L'accouchement, un événement naturel et complexe, est souvent entouré d'appréhensions et d'idées reçues. Si la majorité des naissances se déroulent dans un cadre médicalisé, des situations imprévues, comme un accouchement précipité dans les toilettes, peuvent survenir. Cet article explore les statistiques liées à l'accouchement, les réalités physiologiques qui l'accompagnent, et les perspectives sur la médicalisation de la naissance.

Statistiques et lieux d'accouchement

Bien que les données spécifiques sur les accouchements dans les toilettes soient rares, il est important de considérer le contexte plus large des lieux d'accouchement. Au Sénégal, par exemple, plus de 40 % des femmes accouchent à domicile. Dans les zones rurales, les accouchements traditionnels ont souvent lieu dans des conditions précaires, parfois même dans les toilettes sans couverture ni protection. Cependant, même dans les pays développés, des accouchements inattendus peuvent se produire en dehors des structures médicales. Le plus simple est de vous rendre à la maternité dès que les contractions se rapprochent et que vous perdez les eaux.

Les réalités physiologiques de l'accouchement

L'accouchement est un processus physiologique intense qui implique une série de transformations corporelles. La dilatation du col de l'utérus, les contractions utérines et la descente du bébé dans le bassin sont autant d'étapes qui peuvent entraîner des désagréments tels que des vomissements, des nausées et des douleurs intenses.

Incontinence fécale et urinaire

Un désagrément fréquent, bien que souvent tabou, est la défécation pendant l'accouchement. Toutes les sages-femmes vous le confirmeront, il arrive de faire caca pendant l’accouchement. Ce petit accident arrive très fréquemment (80 à 90% des cas environ) quand on accouche et est tout à fait naturel. En effet, lorsque la dilatation du col de l’utérus est complète, on ressent une envie irrépressible de pousser. C’est un réflexe mécanique du à la tête du bébé qui appuie sur les releveurs de l’anus. Ne vous retenez pas, car vous risquerez de bloquer la descente du bébé. Parce qu’elle entraîne un relâchement des sphincters, l’anesthésie péridurale implique souvent une défécation incontrôlée. Ne vous inquiétez pas, les professionnels de santé sont habitués et prendront en charge ce petit incident sans même que vous vous en rendiez compte.

De même, la tête du bébé peut appuyer sur la vessie, entraînant une incontinence urinaire. En général, la sage-femme prend soin de la vider avec une sonde urinaire juste avant l’expulsion afin de laisser de la place au bébé.

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Douleur et vomissements

Certaines femmes supportent facilement les contractions tandis que d'autres ont très mal au moment de l'accouchement. Une future maman peut souffrir d'importantes douleurs, même sous péridurale, qui sont provoquées par les contractions utérines. Au fur et à mesure de l'ouverture du col de l'utérus, elles deviennent de plus en plus intenses.

Les vomissements sont également un désagrément courant, souvent liés à la dilatation du col ou à la pose de la péridurale. La plupart du temps, ils se produisent pendant le travail, quand le col est dilaté à 5 ou 6 cm. Il s’agit d’un phénomène réflexe qui se manifeste lorsque la tête du bébé commence à plonger dans le bassin. La maman ressent alors un haut-le-cœur qui lui donne envie de vomir. Quelquefois, c’est au moment de la pose de la péridurale que les vomissements ont lieu. Certaines mamans ont des nausées tout au long de l'accouchement.

La médicalisation de l'accouchement et le retour à la nature

Dans nos sociétés, on a tendance à vouloir que tout soit sous-contrôle et parfait. L’accouchement, c’est autre chose. C’est le corps qui réagit et il faut savoir qu’on ne peut pas tout maîtriser. L'important dans l'accouchement, c'est surtout d'arrêter de tout intellectualiser ! Il ne faut pas oublier que la mise au monde est un retour à notre état de mammifère.

L'accouchement humanisé

Face à la médicalisation croissante de l'accouchement, des alternatives émergent pour favoriser une expérience plus naturelle et respectueuse du corps de la femme. Au Sénégal, par exemple, l'accouchement humanisé permet aux parturientes d'adopter la position de leur choix et d'être assistées par un parent proche. Cette technique, qui n’oblige pas la femme à adopter nécessairement la position couchée avant de mettre au monde son enfant, s’appelle « accouchement humanisé ». Il s’agit d’un concept employé dans les documents de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en 1996 et qui a été scientifiquement prouvé et expérimenté par la Jica (la coopération japonaise) dans des pays comme le Brésil, Madagascar et le Sénégal. En effet, accoucher avec le moins de douleur possible en adoptant la position que l’on veut est désormais possible au Sénégal. L’accouchement à « style libre » permet aux parturientes, qui peuvent en plus être assistées par un parent proche et par une sage-femme, d’adopter la position de leur choix. Dans ces conditions, bien sûr, elles sont moins stressées. Selon les spécialistes de la maternité, dans l’accouchement humanisé, les sages-femmes se plient aux désirs de la femme laquelle peut adopter une position antalgique où elle sentira moins de douleur. Dans l’accouchement classique, on vous met sur une table, on fait une perfusion, les mouvements sont limités, la femme ne peut prendre une position antalgique. Avec l’accouchement à style libre, la femme est dans une ambiance conviviale. Elle est moins stressée et le travail ne dure pas. La sage-femme est aidée par l’accompagnant. C’est ce que l’on appelle, accouchement humanisé. Ce nouveau concept, originaire du Japon, en expérimentation au Sénégal, est un ensemble de conditions qui permet à la femme de vivre son accouchement avec aisance. Il se pratique dans une salle équipée de balançoire, de ballons de différents formats et d’affiches illustrant différentes positions d’accouchement. En des termes plus simples : c’est un accouchement au cours duquel une femme suit ses propres instincts et la physiologie de son corps, en adoptant des positions variées afin d’accoucher avec le moins de douleur possible et le maximum d’efficacité, tout en évitant les complications. Ainsi, la femme peut accoucher en se courbant, en se mettant sur le côté, etc. Contrairement à l’accouchement gynécologique où la femme se met sur une table conçue à cet effet, dans la nouvelle expérience, la parturiente peut se mettre sur une natte, à même le sol ou sur une chaise. Toutefois, la salle d’accouchement doit être aérée, spacieuse et propre, avec une atmosphère favorable à la détente de la femme. Ces conditions permettent aux femmes de marcher et d’adopter la position qu’elles voudront pendant l’accouchement.

L'importance de l'intimité

À l’opposé des animaux, l’être humain a deux cerveaux. Le cerveau ancien ou dit primitif ou encore instinctif. Durant le processus de la naissance, c’est le cerveau ancien qui aura le rôle le plus important. La mise au repos du cerveau émotionnel permettra au cerveau instinctif de jouer 100 % son rôle dans le mécanisme de l’enfantement. C’est en effet ce cerveau ancien qui sécrétera toutes les hormones nécessaires (notamment l’ocytocine et les endorphines) au processus physiologique de la naissance. Les émotions, le stress, venant du néocortex inhiberont les processus naturels de la naissance. Tout comme les mammifères, l’intimité va aider la mère à se connecter à son instinct. L’intimité la protégera de toutes les émotions des personnes qui l’entourent. En s’éloignant de celles-ci, elle pourra rester connectée à son instinct profond. Ensuite, parlons de la lumière. Réduire la lumière permet d’amener cette impression d’intimité et d’isolement à la mère. Lorsque vous arrivez à la maternité, demandez (exigez) de fermer les stores et les rideaux. Baissez votre voix. Demandez à toutes les personnes en contact avec la mère de chuchoter. Parlez très doucement. À nouveau, cela lui donnera un sentiment plus intense d’intimité et d’isolement. Attention, la mère reste consciente de tout ce qui se dit autour d’elle. De plus, aidez la maman à se préparer un endroit intime pour donner naissance. Si vous accouchez à la maison ou en centre de naissance, préparez un endroit intime, petit, dans lequel la mère se sent bien. Il a même été remarqué que le désordre renforcerait ce sentiment d’intimité. Enfin, ne cherchez pas à tout prix un contact droit dans les yeux avec la maman. Protégez son intimité. Restez près d’elle et avec elle mais sans attendre des réponses de sa part. Respectez vous aussi cette intimité nécessaire. Faites-vous discret tout en lui montrant que vous êtes là et que vous la soutenez. La mère est un mammifère comme un autre sauf qu’elle est dotée d’un cerveau émotionnel.

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Accoucher en prison : une réalité difficile

Accoucher et élever un enfant en prison est et reste une expérience douloureuse. Une vitrine qui ne doit pas masquer la réalité de ce que vivent la majorité des femmes enceintes et des mères détenues en France.

Les conditions de détention

On comptait, au 1er janvier 2019, 79 places en « quartier nurserie », réparties dans 31 prisons. Un nombre insuffisant pour couvrir l’ensemble du territoire : il arrive que les mères doivent être transférées dans un établissement éloigné pour pouvoir être prises en charge, au risque d’entraver les liens de l’enfant avec les éventuels membres de la famille à l’extérieur. En outre, dans la grande majorité, ces « quartiers » se composent en réalité de deux cellules mère-enfant, un tiers se résumant même à une unique cellule. L’enfant ne pouvant légalement pas être au contact de la détention classique, les mères sont ainsi, le plus souvent, totalement isolées au sein des établissements.

Les défis psychologiques

« C’est surtout le psychologique qui est difficile. Une grossesse en prison, ça ne devrait pas être accepté par l’État car c’est un cauchemar. Il n’y a personne pour vous, vous êtes seule au monde », témoigne Samia, incarcérée il y a plusieurs années de cela à Fleury-Mérogis, alors qu’elle était enceinte d’un mois et demi. Pour Christelle, détenue à la maison d’arrêt de Nantes, « la plus grande difficulté, c’est de ne pas pouvoir connaître la date des échographies et de ne pas pouvoir être accompagnée du papa de l’enfant ». Une solitude d’autant plus pesante que la situation d’enfermement est génératrice d’angoisses supplémentaires pour les femmes enceintes.

Incontinence anale post-partum : un tabou à briser

Alors que le risque d’incontinence urinaire après un accouchement est connu et systématiquement recherché depuis des décennies, l’incontinence anale est toujours taboue et encore peu prise en charge alors qu’il a été identifié depuis plus de vingt ans [1]. Le contexte est en pratique difficile car il s’agit de femmes jeunes dont l’activité sociale et professionnelle peut être altérée par ces troubles fonctionnels. Le retentissement psychique est dominé par un sentiment de handicap dégradant, honteux et non avouable. Ce tabou est responsable d’une absence de verbalisation des patientes qui n’osent en parler que si on leur pose clairement la question. Or, la pratique nous montre que, souvent, les médecins aussi n’osent pas aborder ce problème. Après un premier accouchement, 13 % des femmes ont une incontinence anale de novo [1-3]. Il s’agit le plus souvent de fuites de gaz avec un retentissement qui peut être très invalidant dans la vie professionnelle, lors des loisirs ou des relations intimes. Dans 1 à 2 % des cas, il s’agit de pertes de selles [1-3], avec un retentissement encore plus important sur la qualité de vie. Ce pourcentage est à rapporter aux 700 000 accouchements par an en France.

Facteurs de risque et prévention

Les facteurs de risques d’un nouveau traumatisme du périnée, lorsque le premier accouchement a occasionné une déchirure du périnée, ont été analysés sur une cohorte danoise. Chez 159 446 femmes, 7 336 (4,6 %) ont présenté une déchirure du périnée lors de leur premier accouchement et 521 (7,1 %) ont récidivé lors du deuxième. Après analyse multivariée, les facteurs de risques de nouvelle déchirure du périnée étaient : le poids du bébé (OR = 2,94 ; 95 % CI 2,31-3,75 par kg augmenté), l’utilisation de ventouse (OR = 2,96 ; 95 % CI 2,03-4,31), une dystocie des épaules (OR = 1,98 ; 95 % CI 1,11-3,54), la durée d’accouchement (OR = 1,08 par année ; 95 % CI 1,02-1,15), l’année de 2e accouchement (OR = 1,06 ; 95 % CI 1,03-1,09) et le premier accouchement avec déchirure du périnée très sévère (stade 4) (OR = 1,72 ; 95 % CI 1,28-2,29) [6].

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