L'infertilité est un problème croissant qui touche de nombreux couples à travers le monde. En France, environ 3,3 millions de personnes sont concernées, soit un couple sur quatre. Bien que le terme "grossesse sans fécondation" puisse sembler paradoxal, il est essentiel de comprendre les différentes causes d'infertilité et les options disponibles pour les couples qui ont du mal à concevoir. Cet article explore en profondeur les causes de l'infertilité féminine et masculine, les risques liés à une grossesse tardive, les méthodes de dépistage et les solutions pour augmenter les chances de conception.
Comprendre l'infertilité
L'infertilité est définie comme l'incapacité de concevoir après 12 à 24 mois de rapports sexuels réguliers sans contraception. Dans environ 75 % des cas, elle est d'origine féminine, masculine ou les deux à la fois.
Infertilité féminine
On estime que 40 à 45 % des problèmes de fertilité sont dus à une infertilité de la partenaire féminine. Les causes les plus fréquentes sont les troubles de l'ovulation et les problèmes utérins qui empêchent l'ovocyte de pénétrer ou de s'installer dans les trompes, ou qui perturbent la fécondation ou la nidation.
- Troubles de l'ovulation : L'ovaire peut ne pas être capable de faire mûrir un follicule ou de libérer un ovule dans les trompes. Environ 20 % des cas avérés d'infertilité féminine sont dus à des anomalies de l'ovulation.
- Infertilité tubaire : Les problèmes mécaniques (anatomiques) gênent la descente de l'ovocyte ou la remontée des spermatozoïdes. Il s'agit fréquemment de problèmes mécaniques (anatomiques) qui gênent la descente de l'ovocyte ou la remontée des spermatozoïdes. L'obstruction des trompes de Fallope liée à une infection est une cause fréquente.
- Autres causes mécaniques : Anomalie d'implantation de l'embryon comme dans l'endométriose, absence d'utérus, malformation du col de l'utérus, ou encore anomalie de la qualité de la glaire cervicale.
- Âge : La fertilité féminine diminue avec l'âge. Par exemple, pour les femmes qui n'ont jamais eu d'enfant, la probabilité d'être enceinte au cours d'un seul cycle menstruel est de 25 % à 25 ans, 16 % à 37 ans et 4 % à 30 ans.
- Problèmes de poids : Les femmes obèses ou très maigres ont davantage de difficultés à concevoir.
- Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : C'est un dérèglement hormonal qui touche 5 à 10 % des femmes en France. Un taux de testostérone élevé perturbe le cycle, empêche le développement des follicules et l'ovulation.
- Insuffisance ovarienne prématurée : Elle touche de nombreuses femmes : 1 sur 10 000 de moins de 20 ans, 1 sur 1000 de moins de 30 ans et 2 sur 100 de moins de 40 ans.
- Endométriose : Cette maladie chronique se caractérise par un développement de tissu semblable à la muqueuse utérine en dehors de l'utérus, notamment sur les ovaires et le péritoine.
- Anomalies utérines : L'absence d'utérus, des malformations, des polypes de l'endomètre peuvent être responsables d'une infertilité.
Infertilité masculine
Les problèmes de fécondité peuvent aussi être liés à l'infertilité masculine, en cause à l'heure actuelle dans 30 à 50 % des cas. De nombreux facteurs, tels que l'âge et le mode de vie, influent sur la diminution de la fertilité masculine. L'altération de la qualité du sperme est souvent en cause.
- Facteurs liés au mode de vie : Le surpoids, l'obésité, l'exposition des testicules à une forte chaleur régulière ou encore la consommation de tabac ou de cannabis sont susceptibles de jouer un rôle négatif à chacune des étapes de la reproduction chez l'homme.
- Dysfonctionnements sexuels : Des troubles de l'érection ou de l'éjaculation peuvent également être directement responsables d'infécondité ou s'ajouter aux autres causes.
- Oligospermie : Une diminution du nombre des spermatozoïdes.
- Tératospermie : Un nombre important de spermatozoïdes aux formes anormales, et donc moins performants.
- Azoospermie : Une absence totale de spermatozoïdes dans le sperme, due à un dysfonctionnement de la production de spermatozoïdes par les testicules.
- Troubles hormonaux : Les troubles de la testostérone se traduisent par un déficit de production de spermatozoïdes chez l'homme.
- Obstruction des voies génitales : Dans certains cas, les spermatozoïdes ne peuvent être acheminés normalement dans les voies génitales à cause d'une obstruction.
- Altération de la spermatogenèse : Les spermatozoïdes sont trop peu nombreux, soit de mauvaise qualité ou totalement absents du sperme.
Facteurs environnementaux
L'environnement au sens large, aussi appelé « exposome », joue un rôle néfaste important sur l'infertilité masculine et féminine, directement ou indirectement. Cela inclut notamment les pollutions de tous ordres, les perturbateurs endocriniens, mais aussi le mode de vie : une mauvaise alimentation et un surpoids ou à l'inverse une maigreur excessive chez les femmes, la consommation de tabac ou de drogues.
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Grossesse non évolutive : une cause d'infertilité
La grossesse non évolutive est un phénomène souvent mis sous silence. Pourtant 25% des femmes seraient concernées. Elle désigne l'arrêt du développement de la grossesse avant terme. On parle couramment de fausse couche spontanée ou fausse couche, de mort foetale in utéro ou de mort périnatale, selon le terme auquel survient le décès du foetus ou du nouveau né.
- Œuf clair : Aussi appelé « œuf blanc » ou grossesse non embryonnée, l’œuf clair désigne l’arrêt du développement avant même l’apparition de l’embryon. La femme possède donc un sac ovulaire dépourvu d’embryon.
- Mort embryonnaire : Le cœur de l’embryon cesse de battre.
- Grossesse molaire : Une anomalie du développement du placenta, appelée maladie trophoblastique gestationnelle.
- Grossesse ectopique : Aussi appelée grossesse extra-utérine, cette grossesse se développe en dehors de la cavité utérine. L’œuf s’implante dans les trompes de Fallope dans 96 à 98% des cas, ou sur un ovaire ou le col de l’utérus. L’œuf finit alors par se rompre.
Diagnostic et traitement de la grossesse non évolutive
Pour détecter une grossesse non évolutive, un examen par imagerie est nécessaire, dès la 4ème semaine de grossesse, soit 6 semaines d’aménorrhée. Lorsque l’expulsion du sac gestationnel n’est pas complète, une intervention médicale est nécessaire. Un traitement médicamenteux au misoprostol peut être prescrit. A partir de 7 semaines de grossesse, soit 9 semaines d’aménorrhée, une intervention chirurgicale est nécessaire.
Impact psychologique
La perte de la grossesse peut provoquer une certaine angoisse. D’autant plus si la perte survient à un stade avancé de grossesse. Certaines femmes peuvent développer un syndrome dépressif. Un professionnel de santé peut vous aider à mieux traverser cette épreuve.
Grossesse tardive : risques et considérations
De plus en plus de femmes fondent une famille tardivement, et l'âge moyen pour une première grossesse en Europe est aujourd'hui de 29-30 ans. Il est donc essentiel de s'informer sur les risques potentiels et leurs moyens de prévention.
Risques pour la mère
- Risque accru d’hypertension artérielle et de diabète : Cette hypertension et ce diabète, dits gestationnels lorsqu’ils surviennent pendant la grossesse, sont systématiquement recherchés par les soignants.
- Anxiété et tokophobie : Il est tout à fait normal de ressentir de l’anxiété à l’idée d’accoucher. La tokophobie touche 14 % des femmes dans le monde.
Risques pour l'enfant
- Augmentation des fausses couches : Le risque de fausse-couche augmente à partir de 30 ans.
- Anomalies chromosomiques : Le risque accru de fausse-couche ainsi que les anomalies chromosomiques résultent de la qualité des ovules, qui est moins bonne à mesure que l’âge augmente.
Dépistage de la trisomie 21
La trisomie 21 est l’une des anomalies chromosomiques les plus fréquentes. En France, toutes les femmes ont la possibilité de réaliser un dépistage de la trisomie 21 au cours de leur grossesse. Ce dépistage, pris en charge par l’Assurance Maladie, n’est pas obligatoire.
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Augmenter les chances de tomber enceinte après 35 ans
Plusieurs facteurs peuvent faciliter la survenue d’une grossesse après 35 ans, à commencer par l’adoption d’un mode de vie le plus sain possible :
- Arrêter de fumer.
- Réduire sa consommation d’alcool.
- Faire du sport et manger équilibré.
- Réduire la caféine.
- Consulter un médecin pour vérifier votre état de santé général.
- Si vous êtes en situation de surpoids ou d'obésité, perdre un peu de poids peut augmenter vos chances de conception et minimiser les risques une fois que vous serez enceinte.
Que faire si j’ai du mal à tomber enceinte ?
L’aide et les traitements que vous proposera votre médecin dépendront de la cause de la réduction de votre fertilité. Les affections telles que l’endométriose et le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) sont d’autres facteurs qui peuvent jouer un rôle, à l’instar des troubles de l’alimentation. Dans certains cas, faciliter l’accès des spermatozoïdes à l’utérus suffit, et dans d’autres il faut se tourner vers la fécondation in vitro (FIV).
Préserver sa santé et celle de son bébé pendant la grossesse
- Acide folique : Dès lors que vous espérez tomber enceinte, vous pouvez prendre 400 microgrammes d’acide folique par jour. Ce traitement sera poursuivi jusqu’à 12 semaines de grossesse.
- Activité physique : L’activité physique pendant la grossesse regorge de bienfaits.
Accouchement lors d’une grossesse tardive
Après 40 ans, l’accouchement peut être plus difficile. Lors du travail, il est possible que vous ayez besoin d’une surveillance rapprochée, car des études montrent que le risque de complications augmente légèrement avec l’âge.
Quand consulter un professionnel de santé ?
Si cela fait un an que vous essayez sans succès de concevoir un bébé et que vous avez 35 ans ou moins, vous devriez en parler à votre professionnel de santé. Cependant, si vous avez régulièrement des rapports sexuels et que vous n’êtes toujours pas enceinte après un an de tentatives (ou après six mois si vous avez plus de 35 ans), il serait judicieux d’en parler à votre médecin.
Examens et bilans de fertilité
Votre médecin peut vous proposer une gamme de tests pour permettre de déterminer l’infertilité ou les problèmes de fertilité.
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- Analyses de sang : Une analyse sanguine peut mesurer le taux d’une hormone appelée progestérone pour vérifier si vous ovulez.
- Laparoscopie : Il s’agit d’une sorte de chirurgie mini-invasive où un tube mince doté d’une caméra est inséré pour examiner l’utérus, les trompes de Fallope et les ovaires.
- Analyse de sperme : La principale cause d’infertilité chez l’homme est un faible nombre de spermatozoïdes ou une mauvaise qualité de ces derniers.
- Spermogramme : Analyse biologique du sperme évaluant le volume du recueil, le nombre, la mobilité, la viabilité et l’aspect morphologique des spermatozoïdes.
- Échographie pelvienne : Est pratiquée habituellement par voie vaginale, vessie vide. C’est un examen indolore et sans risque particulier.
Traitements disponibles
Le traitement possible de l’infertilité dépend vraiment de la cause. Votre médecin pourra vous indiquer si votre infertilité peut être traitée et ce, en fonction de votre situation personnelle. Les traitements médicamenteux et chirurgicaux peuvent être réalisés pour lutter contre les problèmes de fécondité et de fertilité. L'insémination artificielle et la fécondation in vitro (FIV) sont également des options.
Fausse couche et infertilité
Bien qu’il s’agisse d’un événement traumatisant, la fausse-couche concerne 20 % des grossesses. Elles sont très fréquentes lors d’une première grossesse. Pourtant, la fausse-couche n’est pas nécessairement un symptôme d’infertilité : elle est le plus souvent due à une anomalie chromosomique. Cependant, les fausses couches répétées peuvent être à l'origine d'une infertilité au sein du couple.
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