionnaire est la plus utilisée (82%), tandis que la levrette est moins fréquente (52%), car elle peut renvoyer une image de soumission de la femme.

Déceptions et rencontres en ligne

45% des femmes se disent déçues après avoir couché avec un partenaire rencontré sur le web, une moyenne plus élevée qu'avec un partenaire classique (30%). Cela peut s'expliquer par le fait que le temps du « date » est trop court pour instaurer un climat de confiance.

Évolution des rencontres et libéralisation sexuelle

La première relation sexuelle se réalise de plus en plus tôt après la première rencontre. L'Ifop explique cette libéralisation sexuelle par la démocratisation des applications et des sites de rencontre, qui se caractérisent par un manque d'ambiguïté autour des intentions des partenaires et un moindre contrôle social de l'entourage sur les comportements sexuels. Les sites de rencontre sont devenus le lieu d'échange le plus favorable pour coucher (26%), devant les boîtes de nuit (13%), les bars (8%), les bals publics (8%) et les mariages (3%).

Fréquence des rapports sexuels dans le couple

La fréquence des rapports sexuels varie énormément d'un couple à l'autre. Une vie sexuelle épanouissante ne se mesure pas en termes de fréquence des rapports sexuels. Les données de l'Inserm concernent des personnes en couple, mariées ou non, mais engagées dans une relation sérieuse.

Tous âges confondus, 43% des femmes se disent très satisfaites par leur vie sexuelle contre 39% des hommes. Cependant, tout le monde n'est pas enchanté de sa vie sexuelle, et près de la moitié des couples semblent satisfaits voire très satisfaits.

Une étude américaine de 2015 a montré qu'augmenter la fréquence des rapports sexuels n'augmente pas forcément le bonheur du couple. Le plus important est de communiquer et de trouver un équilibre qui convienne aux deux partenaires.

Évolution de l'activité sexuelle en France

Les Français font moins l'amour et les jeunes commencent leur vie sexuelle de plus en plus tard. L'âge médian au premier rapport sexuel continue d'augmenter, après avoir baissé. Les hommes, comme les femmes, ont de plus en plus de partenaires sexuels.

L'activité et la fréquence des rapports sexuels diminuent, pour les deux sexes, quel que soit l'âge. En 1992, une femme de la tranche d'âge 18-29 ans faisait en moyenne l'amour 10,1 fois par mois.

Les femmes ont changé leurs pratiques. En 1992, 42,4% d'entre elles déclaraient s'être déjà masturbées, contre 72,9% en 2023. Pour la première fois en 2023, les femmes déclarent plus de rapports homosexuels que les hommes. Cependant, l'homosexualité stricte reste marginale.

Désintérêt pour la sexualité et concurrence des écrans

L'importance donnée à la sexualité décroît, en particulier chez les femmes. En 1996, 82% des femmes accordaient de l'importance à la sexualité dans leur vie, contre 62% aujourd'hui. 69% des femmes affirment ne pas vivre « difficilement » l'abstinence, contre seulement 48% des hommes.

Plus de la moitié des femmes adultes (54%) et 42% des hommes affirment qu'ils pourraient vivre avec quelqu'un dans une relation purement platonique. Un quart des personnes en couple n'ont pas ou plus de rapport sexuel avec leur conjoint.

Les écrans ont envahi la chambre à coucher et font concurrence au sexe, en particulier chez les plus jeunes. La moitié des hommes reconnaissent avoir déjà évité un rapport sexuel pour regarder un film ou une série.

Nombre de partenaires sexuels

En France, 20% des femmes ont partagé leur lit avec 10 partenaires différents. L'Hexagone détient le record du pays européen où la part de femmes ayant eu des rapports sexuels avec plus de 10 personnes différentes est la plus élevée. 42% des femmes qui ont eu plus de 10 partenaires se disent insatisfaites de leur vie sexuelle.

Infidélité

L'infidélité chez les femmes a augmenté de façon continue au cours des 50 dernières années, passant de 10% en 1970 à 32% en 2014. En 2019, une femme sur trois avoue avoir couché avec un autre homme que son partenaire actuel. Cette proportion demeure inférieure à celle des hommes (49% en 2018).

Les femmes trompent principalement par attirance physique ou sexuelle pour un potentiel amant (52%) ou par manque d'attentions du conjoint (47%).

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