Les poissons présentent une diversité fascinante, allant des espèces d'eau douce à celles d'eau salée, sans oublier les créatures atypiques comme les anguilles et les hippocampes. Malgré cette variété, leur mode de reproduction partage des similitudes fondamentales. Parmi les différents types de reproduction chez les poissons, la fécondation externe est la plus répandue, bien que moins efficace que la fécondation interne. Cet article explore en détail le processus de fécondation chez la truite, en mettant en lumière les particularités de sa reproduction et les défis auxquels elle est confrontée.

Diversité de la Reproduction chez les Poissons

La reproduction chez les poissons se manifeste sous différentes formes, chacune adaptée à l'environnement et aux caractéristiques de l'espèce.

  • Fécondation Externe : Les gamètes mâles et femelles sont libérés dans l'eau, où la fécondation a lieu.
  • Fécondation Interne : Le mâle dépose ses spermatozoïdes à l'intérieur de la femelle.
  • Fécondation par la Bouche : La femelle incube ses œufs dans sa bouche après les avoir fécondés sur le sol.

Le développement embryonnaire peut se dérouler dans divers environnements, certains poissons pondant leurs œufs tandis que d'autres les laissent en pleine mer.

  • Poissons Ovipares : La fécondation est généralement externe. La femelle pond ses œufs, qui sont ensuite fécondés par le mâle. Pour protéger leurs œufs des prédateurs, de nombreux poissons ovipares les placent dans leur bouche ou d'autres parties de leur corps.
  • Poissons Vivipares : La fécondation est interne. La femelle garde les œufs à l'intérieur de son corps jusqu'à la fécondation. L'alimentation des embryons dépend entièrement de la mère, assurant le développement complet des alevins. La reproduction chez les poissons vivipares est considérée comme plus sécuritaire que chez les ovipares.
  • Poissons Ovovivipares : Le mode de reproduction est similaire à celui des vivipares, avec une fécondation interne. Les œufs peuvent éclore à l'intérieur de la mère ou être expulsés peu après.

La Truite Commune (Salmo trutta) : Un Aperçu

La truite commune, scientifiquement nommée Salmo trutta par Linné en 1766, appartient à la famille des Salmonidés. Elle est connue sous divers noms locaux tels que fario, truite de ruisseau, bigarrée, ou encore trouette. Ses écailles reflètent l'éclat de l'argent et de l'or, rehaussées de nuances de rubis et de saphir.

Description Physique

Le corps de la truite est allongé et légèrement aplati latéralement. Sa tête est forte, avec une bouche largement fendue dont l'angle du maxillaire atteint l'aplomb postérieur de l'œil. Les maxillaires, la langue et les os de la bouche portent des dents dirigées vers l'arrière. L'extrémité de la nageoire caudale est généralement droite. Le corps est recouvert de petites écailles, environ 120 à 130 sur la ligne latérale.

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Coloration

La coloration de la truite varie considérablement selon les régions et les cours d'eau. Le dos est généralement brun-jaune, s'éclaircissant sur les flancs, qui sont marqués de points bruns et rouges (parfois absents ou cerclés de blanc). Le ventre est blanc ou jaune. Les truites normandes ont une robe jaune-blond, tandis que celles du Limousin sont plus sombres. Les truites franc-comtoises ont les flancs marqués de bandes sombres.

Taille et Habitat

Dans les ruisseaux de montagne aux eaux froides, les truites atteignent rarement plus de 18 à 20 cm (80 à 100 g). En plaine, dans les rivières larges et riches en végétation, certains spécimens dépassent 60 cm et un poids de 5 à 7 kg. La truite de rivière se trouve principalement dans les eaux froides et courantes de la partie supérieure des rivières.

Comportement et Alimentation

La truite est un poisson solitaire qui vit dans sa cache, là où le courant s'amortit : près d'un herbier, en amont ou en aval d'un bloc de pierres, ou sous une berge creuse. Son espace vital s'accroît avec sa taille. Carnassière, elle consomme des invertébrés (crustacés, mollusques, larves d'insectes) et de petits poissons (chabot, loche, vairon, truitelles). Elle avale ses proies en entier.

Le Processus de Reproduction de la Truite Fario

La reproduction de la truite fario est un processus complexe et délicat, essentiel à la pérennité de l'espèce.

Période et Lieux de Frai

La période de reproduction de la truite fario s’étale principalement de novembre à février, avec une forte activité en décembre. Entre novembre et janvier, selon les régions, les adultes rejoignent leurs sites de ponte, parfois après des migrations importantes. Ces sites sont des parties peu profondes, à fond de graviers et à courant rapide. Les zones de fraie sont souvent retrouvées d’une année sur l’autre par les mêmes géniteurs.

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Préparation du Nid

Une bonne frayère est composée de graviers ou de galets à faible profondeur et bénéficie d’une accélération de courant modérée. Idéalement, une petite crue automnale aura décolmaté la surface de ponte. Une fois sur site, la femelle va reconnaître la zone avec l’objectif de trouver le secteur le plus propice. Après « nettoyage », la truite va creuser à l’aide de sa caudale une cuvette plus profonde qui accueillera les œufs et les empêchera de partir dans le courant au moment de la ponte.

Fécondation

Dans un même temps chez les mâles, la tension monte. Les signes d’agressivité sont de plus en plus présents. Inlassablement, chaque mâle défend son privilège et une hiérarchie s’établit entre dominants et dominés et les couples se forment. La parade démarre et l’élu retrouve sa femelle sur le nid, la stimule en l’effleurant, se collant, la caressant avec son flanc… Une stimulation par vibration déclenche l’expulsion des œufs. Le mâle, sur le qui-vive, les féconde instantanément. Chaque femelle est capable de pondre près de 2000 œufs/kg de poids vif. Leur taille, variable, s’étalonne entre 3 et 5 mm de diamètre.

La femelle creuse une cuvette allongée au-dessus de laquelle elle émet ses ovules (environ 2 000 par kilogramme de son poids). Le mâle les féconde immédiatement. La mère recouvre sa ponte de graviers, l'abandonne et rejoint ses tenues habituelles. Les œufs de bonne taille (5 mm de diamètre) donnent naissance, une quarantaine de jours plus tard (parfois plus si les eaux sont froides), à des alevins qui quittent la gravière petit à petit. Les jeunes demeurent dans les endroits peu profonds et rapides avant de se disperser le long du cours d'eau.

Incubation et Éclosion

Si les parades et les pontes ont pris fin, les œufs fraîchement enfouis entament, eux, un nouveau processus de maturation long de plusieurs semaines. Les truites ne protègent pas leur nid comme d’autres espèces et les œufs sont livrés à eux-mêmes. La chance est un paramètre important d’une année sur l’autre, car les pollutions, le colmatage, les prédations et surtout les crues sont des éléments particulièrement néfastes.

La rapidité de maturation de l’œuf est entièrement dépendante de la température de l’eau. On dit qu’il faut environ 400 degrés-jours pour assister à l’éclosion chez la truite, c’est-à-dire 40 jours d’incubation à 10°C ou 80 jours à 5°C. L’éclosion est une phase transitoire et, contrairement à d'autres espèces de poissons, le développement de la larve de truite se poursuit à l’abri et dans l’obscurité de sa frayère. À cette étape, sa vésicule vitelline imposante empêche totalement la larve de nager. Durant encore plus de 300 degrés-jours supplémentaires, cette poche ventrale fonctionne comme une réserve qui assure les besoins vitaux de la fragile larve.

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Émergence des Alevins

Dès sa résorption, c’est l’émergence : la larve est maintenant un alevin qui s’extirpe énergiquement de son nid de graviers. Il rejoint directement la surface de la rivière pour percer l’interface et venir piper une bouffée d’air atmosphérique, qui va gonfler sa vessie natatoire. Cette étape majeure est indispensable à la nage et à la stabilisation de l’alevin en pleine eau.

La Reproduction de la Truite Arc-en-Ciel

La truite arc-en-ciel (Onchorynchus mykiss) est une cousine du saumon, originaire d'Amérique du Nord. Elle est largement élevée en pisciculture et introduite dans de nombreux cours d'eau à travers le monde.

Reproduction en Pisciculture

La truite arc-en-ciel se reproduit très rarement dans son milieu naturel, mais peut pondre toute l’année en pisciculture. La maturité sexuelle est atteinte vers 1 ou 2 ans pour le mâle et 2 à 3 ans pour la femelle.

Fécondation Artificielle

En pisciculture, la fécondation est généralement artificielle. Les œufs des femelles sont prélevés par stripping, une méthode qui consiste à presser délicatement l'abdomen de la femelle pour extraire les œufs. On en récolte environ 1500 à 3000 pour une truite d’un kilogramme. Ils sont récoltés dans une passoire propre. Puis on arrose ces œufs avec la laitance de plusieurs mâles pour se préserver d’une éventuelle stérilité d’un mâle. Ces gamètes sont également obtenus par stripping. On mélange doucement les œufs et le sperme pendant une minute, puis on rajoute de l’eau. La fécondation est terminée au bout de 5 minutes.

Incubation des Œufs

Après fécondation, les œufs prennent immédiatement place dans une auge d’incubation installée sous l’arrivée d’eau dans les bassins à truites. Cette eau est filtrée pour éliminer les débris. Les œufs se répartissent en une seule couche à l’aide d’une plume ou d’un pinceau très souple. Chaque jour, une rapide inspection permet d’éliminer les œufs clairs ou morts que l’on repère grâce à leur couleur blanche.

L’incubation des œufs de truite arc en ciel nécessite une somme de température d’environ 330 °C x jour en base 0°. Ce qui prend 33 jours pour une eau à 10° et 41 jours pour une eau à 8°. Pendant cette période, les œufs subissent des transformations observables à l’œil nu, notamment l’apparition des deux points noirs correspondant aux yeux des futurs alevins. Ceci commence à être visible vers le milieu de la période d’incubation soit vers le 16ème jour pour une eau à 10°.

Développement des Alevins

Les embryons naissent avec une réserve de nourriture, le sac vitellin, qui va leur permettre de survivre pendant 15 jours à un mois avant de commencer à se mouvoir pour se nourrir. Débute alors la délicate phase de la nutrition des jeunes alevins avec un aliment à plus de 60% de protéines (farines de poisson).

Défis et Gestion des Populations de Truites

La reproduction de la truite est confrontée à de nombreux défis, notamment la pollution, le colmatage des frayères, la prédation et les crues. Pour accroître les populations de truites, des efforts de gestion sont essentiels.

Mesures de Protection

La truite est protégée par différentes dispositions réglementaires ou législatives : périodes d'ouverture, tailles légales de capture (de 18 à 25 cm selon les rivières), limitation des prises, aménagement de systèmes de franchissement, institution de réserves.

Aménagement du Milieu

Les introductions de poissons sont de plus en plus fréquemment complétées ou remplacées par des actions d'aménagement du milieu visant à augmenter la capacité d'accueil du milieu : création d'abris, nettoyage et entretien des frayères, aménagement de ruisseaux et diverticules pour les juvéniles. Pour les soutiens de population, on préfère les poissons d'origine locale qui possèdent une meilleure résistance.

Suivi de la Reproduction

Le comptage des frayères permet d’évaluer la reproduction naturelle. Ce suivi permet de savoir si les truites fario en place sur le cours d’eau ont le réflexe de se reproduire, de quantifier chaque année le nombre de frayères pour suivre cette reproduction, de mettre en évidence des problématiques (surexploitation des zones de frai, peu de frayères par rapport à la quantité de géniteurs, « année vierge », observation de frayères mais pas d’alevins), de mettre en évidence les zones préférentielles pour la reproduction, ou encore de suivre les effets d'une action de restauration du milieu.

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